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Estimation de l'exposition aux pesticides alimentaires (par profils de Factorisation par Matrices Non-Négatives) dans un grand échantillon d'adultes français

Publié le 19/08/2020
Eur J Nutr. 2020
Rebouillat P, Vidal R, Cravedi JP, Taupier-Letage B, Debrauwer L, Gamet-Payrastre L, Touvier M, Hercberg S, Lairon D, Baudry J, Kesse-Guyot E.

Objectif : Cette étude visait à identifier des profils d’exposition alimentaire aux pesticides (dérivés d’une méthode de factorisation par matrices non-négatives) dans un échantillon d’adultes français de population générale. 

Méthodes : Les apports alimentaires en aliments issus d’agricultures conventionnelle et biologique ont été mesurés par le biais d’un fréquentiel alimentaire auto-administré. L’exposition à 25 pesticides fréquemment utilisés a été calculée à partir de données de contamination du Chemisches und Veterinäruntersuchungsamt Stuttgart, prenant en compte le mode de production (conventionnel ou biologique). Les profils d’exposition alimentaire aux pesticides ont été identifiés par la méthode de Factorisation par Matrices non-négatives (NMF), particulièrement adaptée aux données non-négatives avec excès de zéros. Les scores NMF obtenus ont ensuite été introduits dans un processus de classification hiérarchique (clustering).

Résultats : Globalement, les clusters identifiés (N=34 193 participants) semblaient exposés aux mêmes molécules en suivant un gradient d’exposition. Le cluster 1 était caractérisé par un apport énergétique et une exposition aux pesticides les plus faibles, une proportion d’aliments biologiques dans le régime élevée (23%) et une proportion d’hommes plus élevée que dans les autres groupes. Les clusters 2 et 5 présentaient un apport énergétique intermédiaire, une proportion d’aliments biologiques dans le régime plus faible et une exposition aux pesticides intermédiaire. Le cluster 3 avait une consommation élevée de fruits et légumes conventionnels, une exposition alimentaire aux pesticides élevée et comportait moins de fumeurs que les autres groupes. L’exposition alimentaire aux pesticides estimée du cluster 4 variait davantage selon les composés, les expositions estimées les plus élevées étant celles à l'acétamipride, à l'azadirachtine, à la cyperméthrine, aux pyréthrines et au spinosad. La proportion d’aliments biologiques dans le régime était la plus élevée pour ce cluster (32 %).

Conclusion : L’exposition alimentaire aux pesticides estimée semblait varier selon les clusters et semblait liée à la proportion d’aliments biologiques dans le régime alimentaire.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32734347/

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L’optimisme est associé au statut pondéral, au comportement alimentaire et aux troubles du comportement alimentaire dans un étude en population générale

Publié le 19/08/2020
Int J Eat Disord. 2020
Robert M, Buscail C, Allès B, Shankland R, Tavolacci MP, Déchelotte P, Courtois F, Ait-Hadad W, Andreeva VA, Touvier M, Hercberg S, Péneau S.

Objectif : L’objectif de cette étude transversale était d’évaluer l’association entre l’optimisme, l’indice de masse corporel (IMC), le comportement alimentaire et les troubles du comportement alimentaire (TCA).

Méthodes : En 2016, un total de 32 805 participants de la cohorte NutriNet-Santé âgés de plus de 18 ans ont complété le Life Orientation Test Revised (LOT-R) dans sa version française, qui permet d’évaluer l’optimisme. Le poids et la taille étaient autodéclarés. Le comportement alimentaire a été mesuré grâce au Three-Factor-Eating Questionnaire Revised (TFEQ-R21), et le risque de TCA avec le questionnaire Sick-Control-One-Fat-Food (SCOFF). Les associations entre l’optimisme, l’IMC, le comportement alimentaire et les TCA ont été analysées grâce à des régressions logistiques et linéaires prenant en compte les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie, et la symptomatologie dépressive. 

Résultats : L’échantillon était composé de 73.5% de femmes, avec une moyenne d’âge de 55.39 ± 13.7 ans. Les résultats ont mis en évidence que les optimistes avaient moins de chance d’être en sous poids (OR = 0,82 ; IC 95% : 0,75 ; 0,89) ou obèses et particulièrement obèses de classe III (IMC ≥ 40 kg/m²) (OR = 0,69 ; IC 95% : 0,56 ; 0,84) comparés aux personnes moins optimistes. L’optimisme était également négativement associé à la restriction cognitive (β = -0.07 ; IC 95% : -0,08 ; -0,06), l’alimentation liée aux émotions (β = -0.17 ; IC 95% : -0,19 ; -0,16) et l’alimentation incontrôlée (β = -0.10 ; IC 95% : -0,11 ; -0,09). De plus, les individus optimistes avaient moins de risque de TCA (OR = 0,60 ; IC 95% : 0,56 ; 0,64) avec l’association la plus forte pour les troubles restrictifs (OR = 0.54; IC 95% : 0,44 ; 0,68).

Conclusion : Nos résultats ont montré que l'optimisme était associé au statut pondéral, au comportement alimentaire et au risque de TCA chez les femmes et les hommes. D’autres études en population générale sont nécessaires pour confirmer ces résultats, et en particulier des études longitudinales pour apporter des précisions sur la structure causale des associations.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32748531/

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Consommation des produits ultra-transformés chez les pesco-végétariens, les végétariens et les véganes et les déterminants sociodémographiques associés dans l’étude de cohorte NutriNet-Santé

Publié le 19/08/2020
J Nutr. 2020
Gehring J, Touvier M, Baudry J, Julia C, Buscail C, Srour B, Hercberg S, Péneau S, Kesse-Guyot E, Allès B.

Introduction et but de l’étude : Le développement du marché des produits de substitution, dont beaucoup sont des aliments transformés ou aliments ultra-transformés (AUT), à destination des végétariens suggèrent qu’ils en consomment de plus en plus afin de remplacer les aliments d’origine animale riches en protéines. La part d’UPFs dans l’alimentation des végétariens et des véganes serait donc en augmentation. Le but de cette étude était de décrire la part d’UPFs dans l’alimentation d’omnivores, de pesco-végétariens, de végétariens et de véganes, ainsi que les caractéristiques sociodémographiques et anthropométriques (ex : Indice de masse corporelle) associées, chez des adultes de la cohorte NutriNet-Santé.

Matériel et méthodes : La population étudiée a été divisée en 4 groupes selon les types de régimes alimentaires : 19 812 omnivores, 646 pescovégétariens, 500 végétariens et 254 véganes. Un indicateur de consommation des AUT a été calculé pour chaque individu selon la part de l’apport énergétique correspondant aux AUT, en utilisant la classification NOVA. Les consommations moyennes de 29 groupes alimentaires, ajustés sur le sexe, l'âge et l'apport énergétique total, ont été comparées selon les types de régimes alimentaires et l’indicateur d’AUT. Dans le sous-échantillon ne contenant que des participants suivant un régime végétarien (n=1 400), l’association entre la consommation d’AUT et les variables sociodémographiques et anthropométriques, ainsi que la durée et l’âge au début du régime, a été estimée par un modèle de régression linéaire multiple.

Résultats et Analyse statistique : Comparativement aux omnivores, les végétariens étaient plus jeunes, plus susceptibles d'être des femmes, d'avoir un niveau d'activité physique moyen ou élevé, un niveau d'études supérieur, d’avoir un IMC plus bas et de vivre seuls sans enfant. Les AUT représentaient 33,0 %, 32,5 %, 37,0 % et 39,5 % respectivement pour les omnivores, les pesco-végétariens, les végétariens et les véganes. Au-delà du total AUT consommés, il existait des différences concernant certains groupes alimentaires entre les 3 types de régimes végétariens. Les grands consommateurs d’AUT parmi les 3 types de végétarisme ont une consommation plus faible de fruits, légumes, céréales non cuites, noix et graines et plus élevée de galettes végétariennes, de boissons végétales, de snacks salés et de produits et boissons sucrés (par exemple, chez les végétariens Δ(Q4-Q1)=-339,5 g/j pour la consommation de fruits et Δ(Q4-Q1)=+19.8 g/j pour celle des galettes végétariennes). Enfin, il a été montré qu’une augmentation de la durée du régime ou de l’âge de l’individu au début du régime étaient associés à une plus faible consommation d’AUT.

Conclusion : Les régimes végétariens peuvent être distingués en fonction de la proportion d’AUT dans leur régime alimentaire. Cela indique que tous les végétariens et véganes n'ont pas nécessairement une alimentation favorable à la santé. Ainsi, la part d’AUT dans l’alimentation permettra de définir une nouvelle typologie de végétariens, qui pourra être utilisée dans des études sur le lien entre végétarisme et santé.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32692345/

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Symptômes dépressifs, consommation de fruits et légumes et concentration urinaire de 3-indoxylsulfate : une étude cas-témoin nichée dans la cohorte française NutriNet-Santé

Publié le 19/08/2020
Eur J Nutr. 2020
Szabo de Edelenyi F, Philippe C, Druesne-Pecollo N, Naudon L, Rabot S, Hercberg S, Latino-Martel P, Kesse-Guyot E, Galan P.

Objectif : De précédentes études épidémiologiques ont mis en évidence une association négative entre la consommation de fruits et légumes et le risque de développer des symptômes dépressifs. Cette association pourrait être due à l’influence de l’alimentation sur la flore intestinale, et être médiée par l’indole, un métabolite produit par les bactéries intestinales, qui pourrait être associé au développement de troubles de l’humeur. En conséquence, le but de ce travail était d’étudier les relations entre consommation de fruits et légumes, symptômes dépressifs récurrents et indole, en utilisant une mesure de sa principale forme excrétée dans les urines, le 3-indoxylsulfate, comme biomarqueur.

Matériel et méthode : Une étude cas-témoins nichée a été réalisée sur 891 femmes (âgée de 45 à 65 ans) participant à l’étude Nutrinet-Santé et pour lesquelles des données alimentaires et des échantillons biologiques étaient disponibles. Les cas (n=297) étaient définis comme ayant des scores ≥ 16 aux 2 questionnaires Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale (CES-D) posés à 2 ans d’intervalle durant le suivi. Ces cas ont été appairés chacun avec 2 sujets témoins ayant leurs 2 scores CES-D < 16. La concentration en 3-indoxylsulfate urinaire a été mesurée comme biomarqueur de la production d’indole par la flore microbienne intestinale. Des modèles de régression logistique appariée multivariés ont été utilisés pour tester l’association entre la consommation de fruits et légumes d’une part, le niveau de 3-indoxylsulfate urinaire d’autre part et la présence de symptômes dépressifs récurrents. Nous avons également étudié l’association entre la consommation de fruits et légumes et la concentration de 3-indoxylsulfate urinaire en utilisant des modèles d’analyse de variance multivariés.

Résultats : Nous avons mis en évidence une association négative entre la consommation de fruits et légumes et le risque de développer des symptômes dépressifs récurrents sur une période de 2 ans. La consommation de fruits et légumes était également inversement associée à la concentration de 3-indoxylsulfate dans les urines. Cependant, aucune association n’a été observée entre le niveau de 3-indoxylsulfate urinaire et la présence de symptômes dépressifs sur cet échantillon.

Conclusion : Nos résultats confirment qu’une faible consommation de fruits et légumes augmente le risque de la survenue de symptômes dépressifs récurrents. Nous avons également trouvé une association négative entre la consommation de fruits et légumes et le niveau de 3-indoxylsulfate dans les urines. Néanmoins, il n’est pas possible de conclure à un possible rôle de médiation de la relation entre consommation de fruits et légumes et les symptômes dépressifs via l’indole produit par la flore bactérienne intestinale à partir du tryptophane, car il n’y avait pas de relation significative entre 3-indoxylsulfate et présence de symptômes dépressifs récurrents sur cette population.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32588216/

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