Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Associations entre les déterminants des choix des plats pendant la préparation des repas à domicile et le statut pondéral dans l’étude NutriNet-Santé

Nutrients. 2016 8(7):e413

Ducrot P, Fassier P, Méjean C, Allès B, Hercberg S, Péneau S.

Bien que le fait de cuisiner à domicile a été associé à un indice de masse corporelle plus faible dans quelques études, aucune donnée n’est disponible sur l’association entre les déterminants des choix des plats pendant la préparation des repas à domicile et le surpoids.

Cette étude avait pour objectif d’évaluer cette association chez 50003 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Les dimensions sous-jacentes à 27 critères influençant potentiellement les choix des plats ont été déterminées par analyse factorielle exploratoire. L’association entre les déterminants des choix des plats et le surpoids (incluant l’obésité) a été estimée par des modèles de régression logistique ajustés sur les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie.

Cinq dimensions des motivations des choix des plats sont apparues : alimentation saine (ex : « équilibre nutritionnel du plat »), contraintes (ex : « mes compétences culinaires »), plaisir (ex : « originalité du plat »), régimes spécifiques (ex : « mon statut santé ») et organisation (ex : « ce que j’ai prévu de manger »).  Une association négative a été observée entre le facteur alimentation saine et le surpoids (OR=0,65 (IC 95 % : 0,62-0,67)), tandis qu’une association positive a été observée entre les facteurs concernant le plaisir (OR=1,14 (IC 95 % : 1,10-1,19)) et les régimes spécifiques (OR=1,19 (IC 95 % : 1,17-1,22)) et le surpoids. Aucune association n’a été observée pour les contraintes et l’organisation.

Les associations significatives entre les déterminants des choix des plats et le surpoids soulignent l’intérêt de cibler ces déterminants afin de promouvoir des choix d’aliments et de plats plus favorables à la santé lors de la préparation des repas à domicile.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27399764


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Associations entre l’attirance sensorielle pour le gras, le sucré et le salé et le risque d’obésité chez des adultes français : une étude de cohorte prospective

Int J Behav Nutr Phys Act. 2016 13:74

Lampuré A, Castetbon K, Deglaire A, Schlich P, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Les préférences sensorielles individuelles apparaissent comme un déterminant majeur des consommations alimentaires et pourraient en conséquence influencer le statut pondéral. Des études transversales ont montré une association positive entre l’attirance pour le gras et le statut pondéral et des résultats contradictoires concernant l’attirance pour le salé et le sucré. De plus, la contribution des consommations alimentaires pour expliquer cette association n’a jamais été investiguée. Nous avons étudié l’association prospective entre l’attirance sensorielle pour le gras, le sucré et le salé et l’apparition de l’obésité sur 5 ans chez des adultes ainsi que l’effet médiateur des consommations alimentaires sur cette relation.

Nous avons prospectivement examiné le risque d’obésité auprès de 24776 adultes français participant à l’étude de cohorte NutriNet-Santé. Les scores d’attirance et les données alimentaires ont été estimés à l’inclusion via un questionnaire sur internet et des enregistrements de 24 h respectivement. Les données anthropométriques auto-déclarées ont été collectées via un questionnaire sur internet chaque année pendant 5 ans. Les associations entre les quartiles d’attirance pour le gras, le sucré et le salé et le risque d’obésité, et l’effet médiateur du régime alimentaire ont été évalués avec des modèles de Cox à risques proportionnels mutlivariables stratifiés sur le sexe et ajustés sur les facteurs sociodémographiques et du mode de vie.

Chez les hommes et les femmes, l’attirance sensorielle pour le gras était positivement associée à un risque plus élevé d’obésité (hazard ratios pour le quartile 4 comparé au quartile 1, hommes : HR (Q4 vs. Q1)=2,39 (IC 95 % 1,39-4,11) P-trend=0,0005, femmes : HR (Q4 vs. Q1)=2,02 (IC 95 % 1,51-2,71) P-trend<0,0001). De plus, les consommations alimentaires contribuaient à expliquer respectivement 32 % et 52 % de l’effet de l’attirance sensorielle pour le gras sur le risque d’obésité, chez les hommes et les femmes. L’attirance sensorielle pour le sucré était associée à un plus faible risque d’obésité (hommes : HR (Q4 vs. Q1)=0,51 (0,31-0,83) P-trend=0,01, femmes : HR (Q4 vs. Q1)=0,72 (0,54-0,96) P-trend=0,035). En revanche, aucune association significative n’a été mise en évidence entre l’attirance pour le salé et le risque d’obésité.

Contrairement à l’attirance pour le sucré et le salé, une attirance élevée pour le gras apparait comme un facteur de risque majeur d’obésité, expliqué en grande partie par les consommations alimentaires. Nos résultats soulignent la nécessité de davantage considérer l’attirance sensorielle dans la prévention de l’obésité. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27378200


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Le logo nutritionnel 5-C apparait comme un outil efficace pour réussir à substituer certains aliments afin d’améliorer le régime alimentaire dans les différents profils nutritionnels

PLoS One. 2016 11(6):e0157545

Julia C, Méjean C, Péneau S, Buscail C, Alles B, Fézeu L, Touvier M, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Les logos nutritionnels en face avant des emballages sont considérés comme des outils utiles pour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus favorables à la santé, et donc à améliorer leur régime alimentaire. L’objectif de cette étude était d’évaluer les profils nutritionnels dans une population française adulte utilisant le logo 5-C et de déterminer son effet potentiel sur l’amélioration du régime alimentaire via la substitution des aliments de moins bonne qualité nutritionnelle.

Les sujets de la cohorte NutriNet-Santé qui avaient complété trois enquêtes alimentaires ont été inclus dans cette étude transversale. Des groupes de sujets (clusters) d’individus ont été identifiés en utilisant le pourcentage d’énergie provenant des aliments de chaque couleur du logo 5-C comme variables de discrimination. Trois scenarios de substitution d’aliments pour une alternative plus favorable à la santé utilisant le 5-C ont été testés. Les consommations et apports alimentaires et les données sociodémographiques et du mode de vie ont été comparés dans les différents clusters par test ANOVA ou Chi-square.

Nous avons identifié trois groupes de sujets, ayant des profils alimentaires différents : « favorable à la santé » (N=28095, 29,3 % de l’échantillon total) avec une consommation élevée de fruits, légumes, produits céréaliers complèts et poisson ; « occidental » (N=33386, 34,8 %) avec une consommation élevée de boissons sucrées, céréales du petit déjeuner, fromage, aliments gras et sucrés ; « traditionnel » ( N=34461, 35,1 %) avec une consommation élevée de pommes de terre, pain, viande et desserts lactés. Globalement, les stratégies de substitution ont conduit à une augmentation du nombre de sujets atteignant les apports recommandés en énergie, macro et micronutriments. Les augmentations étaient particulièrement fortes dans le profil « occidental » pour les apports en lipides et acides gras saturés : de 16,2 % atteignant les apports recommandés en lipides (13,5 % pour les acides gras saturés) à 60,6 % et 85,7 % respectivement.

L’utilisation du logo 5-C comme indicateur des choix alimentaires permet de caractériser des profils alimentaires et apparait comme un outil efficace pour aider à améliorer la qualité nutritionnelle du régime alimentaire par le biais de substitutions d’aliments.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27322033


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Utilisation d’Internet pour la recherche d’informations en nutrition-santé : résultats sur une large population d’adultes français (cohorte NutriNet-Santé)

Br J Nutr. 2016 115(11):2039-46

Fassier P, Chhim AS, Andreeva VA, Hercberg S, Latino-Martel P, Pouchieu C, Touvier M.

Internet est aujourd’hui devenu une source majeure d’informations dans le domaine de la santé et de la nutrition. Peu de connaissances ont été publiées sur le type de sites Internet consultés (sites institutionnels/officiels vs non-institutionnels). En outre, les connaissances sont également limitées sur la propension des internautes à discuter avec un professionnel de santé des informations trouvées sur le net. L’objectif était d’étudier l’utilisation d’Internet liée à la santé et à la nutrition dans une large population d’adultes français.

Les données ont été collectées en 2013 par auto-questionnaire auprès de 42 113 sujets participant à l’étude NutriNet-santé (âge moyen=21,2 ans, 76 % de femmes). Les comparaisons ont été effectuées par des régressions logistiques multivariées non-conditionnelles.

85,1 % des sujets ont déclaré avoir utilisé Internet pour obtenir des informations sur la santé et la nutrition et 23 % pour lire ou poster des messages sur des forums santé/nutrition. Seulement 16 % des participants discutaient des informations obtenues en ligne avec un professionnel de santé. Cette proportion était d’autant plus faible chez les sujets ayant un niveau d’étude plus bas et des compétences informatiques moindres (p<0.0001). Parmi les 8 038 sites Internet cités par les participants comme source d’information privilégiée dans lesdomaines santé et/ou nutrition, les sites institutionnels ne représentaient que 12,9 % des sites. Seulement 1 site institutionnel (Mangerbouger.fr) était présent dans le top 10 des sites nutrition/santé les plus cités. Les sujets plus âgés (p<0,0001), ayant un plus faible niveau d’étude (p<0,0001), des compétences informatiques moindres (p=0,0001) et de moins bonnes connaissances des recommandations nutritionnelles officielles (p=0,0002) avaient plus tendance à consulter des sites de type non-institutionnel.

Cette étude montre que les sites institutionnels/officiels sont globalement peu fréquentés et que la proportion des personnes discutant des informations obtenues sur Internet avec un professionnel de santé est faible. Ces tendances sont d’autant plus marquées chez les personnes les plus vulnérables (e.g. plus faible niveau d’étude) vis-à-vis de la qualité et de la fiabilité des informations délivrées sur le net. Ces résultats confirment la nécessité de remettre au centre du dispositif des sites institutionnels attractifs délivrant une information fiable et validée dans le domaine de la santé et de la nutrition.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27081008


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Impact des différents logos nutritionnels en face avant des emballages sur les intentions d’achats du consommateur : un essai contrôlé randomisé

Am J Prev Med. 2016 50(5):627-36

Ducrot P, Julia C, Méjean C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Fezeu L, Hercberg S, Péneau S.

Malgré les éléments suggérant l’utilité des logos nutritionnels en face avant des emballages pour aider les consommateurs à évaluer la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, les travaux de recherche sur le choix des aliments sont peu nombreux. L’objectif de cette étude était de comparer l’impact relatif de différents logos nutritionnels en face avant des emballages sur les intentions d’achats des consommateurs.

Un essai randomisé contrôlé à 5 bras a été conduit en utilisant un supermarché virtuelavec des participants de l’étude française NutriNet-Santé. Le critère d’éligibilité était l’implication dans l’achat de denrées alimentaires. Le but de l’intervention était de simuler une situation d’achats avec des logos nutritionnels apposés à des produits alimentaires (décembre 2014 à mars 2015). Les participants ont été aléatoirement assignés à un des 5 conditions d’exposition via une plateforme informatique : « Guideline Daily A mounts » (GDA), Multiple Traffic Lights (MTL), logo 5-couleurs (5-C), « Green Tick » (Tick) ou contrôle (sans logo en face avant des emballages). L’objectif principal était l’évaluation de la qualité nutritionnelle générale du contenu du panier d’achats estimée à partir du profil nutritionnel des aliments de la « British Food standards Agency ». Les objectifs secondaires étaient le contenu en énergie et en nutriment du panier d’achats.

Un total de 11981 participants a été inclus dans les analyses (avril 2015). Le logo 5-C était associé à la meilleure qualité nutritionnelle du panier avec les scores « Food standards Agency » (FSA) les plus bas (score FSA = 8,72 ± 2,75) suivi par le MTL (8,97 ±2,68)  et le « Green Tick » (8,99 ±2,71) comparé au contrôle (9,34 ±2,57) (p < 0,0001). Le logo 5-C était le seul logo à être associé à un panier avec une faible teneur en lipides, acides gras saturés et sel (p < 0,05). L’impact des différents logos était équivalent dans tous les sous-groupes sociodémographiques considérés.

Le logo 5-C basé sur une échelle avec un code couleur graduel pour indiquer la qualité nutritionnelle est particulièrement efficace pour promouvoir des choix alimentaires favorables à la santé dans tous les sous-groupes de population.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26699246


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