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Associations différentielles entre marche et cyclisme et le poids corporel, l’adiposité corporelle et la répartition de la masse grasse - le projet ACTI-Cités

Obes Facts. 2018 11(3):221-231
Menai M, Charreire H, Galan P, Simon C, Nazare JA, Perchoux C, Weber C, Enaux C, Hercberg S, Fezeu L, Oppert JM.

Contexte : Les recherches sur les associations entre la marche et le cyclisme et les phénotypes liés à l’obésité sont de plus en plus nombreuses mais elles reposent pour la plupart sur l’utilisation de l’IMC. L’objectif de cette étude était d’analyser les associations entre marche et cyclisme estimés indépendamment et plusieurs indicateurs d’obésité chez des adultes français.

Méthodes : Chez 12776 participants adultes (71,3 % de femmes) de l’étude de cohorte sur internet NutriNet-Santé,  nous avons évalué par auto-déclaration le temps passé à la marche et au cyclisme (déplacement, courses et loisir) au cours du dernier mois. Les mesures liées à la corpulence ont été collectées à l’occasion d’une consultation clinique (poids, taille, tour de taille et pourcentage de masse grasse par bioimpédancemétrie).  

Résultats : Dans les analyses ne tenant pas compte des autres types d’activité physique (ménage, loisir), marcher plus de 2,5 h/semaine était associé chez les femmes à un poids (- 1,8 kg), un tour de taille (- 1,7 cm) et pourcentage de masse grasse (- 1,1 %) plus faibles (p tous ˂ 0,001). Pratiquer le cyclisme plus de 1,5 h/semaine était associé chez les hommes et chez les femmes à un poids (- 4,3 et – 1,4 kg respectivement), un tour de taille (- 4,4 et - 2,1 cm respectivement) et pourcentage de masse grasse (- 2,5 et - 1,9 % respectivement) plus faibles (p tous ˂ 0,001). Les résultats étaient inchangés après ajustement sur l’activité physique liée au ménage ou aux loisirs. 

Conclusion : Ces résultats montrent des différences importantes entre la marche et le cyclisme et leur association avec les indicateurs de la corpulence chez les hommes et chez les femmes. Ils mettent en évidence le besoin de considérer séparément la marche et le cyclisme lors de la mise en place de mesures de santé publique visant la prévention de l’obésité chez l’adulte.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29929198
 

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Association entre consommation d’aliments ultra-transformés et les troubles fonctionnels digestifs: résultats de la cohorte française NutriNet-Santé

Am J Gastroenterol. 2018 113(8):1217-1228
Schnabel L1, Buscail C, Sabate JM, Bouchoucha M, Kesse-Guyot E, Allès B, Touvier M, Monteiro CA, Hercberg S, Benamouzig R, Julia C.

Objectif : La consommation d’aliments ultra-transformés (AUT) a augmenté au cours des dernières décennies et des interrogations concernant des effets potentiellement délétères sur la santé ont été soulevées. Notre objectif était d’étudier l’association entre la consommation d’AUT et quatre troubles fonctionnels digestifs (TFD) : le syndrome de l’intestin irritable (SII), la constipation fonctionnelle (CF), la diarrhée fonctionnelle (DF) et la dyspepsie fonctionnelle (DyF).

Méthodes : Les données alimentaires de 33 343 participants de la cohorte NutriNet-Santé basée sur internet, ayant complété au moins trois enregistrements alimentaires de 24 h avant le remplissage du questionnaire de Rome III (auto-administré), ont été analysées. La proportion (en poids) d’UPF dans l’alimentation totale (UPFp) a été calculée pour chaque participant. L’association entre UPFp en quartiles et TFD a été évaluée via des modèles de régression logistique multinomiale multivariée. 

Résultats : Les participants inclus dans l’analyse étaient principalement des femmes (76,4 %) et l’âge moyen était de 50,4 ans (écart-type = 14,0). Les AUT représentaient 16,0 % des aliments totaux consommées en poids et à 33,0 % de l’apport énergétique total. Les AUT étaient associés à un âge plus jeune, au fait de vivre seul, à de plus faibles revenus, à un IMC plus élevé et à un niveau d’activité physique plus faible (tous p ˂ 0,0001). Au total, 3516 participants présentaient un SII (10,5 %), 1785 une CF (5,4 %), 1303 une DyF (3,9 %) et 396 une DF (1,1 %). Après ajustement sur les facteurs de confusion potentiels, une augmentation de l’AUT était associée à un risque plus élevé de SII (aORQ4 vs. Q1 [IC 95 %] : 1,25 [1,12-1,39], p de tendance ˂ 0,0001).

Conclusions : Cette étude suggère une association entre AUT et SII. Des études longitudinales sont nécessaires pour confirmer ces résultats et comprendre l’impact relatif de la composition nutritionnelle et des caractéristiques spécifiques des AUT dans cette association.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29904158

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La consommation d’aliments bio est-elle associée à la satisfaction avec la vie ? Une analyse transversale issue de l’étude NutriNet-Santé

Prev Med Rep. 2017 8:190-196
Seconda L, Péneau S, Bénard M, Allès B, Hercberg S, Galan P, Lairon D, Baudry J, Kesse-Guyot E.

La recherche du bien-être est souvent mentionnée comme une motivation de la consommation d’aliments issus de l’agriculture biologique. Pourtant, nous avons peu de connaissances sur les relations entre la consommation d’aliments bio et la satisfaction avec la vie*.

Les consommations d’aliments issus de l’agriculture conventionnelle ou biologique moyenne de 17 446 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé âgés d’au moins 45 ans ont été évaluées grâce à un questionnaire semi-quantitatif de fréquence pour 264 items. Les volontaires ont complété un questionnaire permettant d’obtenir un score d’évaluation de la satisfaction avec la vie compris entre 5 et 35. En utilisant des ANCOVA, nous avons mesuré des moyennes ajustées du score de satisfaction avec la vie dans les quintiles de contribution des aliments bio au sein du régime alimentaire.

Nous avons observé dans le modèle principal, un score de satisfaction avec la vie allant de 24,98 [24,78-25,17] pour le quintile regroupant les personnes avec les consommations en aliments biologiques les plus faibles à 25,52 [25,33-25,71] pour le quintile avec les consommations en aliments biologiques les plus fortes (P de tendance < 0,0001). Ainsi, la satisfaction avec la vie est légèrement mais significativement (P linéaire<0,0001) associée avec une plus forte contribution des aliments bio au sein du régime alimentaire au global et aussi par groupe alimentaire.

Des hypothèses relatives aux caractéristiques hédoniste et eudémonique de la consommation d’aliments bio pourraient expliquer le rôle qu’elle pourrait jouer dans l’amélioration de la satisfaction avec la vie des participants à l’étude âgés d’au moins 45 ans.

*Edward Diener a attribué trois composantes distinctes et nécessaires au bien-être : les émotions positives, les émotions négatives qui fluctuent dans le temps et une composante cognitive, nommée la satisfaction avec la vie. Cette dernière composante est définie comme « une évaluation globale de la qualité de vie d'une personne selon ses propres critères ».

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29881668

 

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Obésité et migraine : modulation de l’effet par le genre et le stress perçu

Neuroepidemiology. 2018 51(1-2):25-32
Andreeva VA, Fezeu LK, Hercberg S, Galan P.

Contexte : L’association entre obésité et migraine est établie ; cependant, on ne sait pas si cette association varie en fonction du stress ressenti chez les hommes et chez les femmes. 

Méthodes : Cette étude transversale a été réalisée grâce aux données de l’e-cohorte française NutriNet-Santé qui inclut des individus de la population générale. Les données anthropométriques et celles sur la migraine ont été collectées via des questionnaires auto-administrés (2013-2016). La migraine a été définie en utilisant des critères établis. Le stress ressenti a été évalué avec l’échelle « Cohen’s Perceived Stress-10 ». Les associations ont été estimées via des modèles de régression logistique polynomiale multivariée stratifiée sur le sexe et le stress. 

Résultats : Parmi les 32 835 participants avec des données complètes (75 % de femmes ; âge moyen = 51,9 ± 13,8 ans), 34 % ont déclaré ne pas avoir de maux de tête, 44 % des maux de tête sans migraine et 22 % des migraines avec ou sans aura au moins une fois dans sa vie. Dans ces groupes, l’obésité était présente à respectivement 8,6, 9,9 et 11,6 %. Le stress était un modulateur significatif de l’association obésité-migraine uniquement chez les femmes. Le plus significatif des odds ratio (aOR) pour l’obésité et la migraine a été observé chez les femmes avec un stress élevé (aOR 1,61, IC 95 % 1,35-1,91).  

Conclusions : Nous avons observé des associations sexe et stress dépendantes entre l’obésité et la migraine dans un large échantillon hétérogène d’adultes. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de stratégies fondées sur des preuves pour la perte de poids et la réduction du stress chez les femmes migraineuses.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29843127
 

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L’adéquation au modèle alimentaire français est inversement associée au surpoids et à l’obésité : résultats issus d’un large échantillon d’adultes français

Br J Nutr. 2018 120(2):231-239
Ducrot P, Méjean C, Bellisle F, Allès B, Hercberg S, Péneau S.

Peu de données existent sur le modèle alimentaire français, caractérisé par des repas structurés et la convivialité, bien qu’il ait été suggéré comme une explication potentielle au « French paradoxe ». Les objectifs de cette étude étaient d’évaluer l’adéquation au modèle alimentaire français chez des adultes et de déterminer si elle est associée au statut pondéral.   

Différentes caractéristiques du modèle alimentaire français ont été évaluées : nombre de repas pris par jour, créneau horaire, durée, nombre de plats, situation physique du repas (debout ou assis), présence de convives et plaisir ressenti, ont été évalué en 2014 chez 47 219 participants de l’étude NutriNet-Santé. Un score global d’adéquation au modèle alimentaire français a été calculé sur la base de ces caractéristiques. La prévalence du modèle a été estimée sur un échantillon pondéré en fonction des données du recensement. Les associations entre l’adéquation au modèle alimentaire français (et ses composantes) et le surpoids (incluant l’obésité) ont été évaluées par des modèles de régression logistique multivariés ajustés sur les caractéristiques individuelles. 

Une majorité d’individus étaient en adéquation avec le modèle alimentaire français : 3 repas par jour, à heures fixes, assis à table en compagnie d’autres convives et considérant les repas comme un moment de plaisir. Les individus ayant des pratiques davantage en adéquation avec le modèle français avaient moins tendance à être en surpoids (OR : 0,90 IC 95 % : [0,87-0,92]) ou obèse (0,76 IC 95 % [0,74-0,79]). Des tendances similaires ont été observées pour les composantes suivantes : nombre de repas par jour, fréquence de snacking, horaire du repas, manger à heures fixes, prendre le temps de manger, prendre son repas assis et considérer le repas comme un moment de plaisir, alors qu’une tendance inverse a été observée avec les autres composantes. 

Bien que des études prospectives soient nécessaires pour conclure à une relation causale,  ces résultats suggèrent un bénéfice potentiel du modèle alimentaire français pour dans le cadre de la prévention de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/29781419

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