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Consommation d’aliments ultra-transformés et changement d’indice de masse corporelle, et risques de surpoids et d’obésité : résultats de la cohorte NutriNet-Santé

Publié le 10/11/2020
PLoS Med. 2020;17(8):e1003256.
Beslay M, Srour B, Méjean C, Allès B, Fiolet T, Debras C, Chazelas E, Deschasaux M, Wendeu-Foyet MG, Hercberg S, Galan P, Monteiro CA, Deschamps V, Calixto Andrade G, Kesse-Guyot E, Julia C, Touvier M.

Introduction : La consommation d'aliments ultra-transformés (AUT) a considérablement augmenté dans le monde et représente déjà 50 à 60 % de l'apport énergétique quotidien total dans plusieurs pays occidentaux. Parallèlement, la prévalence du surpoids et de l'obésité n'a cessé d'augmenter au cours du siècle dernier. L'objectif de cette étude était d'étudier les associations entre la consommation d’AUT et le risque de surpoids et d'obésité, ainsi que l'évolution de l'indice de masse corporelle (IMC), dans une grande cohorte française.

Méthodes et résultats : Un total de 110 260 participants adultes (≥ 18 ans, âge moyen à l’inclusion = 43,1 ans; 78,2 % de femmes) de la cohorte prospective française NutriNet-Santé (2009-2019) ont été inclus. Les apports alimentaires ont été collectés à l’inclusion à l'aide d'enregistrements alimentaires de 24h répétés et validés liés à une table de composition des aliments qui comprenait plus de 3500 aliments différents, chacun classé en fonction de son degré de transformation par la classification NOVA. Les associations entre la proportion d'AUT dans le régime alimentaire et la variation de l'IMC au cours du suivi ont été étudiées à l'aide de modèles mixtes pour données répétées. Les associations avec le risque de surpoids et d'obésité ont été étudiées à l'aide des modèles de Cox à risque proportionnel. Après ajustement sur l'âge, le sexe, le niveau de scolarité, l'état matrimonial, l'activité physique, le tabagisme, la consommation d'alcool, et l'apport énergétique, nous avons observé une association positive entre la consommation d'AUT et le gain d'IMC (β Temps × AUT = 0,02 pour une augmentation de 10 du pourcentage d’AUT dans le régime, P < 0,001). La consommation d’AUT était associée à un risque plus élevé de surpoids (n = 7063 participants en surpoids ; rapport de risque instantané (HR) pour une augmentation absolue de 10 % des AUT dans le régime alimentaire = 1,11, IC à 95 %: 1,08 à 1,14; p < 0,001) et d’obésité (n = 3 066 participants obèses incidents ; HR = 1,09 (1,05-1,13); P < 0,001). 
Ces résultats sont restés statistiquement significatifs après ajustement sur la qualité nutritionnelle de l'alimentation et l'apport énergétique. Les limites de l'étude consistent en un biais de sélection possible, une confusion résiduelle potentielle due au design observationnel et à une éventuelle erreur de classement des aliments dans les catégories NOVA. Néanmoins, la robustesse a été testée et vérifiée à l'aide d'un large panel d'analyses de sensibilité.

Conclusions : Dans cette large étude prospective observationnelle, une consommation plus élevée d'AUT était associée à une augmentation de l'IMC et à des risques plus élevés de surpoids et d'obésité. Les autorités de santé publique de plusieurs pays, dont la France, ont récemment commencé à recommander de privilégier les aliments peu transformés et de limiter la consommation d’AUT.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32853224/

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