Connexion
Associations entre scores nutritionnels et risque de cancers : résultats issus de la cohorte prospective NutriNet-Santé
Cancer Res. 2018 Aug 1;78(15):4427-4435
Lavalette C, Adjibade M, Srour B, Sellem L, Fiolet T, Hercberg S, Latino-Martel P, Fassier P, Deschasaux M, Kesse-Guyot E, Touvier M.

Différentes autorités nationales et internationales ont proposé des recommandations nutritionnelles et de mode de vie dans le but de prévenir les maladies chroniques au sein de la population générale. Des scores d'adhésion à ces recommandations peuvent être calculés au niveau individuel. Nous avons étudié les associations entre quatre scores nutritionnels et le risque de cancer au global, du sein, de la prostate et du côlon-rectum : le score du World Cancer Research Fund/American Institute for Cancer Research (WCRF/AICR) - spécifique à la prévention des cancers, le score Alternate Healthy Eating Index 2010 (AHEI-2010), un score basé sur l'adéquation au régime méditerranéen (MEDI-LITE) et le Programme National Nutrition Santé-Guideline Score (PNNS-GS). 

Cette étude prospective comprenait 41 543 participants issus de la cohorte NutriNet-Santé (2009-2017) âgés de plus de 40 ans. 1 489 cas de cancers incidents ont été diagnostiqués au cours du suivi. 

Une augmentation d’1 point du score WCRF/AICR était significativement associée à une diminution du risque de cancer au global (12 %, IC 95 % [8 %-16 %], p < 0,0001), du sein (14 %, IC 95 % [6 %-21 %], p = 0,001), et de la prostate (12 %, IC 95 % [0 %-22 %], p = 0,05). Le HR pour le risque de cancers colorectaux était 0,86 (IC 95 %, 0,72-1,03, p = 0,09). Le score PNNS-GS était associé à une diminution du risque de cancers colorectaux (p = 0,04) et le score AHEI -2010 était associé à une diminution du risque de cancer au global (p = 0,03). 

Conclusion : Le score WCRF/AICR était le plus discriminant. Comparé aux autres scores, il a pris en compte une pénalité plus élevée pour l’alcool, qui est un facteur de risque majeur pour plusieurs localisations de cancer. Une meilleure adhésion aux recommandations nutritionnelles pourrait fortement contribuer à la prévention primaire des cancers. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30049821
 
...
Voir plus

Associations entre scores alimentaires, les symptômes et le contrôle de l’asthme chez des adultes
Eur Respir J. 2018 52(1):1702572
Andrianasolo RM, Kesse-Guyot E, Adjibade M, Hercberg S, Galan P, Varraso R.

Les associations entre la qualité nutritionnelle de l’alimentation et l’asthme ont été peu étudiées. Nos objectifs étaient d’étudier les relations entre la qualité nutritionnelle globale de l'alimentation évaluée par trois scores alimentaires (l’Alternative Healthy Eating Index 2010 [AHEI-2010],  le mPNNS-GS [score Programme National Nutrition Santé-Guideline modifié] et le MEDI-LITE [literature-based adherence score to Mediterranean diet])  en lien avec 1) le score de symptômes de l’asthme, et 2) le contrôle de l’asthme. 

En 2017, 34 766 adultes participants de la cohorte NutriNet-Santé ont répondu à un questionnaire validé sur la santé respiratoire. L’asthme a été évalué par un score de symptômes (somme des réponses positives à cinq questions) et le contrôle de l’asthme par l’Asthma Control Test (ACT).

Environ 25 % des participants ont rapporté au moins un symptôme d’asthme et une meilleure adhérence à une alimentation saine, estimée respectivement par AHEI-2010, MEDI-LITE et mPNNS-GS, était associée à une diminution des symptômes d’asthme (pour l’AHEI-2010, l’OR ajusté était 0,79 [IC 95 % 0,75-0,84] chez les femmes et 0,67 [IC 95 % 0,60-0,75] chez les hommes). Chez les participants avec de l’asthme (n=2609), une association négative a été observée entre une alimentation saine et asthme mal contrôlé. Ce résultat était significatif chez les hommes (OR 0,39 [IC 95 % 0,18-0,84] pour l’AHEI-2010) et à la limite de la significativité chez les femmes (OR 0,73 [IC 95 % 0,53-1,01] pour l’AHEI-2010 ; p tendance = 0,06).

Une meilleure adhérence à une alimentation saine était associée à moins de symptômes d’asthme et à un meilleur contrôle de l’asthme. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29997182
...
Voir plus

Pratiques du jeûne et de régimes restrictifs pour perdre du poids parmi 2 700 survivants du cancer: résultats de la cohorte NutriNet-Santé
Int J Cancer. 2018 143(11):2687-2697
Fassier P, Srour B, Raynard B, Zelek L, Cohen P, Bachmann P, Touillaud M, Druesne-Pecollo N, Bellenchombre L, Cousson-Gélie F, Cottet V, Féliu F, Mas S, Deschasaux M, Galan P, Hercberg S, Latino-Martel P, Touvier M.

La nutrition est souvent utilisée par les survivants du cancer comme un levier leur permettant d’être acteurs de leur propre santé. Cependant, certains comportements alimentaires ne sont actuellement pas recommandés pour les patients sans surveillance médicale. Cette étude avait pour objectif d’évaluer les régimes restrictifs pour perdre du poids et les pratiques de jeûne chez les survivants du cancer de la cohorte NutriNet-Santé, ainsi que les facteurs sociodémographiques et de mode de vie associés.

En octobre 2016, 2 741 survivants du cancer avaient complété un questionnaire spécifique sur leurs pratiques alimentaires. Les patients ayant déjà pratiqué un jeûne et ceux n’en ayant jamais pratiqué (respectivement ayant déjà effectué un régime pour perdre du poids et n’en ayant jamais effectué) ont été comparés à l'aide de modèles de régression logistique. Les analyses étaient redressées d'après la distribution de l'âge, du sexe et de la localisation des cas de cancers en France.

13.8% des survivants du cancer avaient déjà pratiqué un régime restrictif pour perdre du poids depuis leur diagnostic de cancer. Ils étaient plus susceptibles d'être des femmes (p<0.0001), professionnellement actifs (p<0.0001), en surpoids (p<0.0001), de consommer des compléments alimentaires (p=0.0007), d’avoir déjà pratiqué une période de jeûne (p=0.009) et d'avoir un cancer du sein (p=0.02). 6.0% avaient déjà pratiqué une période de jeûne, 3.0% depuis leur diagnostic de cancer. Ils étaient plus susceptibles d'être plus jeunes (p<0.0001), d’avoir un niveau d’étude plus élevé (p<0.0001), des revenus plus élevés (p=0.0008), de consommer des compléments alimentaires (p<0.0001), d’avoir un niveau d’activité physique élevé (p=0.004). Ils étaient moins susceptibles d’être en surpoids (p<0.0001). Le jeûne été associé à l'opinion selon laquelle une telle pratique pourrait améliorer le pronostic du cancer (p=0.02). Les patients qui ont reçu des informations nutritionnelles auprès des professionnels de la santé étaient moins susceptibles de pratiquer le jeûne ou un régime restrictif pour perdre du poids (0.42[0.27-0.66], p<0.0001 et 0.49[0.38-0.64], p<0.0001 respectivement).

Cette étude fournit des résultats originaux suggérant que les régimes restrictifs pour perdre du poids sont largement pratiqués par les survivants du cancer. La pratique du jeûne était moins répandue dans cette étude mais n’était pas négligeable. Les sources d'information nutritionnelle reçues depuis le diagnostic du cancer semblent être un facteur déterminant de ces pratiques.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29971783
 
...
Voir plus

Modes de vie sains combinés et risque de symptômes dépressifs incidents dans la cohorte française NutriNet-Santé
J Affect Disord. 2018 238:554-562
Adjibade M, Lemogne C, Julia C, Hercberg S, Galan P, Assmann KE, Kesse-Guyot E.

Contexte : Il a été suggéré que divers indicateurs de mode de vie modifiables tels que l’alimentation, le tabac, l'alcool, la corpulence et l'activité physique sont indépendamment associés à la dépression ; néanmoins, leurs effets combinés sur le risque de dépression ont été moins étudiés. L’objectif de ce travail était de calculer un indice de style de vie sain (Healthy Lifestyle Index ; HLI), tenant compte des 5 indicateurs mentionnés ci-dessus, et d'étudier son association avec le risque de symptômes dépressifs incidents. 

Méthodes : L'échantillon d'étude était composé de 25837 participants de l'étude NutriNetSanté, initialement sans symptômes dépressifs. Le HLI a été calculé en attribuant 1 point à chaque indicateur de style de vie sain : la qualité du régime alimentaire, l'indice de masse corporelle (IMC), l'activité physique modérée ou élevée, le statut tabagique et la consommation d'alcool. Les cas incidents de symptômes dépressifs ont été définis par une Center for Epidemiologic Studies-Depression Scale (CES-D). Les risques relatifs (RR) et les intervalles de confiance (IC) à 95 % ont été estimés à l'aide de modèles de Cox par intervalle et la proportion de risque attribuable (PAR) a été estimée pour chaque indicateur de style de vie et pour des indicateurs combinés. 

Résultats : Nous avons identifié 2112 cas de symptômes dépressifs incidents sur un suivi moyen de 5 ans. Après ajustement sur les différents facteurs de confusion potentiels, l’augmentation d’1 point d’HLI était associée à une réduction de 10 % (IC à 95 % : 6 %, 13 %) du risque de symptômes dépressifs. La PAR estimée, proportion de symptômes dépressifs dans la population attribuable à la non adhésion aux indicateurs spécifiques de style de vie sain, était de 8 % pour la composante alimentation saine, 5 % pour la composante IMC normal, 5 % pour la non consommation de tabac et 14 % pour la non adhésion à une combinaison d’alimentation saine, de non consommation de tabac et d’IMC normal. 

Limitations : Certains facteurs liés à la fois à la dépression et aux indicateurs du mode de vie, tels que les antécédents familiaux de troubles dépressifs, les évènements stressants de la vie, et les troubles du sommeil, n’ayant pas été pris en compte, un biais de confusion résiduel ne peut être totalement écarté.

Conclusions : Ces résultats suggèrent que la modification des modes de vie, en particulier l'alimentation, l’obésité et la consommation du tabac, pourrait être d’un intérêt majeur pour la prévention des symptômes dépressifs chez les adultes. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29940519
 
...
Voir plus

Caractéristiques individuelles associées à l’évolution de la part de produits végétaux dans l’alimentation dans la cohorte prospective NutriNet-Santé
Eur J Nutr. 2018 
Colombet Z, Allès B, Si Hassen W, Lampuré A, Kesse-Guyot E, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Contexte : Face au défi de l’évolution démographique et à la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire mondiale, un meilleur équilibre entre la part de produits végétaux et animaux dans l’alimentation des individus est essentiel pour atteindre une alimentation durable. Les caractéristiques individuelles associées à la part de produits végétaux dans l’alimentation ont été rarement investiguées. L’objectif de cette étude longitudinale était d’étudier le lien entre certaines caractéristiques sociodémographiques et géographiques et la part de produits végétaux dans l’alimentation à partir de l’étude NutriNet-Santé.

Méthodes : La part de produits végétaux a été évaluée, chez 15 615 sujets suivis durant au moins quatre ans, par deux indicateurs calculés à partir d’enregistrements de 24 heures :
1. pourcentage d’apport énergétique issu des protéines végétales dans l’alimentation
2. score d’adhérence au régime provégétarien (score de 12 à 60), mis au point par Martínez-González et al. en 2014.
Les relations entre l’évolution au cours du temps des indicateurs et certaines caractéristiques individuelles à l’inclusion (âge, sexe, niveau d’études, composition du foyer, taille de l’unité urbaine de résidence et IMC) ont été estimées par modèle linéaire mixte, ajusté sur la composition du foyer au dernier suivi.

Résultats : À l’inclusion, PEIPP and le score provégétarien étaient positivement associé avec l’âge [β65+ = 0,80, IC 95% = (0,71 ; 0.88), β65+ = 3,30, IC 95% = (2,97 ; 3,64), respectivement] et le niveau d’études [β>bac+3 = 0,23, IC 95% = (0,12 ; 0,34), β>bac+3 = 1,19, IC 95% = (0,75 ; 1,62)] mais inversement associé avec l’IMC [βobésité = − 0,48, IC 95% = (0,56 ; 0,41), βobésité = − 2,31, IC 95% = (− 2,63 ; − 1,98)]. Les hommes avaient un PEIPP plus élevé que les femmes [β = 0,06, IC 95% = (0,01 ; 0,11)]. Le score provégétarien augmentait significativement au cours du temps [β = 0,23, IC 95% = (0,08 ; 0,37)]. Plus l’individu était âgé à l’inclusion plus les deux indicateurs diminuaient au cours du temps. Le score provégétarien augmentait au cours du temps pour les participants obèses à l’inclusion.

Conclusions : Notre étude a mis en évidence des profils sociodémographiques associés à la part de produits végétaux dans l’alimentation. Cependant son évolution était différentielle seulement en fonction de l’âge et du statut pondéral. Ainsi, des leviers pour promouvoir les produits végétaux vs. animaux en vue d’un rééquilibrage n’ont pu être identifiés. Des informations complémentaires sur les motivations des individus à consommer plus de produits végétaux sont aujourd’hui nécessaires.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29915950
 
...
Voir plus





Publications