Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Les enseignements tirés de la recherche de validation méthodologique en E-épidémiologie

JMIR Public Health Surveill. 2016 2(2):e160

Kesse-Guyot E, Assmann K, Andreeva V, Castetbon K, Méjean C, Touvier M, Salanave B, Deschamps V, Péneau S, Fezeu L, Julia C, Allès B, Galan P, Hercberg S.

Les méthodes traditionnelles de recherche épidémiologique présentent une charge important sur le plan logistique, humain et financier. Le développement d’outils numériques innovants présente un  potentiel pour surmonter ces difficultés. Néanmoins, les études basées sur internet restent peu fréquentes en partie à cause des problèmes de validité et de généralisation des résultats.

L’objectif de ce travail est de résumer les résultats des études méthodologiques menées dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé, une étude de cohorte française basée sur internet.

Sur la base des résultats issus de la cohorte sur internet NutriNet-Santé (qui compte plus de 150000 participants inclus), ont été synthétisés dans ce travail les travaux méthodologiques sur la représentativité de l’échantillon, les stratégies de recrutement favorables et la qualité des données.

Globalement, les résultats sont en faveur de l’utilité de telles études basées sur internet pour surmonter certaines limites méthodologiques dans la recherche épidémiologique, en particulier concernant la qualité des données (ex : la concordance pour la classification de l’indice de masse corporelle [IMC] était de 93 %), la réduction du biais de désirabilité social, l’accès à une large variabilité de profils de participants, incluant des sous-groupes souvent difficiles à recruter tels que les jeunes (12,30 % [15, 118/122, 912] moins de 25 ans) et les personnes âgées (6,60 % [8112/122, 912] de plus de 65 ans), les personnes sans emploi ou au foyer (12,60 % [15, 487/122, 912] et ceux faiblement éduqués (38,50 % [47, 312/122, 912]). Cependant, un biais de sélection demeure car 78,00 % [95, 871/122, 912] des participants étaient des femmes et 61,50 % [75, 590/122, 912] avaient un niveau d’études postsecondaire. Ceci est inhérent au recrutement sur la base du volontariat dans une cohorte..

Considérant l’expansion de l’accès à internet dans toutes les strates sociales, le recrutement de participants avec différents profils socio-économiques et différent niveaux d’expositions à des facteurs de risque pour la santé semble très faisable. Des recherches sur l’identification de biais spécifiques aux cohortes sur internet et la collecte de données exhaustives et valides sont nécessaires. Ce résumé des résultats méthodologiques issus de la cohorte NutriNet-Santé peut contribuer à aider les chercheurs à développer de futures études épidémiologiques sur internet.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27756715





Apports alimentaires et qualité nutritionnelle du régime alimentaire associés à différents niveaux de consommation d’aliments bio chez des adultes français : résultats d’une étude transversale de la cohorte NutriNet-Santé

Public Health Nutr. 2016 20(4):638-648

Baudry J, Allès B, Péneau S, Touvier M, Méjean C, Hercberg S, Galan P, Lairon D, Kesse-Guyot E.

L’objectif de cette étude était de déterminer les profils alimentaires d’individus de la cohorte NutriNet-Santé associés à différents niveaux de consommation d’aliments bio à partir de données auto-déclarées sur les consommations d’aliments bio.

Les apports alimentaires ont été collectés via un FFQ (questionnaire de fréquence de consommation) bio. Un total de 28245 participants a été classé dans 5 groupes (quintiles redressés, Q) suivant la proportion d’aliments bio dans leur régime alimentaire. Pour déterminer la qualité du régime alimentaire, 2 scores ont été calculés représentant l’adhérence aux recommandations nutritionnelles du PNNS (mPNNS-GS) et la probabilité d’un apport satisfaisant en nutriments (PANDiet). Les associations entre les niveaux de consommation d’aliments bio et les caractéristiques alimentaires ont été estimées avec de modèles ANCOVA ajustés sur le sexe, l’âge et l’apport énergétique.

Les consommations d’aliments d’origine végétale augmentaient avec la contribution d’aliments bio au régime alimentaire tandis qu’une tendance inverse a été observée pour les produits laitiers, biscuits et sodas (P-de tendance < 0,0001). Les scores de qualité du régime alimentaire augmentaient de Q1 (mPNNS-GS : 7,89 (et 0,02) ; PANDiet : 63,04 (et 0,11)) à Q5 (mPNNS-GS : 8,78 (et 0,02) ; PANDiet : 69,37 (et 0,10)). Globalement, les grands consommateurs d’aliments bio présentaient une meilleure qualité nutritionnelle du régime alimentaire. Néanmoins, les individus ayant des consommations intermédiaires d’aliments bio présentaient une meilleure adhérence aux recommandations nutritionnelles concernant les produits d’origine animale.

Cette étude contribue à une meilleure compréhension de la consommation d’aliments bio en tant qu’élément d’un meilleur régime alimentaire plus favorable à la santé et les profils alimentaires des différentes catégories de consommateurs d’aliments bio. Ces résultats mettent donc en évidence de fortes associations entre le comportement alimentaire et la consommation d’aliments bio et plaident pour la réalisation de futures études étiologiques entre consommation d’aliments bio et santé.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27731291





Caractéristiques des habitudes de consommation de boissons dans un grand échantillon d’adultes français : associations avec les apports totaux en eau et en énergie

Nutrients. 2016 8(10):e627

Szabo de Edelenyi F, Druesne-Pecollo N, Arnault N, Gonzalez R, Buscail C, Galan P.

Une hydratation satisfaisante est un facteur clef pour un fonctionnement correct des processus cognitifs et physiques. En France, les recommandations de santé publique concernant les apports totaux en eau sont d’avoir des apports en fluides suffisant, avec une attention particulière à l’hydratation des seniors, spécialement en périodes de canicules. L’objectif de cette étude était de calculer la quantité totale d’eau provenant des aliments et des boissons et d’analyser les caractéristiques de consommation chez les participants d’une grande cohorte nationale française.

L’apport total en eau, ainsi que la contribution des aliments et boissons à cet apport, a été estimé chez 94939 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé (78 % de femmes, âge moyen 42,9 (erreur standard : ES 0,04)) à partir de 3 enregistrements alimentaires de 24 h à l’inclusion. Les différences statistiques des apports en eau dans les différents groupes d’âge, saisons et jour de la semaine ont été estimées.

L’apport total en eau moyen était de 2,3 L (ES 4,7×10-3) chez les hommes et de 2,1 L (ES 2.4×10-3) chez les femmes. La majorité des individus respectait la recommandation de l’EFSA (European Food Safety Authority), en particulier les femmes. L’apport énergétique total moyen était de 1884 kcal/jour (ES 1,5) (2250 kcal/jour (ES 3,6) chez les hommes et 1783 kcal/jour (ES 1,5) chez les femmes). La contribution des boissons à l’apport énergétique total était de 8,3 %. L’eau était la boisson la plus consommée, suivie par les boissons chaudes. Le score de variété, défini par le nombre de catégories différentes de boissons consommées lors des 3 enregistrements de 24 h parmi les 8, était positivement corrélé avec l’apport total en eau (r = 0,4) et avec l’apport énergétique total (r = 0,2) suggérant que la variété de boissons consommées est un indicateur des consommations d’aliments et de boissons plus élevées. Des différences de consommation de boissons et d’apport en eau ont été observées avec l’âge et la saisonnalité.

Cette étude donne une vue d’ensemble des caractéristiques des apports en eau dans une grande population d’adultes français. L’apport total en eau était globalement en adéquation avec les recommandations de santé publique.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27727164





Variations de l’activité physique et des comportements sédentaires entre avant et après le diagnostic de cancer : résultats de l’étude de cohorte prospective NutriNet-Santé

Medicine. 2016 95(40):e4629

Fassier P, Zelek L, Partula V, Srour B, Bachmann P, Touillaud M, Druesne-Pecollo N, Galan P, Cohen P, Hoarau H, Latino-Martel P, Menai M, Oppert JM, Hercberg S, Deschasaux M, Touvier M.

L’activité physique (AP) et la réduction des comportements sédentaires pourraient être associées à un meilleur pronostic et à un plus faible risque de récurrence chez les patients atteints de cancer. Notre objectif était de quantifier les variations d’AP et du temps passé à des activités sédentaires entre avant et après le diagnostic à partir des données prospectives d’adultes français. Les facteurs sociodémographiques et du mode de vie associés à ces variations ont également été étudiés.

Les sujets de la cohorte NutriNet-Santé ayant eu un cancer incident diagnostiqué entre 2009 et 2015 ont été inclus (n=942). L’activité physique et les comportements sédentaires ont été collectés prospectivement avec le questionnaire IPAQ version courte sur 7 jours tous les ans depuis l’inclusion (en moyenne 2 ans avant le diagnostic). Toutes les dates de collecte des données sur l’APet les activités sédentaires avant et après diagnostic ont été comparées par modèle mixte. Les facteurs associés à une diminution de l’AP ou à une augmentation du temps passé assis ont été investigués par régressions logistiques.

L’AP totale et intense diminuait après diagnostic (P = 0,006, -32,8 ± 36,8 MET-heure/semaine en moyenne chez ceux qui avaient diminué leur AP totale, et P = 0,005, -21,1 ± 36,8 MET-heure/semaine pour l’AP intense, respectivement), en particulier pour les cancers de la prostate (-39,5 ± 36,3 MET-heure/semaine) et de la peau (-35,9 ± 38 MET-heure/semaine, chez les hommes (-40,8 ± 46,3 MET-heure/semaine) et les sujets professionnellement inactifs (-34,2 ± 37,1 MET-heure/semaine) (P < 0,05). Les patients avec une AP plus élevée avant diagnostic avaient un risque plus élevé de diminuer leur AP (Odds ratio [OR] : 4,67 [3,21-6,81], P < 0,001). Les patients en surpoids avaient un risque plus élevé de diminuer leur AP modérée (OR : 1,45 [1,11-1,89], P = 0,006) et la marche (OR : 1,30 [1,10-1,70], P = 0,04). Le temps passé assis (P = 0,02, +2,44 ± 2,43 heure/jour en moyenne chez ceux qui avaient augmenté leur temps passé assis), en particulier chez les femmes (+2,48 ± 2,48 heure/jour), les patients plus âgés (+2,48 ± 2,57 heure/jour) et les sujets professionnellement inactifs (+2,41 ± 2,40 heure/jour) (P < 0,05). Les sujets les moins sédentaires avant diagnostic avaient un risque plus élevé d’augmenter leur temps passé assis (OR : 3,29 [2,45-4,42], P < 0,0001).

Les résultats issus de cette étude prospective suggèrent que le diagnostic de cancer est une période clef pour changer l’AP et les comportements sédentaires. Ils donnent des éléments utiles pour cibler des sous-groupes de patients qui sont exposés à un risque plus élevé de diminuer leur AP et d’augmenter leurs comportements sédentaires après leur diagnostic de cancer.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27749527





Prévalence de la déficience en vitamine D dans la polyarthrite rhumatoïde et associations avec l’activité de la maladie et les facteurs de risque cardiovasculaires : données de l’étude COMEDRA

Clin Exp Rheumatol. 2016 34(6):984-990

Cecchetti S, Tatar Z, Galan P, Pereira B, Lambert C, Mouterde G, Sutton A, Soubrier M, Dougados M.

L’association entre vitamine D et l’activité de la polyarthrite rhumatoïde (RA) est controversée. RA est un facteur de risque cardiovasculaire. Un taux faible en vitamine D pourrait augmenter la pression artérielle (PA) et diminuer le cholestérol-HDL. L’objectif de cette étude était de déterminer la prévalence de la déficience en vitamine D chez les patients atteints de RA comparée aux sujets contrôles et également d’étudier les associations entre vitamine D et l’activité RA et entre vitamine D et les facteurs de risque cardiovasculaires.

Les patients de l’étude COMEDRA avec une RA non active (critères ACR de 1987) ont été appariés à des sujets de la cohorte NUTRINET-SANTE (âge, sexe, latitude, saison de prélèvement des échantillons). La déficience en vitamine D a été définie comme < 10 ng/mL et l’insuffisance entre 10 et 29,9 ng/mL.

894 patients avec RA ont été inclus dont 861 appariés à  des sujets témoins. La prévalence de l’insuffisance et de la déficience en vitamine D était plus faible chez les patients avec RA que chez les sujets contrôles : 480 (55,8 %) vs. 508 (59 %) et 31 (3,6 %) vs. 45 (5,23 %) respectivement, p=0,04. Une corrélation inverse a été observée entre les taux de vitamine D et l’activité RA estimée par DAS28-CRP (p =  0,01), SDAI (p < 0,001) et CDAI (p = 0,001), mais pas par DAS28-CRP après ajustement sur l’âge, le sexe, la saison d’inclusion, l’indice de masse corporelle (IMC), la supplémentation en vitamine D, la durée de la maladie, les statuts RF ou anti-CCP et les traitements RA. Les taux en vitamine D étaient inversement corrélés à l’IMC (p < 0,001), mais pas à la PA, au cholestérol total, cholestérol-LDL, cholestérol-HDL et glycémie.

Cette étude montre que la vitamine D est inversement corrélée à l’activité RA et à l’IMC mais pas aux autres facteurs de risque cardiovasculaires.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27749232









logo ministere sante logo sante publique logo inserm logo inra logo université paris13 logo sorbone paris cite logo cnam