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Apports en sucre totaux, sucres ajoutés, types de sucre et risque de cancer : résultats de la cohorte prospective NutriNet-Santé

Publié le 10/11/2020
Am J Clin Nutr. 2020 Sep 16:nqaa246
Debras C, Chazelas E, Srour B, Kesse-Guyot E, Julia C, Zelek L, Agaësse C, Druesne-Pecollo N, Galan P, Hercberg S, Latino-Martel P, Deschasaux M, Touvier M. 

Contexte : La consommation excessive de sucre est aujourd’hui reconnue comme facteur de risque d’obésité, de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires. En revanche, le niveau de preuve concernant le risque de cancer est moins solide. Les données expérimentales suggèrent que les sucres pourraient jouer un rôle dans l’étiologie du cancer par des mécanismes liés à l’obésité mais également par des mécanismes d’inflammation, de stress oxydant ou d’insulino-résistance, même en l’absence de prise de poids.

Objectif : Notre objectif était d’étudier les associations entre l’apport en sucres totaux et ajoutés et le risque de cancer (global, du sein et de la prostate), en tenant compte des types et sources de sucre.

Méthodes : Au total, 101 279 participants de plus de 18 ans (âge médian : 40,8 ans) de la cohorte française NutriNet-Santé (2009-2019) ont été inclus dans les analyses (temps de suivi médian : 5,9 ans). L’apport en sucre a été évalué par des enregistrements alimentaires de 24h, conçus pour mesurer la consommation usuelle de plus de 3500 aliments et boissons. Les associations entre l’apport en sucre et le risque de cancer ont été évalué par des modèles de Cox, ajustés sur les facteurs de risques connus (facteurs sociodémographiques, anthropométriques, liés au mode de vie, aux antécédents médicaux et à l’alimentation).

Résultats : L’apport en sucre était associé à une augmentation du risque de cancer (n=2503 cas, HRQ4vs.Q1=1,17 ; IC95%=1,00-1,37 ; ptendance=0.02). Plus particulièrement, les risques de cancers du sein étaient plus élevés (n=783, HRQ4vs.Q1=1.51 ; IC95%=1.14-2.00, p=0.0007). Les résultats demeuraient significatifs lorsque les modèles étaient additionnellement ajustés sur la prise de poids au cours du suivi. En outre, des associations significatives étaient observées concernant les apports en sucres ajoutés, sucres libres, sucrose, sucres des desserts lactés, des produits laitiers et des boissons sucrées (p≤0.01).
Conclusions
Ces résultats suggèrent que les sucres pourraient représenter un facteur de risque modifiable dans le cadre de la prévention primaire des cancers, en particulier pour le cancer du sein, et contribuent ainsi au débat actuel concernant la mise en place d’une taxe sur le sucre, de la régulation du marketing des aliments et boissons sucrés et d’autres politiques liées au sucre. 
Etude enregistrée à clinicaltrials.gov sous le numéro NCT03335644.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32936868/
 

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L'anxiété est un potentiel modificateur de l'association entre la consommation de viande rouge et de charcuterie et le risque de cancer : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 10/11/2020
Eur J Nutr. 2020
Beslay M, Srour B, Deschasaux M, Fouché E, Naud N, Bacquié V, Guéraud F, Andreeva VA, Péneau S, Chazelas E, Debras C, Hercberg S, Latino-Martel P, Theodorou V, Pierre F, Touvier M.

Introduction : Les études épidémiologiques ont associé avec des niveaux de preuve élevés les consommations de viande rouge (« probable ») et de charcuterie (« convaincant ») au risque de cancer colorectal. Les travaux expérimentaux ont permis d’identifier le fer héminique comme étant le principal facteur responsable de cet effet via sa capacité à catalyser la néoformation d’aldéhydes issus de la peroxydation des lipides alimentaires au niveau de la lumière colique. Parallèlement, il a été montré que l’anxiété entrainait une augmentation de la perméabilité intestinale. L’objectif de cette étude est d’étudier l’effet de l’anxiété sur l’association entre la consommation de viande rouge et charcuterie, ou le fer héminique provenant de ces viandes, et le risque de cancer dans la cohorte NutriNet-Santé. 

Méthode : NutriNet-Santé est une web-cohorte française, lancée en 2009 qui a pour objectif d'étudier les associations entre nutrition et santé. Le risque de développer un cancer (tous cancers ou cancer colorectal) a été évalué en fonction de la consommation de viande rouge et charcuterie et en fonction de la quantité de fer héminique provenant de ces viandes à l’aide de modèles de Cox multi-ajustés dans un échantillon de 101 269 sujets. La modification de cette relation positive par l’anxiété, estimée par le traitement de l’anxiété, a été étudiée parmi ces mêmes sujets.

Résultats : Pendant une période de suivi moyen de 5.5 années, 3126 cas de cancers dont 250 cas de cancers colorectaux ont été diagnostiqués. Une augmentation de la consommation de viande rouge et charcuterie (hors jambon) de 50g/jour était associée à une augmentation de risque de 16% de développer un cancer colorectal (HR50g/j=1.18 (1.01-1.37), p=0.03) dans la population globale. Après stratification sur l’anxiété, le HR50g/j était de 1.42 (1.03-1.94, p=0.03) chez les participants anxieux et de 1.12 (0.94-1.33, p=0.20) chez les autres participants. Une augmentation de 1mg/j de l’apport en fer héminique provenant de ces viandes était associée à une augmentation de risque de 24% de développer un cancer colorectal (HR50g/j=1.24 (1.04-1.49), p=0.02). Chez les participants anxieux, cette augmentation de risque était de 55% (HR50g/j=1.55 (1.07-2.24), p=0.02 chez les participants anxieux vs. HR50g/j=1.17 (0.95-1.44), p=0.15 chez les autres participants). Des tendances similaires ont été observées pour les cancers toutes localisations confondues.

Conclusion : Nos résultats apportent des preuves supplémentaires que la consommation de viande rouge et de charcuterie ainsi que l'apport en fer héminique sont associés à une augmentation du risque de cancer, et plus spécifiquement du risque de cancer colorectal, et ils suggèrent que l'anxiété modifie ces associations, avec un risque plus important chez les participants anxieux.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32889607/

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Consommation de boissons alcoolisées, tabagisme et parodontite : enquête transversale dans le cadre de l'étude NutriNet-Santé

Publié le 10/11/2020
J Periodontol. 2020
Hamdi Z, Detzen L, Fessi S, Julia C, Hercberg S, Czernichow S, Boillot A, Touvier M, Bouchard P, Andreeva VA, Carra MC.

Contexte : Des preuves récentes suggèrent que les habitudes alimentaires influencent le développement et la gravité de la parodontite. La présente étude transversale a évalué l'association entre les différents types et quantités de consommation de boissons alcoolisées (seul et en interaction avec le tabagisme) et la probabilité de souffrir de parodontite sévère dans l'e-cohort NutriNet-Santé.

Méthodes : La population étudiée était composée de 35 390 adultes (âge moyen : 49,04 ± 13,94 ans), qui ont rempli des questionnaires sur la santé bucco-dentaire et ont complété au moins trois relevés alimentaires non consécutifs sur 24 heures. Les données sur le type et la fréquence de la consommation de boissons alcoolisées a été obtenue à partir d'une autoévaluation semi-quantitative rapportée par questionnaire sur la fréquence de consommation d'alcool ; la quantité quotidienne (g/jour) a été estimée à partir des relevés alimentaires de 24 heures. La probabilité de parodontite sévère (variable dépendante principale) a été évaluée en calculant le score de dépistage modifié (mPESS) à partir de questions sélectionnées.

Résultats : Au total, 7263 personnes (20,5 %) présentaient une forte probabilité de souffrir de parodontite sévère (high-mPESS). Après correction des facteurs de confusion, la fréquence de la consommation de boissons alcoolisées était sensiblement plus élevée parmi le groupe à haut niveau d'exigence que leurs homologues à faible niveau d'exigence, en particulier pour alcool fort / spiritueux (1,9 ± 1,4 jours/semaine pour le PESS élevé contre 1,6 ± 1,1 jours/semaine la faible pression [P < 0,0001]). La quantité quotidienne moyenne d'éthanol était également plus élevée chez les individus à forte PSEE par rapport aux individus à faible PSEE (11,2 ± 15,6 contre 7,9 ± 12,3 g/jour ; P = 0.011). Une association plus forte avec la parodontite grave auto-déclarée a été notée lorsque la consommation d'alcool dépasse > 20 g/jour pour les femmes et > 30 g/jour pour Les hommes ont été combinés avec l'habitude de fumer (OR = 7,30 [IC 95% : 6,1-8,73]).

Conclusion : Les présents résultats confirment l'existence d'une association entre les boissons alcoolisées la consommation et l'auto-déclaration de parodontites graves, en particulier lorsqu'il s'agit associés au tabagisme actuel.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32895953/

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Consommation d’aliments ultra-transformés et changement d’indice de masse corporelle, et risques de surpoids et d’obésité : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 10/11/2020
PLoS Med. 2020;17(8):e1003256.
Beslay M, Srour B, Méjean C, Allès B, Fiolet T, Debras C, Chazelas E, Deschasaux M, Wendeu-Foyet MG, Hercberg S, Galan P, Monteiro CA, Deschamps V, Calixto Andrade G, Kesse-Guyot E, Julia C, Touvier M.

Introduction : La consommation d'aliments ultra-transformés (AUT) a considérablement augmenté dans le monde et représente déjà 50 à 60 % de l'apport énergétique quotidien total dans plusieurs pays occidentaux. Parallèlement, la prévalence du surpoids et de l'obésité n'a cessé d'augmenter au cours du siècle dernier. L'objectif de cette étude était d'étudier les associations entre la consommation d’AUT et le risque de surpoids et d'obésité, ainsi que l'évolution de l'indice de masse corporelle (IMC), dans une grande cohorte française.

Méthodes et résultats : Un total de 110 260 participants adultes (≥ 18 ans, âge moyen à l’inclusion = 43,1 ans; 78,2 % de femmes) de la cohorte prospective française NutriNet-Santé (2009-2019) ont été inclus. Les apports alimentaires ont été collectés à l’inclusion à l'aide d'enregistrements alimentaires de 24h répétés et validés liés à une table de composition des aliments qui comprenait plus de 3500 aliments différents, chacun classé en fonction de son degré de transformation par la classification NOVA. Les associations entre la proportion d'AUT dans le régime alimentaire et la variation de l'IMC au cours du suivi ont été étudiées à l'aide de modèles mixtes pour données répétées. Les associations avec le risque de surpoids et d'obésité ont été étudiées à l'aide des modèles de Cox à risque proportionnel. Après ajustement sur l'âge, le sexe, le niveau de scolarité, l'état matrimonial, l'activité physique, le tabagisme, la consommation d'alcool, et l'apport énergétique, nous avons observé une association positive entre la consommation d'AUT et le gain d'IMC (β Temps × AUT = 0,02 pour une augmentation de 10 du pourcentage d’AUT dans le régime, P < 0,001). La consommation d’AUT était associée à un risque plus élevé de surpoids (n = 7063 participants en surpoids ; rapport de risque instantané (HR) pour une augmentation absolue de 10 % des AUT dans le régime alimentaire = 1,11, IC à 95 %: 1,08 à 1,14; p < 0,001) et d’obésité (n = 3 066 participants obèses incidents ; HR = 1,09 (1,05-1,13); P < 0,001). 
Ces résultats sont restés statistiquement significatifs après ajustement sur la qualité nutritionnelle de l'alimentation et l'apport énergétique. Les limites de l'étude consistent en un biais de sélection possible, une confusion résiduelle potentielle due au design observationnel et à une éventuelle erreur de classement des aliments dans les catégories NOVA. Néanmoins, la robustesse a été testée et vérifiée à l'aide d'un large panel d'analyses de sensibilité.

Conclusions : Dans cette large étude prospective observationnelle, une consommation plus élevée d'AUT était associée à une augmentation de l'IMC et à des risques plus élevés de surpoids et d'obésité. Les autorités de santé publique de plusieurs pays, dont la France, ont récemment commencé à recommander de privilégier les aliments peu transformés et de limiter la consommation d’AUT.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32853224/

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