Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Comparaison des apports alimentaires dans la cohorte web NutriNet-Santé avec les données représentatives françaises de l'étude ENNS : la question de la généralisabilité dans l'e-epidemiology

Am J Epidemiol. 2016 184(9):660-9

Andreeva VA, Deschamps V, Salanave B, Castetbon K, Verdot C, Kesse-Guyot E, Hercberg S

Nous avons comparé les apports alimentaires entre la cohorte Web NutriNet-Santé et une enquête représentative au niveau national (Etude Nationale Nutrition Santé, ENNS). Nous avons étudié 49 443 volontaires français âgés de 18 à 74 ans recrutés en 2009-2010. L’étude ENNS (2006-2007), avec un échantillon national représentatif de 2 754 adultes français âgés de 18 à 74 ans, a servi de référence. Les données récoltées grâce aux rappels alimentaires de 24 h ont été pondérées et comparées entre les deux études via des tests t de Student. Nous avons observé des apports alimentaires très similaires en ce qui concerne les glucides, les lipides totaux, les protéines et l'énergie totale. Cependant, la consommation de fruits et légumes, de fibres, de vitamines B6, B9, C, D, E, de fer et de magnésium était plus élevée tandis que la consommation d'alcool et de boissons non alcoolisées était plus faible dans la cohorte Web que dans l’étude ENNS. Des différences par sexe ont été observées en ce qui concerne les vitamines A et B12, le zinc et le potassium. De vraies différences entre les apports alimentaires ainsi que le biais lié au bénévolat peuvent chacun contribuer à expliquer ces résultats.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27744386


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Les dimensions de l’alimentation intuitive sont associées de façon différentielle aux apports alimentaires dans la population générale de l’étude NutriNet-Santé

J Nutr. 2017 147(1):61-69

Camilleri GM, Méjean C, Bellisle F, Andreeva VA, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Péneau S.

L’alimentation intuitive est caractérisée par le fait de manger en réponse aux signaux de faim ou de satiété plutôt qu’aux signaux émotionnels, sans s’interdire d’aliments spécifiques. Les données suggèrent une association inverse entre l’alimentation intuitive et le poids, mais très peu de données sont disponibles sur l’association entre l’alimentation intuitive et les apports alimentaires.

L’objectif était d’étudier la relation entre l’alimentation intuitive et la consommation alimentaire dans un grand échantillon d’adultes issus de la population générale.

Un total de 9581 hommes et 31955 femmes âgés de plus de 18 ans participant à la cohorte NutriNet-Santé ont été inclus dans cette analyse transversale. L’alimentation intuitive  a été estimée en utilisant une version française validée de l’« Intuitive Eating Scale-2 » (modélisée en quartiles). Les apports alimentaires ont été estimés à partir d’au moins 6 enregistrements alimentaires de 24 h auto-déclarés (2009-2015). Les associations entre les différents dimensions de l’alimentation intuitive (Manger pour des raisons physiques plutôt qu’émotionnelles « Raisons physiques », Dépendance aux signaux de faim ou de satiété « Signaux » ; Permission inconditionnelle de manger « Permission ») et les apports alimentaires ont été évaluée avec des modèles de régression logistique multinomiale.

Chez les femmes, des scores aux sous dimensions « Raisons physiques » et « Signaux » plus élevés étaient associés à un apport énergétique plus faible (P < 0,0001). Un score de « Raisons physiques » plus élevé était associé à des apports plus faibles en aliments sucrés et gras chez les femmes (143 g/j dans le quartile 1 comparé à 124 g/j dans le quartile 4) et chez les hommes (153 comparé à 138 g/j), et à des apports plus faibles en produits laitiers et viande, poisson, et œufs chez les femmes (P < 0,0001). Un score de « Signaux » plus élevé était associé à des apports plus faibles en produits laitiers, viande, poisson, et œufs chez les hommes et femmes, et à un apport plus élevé en céréales complètes chez les femmes (P < 0,0001). A l’inverse, des scores de  »Permission » plus élevés étaient associés à un apport énergétique plus élevé et à des apports alimentaires moins favorables à la santé incluant des apports plus faibles en fruits, légumes, et céréales complètes (P < 0,0001).

Les dimensions de l’alimentation intuitive « Raisons physiques » et « Signaux » étaient associées à des apports alimentaires globalement plus favorables à la santé tandis que la dimension « Permissioné était associée à des apports moins favorables à la santé. Ces résultats suggèrent l’intérêt de développer des stratégies nutritionnelles de santé publique qui encouragent le fait de manger en réponse aux signaux de faim et de satiété.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27798333


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Les enseignements tirés de la recherche de validation méthodologique en E-épidémiologie

JMIR Public Health Surveill. 2016 2(2):e160

Kesse-Guyot E, Assmann K, Andreeva V, Castetbon K, Méjean C, Touvier M, Salanave B, Deschamps V, Péneau S, Fezeu L, Julia C, Allès B, Galan P, Hercberg S.

Les méthodes traditionnelles de recherche épidémiologique présentent une charge important sur le plan logistique, humain et financier. Le développement d’outils numériques innovants présente un  potentiel pour surmonter ces difficultés. Néanmoins, les études basées sur internet restent peu fréquentes en partie à cause des problèmes de validité et de généralisation des résultats.

L’objectif de ce travail est de résumer les résultats des études méthodologiques menées dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé, une étude de cohorte française basée sur internet.

Sur la base des résultats issus de la cohorte sur internet NutriNet-Santé (qui compte plus de 150000 participants inclus), ont été synthétisés dans ce travail les travaux méthodologiques sur la représentativité de l’échantillon, les stratégies de recrutement favorables et la qualité des données.

Globalement, les résultats sont en faveur de l’utilité de telles études basées sur internet pour surmonter certaines limites méthodologiques dans la recherche épidémiologique, en particulier concernant la qualité des données (ex : la concordance pour la classification de l’indice de masse corporelle [IMC] était de 93 %), la réduction du biais de désirabilité social, l’accès à une large variabilité de profils de participants, incluant des sous-groupes souvent difficiles à recruter tels que les jeunes (12,30 % [15, 118/122, 912] moins de 25 ans) et les personnes âgées (6,60 % [8112/122, 912] de plus de 65 ans), les personnes sans emploi ou au foyer (12,60 % [15, 487/122, 912] et ceux faiblement éduqués (38,50 % [47, 312/122, 912]). Cependant, un biais de sélection demeure car 78,00 % [95, 871/122, 912] des participants étaient des femmes et 61,50 % [75, 590/122, 912] avaient un niveau d’études postsecondaire. Ceci est inhérent au recrutement sur la base du volontariat dans une cohorte..

Considérant l’expansion de l’accès à internet dans toutes les strates sociales, le recrutement de participants avec différents profils socio-économiques et différent niveaux d’expositions à des facteurs de risque pour la santé semble très faisable. Des recherches sur l’identification de biais spécifiques aux cohortes sur internet et la collecte de données exhaustives et valides sont nécessaires. Ce résumé des résultats méthodologiques issus de la cohorte NutriNet-Santé peut contribuer à aider les chercheurs à développer de futures études épidémiologiques sur internet.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27756715


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Apports alimentaires et qualité nutritionnelle du régime alimentaire associés à différents niveaux de consommation d’aliments bio chez des adultes français : résultats d’une étude transversale de la cohorte NutriNet-Santé

Public Health Nutr. 2016 20(4):638-648

Baudry J, Allès B, Péneau S, Touvier M, Méjean C, Hercberg S, Galan P, Lairon D, Kesse-Guyot E.

L’objectif de cette étude était de déterminer les profils alimentaires d’individus de la cohorte NutriNet-Santé associés à différents niveaux de consommation d’aliments bio à partir de données auto-déclarées sur les consommations d’aliments bio.

Les apports alimentaires ont été collectés via un FFQ (questionnaire de fréquence de consommation) bio. Un total de 28245 participants a été classé dans 5 groupes (quintiles redressés, Q) suivant la proportion d’aliments bio dans leur régime alimentaire. Pour déterminer la qualité du régime alimentaire, 2 scores ont été calculés représentant l’adhérence aux recommandations nutritionnelles du PNNS (mPNNS-GS) et la probabilité d’un apport satisfaisant en nutriments (PANDiet). Les associations entre les niveaux de consommation d’aliments bio et les caractéristiques alimentaires ont été estimées avec de modèles ANCOVA ajustés sur le sexe, l’âge et l’apport énergétique.

Les consommations d’aliments d’origine végétale augmentaient avec la contribution d’aliments bio au régime alimentaire tandis qu’une tendance inverse a été observée pour les produits laitiers, biscuits et sodas (P-de tendance < 0,0001). Les scores de qualité du régime alimentaire augmentaient de Q1 (mPNNS-GS : 7,89 (et 0,02) ; PANDiet : 63,04 (et 0,11)) à Q5 (mPNNS-GS : 8,78 (et 0,02) ; PANDiet : 69,37 (et 0,10)). Globalement, les grands consommateurs d’aliments bio présentaient une meilleure qualité nutritionnelle du régime alimentaire. Néanmoins, les individus ayant des consommations intermédiaires d’aliments bio présentaient une meilleure adhérence aux recommandations nutritionnelles concernant les produits d’origine animale.

Cette étude contribue à une meilleure compréhension de la consommation d’aliments bio en tant qu’élément d’un meilleur régime alimentaire plus favorable à la santé et les profils alimentaires des différentes catégories de consommateurs d’aliments bio. Ces résultats mettent donc en évidence de fortes associations entre le comportement alimentaire et la consommation d’aliments bio et plaident pour la réalisation de futures études étiologiques entre consommation d’aliments bio et santé.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27731291


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Caractéristiques des habitudes de consommation de boissons dans un grand échantillon d’adultes français : associations avec les apports totaux en eau et en énergie

Nutrients. 2016 8(10):e627

Szabo de Edelenyi F, Druesne-Pecollo N, Arnault N, Gonzalez R, Buscail C, Galan P.

Une hydratation satisfaisante est un facteur clef pour un fonctionnement correct des processus cognitifs et physiques. En France, les recommandations de santé publique concernant les apports totaux en eau sont d’avoir des apports en fluides suffisant, avec une attention particulière à l’hydratation des seniors, spécialement en périodes de canicules. L’objectif de cette étude était de calculer la quantité totale d’eau provenant des aliments et des boissons et d’analyser les caractéristiques de consommation chez les participants d’une grande cohorte nationale française.

L’apport total en eau, ainsi que la contribution des aliments et boissons à cet apport, a été estimé chez 94939 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé (78 % de femmes, âge moyen 42,9 (erreur standard : ES 0,04)) à partir de 3 enregistrements alimentaires de 24 h à l’inclusion. Les différences statistiques des apports en eau dans les différents groupes d’âge, saisons et jour de la semaine ont été estimées.

L’apport total en eau moyen était de 2,3 L (ES 4,7×10-3) chez les hommes et de 2,1 L (ES 2.4×10-3) chez les femmes. La majorité des individus respectait la recommandation de l’EFSA (European Food Safety Authority), en particulier les femmes. L’apport énergétique total moyen était de 1884 kcal/jour (ES 1,5) (2250 kcal/jour (ES 3,6) chez les hommes et 1783 kcal/jour (ES 1,5) chez les femmes). La contribution des boissons à l’apport énergétique total était de 8,3 %. L’eau était la boisson la plus consommée, suivie par les boissons chaudes. Le score de variété, défini par le nombre de catégories différentes de boissons consommées lors des 3 enregistrements de 24 h parmi les 8, était positivement corrélé avec l’apport total en eau (r = 0,4) et avec l’apport énergétique total (r = 0,2) suggérant que la variété de boissons consommées est un indicateur des consommations d’aliments et de boissons plus élevées. Des différences de consommation de boissons et d’apport en eau ont été observées avec l’âge et la saisonnalité.

Cette étude donne une vue d’ensemble des caractéristiques des apports en eau dans une grande population d’adultes français. L’apport total en eau était globalement en adéquation avec les recommandations de santé publique.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27727164


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