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Associations entre l’apport alimentaire en fibres et le risque de maladies cardiovasculaires, cancer, diabète de type 2 et mortalité dans la cohorte prospective NutriNet-Santé

Am J Clin Nutr. 2020;nqaa063. doi:10.1093/ajcn/nqaa063
Partula V, Deschasaux M, Druesne-Pecollo N, Latino-Martel P, Desmetz E, Chazelas E, Kesse-Guyot E, Julia C, Fezeu LK, Galan P, Hercberg S, Mondot S, Lantz O, Quintana-Murci L, Albert ML, Duffy D; Milieu Intérieur Consortium, Srour B, Touvier M.

Introduction : De nombreuses études suggèrent que les fibres alimentaires pourraient jouer un rôle protecteur vis-à-vis du développement de pathologies chroniques. Cependant, le niveau de preuve est inégal selon les pathologies considérées et pourrait dépendre du type de fibres et de leur source alimentaire.

Objectif : Notre objectif était donc d’étudier les associations entre l’apport alimentaire en fibres et le risque de maladies cardiovasculaires, cancer, diabète de type 2 et mortalité dans la cohorte NutriNet-Santé (2009-2019), en considérant différents types de fibres – totales, insolubles, solubles, et différentes sources – fruits, légumes, céréales complètes, légumineuses, pommes de terre et autres tubercules.

Méthodes : 107 377 participants ont été inclus dans les analyses. Les apports alimentaires usuels en fibres ont été estimés à partir des enregistrements de 24h validés et répétés, complétés au cours des deux premières années du suivi. Cinq groupes de participants ont été définis selon les quintiles sexe-spécifiques d’apport en fibres. Les associations entre quintiles d’apports en fibres et risque de pathologie chronique et mortalité ont été étudiées à l’aide de modèles de Cox multivariables.

Résultats : L’apport moyen en fibres était de 19,5 g par jour (écart-type : 7,2). Le risque de diabète était inversement associé à l’apport en fibres totales, avec un rapport de risque (HR) comparant les apports les plus élevés (5ème quintile) aux plus faibles (1er quintile) de 0,59 (intervalle de confiance à 95% [0,42-0,82] ; P de tendance linéaire <0,001), en fibres solubles (HR : 0,77 [0,56-1,08] ; P-tendance=0,02), et en fibres insolubles (HR : 0,69 [0,50-0,96] ; P-tendance=0,004]. Un apport plus élevé en fibres solubles était également associé à un moindre risque de maladies cardiovasculaires (HR : 0,80 [0,66-0,98] ; P-tendance=0,01) et de cancer colorectal (HR : 0,41 [0,21-0,79] ; P-tendance=0,01) ; en fibres insolubles à une moindre mortalité par cancer ou maladies cardiovasculaires (HR: 0,65 [0,45-0,94] ; P-tendance=0,02) ; en fibres totales à un moindre risque de cancer du sein (HR : 0,79 [0,54-1,13] ; P-tendance=0,04). Un apport plus élevé en fibres de fruit était particulièrement associé à une diminution de risque pour plusieurs pathologies (diabète, maladies cardiovasculaires, cancer colorectal).

Conclusions : Nos résultats suggèrent qu’un apport plus élevé en fibres et en particulier en fibres solubles et issues des fruits était associé à une diminution de risque pour plusieurs pathologies et à une mortalité moindre. De plus amples études sont nécessaires pour confirmer ces résultats, en particulier considérant les différents types et sources de fibres. En attendant, la consommation de fibres, en privilégiant une diversité de sources, devrait être encouragée, étant donné que les apports alimentaires observés restent en deçà des niveaux recommandés, c’est-à-dire 25 à 30 g de fibres par jour, dans de nombreux pays.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32369545/

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