Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Pratique de techniques de relaxation et statut pondéral dans un large échantillon d’adultes

Am J Prev Med. 2016 50(4):e101-9

Camilleri GM, Méjean C, Bellisle F, Hercberg S, Péneau S.

Dans les pays industrialisés caractérisés par une forte prévalence d’obésité et de stress chronique, les techniques de relaxation telles que le yoga ou la méditation pourraient faciliter le contrôle du poids. Cependant, quasiment aucune donnée n’est disponible pour déterminer si la pratique de techniques de relaxation est réellement associée au statut pondéral. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre la pratique de techniques de relaxation et le statut pondéral dans un large échantillon d’adultes.

Un total de 61704 individus âgés de plus de 18 ans participants à l’étude NutriNet-Santé (2009-2014) a été inclus dans cette analyse transversale conduite en 2014. Les données sur la pratique de techniques de relaxation ont été collectées, ainsi que la taille et le poids auto-déclarés. L’association entre la pratique de techniques de relaxation et le statut pondéral a été évaluée avec des modèles de régression logistique multinomiale et linéaire multiples ajustés sur les facteurs sociodémographiques, alimentaires et de mode de vie.

Après ajustement sur les facteurs sociodémographiques et de mode de vie, les individus pratiquant des techniques de relaxation de façon régulière (au moins une fois par semaine depuis au moins un an) étaient moins en surpoids (OR=0,68, IC 95 %=0,63-0,74) ou obèses (OR=0,55, IC 95 %=0,50-0,61) par rapport aux personnes ne pratiquant pas ces techniques. De plus, les individus pratiquant de façon régulière avaient un indice de masse corporelle inférieur à celui des non utilisateurs (-3,19, IC 95 %=-3,71, -2,68).

Ces données apportent de nouveaux arguments concernant une relation inverse entre la pratique de techniques de relaxation et le statut pondéral. Si des relations causales étaient démontrées dans de futures études prospectives, cette pratique pourrait être promue dans le cadre de la prévention et de la prise en charge de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26657183





Les indicateurs socio-économiques sont associés aux apports nutritionnels de façon indépendante chez les adultes français : une étude DEDIPAC

Nutrients. 2016 8(3). pii: E158

Si Hassen W, Castetbon K, Cardon P, Enaux C, Nicolaou M, Lien N, Terragni L, Holdsworth M, Stronks K, Hercberg S, Méjean C.

Une position socioéconomique (PSE) moins favorisée est associée à des comportements alimentaires plus défavorables à la santé. Certaines études montrent que les 3 principaux indicateurs de PSE (niveau d’éducation, catégorie socio-professionnelle (CSP) et revenu) n’ont pas des niveaux équivalents d’association avec les consommations alimentaires, associations qui pourraient se cumuler. Peu d’études utilisent les 3 indicateurs simultanément, en particulier pour l’étude des apports en nutriments. L’objectif était d’examiner les associations indépendantes de chaque indicateur de PSE avec les apports en nutriments. L’effet modificateur du niveau d’éducation et de la CSP sur les associations entre apports en nutriments et revenus a été investigué.

Cette analyse transversale a été menée auprès de 91 900 adultes français inclus dans l’étude Nutrinet-Santé entre 2009 et 2013. Les apports en nutriments ont été estimés à partir de 3 enregistrements alimentaires de 24 h. Les indicateurs socioéconomiques ont été collectés par un questionnaire à l’inclusion. Des modèles de régression linéaire ajustés sur l’âge et l’apport énergétique total ont été utilisés pour analyser les associations entre les indicateurs de PSE et les apports en nutriments. Lorsque l’interaction entre 2 indicateurs de PSE était significative, des analyses stratifiées ont été réalisées.

Les hommes et les femmes de niveau d’éducation le plus élevé avaient des apports plus élevés en fibres, β-carotène et vitamine C (6-9 %) et moins élevés en protéines (-6 %) que ceux du niveau éducatif le plus bas. Les sujets ayant les plus hauts revenus consommaient moins de glucides complexes (-6 %) et avaient des apports en magnésium (6 %), vitamine B9 (5 %) et vitamine C (12-14 %) plus élevés que ceux aux plus faibles revenus. Enfin, les femmes cadres avaient des apports plus élevés en vitamine D (12 %), magnésium et β-carotène (7 %) que les ouvrières. Des interactions significatives entre niveau d’éducation et revenus ont été observées : parmi les hommes et les femmes d’éducation faible, ceux ayant les plus hauts revenus avaient des apports plus élevés en magnésium, β-carotène et vitamine B9 que ceux aux revenus les plus bas, alors qu’aucune différence n’a été observée chez ceux du niveau d’éducation supérieur. Par ailleurs, les hommes, les ouvriers et les employés aux plus hauts revenus avaient des apports plus élevés en potassium que les autres catégories de revenus, tandis qu’aucune différence n’a été observée chez les cadres.

L’utilisation simultanée des 3 indicateurs de PSE et l’étude de leurs interactions ont permis de souligner leurs effets propres, ce qui montre que les disparités sociales en nutrition résultent de mécanismes complexes. Notre étude a mis en évidence un effet modificateur du niveau d’éducation sur les relations entre revenus et apports en nutriments. Ces résultats permettront d’orienter plus finement les interventions alimentaires de santé publique, en particulier au sein des populations de faible niveau d’éducation.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26978393





Corrélations entre fruits, légumes, poisson, vitamines et acides gras estimés par des enregistrements alimentaires non consécutifs sur internet et les biomarqueurs correspondants du statut nutritionnel

J Acad Nutr Diet. 2016 116(3):427-38

Lassale C, Castetbon K, Laporte F, Deschamps V, Vernay M, Camilleri GM, Faure P, Hercberg S, Galan P, Kesse-Guyot E.

Il est d’une importance majeure de mesurer la validité des apports alimentaires auto-déclarés via des outils internet avant de les utiliser à plus grande échelle.

L’objectif de cette étude était de valider les apports auto-déclarés en poisson, fruits et légumes et certains micronutriments estimés par un enregistrement alimentaire auto-déclaré sur internet utilisé dans le cadre de la cohorte prospective NutriNet-Santé par rapport aux concentrations plasmatiques des biomarqueurs suivants : bêta-carotène, vitamine C, acides gras polyinsaturés n-3 (AGPI n-3).

Cent quatre vingt dix huit volontaires adultes (103 hommes et 95 femmes, âge moyen : 50,5 ans) ont été inclus dans le protocole : ils ont complétés 3 enregistrements alimentaires non consécutifs et échantillons sanguins ont été prélevés à 3 semaines d’intervalle. L’étude a été conduite dans la région parisienne (France) entre octobre 2012 et mai 2013. Les apports déclarés en poisson, fruits et légumes et certains micronuriments et les taux plasmatiques en bêta-carotène, vitamine C et AGPI n-3 ont été comparés. Les coefficients de corrélation de Spearman simples ou avec ajustements ont été estimés après dé-atténuation pour la variation intra-individuelle.

Concernant les groupes d’aliments chez les hommes, les corrélations ajustées étaient comprises entre 0,20 pour les légumes et la vitamine C plasmatique et 0,49 pour les fruits et la vitamine C plasmatique ; entre 0,40 pour le poisson et c20:5 n-3 (acide eicosapentaénoïque [EPA]) plasmatique et 0,55 pour le poisson et c22:6 n-3 (acide docosahexaénoïque) plasmatique. Chez les femmes, les corrélations étaient comprises entre 0,13 (non significative) pour les légumes et la vitamine C plasmatique et 0,41 pour les fruits et légumes et le bêta-carotène plasmatique ; entre 0,27 pour le poisson gras et EPA plasmatique et 0,54 pour le poisson et EPA+acide docosahexaénoïque plasmatique. Concernant les micronutriments, les corrélations ajustées étaient comprises entre 0,36 (EPA) et 0,58 (vitamine C) chez les hommes et entre 0,32 (vitamine C) et 0,38 (EPA) chez les femmes.

Ces résultats suggèrent que 3 enregistrements alimentaires non consécutifs sur internet fournissent une estimation correcte des apports réels en fruits, légumes, poisson, bêta-carotène, vitamine C et AGPI n-3. En tenant compte des autres études de validation, cette étude montre une validité satisfaisante de cette méthode d’estimation des apports alimentaires dans de grandes études épidémiologiques et ouvre de nouvelles perspectives en épidémiologie.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26522988





Détection des individus à risque d’insuffisance en vitamine D : développement et validation d’un score basé sur des caractéristiques individuelles pour une utilisation simple en pratique clinique

Medicine (Baltimore). 2016 95(7):e2783

Deschasaux M, Souberbielle JC, Andreeva VA, Sutton A, Charnaux N, Kesse-Guyot E, Latino-Martel P, Druesne-Pecollo N, Szabo de Edelenyi F, Galan P, Hercberg S, Ezzedine K, Touvier M.

La vitamine D jouerait un rôle central dans la prévention de différentes pathologies. Eviter une insuffisance en vitamine D et maintenir un statut suffisant en vitamine D est donc crucial, ce qui, en pratique clinique, fait généralement intervenir la prescription de dosages sanguins ou de suppléments. Toutefois, les autorités sanitaires indiquent que ces stratégies devraient mieux cibler les populations à risque d’insuffisance en vitamine D. L’objectif de cette étude était donc de développer un score visant à détecter les sujets à risque d’insuffisance en vitamine D (concentration en 25OHD ≤ 20 ng/ml) en pratique clinique, basé uniquement sur des caractéristiques individuelles faciles d’accès et sur un système de calcul simple.

Le score a été développé sur 1557 sujets non supplémentés d’âge moyen issus de la cohorte SU.VI.MAX. Les points attribués correspondent aux OR, arrondis à 0,5 près, de chaque caractéristique associée à une insuffisance en vitamine D dans le modèle de régression logistique multivariée. L’aire sous la courbe ROC (AUC), la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives positives et négatives ont été calculées. Une validation externe de ce score a été réalisée dans un échantillon de 781 participants issus d’une cohorte indépendante (NutriNet-Santé).

Les points du score de Prédiction d’une Insuffisance en Vitamine D (VDIP score) ont été attribués comme suit : 1,5 pour femme, surpoids, activité physique < 1 h/j, saison=Décembre-Janvier, exposition solaire modérée et phototypes de Fitzpatrick très clairs (I-II) ou foncés (V-VI) ; 2 pour latitude ≥ 48°N et saison=Avril-Mai ; 2,5 pour obésité et saison=Février-Mars ; 3 pour faible exposition solaire. Ce score a montré de bonnes performances prédictives avec une AUC=0,70±0.01 (0,67±0,02 dans l’échantillon de validation), et pour un score ≥ 7, une sensibilité/spécificité de 0,67/0,63 et une valeur prédictive positive/négative (VPP/VPN) de 0,70/0,59. 70 % des individus avec un score ≥ 7 présentaient une insuffisance en vitamine D (80 % chez ceux avec un score ≥ 9).

Le score VDIP a montré sa capacité à détecter les adutes à risque d’insuffisance en vitamine D (score ≥ 7, risque modéré ; score ≥ 9, risque élevé). Il est basé sur des caractéristiques individuelles faciles d’accès pouvant être recueillies à l’aide d’un questionnaire simple, rapide et gratuit. Cette stratégie devrait ainsi permettre de limiter les prescriptions de dosages (coûts importants) ou la supplémentation systématique en vitamine D (dont les conséquences à long terme sont mal connues).

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26886626





Caractéristiques alimentaires et de santé des consommateurs de bio : résultats de l'étude NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2015 114(12):2064-73

Baudry J, Méjean C, Péneau S, Galan P, Hercberg S, Lairon D, Kesse-Guyot E.

Les produits issus de l’agriculture biologique ne cesse d’augmenter en France avec un marché à domicile qui a progressé de près de 20 % entre 2012 et 2014. Les principales raisons de consommation invoquées par les consommateurs sont des raisons de santé et des raisons environnementales.

Les données ont été collectées à l’aide de questionnaires auto-administrés sur internet. Les analyses ont été réalisées sur un très large échantillon de 54 283 individus participant à l’étude NutriNet-Santé.  Les résultats de cette étude spécifique sur les consommateurs de bio, publiée dans British Journal of Nutrition, montrent que les consommateurs de bio réguliers ont plus tendance à être végétariens ou végétaliens, à être utilisateurs de compléments alimentaires et à suivre un régime pour rester en forme et ont moins tendance à suivre un régime pour maigrir.

Les consommateurs de bio réguliers ont également moins tendance à connaitre les recommandations nutritionnelles liées aux produits d’origine animale et plus tendance à connaitre celles liées aux produits d’origine végétale. Quand ils connaissent les recommandations, les consommateurs de bio réguliers les suivent davantage. Les consommateurs de bio réguliers ont plus souvent déclarés souffrir d’allergies alimentaires et présentent moins souvent un diabète de type II et une hypertension. Enfin, les hommes qui consomment bio régulièrement ont moins souvent développé une maladie cardiovasculaire par le passé et les femmes qui consomment bio ont plus souvent développé un cancer par le passé.

Ces résultats ont mis en évidence des caractéristiques spécifiques associées à la consommation de produits bio qu’il s’agisse des comportements alimentaires, des connaissances nutritionnelles ou de l’historique de maladies. Les effets à long terme sur l’état nutritionnel et le rôle protecteur ou délétère à l’égard de maladies chroniques de la consommation de bio seront étudiés dans le cadre du projet ANR BioNutrinet durant le suivi de cette cohorte qui devrait durer encore au moins 5 ans.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26429066









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