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Influence des pratiques culinaires sur la variation de poids et le risque d’obésité sur 5 ans dans une cohorte prospective française

Int J Behav Nutr Phys Act. 2018 Nov 26;15(1):120
Méjean C, Lampuré A, Si Hassen W, Gojard S, Péneau S, Hercberg S, Castetbon K.



Contexte : Les pratiques culinaires pourraient déterminer les apports alimentaires et influencer le statut pondéral. Toutefois, les rares études disponibles ont montré des résultats incohérents. Aucune étude n’a investigué prospectivement l’association entre les pratiques culinaires et la variation de poids au cours du temps. Nous avons estimé les associations entre les pratiques culinaires et la variation de poids et le risque de développer une obésité sur 5 ans chez 12 851 adultes français participant à l’étude de cohorte NutriNet-Santé. L’effet médiateur des apports alimentaires dans ces relations a également été investigué. 

Méthodes : La fréquence et le temps consacré à la préparation des repas, les compétences culinaires, l’utilisation d’aliments bruts, l’équipement en cuisine,  le plaisir de cuisiner, la volonté de cuisiner mieux ou plus fréquemment ont été estimés à l’inclusion par  un questionnaire en ligne et les apports alimentaires avec des enregistrements de 24 h.  Les données anthropométriques auto-déclarées ont été collectées, via un questionnaire en ligne, à l’inclusion et 5 ans plus tard. Les associations entre ces pratiques et la variation relative de poids sur 5 ans et les analyses de médiation ont été réalisées par des modèles linéaires et ceux pour le risque d’obésité avec des modèles de régression logistique, stratifiés sur le sexe et ajustés sur l’âge, la composition du foyer, le niveau d’éducation, la profession, les revenus, l’activité physique, le statut tabagique et les antécédents de régime.

Résultats : Chez les femmes, l’utilisation d’aliments bruts était prospectivement associée à une diminution du risque d’obésité sur la période de suivi de 5 ans (OR = 1,32 (1,08-2,32)) après ajustements sur les facteurs de confusion. Après inclusion des apports alimentaires comme médiateurs, l’association entre l’utilisation d’aliments bruts et le risque d’obésité chez la femme n’était plus significative (P = 0,08). Cette association semblait être en partie médiée par les facteurs alimentaires avec une différence de 59 % de l’estimation, dans le groupe ayant un faible score d’utilisation d’aliments bruts, entre le modèle ajusté et ceux avec médiateurs (OR = 1,13 (0,71-1,77)). Concernant la variation de poids sur 5 ans, après ajustement sur les facteurs de confusion, toutes les associations entre les indicateurs de pratiques culinaires et la variation de poids n’étaient plus significatives.  

Conclusions : Dans un contexte de diminution du temps consacré à la préparation des repas dans les pays industrialisés, qui pourrait influencer la qualité nutritionnelle et la santé, notre étude prospective ne montre pas d’effet des pratiques culinaires sur la variation de poids sur 5 ans et le risque d’obésité, excepté pour l’utilisation d’aliments bruts et le risque d’obésité chez les femmes. Cette étude fournit des informations utiles sur les implications à long terme des pratiques culinaires sur la santé et devrait être corroborée par de nouvelles études, en particulier sur l’effet des pratiques culinaires sur les maladies chroniques telles que l’incidence de diabète, d’hypertension, des maladies cardiovasculaires, en comparaison à d’autres déterminants.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30477513

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