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Développement d'indices de multimorbidité basés sur des troubles de santé mentale

Publié le 21/03/2025
Junko Kose, Emmanuelle Kesse-Guyot, Pauline Duquenne, Serge Hercberg, Pilar Galan, Mathilde Touvier, Valentina A. Andreeva, Léopold K. Fezeu

Kose J, Kesse-Guyot E, Duquenne P, Hercberg S, Galan P, Touvier M, Andreeva VA, Fezeu LK. Development of Multimorbidity Indexes Based on Common Mental Health Conditions. Int J Public Health. 2025 Feb 12;70:1607952. doi: 10.3389/ijph.2025.1607952. PMID: 40012814; PMCID: PMC11859580.

Objectifs : Il existe de nombreux indices de multimorbidité, axés principalement ou uniquement sur les conditions physiques. L’objectif de cette étude était de développer des indices de multimorbidité mentale en tant qu'outils épidémiologiques.

Méthodes : Les participants de la cohorte française NutriNet-Santé (73,5 % de femmes ; âge moyen = 59,5 ± 13,7 ans ; élaboration de l'indice N = 20 000 ; comparaison de l'indice N = 7 259) ont rempli des questionnaires d'auto-évaluation (2020-2022) concernant les symptômes dépressifs, l'anxiété, les troubles du comportement alimentaire, l'insomnie, les troubles liés à la consommation d'alcool, les difficultés cognitives et le Disability Assessment Schedule 2.0 de l’Organisation Mondiale de Santé (WHODAS 2.0). À l'aide de seuils établis, les participants ont été répartis en deux groupes pour chaque condition. Des analyses de régression de Tweedie ont été effectuées avec les 6 troubles de santé mentale comme exposition et le score WHODAS 2.0 comme critère de jugement. Les performances (C-index) et la calibration des indices ont été comparés à un simple comptage des troubles.

Résultats : Un indice de multimorbidité mentale général et un indice de multimorbidité mentale spécifique au sexe ont été développés ; les deux étaient significativement associés au score de WHODAS 2.0 dans le groupe de comparaison. Les nouveaux indices avaient une performance prédictive légèrement supérieure à celle d'un simple comptage des troubles de santé mentale.

Conclusion : Nous avons développé des indices de multimorbidité mentale en tant qu'outils de recherche épidémiologique. De futures études prospectives pourraient étudier leur potentiel prédictif concernant la consommation de médicaments, l'utilisation des soins de santé et la qualité de vie.

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Associations de scores alimentaire basé sur l’étude 2019 du Global Burden of Diseases avec le risque de mortalité et de maladies chroniques : une analyse complète de l'étude prospective NutriNet-Santé

Publié le 13/02/2025
Emmanuelle Kesse-Guyot, Julia Baudry, Justine Berlivet, Elie Perraud, Benjamin Allès, Chantal Julia, Léopold K Fezeu, Serge Hercberg, François Mariotti, Mathilde Touvier, Hélène Fouillet

Kesse-Guyot E, Baudry J, Berlivet J, Perraud E, Allès B, Julia C, Fezeu LK, Hercberg S, Mariotti F, Touvier M, Fouillet H. Associations of Global Burden of Diseases study-derived dietary scores with mortality and chronic disease risk: a comprehensive analysis from the prospective NutriNet-Santé study. Eur J Epidemiol. 2025 Jan 24. doi: 10.1007/s10654-024-01196-4. Epub ahead of print. PMID: 39853453.

Le réseau « Global Burden of Diseases » (GBD) a proposé un niveau théorique d'exposition minimale au risque (TMREL) pour les principaux facteurs de risque associés à l'alimentation qui minimisent le risque de morbimortalité lié aux maladies chroniques. Les TMREL peuvent être appliqués pour développer des indicateurs d’adhérence ou d'évaluation dans des études individuelles. La validité de ces scores peut être testée en évaluant les associations avec les résultats de santé dans des cohortes prospectives.

Dans cette étude conduite au sein de la cohorte NutriNet-Santé, quatre scores alimentaires (TMREL-Risk Score, TMREL-Probability of adequacy, TMREL-standardized distance, et TMREL dietary score) utilisant différentes méthodes de notation ont été développés, les scores les plus élevés reflétant des régimes alimentaires moins sains. 
Les associations entre ces scores et le risque de diabète de type 2, de cancer, de maladies cardiovasculaires (MCV) et de mortalité ont été estimées à l'aide de modèles multivariables de risques proportionnels de Cox, ajustés sur un large éventail de covariables (données sociodémographiques, de modes de vie). Des modèles structurels contrefactuels et marginaux ont été utilisés pour permettre l’inférence causale. Les modèles fournissent des hazard ratio (HR) et les intervalles de confiance associés.

Les analyses ont été conduites sur un échantillon de 103 324 participants (78,3 % de femmes, âge moyen de 43,6 ans (SD=14,6)), suivis pendant une durée médiane de 8,47 (intervalle inter quartile=14,7) ans (2009-2024).

La magnitude des associations entre charque scores d’adhérence aux TMREL du GBD (pour une augmentation de 1 écart-type) variait selon les indicateurs de santé. 

Pour le risque de décès, les HR varient de 1,12 (95%CI =1,07-1,18, ) à 1,18 (95%CI =1,12-1,24) pour les scores TMREL-Stdis et TMREL-DI, pour le risque de cancer (toute localisation) de 1,07 (95%CI =1,03-1,12) à 1,09 (1,04-1,13) pour les scores TMREL-RS et TMREL-PA, pour le risque de maladies cardiovasculaires de 1.07 (95%CI =1.00-1.16) à 1.12 (95%CI =1.04-1.20) pour les scores TMREL-PA et TMREL-RS, et pour le risque de diabète de type 2 de 1.33 (95%CI =1.23-1.43) à 1.47 (95%CI =1.36-1.59) pour les scores TMREL-DI et TMREL-PA. 
Les modèles structurels marginaux de Cox renforçaient toutes les associations par rapport aux analyses classiques. 
Les courbes de survie standardisées ont montré des associations claires, en particulier pour le risque de cancer et de diabète de type 2.
Les scores alimentaires basés sur les TMREL du GBD peuvent servir d'indicateurs clés pour caractériser la qualité de l'alimentation en relation avec la santé à long terme, et l'utilisation de différents systèmes de notation a permis d'évaluer la robustesse de ces associations.

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Évaluation des effets toxiques des additifs alimentaires, seuls ou en mélange, sur quatre modèles cellulaires humains

Publié le 09/01/2025
Cynthia Recoules, Mathilde Touvier, Fabrice Pierre, Marc Audebert

Recoules C, Touvier M, Pierre F, Audebert M. Evaluation of the toxic effects of food additives, alone or in mixture, in four human cell models. Food Chem Toxicol. 2024 Dec 14;196:115198. doi: 10.1016/j.fct.2024.115198. Epub ahead of print. PMID: 39675459.

Les additifs alimentaires sont présents dans plus de 50 % des produits alimentaires. Plusieurs études ont suggéré un lien entre la consommation de certains additifs alimentaires et un risque accru de développer un cancer. Cette étude visait à évaluer la génotoxicité de 32 additifs seuls et de six mélanges identifiés par la cohorte NutriNet-Santé comme étant les plus largement consommés. Le criblage de la génotoxicité a été réalisé à l'aide des biomarqueurs γH2AX (pour les composés clastogènes) et pH3 (pour les composés anéugènes) sur quatre modèles cellulaires humains (côlon, foie, rein et neurones) représentant les organes cibles des contaminants alimentaires. Les 32 composés ont été classés en cinq groupes en fonction de leurs profils toxicologiques. Huit additifs étaient cytotoxiques, quatre favorisaient la prolifération cellulaire, deux étaient génotoxiques avec un mode d'action clastogène, et les 19 restants n'étaient ni cytotoxiques ni génotoxiques à la concentration testée. Parmi les six mélanges testés, trois n'étaient ni cytotoxiques ni génotoxiques, un était cytotoxique et deux étaient génotoxiques aux concentrations les plus élevées testées. La génotoxicité observée des mélanges ne peut pas être attribuée aux additifs pris individuellement. Ces résultats suggèrent la possibilité de synergies toxiques dans les mélanges et mettent en évidence les défis liés à l'étude des effets combinés de multiples substances.

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L’alimentation consciente est associée à une alimentation de meilleure qualité dans l’étude de cohorte NutriNet-Santé

Publié le 09/01/2025
Pauline Paolassini-Guesnier, Marion Van Beekum, Emmanuelle Kesse-Guyot, Julia Baudry, Bernard Srour, Alice Bellicha,  Rebecca Shankland, Angélique Rodhain, Christophe Leys, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Sandrine Péneau

Paolassini-Guesnier P, Van Beekum M, Kesse-Guyot E, Baudry J, Srour B, Bellicha A, Shankland R, Rodhain A, Leys C, Hercberg S, Touvier M, Allès B, Péneau S. Mindful eating is associated with a better diet quality in the NutriNet-Santé study. Appetite. 2024 Dec 3;206:107797. doi: 10.1016/j.appet.2024.107797. Epub ahead of print. PMID: 39638150.

Introduction et but de l’étude : L’alimentation consciente (AC) est définie comme l’attention portée à ses sensations physiques et à ses émotions au cours d’une expérience alimentaire, et ceci sans jugement. Une association entre l’AC et des habitudes alimentaires favorables à la santé a été suggérée dans la littérature, cependant les données sont peu nombreuses et contrastées. L’objectif de cette étude transversale était par conséquent d’étudier dans un échantillon de la population française les associations entre l’AC et la qualité nutritionnelle, la consommation d'aliments ultra-transformés, l’apport énergétique, ainsi que la contribution des aliments issus de l’agriculture biologique au régime alimentaire.

Matériel et méthodes : En 2023, 13759 participants de l’étude de cohorte NutriNet-Santé ont complété un questionnaire validé évaluant le niveau d’alimentation consciente (MIND-EAT Scale), ainsi qu’au moins trois enregistrements de 24h, permettant d’évaluer l’apport énergétique. Les participants ont aussi complété un fréquentiel alimentaire fournissant des informations sur leur fréquence de consommation de produits biologiques labellisés (FFQ- BIO 2022). L’adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises a été évaluée avec le score du Programme National Nutrition Santé (PNNS-GS2), celle au régime méditerranéen avec le score MEDI-LITE, et le degré de transformation des aliments avec la classification NOVA. Des régressions linéaires ont été réalisées afin d’analyser l’association entre l’AC en tant que variable indépendante (score allant de 1 à 5) et entre les variables dépendantes suivantes, traitées séparément : l'adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises, celle au régime méditerranéen, l’apport énergétique, la consommation d'aliments ultra-transformés, ainsi que la contribution, dans le régime alimentaire, des aliments issus de l’agriculture biologique, en tenant compte des caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie des individus.

Résultats et analyses statistiques : La population d’étude comportait 28% d’hommes et 72% de femmes.  Le score d’AC moyen était de 3,36 (±0,52). L’AC était associée à une meilleure adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises (β= 0,33 : pour une augmentation d’un point d’AC, l’adéquation aux recommandations nutritionnelles augmentait de 0,33 point ; IC 95% : 0,30, 0,45), une meilleure adéquation au score méditerranéen (β= 0,37 ; IC 95% : 0,,30 0,45), une plus faible consommation d’aliments ultra-transformés (β= -1,55 ; IC 95% : -1,81, -1,29), et un plus faible apport énergétique (β= -36,79 ; IC 95% : -50,92, -22,67). L’AC était également associée à une consommation plus importante d‘aliments issus de l’agriculture biologique (β = 9,72 ; IC 95% : 8,84, 10,60).

Conclusion : L’AC était associée à une alimentation de meilleure qualité. Ces résultats suggèrent que l’AC pourrait être un levier intéressant dans la promotion d’habitudes alimentaires saines. Cependant, des études complémentaires sont nécessaires afin de mieux comprendre les liens entre l’AC et les consommations alimentaires.

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Classes d'acceptabilité de taxes alimentaires hypothétiques en France

Publié le 09/01/2025
Florian Manneville ; Barthélemy Sarda ; Emmanuelle Kesse-Guyot ; Sandrine Péneau ; Bernard Srour ; Julia Baudry ; Benjamin Allès ; Yann le Bodo ; Serge Hercberg ; Mathilde Touvier ; Chantal Julia

Manneville F, Sarda B, Kesse-Guyot E, Péneau S, Srour B, Baudry J, Allès B, le Bodo Y, Hercberg S, Touvier M, Julia C. Acceptability patterns of hypothetic taxes on different types of foods in France. Public Health Nutr. 2024 Dec 26:1-34. doi: 10.1017/S1368980024002556. Epub ahead of print. PMID: 39721799.

Contexte et objectif : La mesure dans laquelle des taxes alimentaires sont susceptibles d'être acceptées par la population constituent un élément politique important à prendre en considération lors de l'introduction de telles taxes. L’objectif de ce travail était d’identifier les classes d'acceptabilité des taxes alimentaires chez les adultes français, et d’investiguer les caractéristiques de la population qui y étaient associées.

Matériels et Méthodes : Les données transversales de 27900 participants adultes de la cohorte électronique française NutriNet-Santé ont été utilisées. Les participants ont rempli un questionnaire ad hoc en ligne pour tester les modèles d'acceptabilité de taxes alimentaires hypothétiques (c'est-à-dire le fait d’être (non) favorable à une taxe, combiné aux raisons d’y être (non) favorable) sur 8 types d'aliments : aliments gras, aliments salés, aliments sucrés, aliments gras et salés, produits gras et sucrés, viande, aliments/boissons avec un étiquetage nutritionnel frontal défavorable, aliments ultra-transformés. Les caractéristiques sociodémographiques et anthropométriques, ainsi que les apports alimentaires (relevés de 24 heures) ont été autodéclarés. L'analyse en classes latentes a été utilisée pour identifier les classes d'acceptabilité des taxes alimentaires.

Résultats : Le pourcentage de participants favorables aux taxes variait de 11,5 % pour les produits gras à 78,0 % pour les aliments ultra-transformés. Les classes identifiées étaient les suivantes : 1) "favorable à toutes les taxes alimentaires" (16,9 %), 2) "favorable à toutes les taxes sauf celles sur la viande et les produits gras" (28,9 %), 3) "défavorable à toutes les taxes sauf celles sur les aliments ultra-transformés, le Nutri-score et les produits salés" (26,5 %), 4) "défavorable à toutes les taxes alimentaires" (8,6 %), 5) "pas d'opinion" (19,1 %).  La classe 4 présentait une proportion plus élevée de participants ayant un statut socio-économique faible, un indice de masse corporelle supérieur à 30 kg/m2 et une consommation d'aliments visés par les taxes supérieure à la médiane.

Conclusion : Les résultats fournissent des informations stratégiques aux décideurs politiques responsables de la conception des taxes alimentaires, et peuvent aider à identifier les déterminants du niveau d’acceptabilité des taxes alimentaires en fonction des caractéristiques de la population.

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