Publications
Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Laurent Bourhis, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Léopold K Fezeu, Serge Hercberg, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Emmanuel Cosson, Sopio Tatulashvili, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, Szabo de Edelenyi F, Bourhis L, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Fezeu LK, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Cosson E, Tatulashvili S, Chassaing B, Srour B, Touvier M. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun. 2026 Jan 7;16(1):11199. doi: 10.1038/s41467-025-67360-w. PMID: 41501013; PMCID: PMC12780003.
Des études expérimentales ont suggéré des effets indésirables potentiels de certains conservateurs alimentaires, mais les données épidémiologiques sont manquantes. Notre objectif était d'étudier pour la première fois les associations entre l'exposition aux additifs conservateurs et l'incidence du diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé (n = 108 723 ; 79,2 % de femmes ; âge moyen = 42,5 ans (écart-type = 14,6) ; France, 2009-2023). Les apports alimentaires ont été évalués à l'aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois. L'exposition aux additifs a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulées aux conservateurs et l'incidence de diabète ont été caractérisées à l'aide de modèles de Cox ajustés sur les facteurs de confusion potentiels. Au cours du suivi 1 131 cas de diabète de type 2 ont été diagnostiqués. Dans cette étude, 58 conservateurs étaient consommés par au moins un participant. Parmi ceux-ci, 17 ont été consommés par au moins 10 % de la population étudiée et ont donc été étudiés individuellement. Treize conservateurs individuels couramment utilisés (12 après correction pour tests multiples) étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2 (n=1131 cas) : sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acides acétique, citrique et phosphorique, acétates de sodium, propionate de calcium, ascorbate de sodium, alpha-tocophérol, érythorbate de sodium et extraits de romarin. Ces résultats appellent à une réévaluation de l’innocuité des conservateurs et de leur ratio bénéfice/risque. Ils appuient les recommandations du programme National Nutrition Santé visant à privilégier les aliments pas ou peu transformés, sans additifs superflus.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, Szabo de Edelenyi F, Bourhis L, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Fezeu LK, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Cosson E, Tatulashvili S, Chassaing B, Srour B, Touvier M. Associations between preservative food additives and type 2 diabetes incidence in the NutriNet-Santé prospective cohort. Nat Commun. 2026 Jan 7;16(1):11199. doi: 10.1038/s41467-025-67360-w. PMID: 41501013; PMCID: PMC12780003.
Des études expérimentales ont suggéré des effets indésirables potentiels de certains conservateurs alimentaires, mais les données épidémiologiques sont manquantes. Notre objectif était d'étudier pour la première fois les associations entre l'exposition aux additifs conservateurs et l'incidence du diabète de type 2 dans la cohorte prospective NutriNet-Santé (n = 108 723 ; 79,2 % de femmes ; âge moyen = 42,5 ans (écart-type = 14,6) ; France, 2009-2023). Les apports alimentaires ont été évalués à l'aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois. L'exposition aux additifs a été évaluée grâce à de multiples bases de données de composition et à des analyses de laboratoire ad hoc sur des matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulées aux conservateurs et l'incidence de diabète ont été caractérisées à l'aide de modèles de Cox ajustés sur les facteurs de confusion potentiels. Au cours du suivi 1 131 cas de diabète de type 2 ont été diagnostiqués. Dans cette étude, 58 conservateurs étaient consommés par au moins un participant. Parmi ceux-ci, 17 ont été consommés par au moins 10 % de la population étudiée et ont donc été étudiés individuellement. Treize conservateurs individuels couramment utilisés (12 après correction pour tests multiples) étaient associés à une incidence plus élevée de diabète de type 2 (n=1131 cas) : sorbate de potassium, métabisulfite de potassium, nitrite de sodium, acides acétique, citrique et phosphorique, acétates de sodium, propionate de calcium, ascorbate de sodium, alpha-tocophérol, érythorbate de sodium et extraits de romarin. Ces résultats appellent à une réévaluation de l’innocuité des conservateurs et de leur ratio bénéfice/risque. Ils appuient les recommandations du programme National Nutrition Santé visant à privilégier les aliments pas ou peu transformés, sans additifs superflus.
Associations entre les expositions aux additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Publié le 06/03/2026
Anaïs Hasenböhler, Guillaume Javaux, Marie Payen de la Garanderie, Fabien Szabo de Edelenyi, Paola Yvroud-Hoyos, Cédric Agaësse, Alexandre De Sa, Inge Huybrechts, Fabrice Pierre, Marc Audebert, Xavier Coumoul, Chantal Julia, Emmanuelle Kesse-Guyot, Benjamin Allès, Valérie Deschamps, Serge Hercberg, Benoit Chassaing, Bernard Srour, Mélanie Deschasaux-Tanguy, Mathilde Touvier
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
Hasenböhler A, Javaux G, Payen de la Garanderie M, de Edelenyi FS, Yvroud-Hoyos P, Agaësse C, De Sa A, Huybrechts I, Pierre F, Audebert M, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Deschamps V, Hercberg S, Chassaing B, Srour B, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M. Intake of food additive preservatives and incidence of cancer: results from the NutriNet-Santé prospective cohort. BMJ. 2026 Jan 7;392:e084917. doi: 10.1136/bmj-2025-084917. PMID: 41500678.
Objectif : Étudier l'association entre la consommation d'additifs alimentaires conservateurs et l'incidence de cancer dans une vaste cohorte prospective.
Contexte : Cohorte française NutriNet-Santé, 2009-2023.
Participants : 105 260 participants (≥15 ans) sans cancer prévalent ayant rempli au moins deux enregistrements alimentaires de 24 heures à l’inclusion.
Méthodes : L’apport cumulé en conservateurs a été évalué au fil du temps à l’aide d’enregistrements alimentaires de 24 heures répétés tous les six mois incluant les noms commerciaux/marques des aliments industriels consommés. Ces informations ont été mises en lien avec de multiples bases de données de composition et des dosages d’additifs dans les produits alimentaires ont été réalisés pour les paires additif-aliment les plus fréquemment consommées. Les associations entre l’exposition aux conservateurs (3 catégories : non consommateurs ou faibles consommateurs / consommateurs moyens / plus forts consommateurs) et l’incidence de cancer ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de confusion potentiels.
Résultats : L’âge moyen des participants au début de l’étude était de 42,0 ans (écart type [ET] : 14,5 ans), et 78,7 % étaient des femmes. Un cancer incident a été diagnostiqué chez 4 226 participants (suivi moyen = 7,57 ans [ET : 4,56 ans]), dont 1 208 cancers du sein, 508 de la prostate, 352 colorectaux et 2 158 autres localisations de cancers. Une consommation plus élevée de plusieurs conservateurs était associée à une incidence plus élevée de cancers : les conservateurs non-antioxydants totaux étaient associés à une incidence plus élevée de cancers au global (risque relatif pour les consommateurs élevés par rapport aux non-consommateurs ou aux consommateurs faibles : 1,16 [intervalle de confiance [IC] à 95 % : 1,07 à 1,26] ; risque absolu de cancer à 60 ans : respectivement 13,3 % et 12,1 %) et de cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,7 % et 4,8 %), sorbates totaux, et plus particulièrement sorbate de potassium, associés à l’incidence de cancer au global (1,14 [1,04 à 1,24] ; 13,4 %, 11,8 %) et de cancer du sein plus spécifiquement (1,26 [1,07 à 1,49] ; 5,7 %, 4,6 %) ; sulfites totaux associés au risque de cancer au global (1,12 [1,02 à 1,24] ; 13,4 %, 11,9 %) ; métabisulfite de potassium associé à l’incidence de cancer au global (1,11 [1,03 à 1,20] ; 13,5 %, 12,0 %) et de cancer du sein (1,20 [1,04 à 1,38] ; 5,7 %, 4,9 %) ; nitrite de sodium associé au cancer de la prostate (1,32 [1,02 à 1,70] ; 4,2 %, 3,4 %) ; nitrate de potassium et cancer au global (1,13 [1,05 à 1,23] ; 14,0 %, 12,0 %) et cancer du sein (1,22 [1,05 à 1,41] ; 5,9 %, 4,8 %) ; acétates totaux et cancer au global (1,15 [1,06 à 1,25] ; 14,3 %, 12,2 %) et cancer du sein (1,25 [1,07 à 1,45] ; 6,1 %, 4,9 %) ; acide acétique et cancer au global (1,12 [1,01 à 1,25] ; 14,4 %, 12,4 %) ; et érythorbate de sodium et cancer au global (1,12 [1,04 à 1,22] ; 13,5 %, 11,9 %) et cancer du sein (1,21 [1,04 à 1,41] ; 5,7 %, 4,8 %). Sur les 17 conservateurs étudiés individuellement, 11 n'étaient pas associés à l'incidence de cancer.
Différences dans l'apport quotidien moyen en macronutriments, caféine et eau selon le niveau de morbidité mentale
Publié le 12/01/2026
Valentina A Andreeva, Nathalie Arnault, Cécilia Samieri, Stéphanie Chambaron, Marie-Claude Brindisi, Serge Hercberg, Pilar Galan, Jean-Michel Oppert, Mathilde Touvier, Léopold K Fezeu
Andreeva VA, Arnault N, Samieri C, Chambaron S, Brindisi MC, Hercberg S, Galan P, Oppert JM, Touvier M, Fezeu LK. Differences in mean daily intake of macronutrients, caffeine and water by level of mental morbidity. Int J Food Sci Nutr. 2025 Dec 2:1-13. doi: 10.1080/09637486.2025.2593890. Epub ahead of print. PMID: 41330872.
Nous avons étudié les apports en macronutriments, en caféine et en eau selon le niveau de morbidité mentale, en nous concentrant sur l’anxiété, l’insomnie et les troubles du comportement alimentaire isolés ou comorbides. Cette étude descriptive transversale a utilisé les données de 2013–2017 de la cohorte NutriNet-Santé. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’au moins 3 rappels alimentaires de 24 heures. Nous avons analysé l’apport énergétique moyen et la contribution (en %) des glucides, protéines et lipides à l’apport énergétique journalier ; les glucides totaux, simples et complexes ; les protéines totales, animales et végétales ; les lipides totaux, les acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés ; le cholestérol ; ainsi que la caféine et l’eau. Les données ont été pondérées et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisées sur un échantillon de 23 965 adultes. Globalement, les hommes présentant les trois troubles mentaux (eg, multimorbidité mentale) avaient la plus forte contribution de glucides et les plus faibles contributions de protéines et de lipides à l’apport énergétique journalier. Les adultes présentant une multimorbidité mentale avait les taux d’obésité et les apports en caféine les plus élevés, quel que soit le sexe. L’apport moyen en eau ne présentait pas d’association avec la morbidité mentale. Ces résultats pourraient aider à générer des hypothèses concernant des expositions alimentaires susceptibles de jouer un rôle dans le risque de multimorbidité mentale.
Andreeva VA, Arnault N, Samieri C, Chambaron S, Brindisi MC, Hercberg S, Galan P, Oppert JM, Touvier M, Fezeu LK. Differences in mean daily intake of macronutrients, caffeine and water by level of mental morbidity. Int J Food Sci Nutr. 2025 Dec 2:1-13. doi: 10.1080/09637486.2025.2593890. Epub ahead of print. PMID: 41330872.
Nous avons étudié les apports en macronutriments, en caféine et en eau selon le niveau de morbidité mentale, en nous concentrant sur l’anxiété, l’insomnie et les troubles du comportement alimentaire isolés ou comorbides. Cette étude descriptive transversale a utilisé les données de 2013–2017 de la cohorte NutriNet-Santé. L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’au moins 3 rappels alimentaires de 24 heures. Nous avons analysé l’apport énergétique moyen et la contribution (en %) des glucides, protéines et lipides à l’apport énergétique journalier ; les glucides totaux, simples et complexes ; les protéines totales, animales et végétales ; les lipides totaux, les acides gras saturés, mono-insaturés et poly-insaturés ; le cholestérol ; ainsi que la caféine et l’eau. Les données ont été pondérées et des analyses de variance (ANOVA) ont été réalisées sur un échantillon de 23 965 adultes. Globalement, les hommes présentant les trois troubles mentaux (eg, multimorbidité mentale) avaient la plus forte contribution de glucides et les plus faibles contributions de protéines et de lipides à l’apport énergétique journalier. Les adultes présentant une multimorbidité mentale avait les taux d’obésité et les apports en caféine les plus élevés, quel que soit le sexe. L’apport moyen en eau ne présentait pas d’association avec la morbidité mentale. Ces résultats pourraient aider à générer des hypothèses concernant des expositions alimentaires susceptibles de jouer un rôle dans le risque de multimorbidité mentale.
Évaluation des trajectoires d’évolution des pressions environnementales liées à l’alimentation sur huit années dans la cohorte NutriNet-Santé
Publié le 12/01/2026
Elie Perraud, Aurélien Chayre, Sylvaine Berger, Annabelle Richard, Hafsa Toujgani, Justine Berlivet, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Serge Hercberg, Denis Lairon, Philippe Pointereau, Hélène Fouillet, François Mariotti, Julia Baudry, Christian Couturier, Emmanuelle Kesse-Guyot & TRANSFood
Perraud E, Chayre A, Berger S, Richard A, Toujgani H, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Mariotti F, Baudry J, Couturier C, Kesse-Guyot E; TRANSFood Consortium. Exploring eight-year trajectories of diet-related environmental pressures in the NutriNet-Santé cohort. Sci Rep. 2025 Dec 6. doi: 10.1038/s41598-025-29786-6. Epub ahead of print. PMID: 41350591.
Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des pressions environnementales de l’alimentation des individus, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de l’utilisation des terres.
Cette étude a analysé les changements dans six pressions environnementales liés à l’alimentation chez 8 905 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé, ayant renseigné leurs habitudes alimentaires en 2014, 2018 et 2022, en distinguant les aliments issus de l’agriculture biologique et conventionnelle.
Six dimensions de l’impact environnemental ont été prises en compte :
Perraud E, Chayre A, Berger S, Richard A, Toujgani H, Berlivet J, Touvier M, Allès B, Hercberg S, Lairon D, Pointereau P, Fouillet H, Mariotti F, Baudry J, Couturier C, Kesse-Guyot E; TRANSFood Consortium. Exploring eight-year trajectories of diet-related environmental pressures in the NutriNet-Santé cohort. Sci Rep. 2025 Dec 6. doi: 10.1038/s41598-025-29786-6. Epub ahead of print. PMID: 41350591.
Peu d’études se sont intéressées à l’évolution des pressions environnementales de l’alimentation des individus, au-delà des émissions de gaz à effet de serre et de l’utilisation des terres.
Cette étude a analysé les changements dans six pressions environnementales liés à l’alimentation chez 8 905 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé, ayant renseigné leurs habitudes alimentaires en 2014, 2018 et 2022, en distinguant les aliments issus de l’agriculture biologique et conventionnelle.
Six dimensions de l’impact environnemental ont été prises en compte :
• Les émissions de gaz à effet de serre
• L’occupation des terres
• La consommation d’énergie
• L’utilisation d’infrastructures agroécologiques (ex : haies, mares, murets…)
• La consommation d’eau
• L’utilisation de pesticides
Ces dimensions ont été étudiées à travers un indicateur permettant de les regrouper ainsi qu’individuellement. Nous avons ainsi pu identifier des profils de trajectoires d’évolution des pressions environnementales.
Dans l’ensemble, les résultats montrent une légère amélioration de l’impact environnemental des régimes alimentaires au cours du temps dans la population étudiée. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué d’environ 12 %, et la consommation d’eau d’environ 1 %.
En revanche, l’utilisation d’infrastructures écologiques a également diminué (-9 %), ce qui est défavorable pour la biodiversité.
Les participants ont suivi différents profils d’évolution, mais la majorité présente des changements stables ou modérés.
Les profils montrant une augmentation des pressions environnementales sont associés à une consommation plus élevée de viande, tandis que ceux présentant les plus faibles pressions environnementales correspondent à une alimentation plus riche en aliments d’origine végétale.
En conclusion, même si une partie de la population semble consciente de l’importance d’une alimentation plus durable, cette étude montre que les améliorations restent globalement modestes, et que seule une très faible proportion de personnes a fortement réduit l’impact environnemental de son alimentation.
Valeurs seuils de la force de préhension comme marqueur de risque de diabète de type 2 chez l’adulte en France
Publié le 26/12/2025
Thi Chi Phuong Nguyen, Jean-Michel Oppert, Laurent Bourhis, Alice Bellicha, Bernard Srour, Emmanuelle Kesse-Guyot, Pilar Galan, Serge Hercberg, Mathilde Touvier, Léopold K Fezeu, Jérémy Vanhelst
Nguyen TCP, Oppert JM, Bourhis L, Bellicha A, Srour B, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Galan P, Touvier M, Fezeu LK, Vanhelst J. Handgrip strength cut-off points for identifying French adults at risk of type 2 diabetes. Diabetes Metab. 2025 Nov 9;52(1):101713. doi: 10.1016/j.diabet.2025.101713. Epub ahead of print. PMID: 41218736.
Introduction
Le diabète de type 2 (DT2) constitue un enjeu majeur de santé publique en raison de sa prévalence croissante (en 2019 dans le monde, 463 millions de personnes pouvant atteindre 700 millions d'ici 2045). Dépister les personnes à risque est essentiel pour la mise en place de stratégies de prévention (par ex par le mode de vie). De nombreuses études ont montré qu'une faible force musculaire, mesurée par la force de préhension (FP), est associée à un risque accru de développer un DT2. Plusieurs études anglo-saxonnes ont établi des seuils optimaux de FP pour détecter ce risque. Les données de l'étude internationale Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) ont révélé que les valeurs moyennes de FP varient selon les régions géographiques et l'ethnicité, soulignant l'importance de déterminer des seuils de FP spécifiques à chaque pays. À ce jour, il n'existe pas de seuils proposés pour la FP afin de prédire le DT2 chez les adultes en France. L'objectif principal de cette étude est de déterminer les valeurs seuils de la FP en fonction du sexe pour identifier le risque de DT2 chez les adultes en France. L'objectif secondaire est d'examiner les associations entre la FP absolue et relative et l'incidence du DT2.
Méthodes
Entre 2011 et 2014, 18 519 adultes (5 096 hommes) ont réalisé un test de FP à l’aide d’un dynamomètre (Jamar®, Sammons Preston Rolyan, Bolingbrook, IL, USA). Neuf indicateurs ont été dérivés, comprenant des valeurs absolues et des valeurs rapportées au poids corporel et à l’IMC. Ensuite, les participants ont complété tous les 6 mois un questionnaire santé par l’intermédiaire d’une plateforme web afin de relever l’incidence du DT2. Les cas incidents ont été vérifiés avec la base de données de l’assurance maladie (SNIIRAM). La date de fin de suivi pour cette analyse a été fixée au 31 mars 2024. Les caractéristiques démographiques, anthropométriques et les modes de vie (activité physique et alimentation) ont été également recueillies par questionnaires. Des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont été réalisées pour définir les seuils de prédiction du DT2. Des modèles de régression de Cox à risques proportionnels ajustés ont été effectués pour analyser l'association entre le DT2 et la FP.
Résultats
Sur un suivi de 9,8 ans, 329 cas incident de DT2 ont été validés. La FP absolue n’était pas associée au risque de DT2, tandis qu’une FP relative plus élevée était associée à un risque plus faible (par ex. HR pour la FP relative au poids corporel : 1,30 ; IC 95 % : 1,07–1,58). La FP relative présentait une meilleure discrimination (AUC 0,623–0,675) que la FP absolue (≤ 0,44). Les seuils optimaux étaient de 0,446 kg/kg et 1,086 kg/kg/m² (main dominante), et de 0,397 kg/kg et 1,033 kg/kg/m² (main non dominante). Une faible FP relative était associée à un risque accru (HR 1,42–1,68), de manière cohérente dans les analyses de sensibilité, selon le sexe et l’âge.
Conclusions
La force de préhension relative, mais non absolue, est indépendamment associée à l’incidence du DT2 et présente une capacité de discrimination modeste. Étant simple et peu coûteuse, la mesure de la FP pourrait constituer un outil de dépistage utile en clinique et en santé publique.
Mots clés: Force musculaire, diabète de type 2, handgrip.
Nguyen TCP, Oppert JM, Bourhis L, Bellicha A, Srour B, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Galan P, Touvier M, Fezeu LK, Vanhelst J. Handgrip strength cut-off points for identifying French adults at risk of type 2 diabetes. Diabetes Metab. 2025 Nov 9;52(1):101713. doi: 10.1016/j.diabet.2025.101713. Epub ahead of print. PMID: 41218736.
Introduction
Le diabète de type 2 (DT2) constitue un enjeu majeur de santé publique en raison de sa prévalence croissante (en 2019 dans le monde, 463 millions de personnes pouvant atteindre 700 millions d'ici 2045). Dépister les personnes à risque est essentiel pour la mise en place de stratégies de prévention (par ex par le mode de vie). De nombreuses études ont montré qu'une faible force musculaire, mesurée par la force de préhension (FP), est associée à un risque accru de développer un DT2. Plusieurs études anglo-saxonnes ont établi des seuils optimaux de FP pour détecter ce risque. Les données de l'étude internationale Prospective Urban Rural Epidemiology (PURE) ont révélé que les valeurs moyennes de FP varient selon les régions géographiques et l'ethnicité, soulignant l'importance de déterminer des seuils de FP spécifiques à chaque pays. À ce jour, il n'existe pas de seuils proposés pour la FP afin de prédire le DT2 chez les adultes en France. L'objectif principal de cette étude est de déterminer les valeurs seuils de la FP en fonction du sexe pour identifier le risque de DT2 chez les adultes en France. L'objectif secondaire est d'examiner les associations entre la FP absolue et relative et l'incidence du DT2.
Méthodes
Entre 2011 et 2014, 18 519 adultes (5 096 hommes) ont réalisé un test de FP à l’aide d’un dynamomètre (Jamar®, Sammons Preston Rolyan, Bolingbrook, IL, USA). Neuf indicateurs ont été dérivés, comprenant des valeurs absolues et des valeurs rapportées au poids corporel et à l’IMC. Ensuite, les participants ont complété tous les 6 mois un questionnaire santé par l’intermédiaire d’une plateforme web afin de relever l’incidence du DT2. Les cas incidents ont été vérifiés avec la base de données de l’assurance maladie (SNIIRAM). La date de fin de suivi pour cette analyse a été fixée au 31 mars 2024. Les caractéristiques démographiques, anthropométriques et les modes de vie (activité physique et alimentation) ont été également recueillies par questionnaires. Des courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) ont été réalisées pour définir les seuils de prédiction du DT2. Des modèles de régression de Cox à risques proportionnels ajustés ont été effectués pour analyser l'association entre le DT2 et la FP.
Résultats
Sur un suivi de 9,8 ans, 329 cas incident de DT2 ont été validés. La FP absolue n’était pas associée au risque de DT2, tandis qu’une FP relative plus élevée était associée à un risque plus faible (par ex. HR pour la FP relative au poids corporel : 1,30 ; IC 95 % : 1,07–1,58). La FP relative présentait une meilleure discrimination (AUC 0,623–0,675) que la FP absolue (≤ 0,44). Les seuils optimaux étaient de 0,446 kg/kg et 1,086 kg/kg/m² (main dominante), et de 0,397 kg/kg et 1,033 kg/kg/m² (main non dominante). Une faible FP relative était associée à un risque accru (HR 1,42–1,68), de manière cohérente dans les analyses de sensibilité, selon le sexe et l’âge.
Conclusions
La force de préhension relative, mais non absolue, est indépendamment associée à l’incidence du DT2 et présente une capacité de discrimination modeste. Étant simple et peu coûteuse, la mesure de la FP pourrait constituer un outil de dépistage utile en clinique et en santé publique.
Mots clés: Force musculaire, diabète de type 2, handgrip.
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