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Facteurs socio-économiques et démographiques associés aux pratiques de snacking dans un large échantillon d’adultes français
Int J Behav Nutr Phys Act. 2018 15(1):25
Si Hassen W, Castetbon K, Péneau S, Tichit C, Nechba A, Lampuré A, Bellisle F, Hercberg S, Méjean C.

Contexte : Peu d’études ont étudié les facteurs socio-économiques (PSE) et démographiques associés à la pratique du snacking chez les adultes, bien que leur identification pourrait être utile à la mise en place de mesures de santé publique efficaces. L’objectif de cette étude était d’examiner les associations de certains indicateurs de PSE avec la pratique quotidienne et le contenu nutritionnel des prises de snacking.

Méthodes : Cette étude transversale a été menée auprès de 84 692 femmes et 23 491 hommes inclus dans l’étude de cohorte NutriNet-Santé. Les occasions de snacking, l’apport énergétique issu des snacks, les nutriments issus des snacks et les densités énergétiques  ont été estimés par des enregistrements de 24 h en semaine. Les associations entre les facteurs socio-économiques et démographiques (âge, présence d’enfants dans le foyer, éducation, revenus, profession) et la pratique du snacking ont été évaluées par régression logistique multivariée et des analyses de covariance, après stratifiées par sexe et ajustées sur l’apport énergétique total quotidien.

Résultats : Les individus plus âgés avaient plus tendance à prendre un snack dans la journée dans les deux sexes, de même que les individus avec un niveau d’études faible (OR = 0,79 (0,71 ; 0,87) chez les femmes ; OR = 0,71 (0,60 ; 0,83) chez les hommes), les femmes employées (OR = 0,94 (0,89 ; 0,99), et les femmes exerçant une profession libérale avaient moins tendance à prendre un snack dans la journée. Chez les individus plus âgés, en particulier les sujets d’âge moyen, la densité en nutriments des prises de snacking était plus élevée, et l’apport et la densité calorique plus faible que chez les jeunes adultes. La présence d’un enfant dans le foyer était associée à une densité énergétique plus élevée, une densité en nutriments plus faible (chez les femmes) et un apport énergétique issu des snacks plus faible (chez les hommes), comparés à ceux qui vivaient sans enfant dans le foyer. Chez les individus avec de faibles revenus et les travailleurs manuels, la densité en nutriments des prises de snacking était plus faible et le contenu énergétique plus élevé que dans les catégories socio-économiques plus élevées.  L’apport calorique des prises de snacking quotidiennes était plus important chez les femmes avec un niveau d’éducation plus faible.

Conclusions : Bien que la pratique de snacking était moins prévalente dans les catégories socio-économiques faibles et chez les jeunes adultes, leurs snacks avaient un contenu énergétique plus élevé et une densité en nutriments pauvre. Ces résultats fournissent des informations utiles sur les mécanismes impliqués dans les disparités sociales du comportement alimentaire.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29544552
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Impacts environnementaux des régimes : Comment la consommation de produits issus de l’agriculture biologique contribue-t-elle à la durabilité environnementale ?
Front Nutr. 2018 5:8
Lacour C, Seconda L, Allès B, Hercberg S, Langevin B, Pointereau P, Lairon D, Baudry J, Kesse-Guyot E.

Contexte : La plupart des études portant sur les impacts environnementaux des régimes n’ont pas pris en compte le mode de production des aliments. L’objectif de cette étude, basée sur la cohorte NutriNet-Santé, était d’étudier les relations entre un score provégétarien et les impacts environnementaux des régimes alimentaires. Nous avons aussi évalué un potentiel effet modulateur de la consommation de produits issus de l’agriculture biologique sur cette association.

Méthodes : Cette étude incluait 34 442 adultes français. La consommation alimentaire et le niveau de consommation de produits issus de l’agriculture biologique ont été estimés à partir d’un questionnaire de fréquence de consommation sur l’année passée. Pour caractériser la structure des régimes des participants, un score provégétarien reflétant la part de produits d’origine végétale et d’origine animale dans l’alimentation a été calculé. Trois indicateurs environnementaux ont été estimés pour évaluer les impacts environnementaux des régimes : les émissions de gaz à effet de serre (eGES), la demande en énergie cumulée (CED) et la surface occupée. Ces indicateurs ont été évalués grâce à la méthode de l’analyse du cycle de vie, limité au niveau de l’exploitation agricole. L’association entre les quintiles de score provégétarien et les impacts environnementaux, pour les données globales puis stratifiées par niveau de consommation de produits biologiques, a été estimée grâce à des ANCOVA ajustées sur l’âge, le sexe et l’énergie. 

Résultats : Les participants avec un régime riche en produits d’origine végétale (5ème quintile) étaient plus âgés, diplômés, généralement citadins dans des grandes zones urbaines, et avaient des habitudes de vie plus saines. Un score provégétarien élevé était associé à des impacts environnementaux plus faibles (eGESQ5vsQ1 =  838/1664 kg CO2eq/an, -49,6 %, p ˂ 0,0001 ; CEDQ5vsQ1 =  4853/6775 MJ/an, -26,9 %, p ˂ 0,0001 ; surface occupéeQ5vsQ1 = 2420/4138 m2/an, -41,5 %, p < 0,0001). La consommation de produits issus de l’agriculture biologique était un important modulateur de l’impact environnemental des régimes lorsque ceux-ci étaient riches en produits d’origine végétale.

Conclusion : Ce travail suggère que la promotion et l’évaluation de la durabilité des régimes devraient prendre en compte aussi bien la structure de l’alimentation que le mode de production des aliments.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29479530
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Fréquence et contenu nutritionnel des prises alimentaires hors repas chez les adultes français (Etude NutriNet-Santé)
Nutr J. 2018 17(1):33
Si Hassen W, Castetbon K, Tichit C, Péneau S, Nechba A, Ducrot P, Lampuré A, Bellisle F, Hercberg S, Méjean C.

Contexte : Le snacking suscite des inquiétudes car il pourrait conduire à un apport énergétique supplémentaire et une faible qualité en nutriments. Le snacking peut être défini comme prise alimentaire en dehors des repas principaux, indépendamment des quantités ou types d’aliments consommés. L’objectif de cette étude était de caractériser les prises de snacking au sein d’une large population d’adultes en estimant la proportion de la population ayant des prises de snacking, l’apport énergétique associé à ces prises et la contribution de différents groupes alimentaires.

Méthodes : Cette étude transversale a inclus 104 265 adultes de la cohorte NutriNet-Santé. Les apports alimentaires ont été estimés par des enregistrements de 24 h en semaine. Pour chaque prise alimentaire, la densité en nutriments,  l’apport et la densité énergétique  ont été calculés.

Résultats : Après pondération, 47,6 % de notre échantillon était des hommes et l’âge moyen de 45,6 (15,3). Globalement, 68 % des participants avaient mangé au moins un snack au cours de l’enregistrement, principalement dans la matinée ou l’après-midi. Globalement, un snack avait une densité en nutriments plus faible [22,8 écart type = 278,3)] que les plats principaux [25,8 (36.9) à 30,0 (30,4)] ; mais une densité énergétique plus élevée [222,2 (163,3) kcal/100 g] que les plats [133,9 (57,3) à 175,9 (99,6) kcal/100 g]. Le snacking de matinée représentait le snacking avec la densité énergétique la plus faible [211 kcal/100 g ], l’apport énergétique le plus faible [104,1 kcal] et la densité en nutriments la plus élevée [60,1]. Le snacking de l’après-midi ou du soir avait les charges énergétiques les plus élevées [192,4 kcal et 207,6 kcal], mais des scores en nutriments faibles [16 et 13, respectivement].  Les groupes alimentaires contribuant à l’apport énergétique des snacks étaient les produits gras et sucrés, les produits sucrés, les fruits, les boissons chaudes et le pain. 

Conclusions : Ces résultats ont mis en évidence une fréquence du snacking et une qualité nutritionnelle variable des snacks au cours de la journée. Le snack de la matinée a été observé comme plus favorable à la santé que ceux de l’après-midi et du soir.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29486784
 
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La pleine conscience est associée au syndrome métabolique chez les individus avec une symptomatologie dépressive
Nutrients. 2018 10(2):e232
Guyot E, Baudry J, Hercberg S, Galan P, Kesse-Guyot E, Péneau S.

Le syndrome métabolique (MetS) est un problème majeur de santé publique. Certaines caractéristiques psychologiques individuelles pourraient être associées au MetS. La pleine conscience est définie par une prise de conscience de l’instant présent sans jugement de valeur. La disposition à la pleine conscience a été récemment associée de façon inverse au surpoids et aux troubles alimentaires et pourrait donc être associée au MetS. Nous avons étudié avec un design transversal les relations entre la pleine conscience, le MetS, et ses facteurs de risque dans un large échantillon d’adultes issus de la  population générale ainsi que l’influence d’une symptomatologie dépressive sur cette association. Les adultes participant à l’étude NutriNet-Santé qui avaient complété le questionnaire sur les 5 dimensions de la pleine conscience et participé au volet clinico-biologique ont été inclus. Des modèles de régression logistique multivariés ajustés sur des facteurs socio-démographiques et de mode de vie ont été réalisés. Au total, 17 490 individus ont été inclus. Parmi les individus avec une symptomatologie dépressive, ceux avec un niveau de pleine conscience plus élevé avaient une probabilité plus faible d’avoir un MetS (OR : 0,73, IC 95 % : 0,57-0,93), un tour de taille élevé, un faible taux de HDL-cholestérol et un taux de glycémie à jeun élevé (tous p ˂ 0,05). Parmi ceux sans symptomatologie dépressive, les individus avec une pleine conscience plus élevée avaient une probabilité plus faible d’avoir un tour de taille élevé (p ˂ 0,01). En conclusion, une pleine conscience plus élevée était associée négativement au MetS uniquement chez les individus avec une symptomatologie dépressive. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29462979

 
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Consommation d'aliments ultra-transformés et risque de cancer : résultats de la cohorte prospective NutriNet-Santé
BMJ. 2018 360:k322
Fiolet T, Srour B, Sellem L, Kesse-Guyot E, Allès B, Méjean C, Deschasaux M, Fassier P, Latino-Martel P, Beslay M, Hercberg S, Lavalette C, Monteiro CA, Julia C, Touvier M.

Objectif : Evaluer les associations entre consommation d’aliments ultra-trasnformés et risque de cancer.

Design : Etude de cohorte.

Participants et méthodes : Au total, 104 980 participants âgés de plus de 18 ans de la cohorte française NutriNet-Santé (2009-2017) ont été inclus. Les données alimentaires ont été recueillies à l'aide d'enregistrements de 24h répétés, conçus pour enregistrer la consommation habituelle des participants pour 3300 aliments différents. Ceux-ci ont été classés en fonction de leur degré de traitement par la classification NOVA. 

Mesures principales : Les associations entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de cancer total, du sein, de la prostate, et du côlon-rectum ont été évaluées par des modèles de Cox multivariés.

Résultats : La consommation d'aliments ultra-transformés était associée à un risque plus élevé de cancer au global (n = 2 228 cas, HR pour une augmentation de 10 % de la proportion d'aliments ultra-transformés dans l’alimentation = 1,12 (1,06-1,18), P de tendance < 0,001) et de cancer du sein (n = 739 cas, RR = 1,11 (1,02-1,22), P de tendance = 0,02). Ces résultats restaient significatifs après ajustement sur plusieurs marqueurs de la qualité nutritionnelle de l'alimentation (apport en lipides, sodium et glucides et/ou pattern alimentaire Western).

Conclusions : Dans cette grande étude prospective, une augmentation de 10 % de la proportion d'aliments ultra-transformés dans le régime alimentaire était associée à une augmentation significative de 10% des risques de cancer au global et de cancer du sein. D'autres études sont nécessaires afin de mieux comprendre l'impact relatif des différentes dimensions de la transformation des aliments (composition nutritionnelle, additifs alimentaires, matériaux de contact et contaminants néoformés) dans ces relations.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29444771

 


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