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Profils exposomiques et asthme chez les adultes français

Publié le 02/02/2023
American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine, 2022, doi : 10.1164/rccm.202205-0865OC

Alicia Guillien,  Annabelle Bédard, Orianne Dumas, Julien Allègre, Nathalie Arnault, Audrey Bochaton, Nathalie Druesne-Pecollo, Dorothée Dumay, Léopold K Fezeu, Serge Herberg, Nicole Le Moual, Hugo Pilkington, Stéphane Rican, Guillaume Assis, Fabien Szabo de Edelenyi, Mathilde Touvier,  Pilar Galan,  Thierry Feuillet, Raphaëlle Varraso, Valérie Siroux

 Lien PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35816632/

Introduction : Alors que les études précédentes en épidémiologie environnementale se sont concentrées sur une seule ou quelques expositions, une approche holistique combinant de multiples facteurs de risque évitables est nécessaire pour comprendre l'étiologie de maladies multifactorielles telles que l'asthme. L’objectif de cette étude était donc d’étudier l'association entre de multiples facteurs liés au statut socio-économique, à l'environnement extérieur, à l'environnement au début de la vie, à l’anthropométrie et au mode de vie et les phénotypes de l'asthme.

Méthodes : Un total de 20 833 adultes de la cohorte française NutriNet-Santé a été inclu (âge moyen : 56,2 ± 13,2 ans, 72% de femmes). Les phénotypes d’asthme étaient évalués à l’aide du score de symptômes de l'asthme (continu) et du contrôle de l'asthme (jamais d'asthme, asthme contrôlé et asthme non contrôlé). L'exposome (n=87 facteurs) couvrait quatre domaines : socio-économique, environnement externe, environnement au début de la vie et mode de vie-anthropométrie. Des analyses en clusters ont été réalisées dans chaque domaine de l'exposome, et les profils identifiés ont été étudiés en association avec les phénotypes de l'asthme dans des modèles de régression binomiale négative (score de symptômes de l'asthme) ou logistique multinomiale (contrôle de l'asthme).

Résultats : Au total, 5 546 (27%) individus avaient un score de symptômes d'asthme ≥1, et 1 206 (6%) et 194 (1%) avaient un asthme contrôlé et non contrôlé, respectivement. Trois profils d'exposition en début de vie (caractérisés par "tabagisme passif élevé-possède un chien", "mauvais paramètres de naissance-fréquentation d'une crèche-grandi en centre-ville" et " ≥2 frères et sœurs-allaité" par rapport au profil caractérisé par "grandi dans une ferme-possède des animaux domestiques-moisissures-faible tabagisme passif") et un profil de mode de vie-anthropométrie (caractérisé par "régime alimentaire malsain-fumeur-surpoids" par rapport au profil caractérisé par "régime alimentaire sain-non-fumeur-corpulence mince") étaient associés à davantage de symptômes d'asthme et d'asthme non contrôlé.

Conclusions : Cette étude à grande échelle basée sur l'exposome a révélé des profils liés aux expositions au début de la vie et au mode de vie qui étaient à risque pour l'asthme chez les adultes. Ces résultats soutiennent l'importance des programmes multi-interventionnels pour la prévention primaire et secondaire de l'asthme, y compris le contrôle des facteurs de risque spécifiques au début de la vie et la promotion d'un mode de vie sain à l'âge adulte.

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Apports en nitrites et nitrates (d'origine naturelle et en provenance des additifs) et risque d'hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 02/02/2023
B. Srour (1) ; E. Chazelas (1) ; C. Debras (1) ; N. Druesne-Pecollo (1) ; C. Agaesse (1) ; DEF. Szabo (1) ; L. Sellem (1) ; E. Kesse-guyot (1) ; M. Deschasaux-Tanguy (1) ; M. Touvier (1) (1) Bobigny, France

Lien d’accès : https://doi.org/10.1161/JAHA.122.027627 

Introduction et but de l’étude : Les nitrates et les nitrites sont utilisés comme additifs alimentaires dans les viandes transformées. Ils sont également couramment ingérés à partir de l'eau et de plusieurs aliments. Les preuves suggèrent un rôle bénéfique des nitrites et des nitrates alimentaires dans la réduction de la tension artérielle. Cependant, les associations entre les apports de nitrites et de nitrates provenant de sources naturelles et d'additifs alimentaires, séparément, et les risques d'hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires n'ont pas été étudiées. Nous avons cherché à étudier ces associations dans une étude de cohorte prospective basée sur une grande population. 

Matériel et Méthodes : Au total, 104 817 adultes de la cohorte française NutriNet-Santé (durée médiane de suivi 6,7 ans) ont été inclus. Les associations entre les apports de nitrites et de nitrates (évaluées à l'aide d’enregistrements alimentaires répétés des 24 h, reliés à une table de composition des aliments et tenant compte des détails des noms commerciaux/marques de produits industriels) et les risques d'hypertension et de maladies cardiovasculaires ont été évaluées à l'aide de modèles de Cox à risque proportionnels, multi-ajustés.

Résultats et Analyses statistiques : Au cours du suivi, 3 810 cas incidents d'hypertension ont été recensés, et 2 075 cas de maladies cardiovasculaires, 1 004 de maladies cérébrovasculaires et 1 079 de maladies coronariennes ont été diagnostiqués. Les participants ayant des apports plus élevés en nitrites provenant d'additifs alimentaires (c'est-à-dire ceux ayant des apports plus élevés que la médiane spécifique au sexe parmi les participants exposés), et en particulier ceux ayant des apports plus élevés en nitrite de sodium (e250) avaient un risque d'hypertension plus élevé que ceux qui ne sont pas exposés aux nitrites des additifs alimentaires (HR=1,19 (1,08-1,31), P=0,002 et 1,19 (1,07-1,31), P=0,002, P<0,001), respectivement). Il n'y avait aucune preuve d'une association entre les nitrites totaux ou les nitrites de sources naturelles, ou les nitrates alimentaires avec le risque d'hypertension (P> 0,3). Il n'y avait aucune preuve d'associations entre les nitrites ou les nitrates (quelle que soit leur source) et les risques de maladies cardiovasculaires, cérébrovasculaires ou coronariennes (P> 0,2). 

Conclusion : Dans cette large étude de cohorte, des apports élevés en nitrites provenant d'additifs alimentaires étaient associés à un risque plus élevé d'hypertension. Nos résultats ne supportent pas une association protectrice potentielle entre les nitrites ou nitrates alimentaires et les maladies cardiovasculaires ; au contraire, ils apportent des preuves supplémentaires dans le cadre des discussions en cours et des rapports récents sur la mise à jour de la réglementation sur l'utilisation des nitrites comme additifs alimentaires.

Ce projet a été financé par le Conseil européen de la recherche, le Ministère de la santé et l'Université Paris Cité. Il a reçu le prix de la fondation Bettencourt Schueller "Coup d'élan pour la recherche française" 2021, et le label NACRe Partenariat (réseau Nutrition Activité physique Cancer Recherche).

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Associations entre l'apport global et spécifique en glucides et l'évolution de l'état d'anxiété : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 02/02/2023
Junko Kose, Pauline Duquenne, Margaux Robert, Charlotte Debras, Pilar Galan, Sandrine Péneau, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Valentina A. Andreeva

Lien d’accès : https://doi.org/10.1016/j.cnd.2022.09.005

Introduction et But de l’étude : Des études transversales suggèrent des associations entre les apports en glucides et l'état d’anxiété. Toutefois, les données prospectives sur ce sujet sont limitées. L'objectif de cette étude était d'évaluer l'association entre les apports en glucides et l'évolution de l'état d'anxiété dans une étude prospective issue de la population générale.

Matériel et Méthodes : 15 602 participants (73,8 % de femmes ; âge moyen = 53,8 ans) de la web-cohorte NutriNet-Santé ayant rempli la sous-échelle trait du questionnaire d'anxiété générale de Spielberger (STAI-T : score de 20 à 80) une fois à l’inclusion (2013-2016) et une fois au suivi (2020) ont été inclus dans les analyses. Le seuil de 40 points du STAI-T a été utilisé afin de définir l’anxiété élevée. Les participants ont été regroupés en quatre en fonction de leur état d'anxiété à l’inclusion et au suivi : « Aucune » = absence d'anxiété élevée à l’inclusion et au suivi ; « Transitoire » = anxiété élevée uniquement à l’inclusion ; « Survenue au cours du suivi » = anxiété élevée uniquement au suivi ; « Persistante » = anxiété élevée à l’inclusion et au suivi. Les apports en glucides ont été estimés à partir de ≥ 2 enregistrements de 24h auto-administrés complétés dans une fenêtre de 2,5 ans autour de la date du remplissage du STAI-T à l’inclusion. Des modèles de régression logistique polytomique ont évalué les associations entre les quartiles (Q) de l'apport global et spécifique en glucides et l’état d'anxiété.

Résultats : La durée moyenne du suivi était de 5,4 ans. Les modèles ajustés ont démontré que la consommation de boissons sucrées était positivement associée à l’anxiété « Transitoire » (ORQ4vsQ1=1,11 (IC 95 % : 1,02-1,21), p de tendance < 0,02). Les apports en glucides complexes (ORQ4vsQ1=1,12 (1,01-1,25) ; p de tendance < 0,02) et en amidon (ORQ4vsQ1=1,13 (1,02-1,25), p de tendance < 0,01) étaient positivement associés à la « Survenue au cours du suivi ». Le pourcentage d'énergie provenant des glucides (ORQ4vsQ1=1,11 (1,03-1,19), p de tendance < 0,02), les apports en glucides totaux (ORQ4vsQ1=1,10 (1,03-1,18), p de tendance < 0,02), en glucides complexes (ORQ4vsQ1=1,09 (1,02-1,17), p de tendance < 0,01) et en amidon (ORQ4vsQ1=1,09 (1,01-1,16), p de tendance < 0,02) étaient positivement associés à l'anxiété "Persistante", tandis que la consommation de jus de fruits pur jus était inversement associée à l'anxiété "Persistante" (ORQ4vsQ1=0,87 (0,81-0,94), p de tendance < 0,01).

Conclusions : Cette étude prospective a révélé des associations significatives entre les apports en glucides et l'évolution de l’état d’anxiété. Les résultats de cette étude, ainsi que de futures études sur ce sujet, pourraient aider à éclairer les interventions visant à prévenir et à gérer l'anxiété.

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Long-lasting Symptoms After an Acute COVID-19 Infection and Factors Associated With Their Resolution

Publié le 02/02/2023
Olivier Robineau, Marie Zins, Mathilde Touvier, Emmanuel Wiernik, Cedric Lemogne, Xavier de Lamballerie, Hélène Blanché, Jean-François Deleuze, Paola Mariela Saba Villarroel, Céline Dorival, Jerome Nicol, Roselyn Gomes-Rima, Emmanuelle Correia, Mireille Coeuret-Pellicer, Nathalie Druesne-Pecollo, Younes Esseddik, Céline Ribet, Marcel Goldberg, Gianluca Severi, Fabrice Carrat; Santé, Pratiques, Relations et Inégalités Sociales en Population Générale Pendant la Crise COVID-19–Sérologie (SAPRIS-SERO) Study Group

Lien d’accès : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36350653/

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Exposition alimentaire à l’acrylamide et risque de cancer du sein : Résultats de l’étude NutriNet-Santé

Publié le 14/11/2022
Alice Bellicha, Gaëlle Wendeu-Foyet, Xavier Coumoul, Meriem Koual, Fabrice Pierre, Françoise Guéraud, Laurent Zelek, Charlotte Debras, Bernard Srour, Laury Sellem, Emmanuelle Kesse-Guyot, Chantal Julia, Pilar Galan, Serge Hercberg, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Mathilde Touvier

Lien Pubmed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36055962/

Introduction : L’acrylamide fait partie des contaminants alimentaires dits « néoformés », c’est-à-dire qui se forment au cours de la préparation ou de la cuisson des aliments. Lorsqu’il a été classé comme probablement cancérigène en 1994 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’acrylamide était connu pour être présent dans le tabac et dans de nombreux composés industriels. L’inquiétude était donc grande dans la communauté scientifique lorsque des chercheurs Suédois ont découvert en 2002 sa présence dans certains aliments. Depuis, les données épidémiologiques n’ont pas montré de résultats probants permettant de déterminer si la quantité d’acrylamide présent dans l’alimentation est associée au risque de cancer.

Objectif et méthodes : Cette étude avait pour objectif d’analyser les associations entre l’apport alimentaire en acrylamide et le risque de cancer du sein dans la cohorte prospective NutriNet-Santé. Cette étude a inclus 80 597 femmes (âge moyen : 40,8 ans) sans antécédents personnels de cancer, et qui ont été suivies pendant 8,8 ans en moyenne. La quantité d’acrylamide présent dans leur alimentation a été déterminée par l’analyse détaillée des consommations alimentaires. Pour évaluer l’association entre l’acrylamide alimentaire et le risque de cancer du sein, nous avons utilisé le modèle statistique de Cox qui tenait compte de nombreux facteurs de santé et de mode de vie.

Résultats : L’apport alimentaire moyen en acrylamide atteignait 30,4 µg/j. Il provenait principalement du café, des frites et chips de pomme de terre, des biscuits et pâtisseries, puis du pain. Pendant le suivi, un cancer du sein a été diagnostiqué chez 1 016 femmes, dont 431 avant la ménopause, et 585 après. Nous avons observé une association positive entre la quantité d’acrylamide dans le régime et le risque de cancer du sein, notamment chez les femmes pré-ménopausées (rapport des risques entre les personnes avec l’apport en acrylamide le plus élevé et le plus faible : 1,40 [IC 95% : 1,04-1,88]).

Conclusion : Ces résultats suggèrent un risque de cancer du sein augmenté chez les femmes exposées à d’importantes quantités d’acrylamide alimentaire. En parallèle des actions qui peuvent être mises en place sur le plan réglementaire pour limiter la quantité d’acrylamide dans les aliments industriels, il est possible d’agir à l’échelle individuelle. L’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments préconise ainsi des mesures simples, comme respecter le temps de cuisson des frites (éviter une coloration trop prononcée) et réduire le temps de grillage du pain.

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