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L'anxiété est un potentiel modificateur de l'association entre la consommation de viande rouge et de charcuterie et le risque de cancer : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 10/11/2020
Eur J Nutr. 2020
Beslay M, Srour B, Deschasaux M, Fouché E, Naud N, Bacquié V, Guéraud F, Andreeva VA, Péneau S, Chazelas E, Debras C, Hercberg S, Latino-Martel P, Theodorou V, Pierre F, Touvier M.

Introduction : Les études épidémiologiques ont associé avec des niveaux de preuve élevés les consommations de viande rouge (« probable ») et de charcuterie (« convaincant ») au risque de cancer colorectal. Les travaux expérimentaux ont permis d’identifier le fer héminique comme étant le principal facteur responsable de cet effet via sa capacité à catalyser la néoformation d’aldéhydes issus de la peroxydation des lipides alimentaires au niveau de la lumière colique. Parallèlement, il a été montré que l’anxiété entrainait une augmentation de la perméabilité intestinale. L’objectif de cette étude est d’étudier l’effet de l’anxiété sur l’association entre la consommation de viande rouge et charcuterie, ou le fer héminique provenant de ces viandes, et le risque de cancer dans la cohorte NutriNet-Santé. 

Méthode : NutriNet-Santé est une web-cohorte française, lancée en 2009 qui a pour objectif d'étudier les associations entre nutrition et santé. Le risque de développer un cancer (tous cancers ou cancer colorectal) a été évalué en fonction de la consommation de viande rouge et charcuterie et en fonction de la quantité de fer héminique provenant de ces viandes à l’aide de modèles de Cox multi-ajustés dans un échantillon de 101 269 sujets. La modification de cette relation positive par l’anxiété, estimée par le traitement de l’anxiété, a été étudiée parmi ces mêmes sujets.

Résultats : Pendant une période de suivi moyen de 5.5 années, 3126 cas de cancers dont 250 cas de cancers colorectaux ont été diagnostiqués. Une augmentation de la consommation de viande rouge et charcuterie (hors jambon) de 50g/jour était associée à une augmentation de risque de 16% de développer un cancer colorectal (HR50g/j=1.18 (1.01-1.37), p=0.03) dans la population globale. Après stratification sur l’anxiété, le HR50g/j était de 1.42 (1.03-1.94, p=0.03) chez les participants anxieux et de 1.12 (0.94-1.33, p=0.20) chez les autres participants. Une augmentation de 1mg/j de l’apport en fer héminique provenant de ces viandes était associée à une augmentation de risque de 24% de développer un cancer colorectal (HR50g/j=1.24 (1.04-1.49), p=0.02). Chez les participants anxieux, cette augmentation de risque était de 55% (HR50g/j=1.55 (1.07-2.24), p=0.02 chez les participants anxieux vs. HR50g/j=1.17 (0.95-1.44), p=0.15 chez les autres participants). Des tendances similaires ont été observées pour les cancers toutes localisations confondues.

Conclusion : Nos résultats apportent des preuves supplémentaires que la consommation de viande rouge et de charcuterie ainsi que l'apport en fer héminique sont associés à une augmentation du risque de cancer, et plus spécifiquement du risque de cancer colorectal, et ils suggèrent que l'anxiété modifie ces associations, avec un risque plus important chez les participants anxieux.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32889607/

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