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Consommation et apports alimentaires chez 36 448 adultes et leurs associations avec le syndrome de l’intestin irritable : étude NutriNet-Santé
Therap Adv Gastroenterol. 2018 11:1756283X17746625 
Torres MJ, Sabate JM, Bouchoucha M, Buscail C, Hercberg S, Julia C.

Introduction : L’alimentation joue un rôle majeur chez les patients atteints du syndrome de l’intestin irritable (SII). L’objectif de cette étude était de comparer les consommations alimentaires et les apports en nutriments chez les sujets avec SII et des témoins au sein d’une large population française.

Méthodes : Cette étude incluait 36 448 sujets de l’étude de cohorte NutriNet-Santé ayant complété un questionnaire basé sur les critères de Rome III pour évaluer les troubles fonctionnels intestinaux. Les données alimentaires ont été obtenues à partir d’un minimum de 3 enregistrements de 24 h auto-déclarés via internet. Les associations entre le SII et le régime alimentaire ont été étudiées à l’aide de tests de comparaison ajustés sur le sexe, l’âge et l’apport énergétique total (tests ANCOVA).

Résultats : Les sujets inclus étaient principalement des femmes (76,9 %) et l’âge moyen était de 50,2 ± 14,2 ans. Parmi ces individus, 1870 (5,1 %) présentaient un SII. Comparés aux témoins en bonne santé, ils avaient des consommations significativement plus faibles de lait (74,6 versus 88,4 g/j ; p ˂ 0,0001), yaourts (108,4 versus 115,5 g/j ; p = 0,001), fruits (192,3 versus 203,8 g/j ; p ˂ 0,001) et une consommation plus élevée de boissons non-alcoolisées non-sucrées (1167,2 versus 1122,9 ml/j ; p ˂ 0,001). Ils avaient un apport énergétique total plus élevé (2028,9 versus 1995,7 kcal/j ; p ˂ 0,001), avec des apports plus élevés en lipides (38,5 versus 38,1 % de l’apport énergétique total ; p = 0,001) et des apports plus faibles en protéines (16,4 versus 16,8 % de l’apport énergétique total ; p ˂ 0,0001) ainsi qu’en micronutriments (calcium, potassium, zinc, vitamines B2, B5 et B9, tous p ˂ 0,0001).

Conclusions : Dans ce large échantillon, ces résultats suggèrent que les apports alimentaires des sujets souffrant de SII diffèrent de ceux des sujets contrôles. Il est possible qu’ils aient adapté leur régime alimentaire en fonction de leurs symptômes suite à des recommandations médicales ou non.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29399039
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Association entre les perspectives temporelles et la consommation d’aliments bio dans un large échantillon d’adultes
Nutr J. 2018 17(1):1
Bénard M, Baudry J, Méjean C, Lairon D, Giudici KV, Etilé F, Reach G, Hercberg S2, Kesse-Guyot E, Péneau S.

Contexte : La consommation d’aliments bio a augmenté dans de nombreux pays au cours des dernières décennies. Bien que les motivations associées à un tel choix aient été étudiées, les traits de personnalité associés à ces motivations ont été très peu explorés. La considération des conséquences futures (CFC) représente l’ampleur avec laquelle les  individus considèrent les conséquences futures par rapport aux conséquences immédiates de leurs comportements. Une personnalité orientée vers le futur pourrait être une caractéristique importante des consommateurs d’aliments bio. L’objectif était d’analyser les associations entre la CFC et la consommation d’aliments bio dans un large échantillon de la population générale adulte. 

Méthodes : En 2014, un échantillon de 27634 participants de l’étude de cohorte NutriNet-Santé ont rempli le questionnaire CFC et le questionnaire de fréquence de consommation d’aliments bio. Pour chaque groupe d’aliments (17 groupes), les non-consommateurs d’aliments bio ont été comparés aux consommateurs d’aliments bio selon les quartiles de la CFC en utilisant des régressions logistiques multiples. De plus, les moyennes ajustées des proportions des apports d’aliments bio sur les apports alimentaires totaux ont été comparées selon les quartiles de la CFC. Les analyses ont été ajustées sur des facteurs sociodémographiques, de mode de vie et alimentaires.

Résultats : Les participants avec une CFC plus élevée avaient plus de chance de consommer des aliments bio (OR quartile 4 (Q4) vs. Q1 = 1,88, IC 95 % : 1,62-2,20). Globalement, les participants orientés vers le futur avaient plus de chance de consommer 14 groupes d’aliments. Les associations les plus fortes ont été observées pour les aliments à base de féculents raffinés (OR = 1,78, IC 95 % : 1,63-1,94) et les fruits et légumes (OR = 1,74, IC 95 % : 1,58-1,92). La contribution des apports issus d’aliments bio aux apports alimentaires totaux était de 33 % plus élevé dans le Q4 de la CFC comparé au Q1. Plus précisément, la contribution des aliments bio consommés était plus élevée dans le Q4 pour 16 groupes d’aliments. Les différences relatives les plus élevées entre Q4 et Q1 ont été observées pour les aliments à base de féculents raffinés (22 %) et les boissons alcoolisées (21 %). Le groupe des fruits de mer était le seul sans différence significative.

Conclusions : Cette étude fournit des informations sur la personnalité des consommateurs d’aliments bio dans un large échantillon de participants adultes. La considération des conséquences futures pourrait représenter un déterminant psychologique pertinent de la consommation d’aliments bio.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29304811
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Comportements alimentaires des patients atteints de cirrhose compensée : une étude cas-témoins
Nutrients. 2018 10(1):E60
Buscail C, Bourcier V, Fezeu LK, Roulot D, Brulé S, Ben-Abdesselam Z, Cagnot C, Hercberg S, Nahon P, Ganne-Carrié N, Julia C.

Contexte : Il y a de plus en plus de données suggérant que le maintien d’un statut nutritionnel adéquat chez les patients atteints de cirrhose est approprié pour la prévention des complications. L’objectif de cette étude était de décrire les comportements alimentaires des sujets atteints de cirrhose compensée et non compliquée et de les comparer à ceux de témoins issus de la population générale. 

Méthodes : Dans cette étude cas-témoins, les cas étaient issus de l’étude ALICIR, une enquête nichée dans deux cohortes nationales prospectives de patients avec une cirrhose compensée histologiquement prouvée par biopsie liée soit à une consommation excessive d’alcool (CIRRAL) soit à une infection par le virus de l’hépatite B ou C (CirVir). Les témoins étaient issus de la cohorte NutriNet-Santé. Les données alimentaires étaient collectées à l’aide d’un même questionnaire de fréquence alimentaire semi-quantitatif validé. Les données alimentaires et nutritionnelles ont été comparées par des tests de Student pour données appariées multi-ajustées.

Résultats : Entre juin 2014 et février 2016, 174 patients d’ALICIR ont été appariés avec 348 témoins de la cohorte NutriNet en fonction du sexe, de l’âge, de l’IMC et du niveau d’éducation. Comparés aux témoins, les patients (moyenne ± écart type) consommaient plus de sodas (236,0 ± 29,8 mL vs. 83,0 ± 33,0 mL), d’eau (1787,6 ± 80,6 mL vs. 933,6 ± 85,3 mL), et des quantités plus faibles de snacks salés (4,2 ± 1,42 g vs. 9,0 ± 1,6 g) et de boissons alcoolisées (71,8 ± 23,4 g vs. 151,2 ± 25,9 g), avec toutes les valeurs p < 0,0001. Les comportements alimentaires variaient en fonction de l’étiologie de la cirrhose du foie.

Conclusions : Les comportements alimentaires des patients différaient significativement de ceux des sujets issus de la population générale.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29320416
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Dilemme entre motivations "santé" vs. environnementales lors de l’achat de produits animaux : caractéristiques sociodémographiques et nutritionnelles des consommateurs concernés
BMC Public Health. 2017 17(1):876
Péneau S, Fassier P, Allès B, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Méjean C.

Contexte : Les recommandations nutritionnelles en France recommandent une consommation régulière de viande, poisson et produits laitiers alors même que les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’impact de la production de ces aliments sur l'environnement. Ces apparentes contradictions peuvent conduire à des dilemmes chez le consommateur lors de l'achat de produits alimentaires. L’objectif de cette étude était d’investiguer les profils sociodémographiques des personnes déclarant avoir des dilemmes entre santé et environnement au niveau de leurs motivations d‘achat de viande, de poisson et de produits laitiers, et de comparer la qualité de l’alimentation des individus avec et sans dilemme.

Méthodes : Un total de 22,936 personnes participant à la cohorte NutriNet-Santé ont été inclus dans cette analyse transversale. Les participants ont complété un questionnaire évaluant leurs motivations d’achat pour la viande, le poisson et les produits laitiers, incluant des questions autour des dilemmes potentiels entre santé et environnement. Les dilemmes environnement vs. santé ont été estimés en utilisant des méthodes implicites et explicites. Les données socio-démographiques et de mode de vie ainsi que la consommation alimentaire utilisant des enregistrements de 24 h ont été recueillis. L'association entre les caractéristiques socio-démographiques et de mode de vie et les dilemmes a été évaluée en utilisant des modèles de régression logistique et l’association entre les dilemmes et la consommation de viande, poisson, produits laitiers ainsi qu’avec l'adhésion au score basé sur les recommandations du PNNS (mPNNS-GS) et la qualité nutritionnelle globale, en utilisant une analyse de covariance.

Résultats : Parmi les participants, 13 % étaient partagés entre acheter de la viande pour des raisons de santé et éviter d'en acheter pour des raisons environnementales, 12 % dans le cas du poisson et 5 % dans le cas des produits laitiers. Les participants plus âgés, les femmes et les individus avec de faibles revenus étaient plus susceptibles de déclarer des dilemmes. Les participants déclarant des dilemmes lors de l'achat de la viande et de produits laitiers consommaient moins de ces aliments (P ˂ 0,05 et P ˂ 0,0001, respectivement) et avaient une meilleure qualité nutritionnelle globale (P ˂ 0,0001). De plus, ceux ayant des dilemmes pour la viande spécifiquement ont montré une meilleure adhérence aux recommandations concernant la viande, le poisson et les produits laitiers (P <0,0001).
 

Conclusion : Les individus déclarant des dilemmes concernant les produits animaux avaient des caractéristiques sociodémographiques spécifiques et montraient une qualité nutritionnelle globale plus élevée comparés à ceux sans dilemme. Nos résultats suggèrent qu’avoir des préoccupations environnementales n’est pas en contradiction avec l’adhérence aux recommandations nutritionnelles.


https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29126385
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Influence relative des caractéristiques socioéconomiques, psychologiques et sensorielles, de l’activité physique et de l’alimentation sur la prise de poids sur 5 ans chez des adultes français
Nutrients. 2017 9(11):e1179
Lampuré A, Castetbon K, Hanafi M, Deglaire A, Schlich P, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Les caractéristiques individuelles, les apports alimentaires et l’activité physique influencent le statut pondéral ; toutefois, la contribution de chaque facteur pour expliquer la variation de poids dans le temps n’a jamais été étudiée.

Notre objectif était d’établir un cadre conceptuel en estimant simultanément l’influence relative des caractéristiques socioéconomiques, psychologiques et sensorielles, de l’activité physique et des apports alimentaires sur la prise de poids sur 5 ans chez des adultes français.

Les caractéristiques individuelles, l’activité physique et les données alimentaires ont été estimées à l’inclusion pour 8014 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Les données anthropométriques auto-déclarées ont été collectées à l’inclusion et 5 ans plus tard. Des modèles par équations structurelles, stratifiés par indice de masse corporelle (IMC) à l’inclusion, ont été utilisés pour réaliser les analyses.

Le prédicteur majeur de la prise de poids était la restriction alimentaire devant l’effet de l’âge ou la consommation d’aliments riches en énergie, à la fois chez les participants en surpoids et les sujets normo-pondéraux. Chez les individus normo-pondéraux seulement, la consommation d’aliments riches en nutriments et l’activité physique étaient inversement associés à la prise de poids. Concernant les facteurs individuels influençant les apports alimentaires, l’attirance pour le gras était prédicteur le plus important de la consommation d’aliments riches en énergie et était aussi inversement associée à la consommation d’aliments riches en nutriments.

Dans ces modèles, la restriction alimentaire était un prédicteur direct de la prise de poids et l’attirance sensorielle pour le gras un déterminant majeur des apports alimentaires. L’influence de la restriction alimentaire sur la prise de poids, non expliquée par l’alimentation, nécessite des études supplémentaires.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29143765
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