Connexion
Impact des différents logos nutritionnels en face avant des emballages sur les intentions d’achats du consommateur : un essai contrôlé randomisé

Am J Prev Med. 2016 50(5):627-36

Ducrot P, Julia C, Méjean C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Fezeu L, Hercberg S, Péneau S.

Malgré les éléments suggérant l’utilité des logos nutritionnels en face avant des emballages pour aider les consommateurs à évaluer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, les travaux de recherche sur le choix des aliments sont peu nombreux. L’objectif de cette étude était de comparer l’impact relatif de différents logos nutritionnels en face avant des emballages sur les intentions d’achats des consommateurs.

Un essai randomisé contrôlé à 5 bras a été conduit en utilisant un supermarché virtuelavec des participants de l’étude française NutriNet-Santé. Le critère d’éligibilité était l’implication dans l’achat de denrées alimentaires. Le but de l’intervention était de simuler une situation d’achats avec des logos nutritionnels apposés à des produits alimentaires (décembre 2014 à mars 2015). Les participants ont été aléatoirement assignés à un des 5 conditions d’exposition via une plateforme informatique : « Guideline Daily A mounts » (GDA), Multiple Traffic Lights (MTL), logo 5-couleurs (5-C), « Green Tick » (Tick) ou contrôle (sans logo en face avant des emballages). L’objectif principal était l’évaluation de la qualité nutritionnelle générale du contenu du panier d’achats estimée à partir du profil nutritionnel des aliments de la « British Food standards Agency ». Les objectifs secondaires étaient le contenu en énergie et en nutriment du panier d’achats.

Un total de 11981 participants a été inclus dans les analyses (avril 2015). Le logo 5-C était associé à la meilleure qualité nutritionnelle du panier avec les scores « Food standards Agency » (FSA) les plus bas (score FSA = 8,72 ± 2,75) suivi par le MTL (8,97 ±2,68)  et le « Green Tick » (8,99 ±2,71) comparé au contrôle (9,34 ±2,57) (p < 0,0001). Le logo 5-C était le seul logo à être associé à un panier avec une faible teneur en lipides, acides gras saturés et sel (p < 0,05). L’impact des différents logos était équivalent dans tous les sous-groupes sociodémographiques considérés.

Le logo 5-C basé sur une échelle avec un code couleur graduel pour indiquer la qualité nutritionnelle est particulièrement efficace pour promouvoir des choix alimentaires favorables à la santé dans tous les sous-groupes de population.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26699246


...
Voir plus

L’alimentation intuitive est inversement associée au statut pondéral dans une population générale issue de l’étude NutriNet-Santé

Obesity. 2016 24(5):1154-61

Camilleri GM, Méjean C, Bellisle F, Andreeva VA, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Péneau S.

L’objectif était d’étudier la relation entre l’alimentation intuitive (AI) et le statut pondéral dans un large échantillon d’adultes. L’AI correspond au fait de manger en réponse aux signaux de faim ou de satiété plutôt qu’aux signaux émotionnels, et ce sans s’interdire certains aliments.

Un total de 11774 hommes et 40389 femmes âgés de plus de 18 ans participants à la cohorte NutriNet-Santé ont été inclus dans cette analyse transversale. La taille et le poids auto-déclarés ont été collectés ainsi que le niveau d’AI en utilisant une version française validée de « Intuitive Eating Scale-2 ». L’association entre l’AI et le statut pondéral a été évaluée avec des modèles de régression logistique multinomiale.

Les scores d’AI était négativement associés auxsurpoids ou à l’obésité à la fois chez les hommes et chez les femmes. Les associations les plus fortes ont été observées chez les femmes pour le surpoids [quartile 4 vs. 1 AI : OR, IC 95 % : (0,19, 0,17-0,20)] et l’obésité (0,09, 0,08-0,10). Les associations chez les hommes étaient les suivantes : pour le surpoids (0,43, 0,38-0,48) et l’obésité (0,14, 0,11-0,18).

Nos données ont montré une association inverse entre l’’AI et le surpoids et l’obésité. Bien qu’aucune causalité ne puisse être déduite de ces associations, ces données suggèrent que la prise en compte de l’AI pourrait être pertinente dans le cadre de la prévention et la prise en charge de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26991542


...
Voir plus

Développement d’un outil de mesure des performances cognitives auto-administré par internet

J Med Internet Res. 2016 18(4):e68

Assmann KE, Bailet M, Lecoffre A, Galan P, Hercberg S, Amieva H, Kesse-Guyot E.

La démence est un problème de santé publique. La mesure répétée des performances cognitives dans grandes études épidémiologiques est nécessaire pour contribuer à élaborer des mesures de prévention précoce. La collecte de données par des outils en ligne auto-administrés pourrait réduire considérablement la logistique et le coût financier de ce type d’investigation.

Un outil de mesure a été développé et testé puis comparé à un mode de passation traditionnel par un neuropsychologue.

La batterie de tests inclut des mesures de la vitesse psychomotrice, de l'attention, des fonctions exécutives, de la mémoire épisodique, de la mémoire de travail et de la mémoire associative. Les deux versions de la batterie cognitive ont été complétées par 189 volontaires (Cross-over équilibré).

La concordance entre les deux versions variait selon la tâche avec des corrélations de Spearman allant de 0,42 et 0,73. Environ la totalité des participants a déclaré que la durée de la batterie auto-administré était acceptable (99,5 %), que les tâches étaient ludiques (87,6 %), que les instructions étaient suffisamment détaillées (90,8 %) et compréhensibles (88,7 %). La version auto-administrée de la batterie de tests cognitifs NutriCog a fourni des informations similaires à celle de la version supervisée.

Ainsi, l'intégration des évaluations cognitives répétées dans de grandes cohortes via la mise en œuvre d’outils auto-administrés semble faisable et présente des avantages.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27049114


...
Voir plus

Pratique de techniques de relaxation et statut pondéral dans un large échantillon d’adultes

Am J Prev Med. 2016 50(4):e101-9

Camilleri GM, Méjean C, Bellisle F, Hercberg S, Péneau S.

Dans les pays industrialisés caractérisés par une forte prévalence d’obésité et de stress chronique, les techniques de relaxation telles que le yoga ou la méditation pourraient faciliter le contrôle du poids. Cependant, quasiment aucune donnée n’est disponible pour déterminer si la pratique de techniques de relaxation est réellement associée au statut pondéral. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre la pratique de techniques de relaxation et le statut pondéral dans un large échantillon d’adultes.

Un total de 61704 individus âgés de plus de 18 ans participants à l’étude NutriNet-Santé (2009-2014) a été inclus dans cette analyse transversale conduite en 2014. Les données sur la pratique de techniques de relaxation ont été collectées, ainsi que la taille et le poids auto-déclarés. L’association entre la pratique de techniques de relaxation et le statut pondéral a été évaluée avec des modèles de régression logistique multinomiale et linéaire multiples ajustés sur les facteurs sociodémographiques, alimentaires et de mode de vie.

Après ajustement sur les facteurs sociodémographiques et de mode de vie, les individus pratiquant des techniques de relaxation de façon régulière (au moins une fois par semaine depuis au moins un an) étaient moins en surpoids (OR=0,68, IC 95 %=0,63-0,74) ou obèses (OR=0,55, IC 95 %=0,50-0,61) par rapport aux personnes ne pratiquant pas ces techniques. De plus, les individus pratiquant de façon régulière avaient un indice de masse corporelle inférieur à celui des non utilisateurs (-3,19, IC 95 %=-3,71, -2,68).

Ces données apportent de nouveaux arguments concernant une relation inverse entre la pratique de techniques de relaxation et le statut pondéral. Si des relations causales étaient démontrées dans de futures études prospectives, cette pratique pourrait être promue dans le cadre de la prévention et de la prise en charge de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26657183


...
Voir plus

Les indicateurs socio-économiques sont associés aux apports nutritionnels de façon indépendante chez les adultes français : une étude DEDIPAC

Nutrients. 2016 8(3). pii: E158

Si Hassen W, Castetbon K, Cardon P, Enaux C, Nicolaou M, Lien N, Terragni L, Holdsworth M, Stronks K, Hercberg S, Méjean C.

Une position socioéconomique (PSE) moins favorisée est associée à des comportements alimentaires plus défavorables à la santé. Certaines études montrent que les 3 principaux indicateurs de PSE (niveau d’éducation, catégorie socio-professionnelle (CSP) et revenu) n’ont pas des niveaux équivalents d’association avec les consommations alimentaires, associations qui pourraient se cumuler. Peu d’études utilisent les 3 indicateurs simultanément, en particulier pour l’étude des apports en nutriments. L’objectif était d’examiner les associations indépendantes de chaque indicateur de PSE avec les apports en nutriments. L’effet modificateur du niveau d’éducation et de la CSP sur les associations entre apports en nutriments et revenus a été investigué.

Cette analyse transversale a été menée auprès de 91 900 adultes français inclus dans l’étude Nutrinet-Santé entre 2009 et 2013. Les apports en nutriments ont été estimés à partir de 3 enregistrements alimentaires de 24 h. Les indicateurs socioéconomiques ont été collectés par un questionnaire à l’inclusion. Des modèles de régression linéaire ajustés sur l’âge et l’apport énergétique total ont été utilisés pour analyser les associations entre les indicateurs de PSE et les apports en nutriments. Lorsque l’interaction entre 2 indicateurs de PSE était significative, des analyses stratifiées ont été réalisées.

Les hommes et les femmes de niveau d’éducation le plus élevé avaient des apports plus élevés en fibres, β-carotène et vitamine C (6-9 %) et moins élevés en protéines (-6 %) que ceux du niveau éducatif le plus bas. Les sujets ayant les plus hauts revenus consommaient moins de glucides complexes (-6 %) et avaient des apports en magnésium (6 %), vitamine B9 (5 %) et vitamine C (12-14 %) plus élevés que ceux aux plus faibles revenus. Enfin, les femmes cadres avaient des apports plus élevés en vitamine D (12 %), magnésium et β-carotène (7 %) que les ouvrières. Des interactions significatives entre niveau d’éducation et revenus ont été observées : parmi les hommes et les femmes d’éducation faible, ceux ayant les plus hauts revenus avaient des apports plus élevés en magnésium, β-carotène et vitamine B9 que ceux aux revenus les plus bas, alors qu’aucune différence n’a été observée chez ceux du niveau d’éducation supérieur. Par ailleurs, les hommes, les ouvriers et les employés aux plus hauts revenus avaient des apports plus élevés en potassium que les autres catégories de revenus, tandis qu’aucune différence n’a été observée chez les cadres.

L’utilisation simultanée des 3 indicateurs de PSE et l’étude de leurs interactions ont permis de souligner leurs effets propres, ce qui montre que les disparités sociales en nutrition résultent de mécanismes complexes. Notre étude a mis en évidence un effet modificateur du niveau d’éducation sur les relations entre revenus et apports en nutriments. Ces résultats permettront d’orienter plus finement les interventions alimentaires de santé publique, en particulier au sein des populations de faible niveau d’éducation.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26978393


...
Voir plus





Publications