Connexion
Association entre un indice de qualité nutritionnelle fondé sur le profilage nutritionnel des aliments de la Food Standards Agency et le risque de maladies cardiovasculaires chez des adultes français

Int J Cardiol. 2017 234:22-27

Adriouch S, Julia C, Kesse-Guyot E, Ducrot P, Péneau S, Méjean C, Assmann KE, Deschasaux M, Hercberg S, Touvier M, Fezeu LK.

En France, la mise en place en face avant des emballages du logo nutritionnel 5-couleurs (5-CNL) est actuellement à l’étude en tant qu’outil stratégique permettant aux consommateurs de faire des choix d’aliments plus favorables à la santé. Ce logo est fondé sur le système de profilage nutritionnel des aliments de la British Food Standards Agency (FSA-NPS), reflétant la qualité nutritionnelle globale des aliments. Au niveau individuel, une moyenne pondérée sur l’énergie de tous les scores FSA-NPS des aliments couramment consommés a été élaborée (FSA-NPS DI). Notre objectif était d’étudier l’association prospective entre le FSA-NPS DI et le risque de maladies cardiovasculaires (MCV).
 
Un total de 75801 participants de la cohorte NutriNet-Santé, ayant complété un minimum de 3 enregistrements alimentaires de 24 h au cours des deux premières années de suivi, entre 2009 et 2016, a été inclus dans nos analyses. Des modèles de Cox à risques proportionnels mutlivariables ont été utilisés pour caractériser les associations entre le score FSA-NPS DI et l’incidence des MCV.
 
509 évènements cardiovasculaires majeurs ont été diagnostiqués (262 maladies cardiaques coronariennes et 247 AVC) au cours du suivi. Un score FSA-NPS DI plus élevé, caractérisant un régime alimentaire de moindre qualité, était associé à une augmentation du risque de MCV (HRpour 1 point d’incrément = 1,08 (1,03-1,13) ; HRQ4vs.Q1 = 1,40 (1,06-1,84), PQ4-Q1 = 0,01). Cette association tendait à être plus forte chez les sujets en surpoids (HRpour 1 point d’incrément = 1,12 (1,04-1,19) ; Pinteraction = 0,003).
 
Ces résultats suggèrent qu’un régime alimentaire de plus faible qualité nutritionnelle, tel que reflété par un score FSA-NPS DI plus élevé, pourrait être associé à une augmentation significative du risque de maladie cardiovasculaire, en particulier dans les sous-populations à risque (individus en surpoids) accru de survenue de MCV. Ils supportent la pertinence en santé publique de développer un logo nutritionnel en face avant des emballages basés sur ce score.
 
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28258849

...
Voir plus

Habitudes de consommation de boissons dans la population européenne : associations avec les apports totaux en eau et en énergie

Nutrients. 2017 9(4):e383

Nissensohn M, Sanchez-Villegas A, Galan P, Turrini A, Arnault N, Mistura L, Ortiz-Andrellucchi A, Edelenyi FS, D'Addezio L, Serra-Majem L.

Les apports en eau et en boissons ont fait l’objet de peu d’attentions dans les études épidémiologiques. L’objectif de cette étude était de comparer la consommation journalière moyenne d’aliments et de boissons chez des adultes issus d’échantillons sélectifs de la population de l’union européenne (UE) afin de comprendre la contribution de ces derniers à l’apport total en eau (ATE), évaluer si la population adulte UE consommait des quantités totales en eau en adéquation avec les recommandations actuelles et pour illustrer les apports réels en eau en Europe.
 
3 enquêtes alimentaires nationales et européennes ont été sélectionnées : l’Espagne a utilisé la base de données « Anthropometry, Intake, and Energy Balance Study » (ANIBES), l’Italie a a analysé les données « Italian National Food Consumption Survey (INRAN-SCAI 2005-06) et les données françaises provenaient de la base de données NutriNet-Santé. La consommation moyenne journalière a été utilisée pour les comparaisons inter-individus. L’ATE ont été comparés avec les valeurs référence « European Food Safety Authority » (EFSA) des hommes et femmes adultes.
 
En moyenne, l’ATE était de 1,7 L (ES 22,9) chez les hommes et de 1,6 L (ES 19,4) chez les femmes en Espagne ; de 1,7 L (ES 16,9) chez les hommes et de 1,7 L (ES 14,1) chez les femmes en Italie et de 2,3 L (ES 4,7) chez les hommes et de 2,1 L (ES 2,4) chez les femmes en France. A l’exception des femmes en France, ni les hommes ni les femmes ne consommaient des quantités d’eau suffisantes selon les valeurs de références de l’EFSA.
Cette étude montre le besoin d’élaborer des politiques de santé et de nutrition appropriées visant à augmenter l’apport total en eau dans la population européenne. L’estimation des apports en boissons nécessite dans le futur l’utilisation de nouveaux outils et techniques et l’application des nouvelles technologies disponibles.
 
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28406441

...
Voir plus

Association prospective entre la fréquence de consommation d’aliments bio et la variation de poids corporal, le risque de surpoids ou d’obésité : résultats de l’étude NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2017 117(2):325-334

Kesse-Guyot E, Baudry J, Assmann KE, Galan P, Hercberg S, Lairon D.

Un indice de masse corporelle moins élevé a été observé chez les consommateurs de produits bio, mais cette association n’a jamais été évaluée dans une étude avec un schéma prospectif. Notre objectif était d’étudier prospectivement l’association entre la fréquence de consommation d’aliments bio et la variation de poids. Nous avons analysé les données de 62224 participants de la cohorte NutriNet-Santé (78 % de femmes, âge moyen = 45 ans). Des données concernant la fréquence de consommation d’aliments bio, les apports alimentaires et les mesures anthropométriques répétées ont été collectées. Pour seize produits, les participants ont déclaré leur fréquence de consommation d’aliments bio (jamais, occasionnellement, la plupart du temps). Un score bio (OS) avec un maximum de trente-deux points a été calculé pour chaque individu.

Les associations entre le score OS (modélisé en quartiles (Q)) et la variation de poids au cours du suivi (en moyenne 3,1 ans) et le risque de surpoids et d’obésité ont été estimées par ANCOVA et régression logistique multivariée.

Une augmentation moins élevée de l’IMC a été observée à travers les quartiles d’OS (différence moyenne Q4 vs Q1 = - 0,16 (IC 95 % - 0,32, - 0,01). Une augmentation de l’OS était également associée à un plus faible risque de surpoids et d’obésité (parmi les participants non en surpoids et non obèses à l’inclusion). Une réduction de risque de surpoids et d’obésité était observée chez les plus grands consommateurs de bio : les odd-ratios Q4 vs. Q1 étaient respectivement 0,77 (IC 95 % 0,68, 086) et 0,69 (IC 95 % 0,58, 0,82). Concernant le risque d’obésité, l’association était plus forte chez les participants avec une adhérence aux recommandations nutritionnelles plus élevée.

Cette étude suggère un rôle protecteur fort de la fréquence de consommation d’aliments bio à l’égard du risque de surpoids et d’obésité qui dépend de la qualité globale du régime alimentaire. Si ces résultats sont confirmés, ils pourraient contribuer à affiner les recommandations nutritionnelles en tenant compte des modes de production agricoles.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28166859


...
Voir plus

Modifications des apports alimentaires et en alcool entre avant et après le diagnostic de cancer : résultats de l’étude de cohorte prospective NutriNet-Santé

Int J Cancer. 2017 141(3):457-470

Fassier P, Zelek L, Lécuyer L, Bachmann P, Touillaud M, Druesne-Pecollo N, Galan P, Cohen P, Hoarau H, Latino-Martel P, Kesse-Guyot E, Baudry J, Hercberg S, Deschasaux M, Touvier M.

L’alimentation et la consommation d’alcool après le diagnostic pourraient être associées au pronostic de cancer, au risque de récidive et à la mortalité. L’objectif objectif était d’étudier les variations des apports en aliments, nutriments et alcool entre avant et après le diagnostic de cancer ainsi que leurs déterminants dans la cohorte prospective NutriNet-Santé.
 
Les sujets de la cohorte NutriNet-Santé ayant eu un cancer incident diagnostiqué entre 2009 et 2016 ont été inclus (n = 696). Les apports alimentaires, en nutriments et en alcool ont été collectés prospectivement à partir des enregistrements alimentaires de 24 h répétés et non consécutifs depuis l’inclusion (en moyenne 2 ans avant le diagnostic). Le nombre moyen d’enregistrements alimentaires par sujet était de 5,9 avant et de 8,1 après diagnostic. Toutes les données alimentaires avant et après diagnostic ont été comparées par des modèles mixtes. Les facteurs associés aux modifications alimentaires majeures observées ont été investigués par des régressions logistiques multivariées.
 
Nous avons observé une diminution des apports en légumes (diminution moyenne des apports chez les patients ayant diminué leur apport = - 102,4 ± 79,8 g/j), produits laitiers (- 93,9 ± 82,8 g/j), viandes/abats (- 35,5 ± 27,8 g/j), produits à base de soja laitiers (- 85,8 ± 104,1 g/j), boissons sucrées (- 77,9 ± 95,4 g/j) et boissons alcoolisées laitiers (- 92,9 ± 119,9 g/j) et une augmentation des apports en bouillon (42,1 ± 34,9 g/j) et matières grasses/sauces (18,0 ± 13,4 g/j). Nous avons observé une diminution des apports énergétiques (- 377,2 ± 243,5 kcal/j) et des apports en alcool (- 7,6 ± 9,4 g/j), protéines (- 17,4 ± 12,5 g/j) et plusieurs vitamines (p < 0,05) et micronutriments (p < 0,05). A l’inverse, les apports en lipides (19,4 ± 14,6 g/j), acides gras saturés (9,3 ± 7,0 g/j), acides gras mono-insaturés (8,3 ± 6,3 g/j) et vitamine E (3,9 ± 3,3 g/j) ont augmenté après diagnostic.
 
Cette grande étude prospective suggère que le diagnostic de cancer est une période clef pour des changements de l’alimentation. Elle met en évidence certains comportements favorables à la santé telle que la diminution de la consommation d’alcool et de boissons sucrées, mais aussi des tendances moins favorables telles que la diminution de la consommation de légumes et des apports en de nombreuses vitamines et minéraux. Ces résultats apportent des connaissances pour identifier et cibler des recommandations à proposer pour une meilleure prise en charge nutritionnelle des patients après leur cancer.
 
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28335085

...
Voir plus

Associations entre les déterminants des choix des plats lors de la préparation des repas et la qualité du régime alimentaire chez des adultes français : résultats de l’étude NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2017 117(6):851-861

Ducrot P, Méjean C, Fassier P, Allès B, Hercberg S, Péneau S.

Un certain nombre de déterminants tels que les contraintes ou le plaisir ont été suggérés comme facteurs influençant le choix des plats lors de la préparation des repas dans le foyer. Cependant, aucune étude n’a évalué si l’importance conférée à ces déterminants influence la qualité du régime alimentaire.
 
Cette étude avait pour objectif d’évaluer la différence de qualité du régime alimentaire en fonction de l’importance accordée par les individus à plusieurs déterminants de choix des plats. L’importance de 27 critères impliqués dans les choix des plats les jours de semaine a été évaluée chez 48010 adultes français de l’étude NutriNet-Santé. Des analyses de covariance et des régressions logistique, ajustés sur les facteurs sociodémographiques et les modes de vie, ont été utilisés pour évaluer l’association entre l’importance accordée aux déterminants des choix des plats (oui vs. non) et les apports en énergie et groupe d’aliments ainsi que l’adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises (score PNNS modifié ; mPNNS-GS)).
 
Une meilleure adéquation aux recommandations nutritionnelles a été observée chez les individus accordant de l’importance au fait d’avoir une alimentation favorable à la santé (score mPNNS-GS 7,87 (SD 0,09) vs. 7,39 (SD 0,09)) et chez ceux attachant de l’importance à un régime spécifique (score mPNNS-GS 7,73 (SD 0,09) vs. 7,53 (SD 0,09)), comparés à ceux accordant peu/pas d’importance (tous P < 0,0001). Ces individus présentaient également des apports plus élevés en fruits et légumes, mais des consommations plus faibles de viande, lait et fromage, produits sucrés et plats préparés comparés à leurs pairs (tous P < 0,0001). Pour les autres déterminants que sont la contrainte, le plaisir et l’organisation, de faibles différences ont été observées. La différence majeure de qualité du régime alimentaire était associée à l’importance accordée à une alimentation favorable à la santé.
 
Bien que nos résultats ne permettent pas de conclure à une relation causale, ils suggèrent que les stratégies ayant pour objectif de permettre aux individus de prendre en compte la qualité du régime alimentaire pendant la préparation des repas dans le foyer pourraient constituer un levier pour promouvoir une alimentation favorable à la santé.
 
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28393743

...
Voir plus