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L’exclusion du gluten dans la population française : caractéristiques socio-démographiques, motivations et profils alimentaires

Br J Nutr. 2019; 122(2):231-239.

Perrin L, Allès B, Buscail C, Ravel C, Hercberg S, Julia C, Kesse-Guyot E.

Introduction et but de l’étude : Dans les pays occidentaux, le régime sans gluten s’est récemment développé chez les personnes en bonne santé. Cependant, il existe peu d’informations sur les caractéristiques sociodémographiques, et plus spécifiquement le profil alimentaire de ces consommateurs. 
L’objectif de cette étude était de déterminer la prévalence de l’exclusion du gluten dans la population française adulte, de décrire les motivations des personnes qui l’excluent et comparer leurs caractéristiques sociodémographiques et leurs profils alimentaires à ceux qui ne l’excluent pas. 

Matériel et méthodes : L’échantillon de notre étude était composé de 20 456 participants de la cohorte NutriNet-Santé qui avaient répondu à un questionnaire optionnel sur les exclusions alimentaires et ne possédaient pas de données manquantes sur les caractéristiques sociodémographiques et les données alimentaires. Les individus qui avaient déclarés une maladie cœliaque étaient exclus de l’échantillon. Pour être davantage représentatif de la population française, nous avons pondéré nos données avec les données de recensement de la population française. Dans nos analyses, la consommation alimentaire et les apports en nutriments ont été estimés à partir d’une ANCOVA ajustée sur l’énergie, l’âge et le sexe. Par la suite, nous avons réalisé une Analyse en Composantes Principales (ACP) sur 18 groupes alimentaires. Trois profils alimentaires ont été identifiés et une régression logistique polytomique a ensuite été réalisée pour mesurer l’association entre les régimes alimentaires (quintiles, Q) et la pratique d’exclusion du gluten (totale, partielle, sans exclusion).

Résultats : Dans notre échantillon, 10,3 % des individus excluaient le gluten, dont 1,7 % totalement. Les individus excluant le gluten étaient majoritairement plus âgés, des femmes, ayant un niveau d’éducation faible, et un plus grand nombre d’exclusions alimentaires, dont le lactose. La principale motivation d’exclusion du gluten était le bien-être physique (exclusion totale : 25,6 % et partielle : 38,9 %) et la perception que c’est plus sain (exclusion totale : 22,1 % et partielle : 27,8 %). Ils avaient un profil globalement plus sain : ils étaient non-fumeurs, consommaient davantage de fruits et légumes, et moins d’alcool et de produits gras. Leurs apports en nutriments étaient également plus favorables. Après ajustement sur de nombreux facteurs de confusion, le profil alimentaire « sain » était positivement associé à l’exclusion totale du gluten (OR Q5 vs Q1 = 14,44, IC à 95 % = [8,62-24,19], p <  0,0001). 

Conclusion : Nos résultats ont mis en évidence que les personnes qui excluent le gluten présentent un profil alimentaire globalement plus sain. Cette étude apporte de nouvelles informations sur la consommation alimentaire et les comportements des personnes excluant le gluten et pourra servir de critère à de futures études s’intéressant aux impacts potentiels d’un régime sans gluten chez les individus en bonne santé.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31232248

 

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Association prospective entre le potentiel inflammatoire du régime alimentaire et le risque de symptômes dépressifs incidents

J Nutr. 2019; 149(7):1198-1207

Adjibade M, Lemogne C, Touvier M, Hercberg S, Galan P, Assmann KE, Julia C, Kesse-Guyot E.

Introduction et objectif de l’étude : Il a été suggéré que l'inflammation (pouvant être modulée par l’alimentation) joue un rôle important dans l'étiologie de la dépression, mais les études prospectives portant sur l’association entre le potentiel inflammatoire du régime alimentaire et la dépression en population générale sont limitées. L’objectif de la présente étude était donc d’examiner l’association prospective entre le potentiel inflammatoire du régime alimentaire et le risque de symptômes dépressifs dans une population d’adultes français.

Matériel et méthodes : L’étude a porté sur un échantillon de 26 730 hommes et femmes (âgés de 18 ans ou plus) de la cohorte NutriNet-Santé, qui avaient des données alimentaires valides, avaient rempli le questionnaire Center for Epidemiologic StudiesDepression Scale (CES-D) au moins 2 fois au cours du suivi (avec un maximum de 3 points disponibles par participant) et qui n’avaient pas de symptômes dépressifs lors de la première évaluation de la symptomatologie dépressive (CES-D < 17 pour les hommes et < 23 pour les femmes). Les cas incidents de symptômes dépressifs étaient les participants qui présentaient des symptômes dépressifs au moins une fois au cours du suivi. Le potentiel inflammatoire du régime alimentaire a été mesuré à l’aide d'une version alternative du Dietary Inflammatory Index original, nommée Alternate Dietary Inflammatory Index (ADII), un score élevé reflétant une alimentation proinflammatoire. Les associations entre l’ADII et le risque de symptômes dépressifs ont été évaluées à l’aide des ratios de risques instantanés (HR) et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 %, estimés en utilisant des modèles de Cox à risque proportionnel pour les données censurées par intervalles.

Résultats : Au cours du suivi, 2 221 cas de symptômes dépressifs incidents ont été identifiés. Après ajustement sur différents facteurs de confusion potentiels, les participants qui étaient dans le quatrième quartile de l’ADII (reflétant un régime alimentaire plus « pro-inflammatoire ») avaient 15 % (IC à 95 %= 2 %–31 %) de plus de risque de développer des symptômes dépressifs, comparés aux participants qui étaient dans le premier quartile. Un effet modulateur de l’indice de masse corporelle (IMC < 25 vs ≥ 25 kg/m2 ) a été observé, avec des associations qui n'étaient significatives que chez les participants présentant un IMC ≥ 25 (HR = 1,29 ; IC à 95 %= 1,04–1,60).

Conclusion : Les résultats de cette étude suggèrent que la promotion d'une alimentation « saine » présentant des propriétés antiinflammatoires est importante pour la prévention des symptômes dépressifs, en particulier chez les personnes présentant un IMC supérieur au seuil de 25.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31152670

 

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Association entre qualité du régime alimentaire et activité physique et le vieillissement en santé dans la cohorte française NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2019 Jul 14;122(1):93-102.

Assmann KE, Adjibade M, Adriouch S, Andreeva VA, Julia C, Hercberg S, Galan P, Kesse-Guyot E.

Un nombre croissant d'études ont exploré la santé globale au cours du vieillissement d'une manière holistique en étudiant des modèles multidimensionnels du vieillissement en santé (VBS). Toutefois, peu d'attention a été accordée au rôle du respect des directives nationales en matière de nutrition dans ce contexte. 

Cette étude avait pour but d'étudier l'association prospective entre le respect des recommandations nutritionnelles françaises et le VBS. Nous avons analysé les données de 21 407 participants à l'étude NutriNet-Santé dont l'âge médian de base était de 55,6 ans (2009-2014) et qui étaient initialement exempts de maladies chroniques majeures. Nous avons défini le VBS comme le fait de ne pas développer de maladie chronique majeure, de symptômes dépressifs, aucune douleur limitant la fonction, l'indépendance dans les activités instrumentales de la vie quotidienne, un bon fonctionnement physique, cognitif et social, ainsi qu'une bonne santé perçue. Le respect des directives du Programme National Nutrition Santé (PNNS) a été mesuré par le biais du PNNS-GS (PNNS Guideline Score), à partir de données de référence issues d’enregistrement alimentaires répétés de 24 heures et de questionnaires sur l'activité physique. 

Après un suivi médian de 5,7 ans, 46,3 % des participants répondaient aux critères de l'AP. La régression de Poisson à forte variance d'erreur-erreur a révélé que des scores PNNS-GS plus élevés, reflétant une plus grande adhésion aux recommandations nutritionnelles (y compris les recommandations en matière d'alimentation et d'activité physique), étaient associés à une probabilité plus élevée de vieillir en bonne santé (RRquartile 4 versus quartile 1=1.17 [intervalle de confiance à 95%=1.12-1.22]). Des analyses complémentaires ont révélé que cette association peut, dans une faible mesure, être médiée par le statut pondéral.

Nos résultats suggèrent qu'une forte adhésion aux recommandations nutritionnelles nationales françaises peut être liée à une meilleure santé globale tout au long du vieillissement.  

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31162001

 

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Consommation d’aliments ultra-transformés et risque de maladies cardiovasculaires dans la cohorte prospective NutriNet-Santé

BMJ. 2019

Srour B, Fezeu LK, Kesse-Guyot E, Allès B, Méjean C, Andrianasolo RM, Chazelas E, Deschasaux M, Hercberg S, Galan P, Monteiro CA, Julia C, Touvier M.

Objectif : La consommation d'aliments ultra-transformés a considérablement augmenté au cours des dernières décennies dans de nombreux pays. Les conséquences de cette évolution sur la santé sont mal connues. Les aliments ultra-transformés présentent en moyenne une moins bonne qualité nutritionnelle, contiennent des additifs alimentaires et peuvent également contenir des substances provenant des emballages et des matériaux de contact, ainsi que des composés néoformés créés pendant la production, l’emballage ou la cuisson. Des études épidémiologiques antérieures ont trouvé des associations entre la consommation d’aliments ultra-transformés et une incidence plus élevée de dyslipidémies chez les enfants et des risques plus élevés de surpoids, d'obésité et d'hypertension. Récemment, la consommation de produits ultra-transformés a également été associée à des risques plus élevés de cancers (au global et du sein) dans la cohorte prospective NutriNet-Santé. Certaines études mécanistiques suggèrent des effets cardiométaboliques pour plusieurs composants couramment trouvés dans les aliments ultra-transformés, cependant, les preuves épidémiologiques les reliant aux maladies cardiovasculaires sont rares. Cette étude a pour objectif d’estimer les associations entre la consommation d'aliments ultra-transformés et le risque de maladies cardiovasculaires.

Méthodes : Au total, 105159 participants âgés d'au moins 18 ans (âge médian 41,5 ans) de la cohorte NutriNet-Santé (2009-2018) ont été inclus. Les apports alimentaires ont été recueillis par des enregistrements alimentaires de 24 h répétés, conçus pour collecter la consommation habituelle des participants pour 3300 aliments différents. Ceux-ci ont été catégorisés en fonction de leur degré de transformation grâce à la classification NOVA. Les associations entre la consommation d’aliments ultra-transformés et le risque de maladies cardio-vasculaires, coronariennes et cérébro-vasculaires ont été évaluées par des modèles de Cox à risques proportionnels ajustés sur les facteurs de risque connus.

Résultats : La consommation d’aliments ultra-transformés était associée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires au global (n = 1409 cas, Hazard Ratio pour une augmentation de 10% de la proportion d'aliments ultra-transformés dans le régime = 1,12 (intervalle de confiance 95 % 1,05 à 1,20); p = 0,0008), de maladies coronariennes (n = 665 cas, HR = 1,13 (1,02 à 1,24), p = 0,02) et de maladies cérébro-vasculaires (n = 829 cas, HR= 1,11 (1,01 à 1,22), p = 0,02). Ces résultats restaient significatifs après ajustement sur plusieurs marqueurs de la qualité nutritionnelle de l'alimentation (acides gras saturés, sodium, sucres, fibres) ainsi que sur des patterns Healthy ou Western.

Conclusions : Dans cette large étude prospective, une consommation plus élevée d'aliments ultra-transformés dans l'alimentation était associée à une augmentation de risques de maladies cardio-vasculaires, coronariennes et cérébro-vasculaires. Différentes dimensions de la transformation alimentaire telles que la composition nutritionnelle du produit final, les additifs alimentaires, les matériaux de contact et les contaminants néoformés pourraient jouer un rôle dans ces associations ? D'autres études sont donc nécessaires afin de mieux comprendre leur contribution relative. Dans l’attente, la consommation d'aliments frais ou peu transformés est à privilégier, au nom du principe de précaution.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31142457
 

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Association entre la consommation de charcuteries et le score de symptômes d’asthme dans la cohorte française NutriNet-Santé

Eur J Nutr. 2019

Andrianasolo RM, Hercberg S, Touvier M, Druesne-Pecollo N, Adjibade M, Kesse-Guyot E, Galan P, Varraso R.

Objectifs : La consommation de charcuteries peut affecter la santé respiratoire. A l’heure actuelle, peu d’études ont été conduites sur l’association entre la consommation de charcuteries et l’asthme, et leurs résultats sont divergents. Par ailleurs, la force de l'association entre la consommation de charcuteries et l’asthme pourrait également dépendre d'autres facteurs pouvant influencer l’équilibre oxydants/antioxydants en faveur des oxydants. Notre étude visait donc à mieux comprendre l'association entre la consommation de charcuteries et le score de symptômes de l'asthme, de clarifier le rôle combiné du surpoids/obésité, du tabagisme, d’une moins bonne qualité nutritionnelle de l'alimentation et d’une consommation élevée de charcuterie sur le score de symptômes d'asthme.

Méthodes :  En 2017, 35 380 participants de la cohorte NutriNet-Santé ont répondu à un questionnaire détaillé sur la santé respiratoire. L'asthme était défini par le score de symptômes d'asthme (basé sur le nombre de réponses positives à cinq questions sur la présence de symptômes d’asthme dans les 12 derniers mois). La consommation de charcuteries, estimée à partir d’au moins 3 enregistrements alimentaires de 24 h sur 2 ans de suivi, a été classée en 4 catégories : 0, < 2, 2-5 ou > 5 portions/semaine. Nous avons évalué le rôle combiné de 4 comportements à risque – un indice de masse corporelle (IMC) ≥ 25 kg/m² (vs. < 25 kg/m²), être fumeurs « vie » (vs. non-fumeurs), avoir une « moins bonne qualité nutritionnelle globale de l’alimentation (vs. « meilleure qualité globale de l’alimentation ») et consommer plus de 5 portions de charcuterie par semaine (vs. ≤ 5 portions/semaine) - sur le score de symptômes de l'asthme

Résultats : Les participants étaient âgés en moyenne de 54 ans (75 % de femmes, 49 % étaient fumeurs « vie », 32 % avaient un IMC ≥ 25 kg/m² (surpoids/obésité) et 27 % rapportaient au moins 1 symptôme d’asthme). Après ajustement sur les différents facteurs de confusion, la consommation de charcuteries était positivement et significativement associée au score de symptômes de l'asthme : les odds ratio (OR) (IC 95 %) étaient de 1,15 (1,04-1,27) chez les femmes et de 1,23 (1,01-1,50) chez les hommes, pour une consommation de plus de 5 portions de charcuteries/semaine par rapport à la non consommation.

Conclusion : La consommation élevée de charcuterie était associée à une augmentation des symptômes d'asthme, et son rôle était d’autant plus important quand sa consommation était combinée à d’autres facteurs de risque tels que le surpoids/obésité, le tabagisme et une mauvaise qualité nutritionnelle de l'alimentation.

Mots-clés :  Score de symptômes d’asthme, obésité, charcuterie, tabagisme, mauvaise qualité nutritionnelle de l'alimentation 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31147834

 

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