Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Variation de poids corporel sur 5 ans et le temps de sommeil total : étude des associations en fonction du sexe et de l’obésité

Int J Behav Med. 2017

Andreeva VA, Torres MJ, Léger D, Bayon V, Gonzalez P, de Edelenyi FS, Hercberg S, Galan P.

Nous avons estimé l’association entre une variation de poids ≥ 5 kg sur 5 ans et le temps de sommeil total (TST) en fonction du sexe et du surpoids/obésité.

Dans cette étude transversale, nous avons étudié 41610 adultes de la cohorte NutriNet-Santé. Un questionnaire sur le sommeil et sur le poids corporel a été passé en 2014. Les associations ont été étudiées grâce aux modèles de régression logistique multivariée.

Globalement, les femmes déclarant une perte de poids  5 kg avaient une probabilité plus élevée d’avoir un TST court ( 6 h) vis-à-vis les femmes déclarant un poids stable (OR = 1,15 ; IC à 95 % : 1,05-1,25). Les hommes et les femmes declarant une prise de poids majeure ( 5 kg) avaient une probabilité plus élevée d’avoir un TST court vis-à-vis ceux déclarant un poids stable (hommes : OR = 1,20 ; IC à 95 % : 1,05-1,37 ; femmes : OR = 1,24 ; IC à 95 % : 1,15-1,33). Les hommes déclarant une prise de poids majeure avaient moins de risque d’avoir un TST long vis-à-vis les hommes avec un poids stable (OR = 0,83 ; IC à 95 % : 0,70-0,97). Le surpoids et l’obésité ne modulaient pas ces associations.

Cette étude apporte de nouvelles connaissances dans les domaines de la santé publique et de la nutrition en mettant en évidence une association différente selon le sexe entre la variation de poids et le TST court ou long. Ces associations nécessitent des études supplémentaires dans un contexte longitudinal avec des mesures répétées et objectives, en tenant compte des changements des comportements de santé au cours du temps.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28127709





Les motivations intervenant dans les choix alimentaires lors d’achats chez des groupes de consommateurs bio et conventionnels : focus sur les préoccupations liées à la durabilité (l’étude de cohorte NutriNet-Santé)

Nutrients. 2017 9(2):e88

Baudry J, Péneau S, Allès B, Touvier M, Hercberg S, Galan P, Amiot MJ, Lairon D, Méjean C, Kesse-Guyot E.

L’objectif de cette étude était d’examiner les motivations des choix d’aliments associées à différents profils alimentaires bio ou conventionnels parmi 22366 participants de l’étude NutriNet-Santé.

Les apports alimentaires ont été collectés via un questionnaire de fréquence de consommation. Les motivations des choix d’aliments ont été évaluées via un questionnaire validé de 63 items permettant de calculer un score pour les 9 dimensions suivantes : « absence de contaminants », « limitations environnementales », « éthique et environnement », « goût », « innovation », « production locale et traditionnelle », « prix », « santé » et « praticité ». Cinq groupes de consommateurs ont été identifiés : « les petits mangeurs standards d’aliments conventionnels », « les gros mangeurs conventionnels d’aliments défavorables à la santé », « les petits mangeurs standards d’aliments bio », « les mangeurs écolos d’aliments bio » et « les mangeurs modérés d’aliments bio hédonistes ». Les associations entre les scores des dimensions des motivations des choix d’aliments et les clusters de consommateurs ont été estimées à l’aide de modèles d’analyse de covariance (ANCOVA) ajustés sur les facteurs sociodémographiques.

Les « mangeurs écolos d’aliments bio » avaient le score moyen le plus élevé pour les dimensions « santé », tandis que les « gros mangeurs d’aliments conventionnels défavorables à la santé » ont obtenu le plus faible score pour la dimension « absence de contaminants ». Les « petits mangeurs standards d’aliments bio », « les mangeurs écolos d’aliments bio » et « les mangeurs modérés d’aliments bio hédonistes » avaient des scores comparables pour la dimension « goût ». Les « gros mangeurs conventionnels d’aliments défavorables à la santé » avaient le score le plus élevé pour la dimension « prix » tandis que les « mangeurs écolos d’aliments bio » obtenaient les plus faibles scores pour les dimensions « innovation » et « praticité ».

Ces résultats apportent de nouvelles connaissances sur les motivations des choix d’aliments de différents profils de consommateurs dont des profils comme les mangeurs « écolos » et « hédonistes ».

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28125035





Les indicateurs socio-économiques sont indépendamment associés aux consommations d’aliments d’origine animale chez les adultes français

Public Health Nutr. 2016 19(17):3146-57

Méjean C, Si Hassen W, Lecossais C, Allès B, Péneau S, Hercberg S, Castetbon K.

La réduction de la consommation d’aliments d'origine animale étant un défi actuel de santé publique, une meilleure compréhension des relations spécifiques de l'éducation, de la profession et du revenu avec leur consommation est utile. Nous avons donc étudié les associations indépendantes de chaque indicateur avec les consommations de différents aliments d’origine animale et leur effet modificateur.

Dans cette étude transversale, les consommations d’aliments d’origine animale ont été estimées chez 92036 adultes inclus dans l'étude NutriNet-Santé par 3 enregistrements alimentaires de 24 h. Les associations entre les facteurs socio-économiques et les consommations d’aliments d’origine animale et les interactions entre les indicateurs socio-économiques ont été évaluées par des analyses de covariance ajustées sur l’âge et l’apport énergétique. Les analyses ont été réalisées séparément chez les hommes et les femmes du fait d’interactions significatives observées.

Les personnes avec un faible niveau d’éducation avaient des consommations plus élevés en viande rouge (+ 9-12 g/j), charcuterie (+ 6-9 g/j) et volaille (chez les hommes, + 7 g/j) comparés à ceux de niveau d’éducation plus élevé. Le pourcentage de consommateurs de poisson était plus faible dans les catégories de revenus les plus faibles comparées à celles plus élevées. Les ouvriers avaient des consommations de crèmes desserts plus élevés (chez les hommes, + 14 g/j) que les cadres. Quelques interactions significatives ont été observées. Les analyses stratifiées sur le niveau d’éducation montrent que les sujets ayant les revenus les plus élevés consomment plus de yaourts que ceux ayant de plus faibles revenus, seulement chez les personnes de faible niveau d’éducation.

Les disparités socio-économiques des consommations d’aliments d’origine animale varient en fonction de l’indicateur socio-économique, suggérant une influence spécifique de chaque indicateur sur l’apport en aliments d’origine animale. En particulier, un niveau d’éducation faible est associé à des consommations plus élevés en viande rouge, charcuterie et crèmes desserts, et avait un effet modificateur sur l’association entre les revenus et les consommations d’aliments d’origine animale.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27373677





Que sait ou croit savoir la population à propos de la vitamine D ?

Nutrients. 2016 8(11):e718

Deschasaux M, Souberbielle JC, Partula V, Lécuyer L, Gonzalez R, Srour B, Guinot C, Malvy D, Latino-Martel P, Druesne-Pecollo N, Galan P, Hercberg S, Kesse-Guyot E, Fassier P, Ezzedine K, Touvier M.

La population a été exposée à de nombreuses informations sur la vitamine D, suggérant que la vitamine D pourrait jouer un rôle sur la santé, suscitant donc un intérêt pour l’insuffisance en vitamine D. Que sait réellement la population à ce sujet ?

Dans une étude transversale, nous avons investigué les connaissances et les opinions liées à la vitamine D chez 59 273 adultes français (cohorte NutriNet-Santé) via un questionnaire spécifique portant sur différents aspects de la vitamine D, comme par exemple les sources d’information, les sources de vitamine D, les effets santé de la vitamine D et l’opinion vis-à-vis du statut en vitamine D. Les réponses à ce questionnaire ont été pondérées en fonction de la distribution sociodémographique française et comparées en termes de caractéristiques individuelles (ex : sexe, âge, niveau d’éducation, revenu) en utilisant des tests χ².

Les médecins et les médias ont été identifiés comme les informateurs principaux. Les participants n’ont pas toujours cité précisément les sources de vitamine D (ex : 72 % seulement pour l’exposition au soleil, poisson gras : 61 %) ou les effets santé établis (ex : santé des os : 62-78 %). En revanche, ils ont mentionné des sources incorrectes (ex : poulet) et des effets santé pour lesquels il n’y a actuellement pas de consensus (ex : cancer, maladies cardiovasculaires ou cognitives). Globalement, un meilleur niveau de connaissance était observé chez les femmes, les participants plus éduqués, ceux avec un meilleur niveau de revenu, et lorsque le médecin était cité comme source d’information. Une forte incohérence a également été observée entre le statut réel en vitamine D des participants (concentration plasmatique en 25-hydroxyvitamine D) et leur opinion à ce sujet : par exemple, 16 % seulement de ceux présentant une insuffisance en vitamine D (statut en vitamine D < 20 ng/ml) pensaient avoir un statut en vitamine D trop bas et seuls 30 % de ceux qui pensaient avoir un statut en vitamine D trop bas présentaient effectivement une insuffisance en vitamine D. Cette étude, la 1ère en Europe sur un large échantillon, montre le besoin de supports de communication simples et actualisés sur les sources et les effets santé de la vitamine D pour la population générale et les professionnels de santé.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27845705





Comparaison des apports alimentaires dans la cohorte web NutriNet-Santé avec les données représentatives françaises de l'étude ENNS : la question de la généralisabilité dans l'e-epidemiology

Am J Epidemiol. 2016 184(9):660-9

Andreeva VA, Deschamps V, Salanave B, Castetbon K, Verdot C, Kesse-Guyot E, Hercberg S

Nous avons comparé les apports alimentaires entre la cohorte Web NutriNet-Santé et une enquête représentative au niveau national (Etude Nationale Nutrition Santé, ENNS). Nous avons étudié 49 443 volontaires français âgés de 18 à 74 ans recrutés en 2009-2010. L’étude ENNS (2006-2007), avec un échantillon national représentatif de 2 754 adultes français âgés de 18 à 74 ans, a servi de référence. Les données récoltées grâce aux rappels alimentaires de 24 h ont été pondérées et comparées entre les deux études via des tests t de Student. Nous avons observé des apports alimentaires très similaires en ce qui concerne les glucides, les lipides totaux, les protéines et l'énergie totale. Cependant, la consommation de fruits et légumes, de fibres, de vitamines B6, B9, C, D, E, de fer et de magnésium était plus élevée tandis que la consommation d'alcool et de boissons non alcoolisées était plus faible dans la cohorte Web que dans l’étude ENNS. Des différences par sexe ont été observées en ce qui concerne les vitamines A et B12, le zinc et le potassium. De vraies différences entre les apports alimentaires ainsi que le biais lié au bénévolat peuvent chacun contribuer à expliquer ces résultats.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27744386









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