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Association entre l’auto-exclusion du gluten et le syndrome de l’intestin irritable : Résultats de l'étude NutriNet-Santé

Publié le 26/12/2021
Nutrients. 2021 Nov 19;13(11):4147.

Reuzé A, Delvert R, Perrin L, Benamouzig R, Sabaté JM, Bouchoucha M, Allès B, Touvier M, Hercberg S, Julia C, Kesse-Guyot E.

La prise en charge individuelle du syndrome de l’intestin irritable (SII) est de plus en plus orientée vers les régimes d'exclusion. En particulier, les patients montrent un intérêt considérable pour le régime sans gluten dans le traitement du SII. Cependant, l'établissement de recommandations diététiques claires n’est pas possible en l’absence de preuves scientifiques solides et il est nécessaire de considérer que la restriction alimentaire peut entraîner des effets potentiellement indésirables. 

Cette étude transversale vise à explorer la pratique de l'éviction du gluten chez les participants identifiés comme atteints du SII dans une large cohorte d'adultes français non cœliaques. 

La population comprenait 15 103 participants de l'étude NutriNet-Santé qui ont rempli un questionnaire sur les troubles gastro-intestinaux fonctionnels utilisant l’échelle Rome III qui a permis d’identifier le SII en 2013 et un questionnaire sur les exclusions alimentaires en 2016. Des données sur le régime alimentaire et les caractéristiques anthropométriques et sociodémographiques ont été recueillies. Des modèles de régression logistique multivariés ont été utilisés pour comparer l'exclusion du gluten entre les participants atteints de SII et ceux qui ne le sont pas. 

Les participants étaient principalement des femmes (73,4%) et l'âge moyen dans cette population était de 55,8 ± 13,2 ans. Parmi les participants, 804 (5,4 %) ont été identifiées comme des cas de SII. Parmi eux, la prévalence de l’exclusion du gluten a été estimée à 14,8 %, dont 3,0 % ont déclaré une exclusion totale, contre 8,8 % et 1,6 % chez les participants non atteints du SII. Après ajustement, l’exclusion du gluten était plus élevée chez les participants atteints du SII que chez leurs homologues non atteints : (OR = 1,86 ; IC95% = [1,21 ; 2,85]) pour l'exclusion totale et (OR = 1,71 ; IC95% = [1,36 ; 2,14]) pour l’exclusion partielle. 

Les participants identifiés comme souffrant de SII excluaient davantage le gluten que les participants ne souffrant pas de SII. D'autres études sont nécessaires pour explorer les conséquences à long terme des modifications du régime alimentaire et pour proposer des conseils diététiques cohérents et adaptés à la perception des patients.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34836402/

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Alimentation et risque d’infection par le SARS-CoV-2 : étude prospective dans la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 26/12/2021
BMC Med. 2021 Nov 30;19(1):290.

Deschasaux-Tanguy M, Srour B, Bourhis L, Arnault N, Druesne-Pecollo N, Esseddik Y, de Edelenyi FS, Allègre J, Allès B, Andreeva VA, Baudry J, Fezeu LK, Galan P, Julia C, Kesse-Guyot E, Péneau S, Hercberg S, Bajos N, Severi G, Zins M, de Lamballerie X, Carrat F, Touvier M; SAPRIS-SERO study group.

Introduction et but de l’étude : L’alimentation apporte les nutriments essentiels au bon fonctionnement du système immunitaire et de nombreuses hypothèses suggèrent ainsi un rôle de la nutrition dans la prévention de la COVID-19. Toutefois, il n’existe pas à notre connaissance de données prospectives à ce sujet. Notre objectif était donc d’étudier les associations entre l’alimentation et le risque d’infection par le SARS-CoV-2 dans une large population d’adultes.

Matériel et méthodes : Notre étude est conduite dans la cohorte française NutriNet-Santé (2009-2020). La séroprévalence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 a été évaluée à partir de tests ELISA sur des gouttes de sang séchées. Les apports alimentaires ont été estimés à partir d’enregistrements alimentaires de 24h (au moins 6) disponibles dans les 2 ans précédents le début de la pandémie de COVID-19 en France (Février 2020). Des modèles de régression logistiques multiajustés ont été utilisés pour les analyses.

Résultats et analyse statistique : 7766 adultes (70,3% femmes, âge moyen : 60,3 ans) ont été inclus, parmi lesquels 311 étaient positifs pour les anticorps anti-SARS-CoV-2. Les apports alimentaires en vitamine C (OR pour 1 écart-type=0,86 (0,75-0,98), P=0,02), vitamine B9 (OR=0,84 (0,72-0,98), P=0,02), vitamine K (OR=0,86 (0,74-0,99), P=0,04), fibres (OR=0,84 (0,72-0,98), P=0,02), et en fruits et légumes (OR=0,85 (0,74-0,97), P=0,02) étaient associés à un moindre risque d’infection par le SARS-CoV-2. A l’inverse, les apports alimentaires en calcium (OR=1.16 (1.01-1.35), P=0.04) et produits laitiers (OR=1.19 (1.06-1.33), P=0.002) étaient associés à un risque accru. Aucune association n’a été détectée avec les autres groupes d’aliments, nutriments ou profils alimentaires testés.

Conclusion : Des apports alimentaires plus élevés en fruits et légumes et, de manière cohérente en vitamine C, folate, vitamine K et fibres étaient associés à une moindre susceptibilité à l’infection par le SARS-CoV-2. Au-delà de son rôle établi pour la prévention des maladies chroniques, l’alimentation pourrait donc aussi contribuer à prévenir certaines maladies infectieuses comme la COVID-19.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34844606/

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Oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles (FODMAPs) et risque de cancers dans la cohorte prospective NutriNet-Santé

Publié le 26/12/2021
J Nutr. 2021 Oct 29:nxab379.

Debras C, Chazelas E, Srour B, Julia C, Schneider É, Kesse-Guyot E, Agaësse C, Druesne-Pecollo N, Andreeva VA, Wendeu-Foyet G, Galan P, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M.

Contexte : Il a été démontré que les oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles (FODMAPs) sont impliqués dans les troubles gastro-intestinaux. Compte tenu de leur potentiel pro-inflammatoire et de leurs interactions avec le microbiote intestinal, leur contribution à l'étiologie d'autres maladies chroniques telles que le cancer a été postulée. Cependant, aucune étude épidémiologique n'a jusqu'à présent étudié cette hypothèse.

Objectif : Notre objectif était d'étudier les associations entre l'apport en FODMAP (total et par type) et le risque de cancer (global, sein, prostate et colorectal) dans une grande cohorte prospective.

Méthodes : L'étude était basée sur la cohorte NutriNet-Santé (2009-2020) ; 104 909 participants adultes sans cancer au départ ont été inclus dans nos analyses (durée médiane de suivi=7,7 ans, 78,7% de femmes, âge moyen à l’inclusion 42,1 ans (écart-type=14,5)). Les apports alimentaires ont été obtenus à partir d'enregistrements alimentaires de 24 heures répétés, liés à une table de composition alimentaire détaillée. Les associations entre l'apport en FODMAP (exprimé en quintiles, Q) et les risques de cancers ont été évaluées par des modèles de Cox à risque proportionnel ajustés sur de nombreux facteurs de confusion liés au mode de vie, à des facteurs sociodémographiques et anthropométriques.

Résultats : La consommation totale de FODMAP était associée à une augmentation du risque de cancers au global (n=3374 cas incidents, Hazard Ratio (HR) pour le quintile 5 par rapport au quintile 1 : 1,21 ; intervalle de confiance à 95% (IC)=1,02-1,44 ; P=0,04). En particulier, les oligosaccharides étaient associés au risque de cancers : une tendance a été observée pour les cancers totaux (HR Q5 vs. Q1=1,10 ; IC 95%=0,97-1,25 ; P=0,04) et le cancer colorectal (n=272, HR Q5 vs. Q1=1,78 ; IC 95%=1,13-2,79 ; P=0,02).

Conclusions : Les résultats de cette étude à grande échelle basée sur la population adulte française de la cohorte NutriNet-Santé montrent une association significative entre la consommation de FODMAP et le risque de développement d'un cancer. D'autres études épidémiologiques et expérimentales sont nécessaires pour confirmer ces résultats et fournir des données sur les mécanismes sous-jacents potentiels.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34718693/

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Les résultats clés du projet français BioNutriNet sur les régimes incluant des aliments biologiques : description, déterminants et associations avec la santé et l'environnement

Publié le 26/12/2021
Adv Nutr. 2021 Oct 18:nmab105.

Kesse-Guyot E, Lairon D, Allès B, Seconda L, Rebouillat P, Brunin J, Vidal R, Taupier-Letage B, Galan P, Amiot MJ, Péneau S, Touvier M, Boizot-Santai C, Ducros V, Soler LG, Cravedi JP, Debrauwer L, Hercberg S, Langevin B, Pointereau P, Baudry J.

Peu d'études ont exploré les relations entre la consommation d'aliments biologiques, les habitudes alimentaires, le coût monétaire du régime, la santé et l'environnement. Pour répondre à ces questions, un consortium français a lancé le projet BioNutriNet en 2014. De nombreuses études ont été menées pour caractériser les consommateurs de produits biologiques et leur alimentation en lien avec 1) les pressions environnementales (les émissions de gaz à effet de serre, la demande d'énergie et l'utilisation des terres) et 2) la santé. Les consommateurs de produits biologiques présentent un régime alimentaire nutritionnellement plus sain et plus riche en aliments d'origine végétale que les non-consommateurs de produits biologiques. Leur régime alimentaire (bio et plus végétal) était associé à des coûts monétaires plus élevés, à des impacts environnementaux moindres et à une exposition réduite à certains résidus de pesticides de synthèse. La consommation régulière d'aliments biologiques est associée à un risque réduit d'obésité, de diabète de type 2, de cancer du sein post-ménopause et de lymphome non-hodgkinien. Bien que certaines associations aient été confirmées par plusieurs autres études, nos résultats nécessitent d'être reproduits dans d'autres contextes culturels et couplés à des études expérimentales pour être confirmés. S'il est vrai que la consommation d'aliments biologiques pourrait être associée à des externalités positives tant sur la santé humaine que sur les ressources et l'environnement, les régimes incluant des aliments biologiques doivent s'accompagner d'une réorientation vers des régimes à base de végétaux pour permettre une meilleure santé planétaire et humaine.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34661620/

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Exposition à des mélanges d'additifs alimentaires chez 106 000 adultes français de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 26/12/2021
Sci Rep. 2021 Oct 4;11(1):19680.

Chazelas E, Druesne-Pecollo N, Esseddik Y, de Edelenyi FS, Agaesse C, De Sa A, Lutchia R, Rebouillat P, Srour B, Debras C, Wendeu-Foyet G, Huybrechts I, Pierre F, Coumoul X, Julia C, Kesse-Guyot E, Allès B, Galan P, Hercberg S, Deschasaux-Tanguy M, Touvier M.

Contexte : Les additifs alimentaires (par exemple, les édulcorants, les émulsifiants, les colorants, etc.) sont ingérés quotidiennement par des milliards d'individus, mais les profils d'exposition ainsi que l'impact potentiel à long terme d'une exposition multiple sur la santé humaine sont peu documentés.

Objectif : Ce travail visait à estimer la consommation habituelle d'additifs alimentaires parmi les participants de la cohorte française NutriNet-Santé et à identifier et décrire les profils d'exposition (substances uniques et mélanges).

Conception : Au total, 106 489 adultes de l'étude de cohorte française NutriNet-Santé (2009-en cours) ont été inclus. La consommation de 90 additifs alimentaires principaux a été évaluée à l'aide d'enregistrements alimentaires répétés sur 24 heures, y compris des informations sur les marques des produits commerciaux. Les informations qualitatives (présence/absence) de chaque additif dans les produits alimentaires ont été déterminées en utilisant 3 bases de données de composition à grande échelle (OQALI, Open Food Facts, GNPD), en tenant compte de la date de consommation du produit. Les doses quantitatives ingérées ont été estimées en combinant des dosages de laboratoire sur des matrices alimentaires (n=2677) et des données de l'EFSA et du JECFA. L'exposition a été estimée en mg par kg de poids corporel par jour. Les profils d'exposition aux mélanges d'additifs alimentaires ont été extraits à l'aide d'une factorisation matricielle non négative (NMF) suivie d'une classification k-means. La comparaison sociodémographique et alimentaire des clusters de participants a été effectuée par des tests de Chi-deux ou des régressions linéaires. Les données ont été pondérées en fonction du recensement national Insee 2016.

Résultats : Quarante-huit additifs étaient consommés par plus de 10% des participants, les amidons modifiés et l'acide citrique étant consommés par plus de 90%. Le top 50 comprenait également plusieurs additifs alimentaires pour lesquels des études expérimentales récentes ont suggéré des effets négatifs potentiels sur la santé : lécithines (86,6% des consommateurs), mono- et diglycérides d'acides gras (78,1%), carraghénane (77,5%), nitrite de sodium (73. 9 %), di-, tri- et polyphosphates (70,1 %), sorbate de potassium (65,8 %), métabisulfite de potassium (44,8 %), acésulfame potassium (34,0 %), cochenille (33,9 %), nitrate de potassium (31,6 %), caramel au sulfite d'ammonium (28,8 %), bixine (19,5 %), glutamate monosodique (15,1 %) et sucralose (13,5 %). Nous avons identifié et décrit cinq clusters de participants plus spécifiquement exposés à cinq mélanges d'additifs distincts et un cluster supplémentaire rassemblant des participants présentant une faible exposition globale aux additifs.

Conclusions : Les additifs alimentaires, y compris plusieurs d'entre eux pour lesquels les effets sur la santé sont actuellement suggérés, étaient largement consommés dans cette étude populationnelle. En outre, les principaux mélanges d'additifs ont été identifiés. Leur impact sur la santé et les effets cocktail potentiels devraient être explorés dans de futures études épidémiologiques et expérimentales.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34608173/

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