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Apports en macronutriments en lien avec les céphalées migraineuses ou non migraineuses

Publié le 16/04/2019
Nutrients. 2018 10(9):e1309
Andreeva VA, Szabo de Edelenyi F, Druesne-Pecollo N, Touvier M, Hercberg S, Galan P.


La migraine est un trouble de la fonction cérébrale dont la prévalence mondiale est estimée à 11,6 %. Il s’agit de céphalées primaires avec des crises unilatérales et récurrentes ayant des conséquences psychosociales importantes. A ce jour, très peu de données sont disponibles en population générale sur l'alimentation chez les individus souffrant de céphalées. Dans cette étude épidémiologique d’observation constituée d’un échantillon important, les objectifs étaient de déterminer les prévalences actuelles des céphalées (migraines ou céphalées non migraineuses) et de décrire les apports quotidiens en macronutriments chez les adultes français souffrant de céphalées. 

Il s’agit d’une étude ancillaire conduite dans le cadre de la cohorte NutriNet-Santé (lancée en 2009). Cette cohorte est constituée de volontaires de plus de 18 ans, recrutés par des campagnes multimédia grand public et suivis via le site internet https://www.etude-nutrinet-sante.fr. Les céphalées ont été identifiées par un questionnaire d'auto-déclaration en 2013-2016. Les migraines et les céphalées non migraineuses ont été définies selon des critères déjà publiés. Les apports alimentaires en macronutriments ont été estimés grâce aux enquêtes alimentaires de 24 h. Les apports quotidiens moyens (en g/jour) en glucides (simples, complexes, totaux), protéines et lipides (totaux, acides gras saturés, monoinsaturés, polyinsaturés) étaient les mesures d’exposition. A partir des 37 125 individus ayant répondu au questionnaire, un échantillon de 31 770 (8 042 hommes et 23 728 femmes) pour lesquels l’ensemble des données sociodémographiques et de mode de vie avaient été collectées ont été inclus. Des analyses transversales ont été réalisées à l’aide de modèles ajustés ANOVA stratifiés selon le sexe.

Au total, 9,2 % des hommes (âge moyen = 54,3 ± 13,3 ans) et 25,7 % des femmes (âge moyen = 49,6 ± 12,8 ans) ont déclaré souffrir de migraine. Dans les modèles ajustés, des apports plus faibles en protéines (p < 0,02) et des apports plus élevés en lipides totaux (p < 0,01) ont été observés chez les hommes migraineux par rapport aux hommes non migraineux (hommes sans maux de tête ou souffrant de céphalées non migraineuses). En revanche, les apports en lipides totaux (p < 0,0001) et en glucides totaux (p < 0,05) étaient légèrement plus élevés chez les femmes migraineuses par rapport aux femmes non migraineuses.

Ces résultats permettent d’actualiser les données sur les prévalences des céphalées en France, même si cet échantillon pourrait être sujet d’un biais de sélection. Des associations significatives ont été observées entre les apports en macronutriments et les céphalées, qui différaient selon le sexe. Des recherches longitudinales complèteront ces travaux et serviront à orienter le développement de stratégies de santé publique dans le cadre de la prévention primaire.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30223543

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