Publications
Associations entre le système actualisé de profilage nutritionnel sous-jacent au Nutri-Score et la prise de poids, le surpoids et le risque d’obésité dans la cohorte française NutriNet-Santé
Publié le 24/04/2026
Barthélémy Sarda, Florian Manneville, Clémentine Férard, Pauline Ducrot, Pilar Galan, Serge Hercberg, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Bernard Srour, Leopold K Fezeu, Mathilde Touvier, Chantal Julia
Sarda B, Manneville F, Férard C, Ducrot P, Galan P, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Srour B, Fezeu LK, Touvier M, Julia C. Associations of the updated nutrient profiling system underlying the Nutri-Score label with weight gain, overweight and obesity risk in the French NutriNet-Santé cohort. Eur J Nutr. 2026 Mar 24;65(3):101. doi: 10.1007/s00394-026-03951-7. PMID: 41874736.
Contexte et objectifs
Le profil nutritionnel sous-jacent au Nutri-Score, un étiquetage nutritionnel en face avant des emballages, a été mis à jour en 2022–2023 par un comité scientifique. Les études de validation concernant la capacité prédictive des profils nutritionnels constituent une étape clé pour appuyer des politiques fondées sur les preuves. Cette étude prospective visait à examiner les associations entre le modèle de profil nutritionnel du Nutri-Score 2023 (NS-NPM 2023) et l’évolution du poids, le risque de surpoids et d’obésité, ainsi qu’à le comparer au profil nutritionnel du Nutri-Score précédent (NS-NPM 2015).
Méthodes
Les participants de la cohorte NutriNet-Santé ont été recrutés parmi des adultes français (N = 75 775). Un indice alimentaire individuel a été calculé afin de caractériser la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires, à partir d’au moins trois enregistrements alimentaires de 24 heures, comme la moyenne des scores de chaque aliment consommé, pondérée par leur contribution énergétique. Des modèles de Cox proportionnels ont été utilisés pour évaluer l’association avec les indices ainsi que l’apparition du surpoids et de l’obésité, et des modèles mixtes pour l’évolution du poids au cours du temps.
Résultats
Nous avons constaté qu’un indice alimentaire NS-NPM 2023 plus élevé (c’est-à-dire un régime moins sain) était associé à une augmentation significativement plus importante de l’IMC au fil du temps (+0,24 % [0,22–0,26] d’IMC/an dans le tertile 3 vs tertile 1) ainsi qu’à un risque accru de surpoids (HR T3 vs T1 = 1,33 [1,24–1,43]) ou d’apparition de l’obésité (HR T3 vs T1 = 1,29 [1,14–1,45]). La comparaison entre l’indice NS-NPM 2023 et celui de 2015 n’a pas mis en évidence de différence statistiquement significative en termes de capacité prédictive.
Conclusion
Ces résultats contribuent à la validation du profil nutritionnel du Nutri-Score 2023, soutenant son utilisation comme outil de santé publique pour la prévention des maladies chroniques.
Sarda B, Manneville F, Férard C, Ducrot P, Galan P, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Srour B, Fezeu LK, Touvier M, Julia C. Associations of the updated nutrient profiling system underlying the Nutri-Score label with weight gain, overweight and obesity risk in the French NutriNet-Santé cohort. Eur J Nutr. 2026 Mar 24;65(3):101. doi: 10.1007/s00394-026-03951-7. PMID: 41874736.
Contexte et objectifs
Le profil nutritionnel sous-jacent au Nutri-Score, un étiquetage nutritionnel en face avant des emballages, a été mis à jour en 2022–2023 par un comité scientifique. Les études de validation concernant la capacité prédictive des profils nutritionnels constituent une étape clé pour appuyer des politiques fondées sur les preuves. Cette étude prospective visait à examiner les associations entre le modèle de profil nutritionnel du Nutri-Score 2023 (NS-NPM 2023) et l’évolution du poids, le risque de surpoids et d’obésité, ainsi qu’à le comparer au profil nutritionnel du Nutri-Score précédent (NS-NPM 2015).
Méthodes
Les participants de la cohorte NutriNet-Santé ont été recrutés parmi des adultes français (N = 75 775). Un indice alimentaire individuel a été calculé afin de caractériser la qualité nutritionnelle des régimes alimentaires, à partir d’au moins trois enregistrements alimentaires de 24 heures, comme la moyenne des scores de chaque aliment consommé, pondérée par leur contribution énergétique. Des modèles de Cox proportionnels ont été utilisés pour évaluer l’association avec les indices ainsi que l’apparition du surpoids et de l’obésité, et des modèles mixtes pour l’évolution du poids au cours du temps.
Résultats
Nous avons constaté qu’un indice alimentaire NS-NPM 2023 plus élevé (c’est-à-dire un régime moins sain) était associé à une augmentation significativement plus importante de l’IMC au fil du temps (+0,24 % [0,22–0,26] d’IMC/an dans le tertile 3 vs tertile 1) ainsi qu’à un risque accru de surpoids (HR T3 vs T1 = 1,33 [1,24–1,43]) ou d’apparition de l’obésité (HR T3 vs T1 = 1,29 [1,14–1,45]). La comparaison entre l’indice NS-NPM 2023 et celui de 2015 n’a pas mis en évidence de différence statistiquement significative en termes de capacité prédictive.
Conclusion
Ces résultats contribuent à la validation du profil nutritionnel du Nutri-Score 2023, soutenant son utilisation comme outil de santé publique pour la prévention des maladies chroniques.
L'impulsivité en tant que trait de personnalité est associée à un risque accru d'incidence de maladie cardiovasculaires après 8 ans de suivi : résultats de la cohorte NutriNet-Santé
Publié le 24/04/2026
Carlos Gómez-Martínez, Pauline Paolassini-Guesnier, Léopold K Fezeu, Bernard Srour, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Nancy Babio, Jordi Salas-Salvadó, Sandrine Péneau
Gómez-Martínez C, Paolassini-Guesnier P, Fezeu LK, Srour B, Hercberg S,Touvier M, Babio N, Salas-Salvadó J, Péneau S. Trait impulsivity and risk of cardiovascular disease over 8 years: results from the NutriNet-Santé cohort. Eur J Epidemiol. 2026 Mar 18. doi: 10.1007/s10654-026-01383-5. Epub ahead of print. PMID: 41849085.
Les maladies cardiovasculaires (MCV) restent la principale cause de mortalité dans le monde, bien qu’elles soient en partie évitables. Des données émergentes suggèrent que certains traits psychologiques, tels que l’impulsivité en tant que trait de personnalité, pourraient influencer la survenue de ces maladies. Cependant, les associations entre impulsivité et MCV restent encore peu étudiées. Cette étude vise à examiner les liens entre l’impulsivité et l’incidence des MCV.
Nous avons mené une analyse prospective au sein de la cohorte française NutriNet-Santé entre mai 2014 (date d’évaluation de l’impulsivité) et février 2023, incluant des adultes âgés de 18 ans ou plus sans MCV préexistante. Les données ont été recueillies via une plateforme en ligne. L’impulsivité a été évaluée à l’aide de l’échelle de Barratt (Barratt Impulsiveness Scale, BIS-11) et classée en trois catégories : faible, modérée (référence) ou élevée. Les événements incidents de MCV, incluant les maladies coronariennes et les maladies cérébrovasculaires, ont été identifiés lors du suivi et validés par les experts de la cohorte NutriNet-Santé à partir des dossiers médicaux. Des modèles de Cox multivariés ont été utilisés pour estimer les rapports de risque et leurs intervalles de confiance à 95 % (HR [IC 95 %]). Les interactions potentielles, notamment avec le diabète de type 2 (DT2), ont également été examinées.
Parmi les 48 135 participants (78,1 % de femmes ; âge moyen : 50,5 ± 14,5 ans), 1 184 ont développé une MCV sur une durée médiane de suivi de 7,84 ans (IQR : 4,04–8,50). Une impulsivité élevée était associée à un risque accru de MCV (HR = 1,27 [1,01 ; 1,59], p = 0,039), comparativement à une impulsivité modérée. Chez les participants souffrants de DT2 (n = 1 301), une faible impulsivité était associée à un moindre risque de MCV (HR = 0,42 [0,20 ; 0,88], p = 0,022) ; aucune association de ce type n’était observée chez les participants sans DT2 (p pour interaction = 0,014).
Une impulsivité élevée était donc associée à un risque accru de MCV, tandis qu’une faible impulsivité était associée à un risque plus faible de MCV chez les individus souffrant de DT2. L’impulsivité pourrait ainsi constituer un facteur de risque psychologique pertinent des MCV et contribuer à orienter les stratégies de prévention.
Gómez-Martínez C, Paolassini-Guesnier P, Fezeu LK, Srour B, Hercberg S,Touvier M, Babio N, Salas-Salvadó J, Péneau S. Trait impulsivity and risk of cardiovascular disease over 8 years: results from the NutriNet-Santé cohort. Eur J Epidemiol. 2026 Mar 18. doi: 10.1007/s10654-026-01383-5. Epub ahead of print. PMID: 41849085.
Les maladies cardiovasculaires (MCV) restent la principale cause de mortalité dans le monde, bien qu’elles soient en partie évitables. Des données émergentes suggèrent que certains traits psychologiques, tels que l’impulsivité en tant que trait de personnalité, pourraient influencer la survenue de ces maladies. Cependant, les associations entre impulsivité et MCV restent encore peu étudiées. Cette étude vise à examiner les liens entre l’impulsivité et l’incidence des MCV.
Nous avons mené une analyse prospective au sein de la cohorte française NutriNet-Santé entre mai 2014 (date d’évaluation de l’impulsivité) et février 2023, incluant des adultes âgés de 18 ans ou plus sans MCV préexistante. Les données ont été recueillies via une plateforme en ligne. L’impulsivité a été évaluée à l’aide de l’échelle de Barratt (Barratt Impulsiveness Scale, BIS-11) et classée en trois catégories : faible, modérée (référence) ou élevée. Les événements incidents de MCV, incluant les maladies coronariennes et les maladies cérébrovasculaires, ont été identifiés lors du suivi et validés par les experts de la cohorte NutriNet-Santé à partir des dossiers médicaux. Des modèles de Cox multivariés ont été utilisés pour estimer les rapports de risque et leurs intervalles de confiance à 95 % (HR [IC 95 %]). Les interactions potentielles, notamment avec le diabète de type 2 (DT2), ont également été examinées.
Parmi les 48 135 participants (78,1 % de femmes ; âge moyen : 50,5 ± 14,5 ans), 1 184 ont développé une MCV sur une durée médiane de suivi de 7,84 ans (IQR : 4,04–8,50). Une impulsivité élevée était associée à un risque accru de MCV (HR = 1,27 [1,01 ; 1,59], p = 0,039), comparativement à une impulsivité modérée. Chez les participants souffrants de DT2 (n = 1 301), une faible impulsivité était associée à un moindre risque de MCV (HR = 0,42 [0,20 ; 0,88], p = 0,022) ; aucune association de ce type n’était observée chez les participants sans DT2 (p pour interaction = 0,014).
Une impulsivité élevée était donc associée à un risque accru de MCV, tandis qu’une faible impulsivité était associée à un risque plus faible de MCV chez les individus souffrant de DT2. L’impulsivité pourrait ainsi constituer un facteur de risque psychologique pertinent des MCV et contribuer à orienter les stratégies de prévention.
Restriction des lipides dans la petite enfance : un rôle dans l’épidémie d’obésité ?
Publié le 16/03/2026
Marie-Françoise Rolland-Cachera
Rolland-Cachera MF. Perspective: Fat Reduction Campaigns and Their Impact on Young Children-The Root Cause of the Obesity Epidemic? Adv Nutr. 2026 Feb;17(2):100576. doi: 10.1016/j.advnut.2025.100576. Epub 2025 Dec 19. PMID: 41422935; PMCID: PMC12859491.
Depuis plusieurs dizaines d’années, les scientifiques s’interrogent sur le paradoxe entre la diminution des apports caloriques et lipidiques, et l’augmentation de la prévalence de l’obésité. De nombreux titres, tels que « Unanswered questions about the causes of obesity » dans la revue « Sciences » mettent en évidence ce problème.
La diminution des apports ne concerne pas l’ensemble de la population de façon équivalente. Peu d’études ont examiné l’impact des campagnes de restriction des lipides chez les jeunes enfants. Cependant, avant l’âge de 2 ans (période sensible des « 1000 premiers jours »), les apports atteignent des niveaux très faibles. Vers l’âge de 1 an, dans un grand nombre des pays, près de 90% des enfants ont des apports inférieurs aux recommandations et jusqu’à 98% dans l’étude française EDEN.
Depuis les études de David Barker, il est bien établi que les restrictions énergétiques au début de la vie conduisent à un métabolisme économe (The thrifty metabolism concept) programmant le risque de développer des maladies métaboliques et l’obésité. En plus d’un effet lié au métabolisme énergétique, un effet sur le statut hormonal peut expliquer l’augmentation de l’obésité. Des restrictions énergétiques, entrainant une diminution de la leptine au début de la vie conduiraient à développer la résistance à la leptine, caractéristique des sujets obèses.
En résumé, les campagnes visant à réduire la consommation de graisses ont : (i) réduit l'apport énergétique, en particulier chez les jeunes enfants pendant la période sensible du début de la vie, (ii) modifié les fonctions hypothalamiques et réduit les niveaux de leptine, et (iii) imprimé de manière irréversible un « métabolisme économe », programmant la résistance à la leptine et le stockage des graisses. Ce métabolisme inadapté ne parviendra pas à faire face à un futur environnement obésogène.
Ce mécanisme pourrait résoudre le paradoxe de la prévalence croissante de l'obésité malgré l'absence d'augmentation des apports énergétiques. Ces propositions pourront ouvrir de nouvelles pistes de recherche et attirer l’attention sur le fait que la réduction des graisses ne doit pas s’appliquer aux jeunes enfants.
Rolland-Cachera MF. Perspective: Fat Reduction Campaigns and Their Impact on Young Children-The Root Cause of the Obesity Epidemic? Adv Nutr. 2026 Feb;17(2):100576. doi: 10.1016/j.advnut.2025.100576. Epub 2025 Dec 19. PMID: 41422935; PMCID: PMC12859491.
Depuis plusieurs dizaines d’années, les scientifiques s’interrogent sur le paradoxe entre la diminution des apports caloriques et lipidiques, et l’augmentation de la prévalence de l’obésité. De nombreux titres, tels que « Unanswered questions about the causes of obesity » dans la revue « Sciences » mettent en évidence ce problème.
La diminution des apports ne concerne pas l’ensemble de la population de façon équivalente. Peu d’études ont examiné l’impact des campagnes de restriction des lipides chez les jeunes enfants. Cependant, avant l’âge de 2 ans (période sensible des « 1000 premiers jours »), les apports atteignent des niveaux très faibles. Vers l’âge de 1 an, dans un grand nombre des pays, près de 90% des enfants ont des apports inférieurs aux recommandations et jusqu’à 98% dans l’étude française EDEN.
Depuis les études de David Barker, il est bien établi que les restrictions énergétiques au début de la vie conduisent à un métabolisme économe (The thrifty metabolism concept) programmant le risque de développer des maladies métaboliques et l’obésité. En plus d’un effet lié au métabolisme énergétique, un effet sur le statut hormonal peut expliquer l’augmentation de l’obésité. Des restrictions énergétiques, entrainant une diminution de la leptine au début de la vie conduiraient à développer la résistance à la leptine, caractéristique des sujets obèses.
En résumé, les campagnes visant à réduire la consommation de graisses ont : (i) réduit l'apport énergétique, en particulier chez les jeunes enfants pendant la période sensible du début de la vie, (ii) modifié les fonctions hypothalamiques et réduit les niveaux de leptine, et (iii) imprimé de manière irréversible un « métabolisme économe », programmant la résistance à la leptine et le stockage des graisses. Ce métabolisme inadapté ne parviendra pas à faire face à un futur environnement obésogène.
Ce mécanisme pourrait résoudre le paradoxe de la prévalence croissante de l'obésité malgré l'absence d'augmentation des apports énergétiques. Ces propositions pourront ouvrir de nouvelles pistes de recherche et attirer l’attention sur le fait que la réduction des graisses ne doit pas s’appliquer aux jeunes enfants.
Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Laurent Bourhis, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Léopold K Fezeu, Serge Hercberg, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Emmanuel Cosson, Sopio Tatulashvili, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, Szabo de Edelenyi F, Bourhis L, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Fezeu LK, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Cosson E, Tatulashvili S, Chassaing B, Srour B, Touvier M. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun. 2026 Jan 7;16(1):11199. doi: 10.1038/s41467-025-67360-w. PMID: 41501013; PMCID: PMC12780003.
Des études expérimentales ont suggéré des effets indésirables potentiels de certains conservateurs alimentaires, mais les données épidémiologiques sont manquantes. Notre objectif était d'étudier pour la première fois les associations entre l'exposition aux additifs conservateurs et l'incidence du diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé (n = 108 723 ; 79,2 % de femmes ; âge moyen = 42,5 ans (écart-type = 14,6) ; France, 2009-2023). Les apports alimentaires ont été évalués à l'aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois. L'exposition aux additifs a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulées aux conservateurs et l'incidence de diabète ont été caractérisées à l'aide de modèles de Cox ajustés sur les facteurs de confusion potentiels. Au cours du suivi 1 131 cas de diabète de type 2 ont été diagnostiqués. Dans cette étude, 58 conservateurs étaient consommés par au moins un participant. Parmi ceux-ci, 17 ont été consommés par au moins 10 % de la population étudiée et ont donc été étudiés individuellement. Treize conservateurs individuels couramment utilisés (12 après correction pour tests multiples) étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2 (n=1131 cas) : sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acides acétique, citrique et phosphorique, acétates de sodium, propionate de calcium, ascorbate de sodium, alpha-tocophérol, érythorbate de sodium et extraits de romarin. Ces résultats appellent à une réévaluation de l’innocuité des conservateurs et de leur ratio bénéfice/risque. Ils appuient les recommandations du programme National Nutrition Santé visant à privilégier les aliments pas ou peu transformés, sans additifs superflus.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, Szabo de Edelenyi F, Bourhis L, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Fezeu LK, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Cosson E, Tatulashvili S, Chassaing B, Srour B, Touvier M. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun. 2026 Jan 7;16(1):11199. doi: 10.1038/s41467-025-67360-w. PMID: 41501013; PMCID: PMC12780003.
Des études expérimentales ont suggéré des effets indésirables potentiels de certains conservateurs alimentaires, mais les données épidémiologiques sont manquantes. Notre objectif était d'étudier pour la première fois les associations entre l'exposition aux additifs conservateurs et l'incidence du diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé (n = 108 723 ; 79,2 % de femmes ; âge moyen = 42,5 ans (écart-type = 14,6) ; France, 2009-2023). Les apports alimentaires ont été évalués à l'aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois. L'exposition aux additifs a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulées aux conservateurs et l'incidence de diabète ont été caractérisées à l'aide de modèles de Cox ajustés sur les facteurs de confusion potentiels. Au cours du suivi 1 131 cas de diabète de type 2 ont été diagnostiqués. Dans cette étude, 58 conservateurs étaient consommés par au moins un participant. Parmi ceux-ci, 17 ont été consommés par au moins 10 % de la population étudiée et ont donc été étudiés individuellement. Treize conservateurs individuels couramment utilisés (12 après correction pour tests multiples) étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2 (n=1131 cas) : sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acides acétique, citrique et phosphorique, acétates de sodium, propionate de calcium, ascorbate de sodium, alpha-tocophérol, érythorbate de sodium et extraits de romarin. Ces résultats appellent à une réévaluation de l’innocuité des conservateurs et de leur ratio bénéfice/risque. Ils appuient les recommandations du programme National Nutrition Santé visant à privilégier les aliments pas ou peu transformés, sans additifs superflus.
Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Paola Yvroud-Hoyos, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Marc Audebert, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Valérie Deschamps, Serge Hercberg, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
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