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Consommation de viande rouge et transformée et risque de cancer : résultats de l’étude de cohorte prospective NutriNet-Santé

Int J Cancer. 2018 142(2):230-237

Diallo A, Deschasaux M, Latino-Martel P, Hercberg S, Galan P, Fassier P, Allès B, Guéraud F, Pierre FH, Touvier M.

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (OMS-CIRC) a classé la viande rouge et les viandes transformées respectivement comme probablement cancérogène et cancérogène pour l’Homme. Ces conclusions étaient essentiellement basées sur des études sur le cancer colorectal mais les données scientifiques disponibles sont encore limitées pour les autres localisations de cancer.

Dans cette étude, nous avons investigué les associations prospectives entre les apports en viande rouge et en viandes transformées et le risque de cancer tous sites confondus, de cancer du sein et de cancer de la prostate. Cette étude prospective a inclus 61476 hommes et femmes de la cohorte française NutriNet-Santé (2009-2015) âgés de 35 ans ou plus qui avaient complété au minimum trois enregistrements alimentaires de 24 h au cours de la 1ère année de suivi. Le risque de développer un cancer a été comparé selon les quintiles sexe-spécifiques des apports en viande rouge et viandes transformées par modèles de Cox multivariés.

1609 cas de cancers primaires incidents ont été diagnostiqués au cours du suivi dont 544 cancers du sein et 222 cancers de la prostate. L’apport en viande rouge était associé à une augmentation du risque de cancer tous sites confondus [HRQ5vs.Q1 = 1,31 (1,10-1,55), ptendance = 0,01] et de cancer du sein [HRQ5vs.Q1 = 1,83 (1,33-2,51), ptendance = 0,002]. Cette dernière association a été observée chez les femmes non ménopausées [HRQ5vs.Q1 = 2,04 (1,03-4,06)] et ménopausées [HRQ5vs.Q1 = 1,79 (1,26-2,55)]. Aucune association n’a été observée entre l’apport en viande rouge et le risque de cancer de la prostate. L’apport en viandes transformées était relativement faible dans cette étude (seuil pour le 5ème quintile = 46 g/j chez les hommes et 29 g/j chez les femmes) et n’était pas associé au risque de cancer, tous sites confondus, du sein ou de la prostate.

Cette large étude de cohorte suggère que l’implication de la viande rouge dans la cancérogenèse pourrait concerner plusieurs localisations de cancer (autres que côlon-rectum), en particulier le cancer du sein. Ces résultats sont cohérents avec les données mécanistiques issues des études expérimentales.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28913916


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Association entre un profil alimentaire de type « occidental » et le syndrome de l’intestin irritable dans la cohorte française NutriNet-Santé

Nutrients. 2017 9(9):e986

Buscail C, Sabate JM, Bouchoucha M, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Benamouzig R, Julia C.

Contexte : Il a été montré que l’alimentation joue un rôle majeur dans la pathogénèse du syndrome de l’intestin irritable (SII). Certains profils alimentaires seraient susceptibles de déclencher ou d’aggraver les symptômes de SII. La présente étude transversale avait pour objectif d’évaluer l’association entre différents profils alimentaires et le SII au sein d’une large population française, la cohorte NutriNet-Santé basée sur internet.

Méthodes : La population d’étude incluait les participants de l’étude NutriNet-Santé ayant complété un questionnaire basé sur les critères de Rome III pour évaluer le SII. Une analyse en composantes principales (ACP) basée sur la consommation de 29 groupes d’aliments a été réalisée pour identifier les principaux profils alimentaires (PA). Les associations entre les quintiles de profils alimentaires et SII ont été étudiées à l’aide de modèles derégressions logistiques multivariées.

Résultats : Au total, 44.350 participants ont été inclus dont 2.423 (5,5 %) présentaient un SII. Trois principaux profils ont été mis en évidence par l’ACP « sain », « occidental » et « traditionnel ». Après ajustement sur les facteurs de confusion, le profil « occidental » était positivement associé au SII (OR Q5 vs. Q1 = 1,38 IC 95 % 1,19-1,61, p trend ˂ 0,0001) et le profil « traditionnel » était positivement associé au SII chez les femmes (OR Q5 vs. Q1 = 1,29 IC 95 % 1,08-1,54, p trend = 0,001).

Dans cette étude, un profil alimentaire de type occidental - fortement corrélé à la consommation d’acides gras, de produits sucrés et de snacks – était associé à une augmentation modérée du risque de SII.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28880222


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Association entre régime végétarien déclaré et syndrome de l’intestin irritable dans la cohorte française NutriNet-Santé

PLoS One. 2017 12(8):e0183039

Buscail C, Sabate JM, Bouchoucha M, Torres MJ, Allès B, Hercberg S, Benamouzig R, Julia C.

Contexte : Les patients atteints d’un syndrome de l’intestin irritable (SII) sont constamment en recherche de conseils nutritionnels pour atténuer leurs symptômes. Parmi les nouveaux régimes alimentaires émergents, les régimes végétariens (RV) font l’objet d’une grande popularité, en partie en raison des allégations santé qui y sont associées. Une étude récente, menée au sein d’une population rurale indienne, a montré qu’un régime essentiellement végétarien était associé à un SII.

Objectif : Cette étude transversale avait pour objectif d’évaluer l’association entre RV et SII au sein d’une large cohorte française, l’étude NutriNet-Santé.

Méthodes : Le sujets participant à l’étude de cohorte NutriNet-Santé ont complété un questionnaire basé sur les critères de Rome III (N = 41682). Les données anthropométriques, sociodémographiques et relatives au mode de vie, incluant la déclaration d’un RV, ont été collectées antérieurement au remplissage du questionnaire Rome III via des questionnaires auto-administrés. L’association entre RV et SII et ses sous-types a été investiguée par des modèles de régression logistique multivariée.

Résultats : Les sujets inclus étaient principalement des femmes (78,0 %) et l’âge moyen était 49,8 ± 14,3 ans. Parmi ces individus, 2264 (5,4 %) présentaient un SII et 805 (1,9 %) avaient déclaré un RV. Globalement, un RV n’était pas associé à un SII ou à un de ses sous-types. En revanche, un RV stable (c.à.d. déclaré minimum 3 fois dans Nutrinet) était associé au SII (ORa 2,60 IC 95 % [1,37-4,91]), au SII mixte (ORa 2,97 IC 95 % [1,20-7,36]) et au SII avec diarrhée prédominante (ORa 2,77 IC 95 % [1,01-7,59]).

Cette étude suggère qu’un RV pourrait être associé à long terme au SII. Toutefois, des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces résultats et investiguer les multiples aspects du régime végétarien potentiellement en lien avec le SII.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28841661


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Exposition aux contaminants et apports nutritionnels dans une population végétarienne française

Food Chem Toxicol. 2017 109(Pt 1):218-229

Fleury S, Rivière G, Allès B, Kesse-Guyot E, Méjean C, Hercberg S, Touvier M, Bemrah N.

L’étude NutriNet-Santé a collecté, sur la base du volontariat, les consommations alimentaires d’une partie de la population de végétariens (N = 1766, incluant 188 individus véganes) de 18 à 81 ans (18-77 ans pour les véganes). En tenant compte de la disponibilité des données sur les contaminants générées dans le contexte de l’étude sur l’alimentation total (EAT), les expositions alimentaires de cette population à plusieurs contaminants ont été estimées. Les résultats montrent que les expositions aux polluants organiques persistants (PCBs, PCDD/Fs par exemple) étaient beaucoup plus faibles chez cette sous-population en raison de la non consommation d’aliments d’origine animale. D’autre part, les expositions aux phytoestrogènes, à certaines mycotoxines (toxines T2 et HT2) et à certains éléments trace (Cd, Al, Sn, Ni) étaient plus élevées chez les végétariens comparées à la population non végétarienne. Malgré certaines limites inhérentes à cette approche (l’enquête alimentaire et l’étude EAT n’avaient pas pour objectif d’estimer l’exposition alimentaire [aux contaminants] des populations végétariennes), cette étude a montré que les habitudes alimentaires peuvent fortement influencer l’exposition à certains contaminants.
N.B : Cependant, cette étude n’a pas pris en compte le fait que certains aliments puissent provenir de l’agriculture biologique et donc contenir moins d’aliments (données non disponibles au moment de l’étude). D’autres travaux viendront compléter de façon plus précise les estimations de l’exposition aux contaminants, à partir de l’étude BioNutrinet.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28754472


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Effets individuels et combinés des facteurs nutritionnels sur le risque d’hypertension artérielle incidente : analyse prospective de la cohorte NutriNet-Santé

Hypertension. 2017 70(4):712-720

Lelong H, Blacher J, Baudry J, Adriouch S, Galan P, Fezeu L, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

L’alimentation est considérée comme un des déterminants majeurs du développement de l’hypertension artérielle. Les données sur ce sujet sont principalement issues d’études transversales. Notre objectif était d’évaluer l’association prospective entre (1) les facteurs nutritionnels individuels et (2) l’adhérence aux recommandations du PNNS en comparaison avec l’adhérence aux régimes DASH et MD.

Une étude transversale a conduite sur 11302 participants non traités de l’étude NutriNet-Santé, une étude de cohorte française sur internet. Trois scores validés reflétant l’adhérence aux recommandations Dietary Approach to Stop Hypertension (DASH) et le risque d’hypertension incidente dans une large étude de cohorte. Nous avons examiné l’incidence d’hypertension parmi 80426 adultes français participant à l’étude de cohorte NutriNet-Santé. Des questionnaires auto-déclaratifs sur les données sociodémographiques, du mode de vie et de santé ainsi que 3 enregistrements alimentaires de 24 h ont été complétés à l’inclusion et ensuite tous les ans. Les associations entre quartiles de nutriments et groupes d’aliments et l’adhérence aux recommandations DASH et le risque d’hypertension ont été estimées par des modèles à risques proportionnels de Cox multivariés.

Au cours du suivi d’une moyenne de 3,4 ± 2,1 ans, 2413 cas d’hypertension incidente ont été répertoriés. Les apports alimentaires en sodium (Q4 versus Q1) : hazard ratio (HR) = 1,17 (intervalle de confiance [IC] 95 %, 1,02-1,35), potassium : HR = 0,82 (IC 95 %, 0,72-0,94), protéines animales : HR = 1,26 (IC 95 %, 1,11-1,43), protéines végétales : HR = 0,85 (IC 95 %, 0,75-0,95), fibres : HR = 0,81 (IC 95 %, 0,71-0,43), magnésium : HR = 0,77 (IC 95 %, 0,67-0,89), fruits et légumes : HR = 0,85 (IC 95 %, 0,74-0,97), céréales complètes : HR = 0,84 (IC 95 %, 0,76-0,93), fruits à coque : HR = 0,72 (IC 95 %, 0,63-0,83) et les viandes rouges et transformées : HR = 1,25 (IC 95 %, 1,11-1,42) étaient associés au risque d’hypertension. Par ailleurs, l’adhérence aux recommandations DASH était fortement et inversement associée à l’hypertension incidente : (Q4 versus Q1) : HR = 0,66 (IC 95 %, 0,58-0,75).

Nos résultats confirment l’association entre les apports de plusieurs facteurs nutritionnels et l’hypertension incidente et met en lumière qu’adopter un régime alimentaire globalement bénéfique pour la santé pourrait fortement contribuer à la prévention de l’hypertension.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28760943


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