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Association prospective entre les comportements alimentaires durables évalués par l’index générique de durabilité des régimes (SDI), la prise de masse corporelle et le risque d’obésité dans la cohorte NutriNet-Santé

Am J Clin Nutr. 2019; nqz259

Seconda L, Egnell M, Julia C, Touvier M, Hercberg S, Pointereau P, Lairon D, Allès B, Kesse-Guyot E.

Introduction et but de l’étude : La non-durabilité des systèmes alimentaires est à l’origine d’enjeux environnementaux et de santé publique. Depuis quelques années nous pouvons remarquer un intérêt croissant pour l’identification de comportements alimentaires plus durables. Notre objectif est d’étudier les associations prospectives entre la durabilité des régimes alimentaires, évaluée par un indice holistique, le SDI, et le risque d’obésité ou de prise de masse corporelle au sein d’une population d’adultes français sur un temps de suivi d’environ 3 ans.

Méthodes : Le SDI a été mesuré chez 26894 participants à l’étude NutriNet-Santé grâce aux bases de données développées dans le projet BioNutrinet. Pour ces participants, le poids et la taille ont été collectés tous les ans entre 2014 et 2018. Des modèles mixtes nous ont permis d’étudier d’éventuelles différences dans l’évolution de la corpulence au sein des quintiles sexe-spécifiques de SDI. Le risque d’obésité a été évalué par un modèle de Cox après prise en compte de multiples facteurs d’ajustements.

Résultats : Au début de l’étude, des différences importantes de corpulence sont observées selon les quintiles de SDi. Les personnes ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieure ou égale à 30 kg/m2 étaient plus nombreuses dans le quintile le moins durable. De plus, le modèle mixte principal montre une augmentation d’IMC de 0,14 kg/m2 par an dans ce dernier quintile alors que cette augmentation est significativement plus basse dans les trois quintiles les plus durables. Aussi, le risque d’obésité était significativement plus bas dans le quintile le plus durable par rapport au moins durable, après de multiples ajustements HRQ5 vs. Q1=0.21 (IC95%=0.15-0.29).

Conclusions : Cette étude montre ainsi une forte association entre l’adoption d’un régime durable et le risque d’obésité ou de prise de poids. Cette association peut s’expliquer à la fois par des différences importantes de quantité consommée par groupes alimentaires, ainsi qu’une consommation plus forte d’aliments issus de l’agriculture biologique, et une consommation plus faible de produits préparés industriellement réduisant l’exposition à différents composés qui pourraient être impliqués dans les mécanismes d’augmentation de la masse corporelle. Finalement, les résultats mettent en évidence l’importance pour la protection de l’environnement et des ressources, et en termes de santé publique de promouvoir une alimentation plus durable et de la rendre accessible à tous.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/31725157
 

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