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Impact des logos nutritionnels en face avant des emballages sur la sélection des tailles de portions : une étude expérimentale dans une cohorte française

Nutrients. 2018 Sep 8;10(9). pii: e1268
Egnell M, Kesse-Guyot E, Galan P, Touvier M, Rayner M, Jewell J, Breda J, Hercberg S, Julia C.

En Europe, 3 logos nutritionnels en face avant des emballages, 2 mis en place par des gouvernements (Nutri-Score et Feux Tricolores Multiples (FTM)) et l’un créé par un consortium d’entreprises agro-alimentaires (Evolved Nutrition Label (ENL)), sont en discussion. Contrairement au Nutri-Score et aux FTM basés sur le contenu nutritionnel au 100g d’un aliment, l’ENL est basé sur une portion d’aliment, se traduisant alors par un étiquetage plus favorable spécifiquement pour les aliments consommés en petites quantités. Or, l’effet de ces 3 logos sur la sélection des tailles de portion est inconnu. L’objectif de l’étude était donc d’évaluer l’effet de l’ENL, des FTM et du Nutri-Score sur la sélection des tailles de portions, pour des aliments de moins bonne qualité nutritionnelle, en comparaison à l’absence de logo.

Chaque participant, issu de la cohorte Nutri-Net Santé, était exposé à 3 catégories alimentaires pour lesquelles une consommation en quantité limitée est recommandée (biscuits, fromages, pâtes à tartiner), et 4 produits par catégorie où les 4 situations d’étiquetage (3 logos et l’absence de logo comme contrôle) étaient représentées. L’ordre d’apparition des produits ainsi que les combinaisons produit*logo étaient randomisées. Pour chaque produit, le participant choisissait une taille de portions, parmi 4 photos standardisées de taille croissante, et le nombre de portions qu’ils consommeraient dans une occasion réelle de consommation. Des tests de Kruskall-Wallis étaient réalisés pour comparer les tailles de portions moyennes choisies entre les différents logos et le contrôle sans logo, ainsi qu’entre les logos. L’effet des logos sur la portion était analysé à l’aide de modèles de régression logistique ordinale.

Comparé à l’absence de logo, le Nutri-Score conduisait à la sélection d’une portion significativement plus faible (OR = 0,76 (0,74-0,76), p-value < 0,0001), suivi des FTM (OR = 0,83 (0,82-0,84), p-value < 0,0001). Au global, l’ENL (OR = 0,99 (0,98-1,00), p-value = 0,2) n’était pas significativement différent du contrôle. Les effets du Nutri-Score et des FTM étaient similaires dans les 3 catégories d’aliments, avec la sélection de portions significativement plus petites. En revanche, les effets de l’ENL étaient différents en fonction de la catégorie considérée : alors qu’il conduisait à une portion plus faible pour les fromages (OR = 0,84 (0,83-0,87), p-value < 0,0001), il était également associé à une augmentation significative de la taille de portion pour les pâtes à tartiner (OR = 1,19 (1,15-1,22), p-value < 0,0001).

Le Nutri-Score, suivi des FTM, semblent être des outils efficaces pour augmenter la capacité du consommateur à identifier la qualité nutritionnelle des aliments et l’encourager à choisir des portions plus faibles pour des produits de moins bonne qualité nutritionnelle. En revanche, l’ENL semble avoir à un effet très limité pour diminuer les portions des produits de moins bonne qualité nutritionnelle comparé à l’absence de logo, et tendrait même à accroître la taille de portion pour les pâtes à tartiner.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30205548

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Concentrations en pesticides dans les urines d’adultes français chez les faibles et forts consommateurs de bio : résultats de l’étude NutriNet-Santé

J Expo Sci Environ Epidemiol. 2018
Baudry J, Debrauwer L, Durand G, Limon G, Delcambre A, Vidal R, Taupier-Letage B, Druesne-Pecollo N, Galan P, Hercberg S, Lairon D, Cravedi JP, Kesse-Guyot E.

L’alimentation est la principale voie d’exposition aux pesticides dans la population générale. Des études ont montré que les aliments bio contenaient moins de résidus de pesticides que leurs homologues conventionnels. Toutefois, peu d’études observationnelles ont porté sur la comparaison des niveaux de pesticides dans les urines des consommateurs de bio et conventionnel. Afin de répondre à cette question, les concentrations urinaires de pesticides et de métabolites organophosphorés, pyréthroïdes et dérivés d’azole ont été évaluées dans deux groupes de 150 participants bio (part de bio > 50 % de l’alimentation) et non-bio (part de bio < 10 % de l’alimentation) issus de la cohorte nationale NutriNet-Santé, appariés sur de nombreux facteurs.

Ces analyses ont montré que les participants dont le régime alimentaire contenait majoritairement des produits bio présentaient moins de certains résidus de pesticides notamment marqueurs d’organophosphorés dans leurs urines que ceux consommant principalement des aliments issus de l'agriculture conventionnelle. Les deux groupes présentaient des niveaux d’exposition relativement élevés. Les résultats obtenus indiquent que l’exposition à certains pesticides via l’alimentation notamment organophosphorés et pyréthrinoïde peut être réduite par l’introduction d’aliments bio dans le régime. Les effets cliniques de telles différences doivent être approfondis.

http://​​​​​​​https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30185942

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Impulsivité et perspectives temporelles en tant que modérateurs de l’association entre l’alimentation liée aux émotions et le statut pondéral

Int J Behav Nutr Phys Act. 2018 Sep 6;15(1):84.
Bénard M, Bellisle F, Etilé F, Reach G, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Péneau S.

Contexte : L’alimentation liée aux émotions (EmE) est caractérisée par une surconsommation d’aliments en réponse à des émotions négatives et est associée à une augmentation du statut pondéral. La considération des conséquences futures (CFC) ou un niveau faible d’impulsivité pourraient influencer l’association entre EmE et statut pondéral. L’objectif était l’influence potentiellement modératrice de la CFC et de l’impulsivité sur la relation entre EmE et IMC.

Méthodes : Un total de 9974 hommes et 39 797 femmes issus de l’étude de cohorte NutriNet-Santé ont complété la version révisée à 21 items du « Three-Factor Eating Questionnaire » pour estimer le score d’EmE, le questionnaire CFC (CFC-12) pour évaluer le niveau de perspective temporelle et le questionnaire Barratt Impulsiveness Scale (BIS-11) pour estimer l’impulsivité. Le poids et la taille ont été auto-déclarés chaque année pendant une période de suivi moyen de 5,3 ans. Les associations entre EmE et mesures répétées d’IMC ont été évaluées avec des modèles de régression logistique et linéaire multivariés stratifiés par genre, tertiles de CFC, ou tertiles de BIS-11, ajustés pour les facteurs sociodémographiques et de style de vie.

Résultats : Globalement, l’EmE était associée positivement à l’IMC. La CFC et l’impulsivité ne modulaient pas l’effet de l’EmE sur les changements d’IMC par an, mais modéraient quantitativement l’effet de l’EmE sur l’IMC global. Chez les femmes, l’intensité de l’association entre EmE et statut pondéral augmentait avec le niveau de CFC. La différence des pentes d’IMC entre un niveau faible et un niveau élevé de CFC était de - 0,43 kg/m² (IC 95 % : - 0,55, - 0,30) (p ˂ 0,0001). De plus, la force de l’association entre alimentation liée aux émotions et statut pondéral augmentait avec le niveau d’impulsivité. La différence des pentes d’IMC entre un niveau faible et un niveau élevé d’impulsivité était de + 0,37 kg/m² (IC 95 % : 0,24, 0,51) (p ˂ 0,0001). Chez les hommes, une association entre EmE et IMS a été observée seulement chez les individus avec un faible niveau de CFC.

Conclusions : L’impulsivité et la considération des conséquences futures modulaient l’association entre l’alimentation émotionnelle et le statut pondéral. Cette étude met en évidence l’importance de prendre en compte certains aspects psychologiques dans le cadre de la prévention de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30189878
 

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Compréhension objective du logos nutritionnel Nutri-Score en face avant des emballages en fonction des caractéristiques individuelles des sujets : Comparaisons avec d’autres formats de logos

PLoS One. 2018; 13(8):e0202095
Egnell M, Ducrot P, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Kesse-Guyot E, Julia C.


Contexte : Pour améliorer le statut nutritionnel et la prévention des pathologies chroniques en lien avec la nutrition, institutions internationales ont recommandé l’utilisation de multiples stratégies incluant la mise en place d’un logo nutritionnel en face avant des emballages. En France, le NutriScore a été sélectionné par les autorités de santé en mars 2017. Toutefois, pour être efficace, un logo doit retenir l’attention, être accepté et bien compris par le consommateur, un processus qui dépendrait non seulement du format du logo mais aussi des caractéristiques individuelles. L’objectif de cette étude était d’investiguer la compréhension objective du NutriScore en comparaison avec d’autres logos, en particulier au sein de sous-groupes de population.   

Matériel et méthodes : La compréhension objective de quatre logos nutritionnels – le NutriScore, le Multiple Traffic Lights (MTL), le Sens, et les Apports de Référence modifiés – a été étudiée sur un échantillon de la cohorte NutriNet-Santé (n=3,751). Des modèles mixtes ont été utilisées afin d’évaluer l’impact des quatre formats de logos nutritionnels, comparés à une situation contrôle sans logo, sur la capacité des consommateurs à classer un échantillon de trois produits de la même famille selon leur qualité nutritionnelle globale. Des potentielles interactions entre le logo et les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie ont été analysées.  

Résultats : Comparé à l’absence de logo, les 4 formats de logos nutritionnels étaient significativement associés à une augmentation de la capacité des consommateurs à classer les produits selon leur qualité nutritionnelle, avec des performances hétérogènes selon les formats. La meilleure performance était observée pour le NutriScore (OR=20,33 (17,68-23,37)), suivi du Sens (OR=9,57 (8,50-10,77)), du MTL (OR=3,55 (3,20-3,93)) puis les Apports de Référence (OR=1,53 (1,39-1,69)). Des différences significatives de compréhension objective ont également été observées en fonction des caractéristiques sociodémographiques. Les femmes, les jeunes, les individus avec un meilleur niveau d’éducation, non-fumeurs, et ayant des enfants, ont une meilleure capacité à classer les produits, avec pour chaque sous-population les mêmes tendances concernant l’impact du logo (meilleure performance du NutriScore, suivi du Sens, du MTL puis des Apports de Référence). Quelle que soit la population prise en compte, l’OR associé au NutriScore était supérieur à 10.

Conclusion : Les formats résumés, graduels et comprenant des couleurs à sémantique forte comme le NutriScore sont associées à une meilleure compréhension objective que les logos monochromes et nutriments-spécifiques. De plus, l’impact des logos sur la capacité à identifier les produits sains semble différer selon les caractéristiques individuelles des consommateurs. L’effet du Nutri-Score était d’une intensité élevée, même au sein des sous-groupes de population à risque.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30138359

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Association entre adhésion au régime méditerranéen et sévérité du psoriasis : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

JAMA Dermatol. 2018;154(9):1017-1024.
Phan C, Touvier M, Kesse-Guyot E, Adjibade M, Hercberg S, Wolkenstein P, Chosidow O, Ezzedine K, Sbidian E.


Contexte : Le psoriasis est une maladie chronique inflammatoire. Le régime méditerranéen a été associé à une diminution de l’inflammation chronique et à un effet bénéfique sur le risque de syndrome métabolique et d’évènements cardiovasculaires. Nous avons donc émis l’hypothèse d’un effet bénéfique sur l’apparition et/ou la sévérité du psoriasis.

Objectif : Etudier l’association entre un score qui reflète l’adhésion eu régime méditerranéen (MED-LITE) et l’apparition et/ou la sévérité du psoriasis.

Matériel et méthodes : NutriNet-Santé est une étude d’observation, une cohorte basée sur des questionnaires Internet lancée en France en mai 2009. Cette étude a été réalisée via l’étude NutriNet-Santé, avec des données collectées d’avril 2017 à juin 2017. Les sujets avec psoriasis ont été identifiés via un questionnaire validée auto-déclaratif en ligne et catégorisés en fonction de la sévérité de la pathologie : sévère, non-sévère, absent. Les données alimentaires (alcool compris) collectées pendant les 2 premières années de participation à la cohorte ont été utilisées pour calculer le score MED-LITE (allant de 0 pour une non adhésion à 18 pour une adhésion maximale). Les facteurs de confusion potentiels (âge, sexe, activité physique, indice de masse corporelle, statut tabagique, antécédents cardiovasculaires) ont également été pris en compte. Les analyses ont été réalisées par régression logistique multinomial pour estimer le risque d’avoir un psoriasis sévère ou non sévère.

Résultats : Parmi les 158 361 participants de NutriNet-Santé, 35 735 (23 %) ont répondu au questionnaire sur le psoriasis. L’âge moyen (ET) des répondants était 47,5 (14,0) ans ; 27 220 (76 %) des répondants étaient des femmes. Parmi ces 35 735 répondants, 3557 individus (10 %) ont déclaré un psoriasis. Le psoriasis était sévère pour 878 cas (24,7 %) et 299 cas incidents (8,4 %) ont été enregistrés (ceux arrivés plus de 2 ans après inclusion du participant à la cohorte). Après ajustement sur les différents facteurs de confusion potentiels, une relation inverse significative a été trouvée entre le score MED-LITE et avoir un psoriasis sévère : odds ratio (OR), 0,71 ; IC 95 %, 0,55-0,92 pour le second tertile du score MED-LITE (score de 8 et 9) ; et OR, 0,78 ; IC 95 %, 0,59-1,01 pour le 3ème tertile (score entre 10 et 18).

Conclusions et pertinence : Les patients avec un psoriasis sévère avaient des niveaux faibles d’adhésion au régime méditerranéen ; ces résultats supportent l’hypothèse que le régime méditerranéen pourrait ralentir la progression du psoriasis. Si ces résultats étaient confirmés, l’adhésion au régime méditerranéen devrait être intégrée dans la prise en charge en routine des psoriasis modérés et sévères. 


https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30046840

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