Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Détection des individus à risque d’insuffisance en vitamine D : développement et validation d’un score basé sur des caractéristiques individuelles pour une utilisation simple en pratique clinique

Medicine (Baltimore). 2016 95(7):e2783

Deschasaux M, Souberbielle JC, Andreeva VA, Sutton A, Charnaux N, Kesse-Guyot E, Latino-Martel P, Druesne-Pecollo N, Szabo de Edelenyi F, Galan P, Hercberg S, Ezzedine K, Touvier M.

La vitamine D jouerait un rôle central dans la prévention de différentes pathologies. Eviter une insuffisance en vitamine D et maintenir un statut suffisant en vitamine D est donc crucial, ce qui, en pratique clinique, fait généralement intervenir la prescription de dosages sanguins ou de suppléments. Toutefois, les autorités sanitaires indiquent que ces stratégies devraient mieux cibler les populations à risque d’insuffisance en vitamine D. L’objectif de cette étude était donc de développer un score visant à détecter les sujets à risque d’insuffisance en vitamine D (concentration en 25OHD ≤ 20 ng/ml) en pratique clinique, basé uniquement sur des caractéristiques individuelles faciles d’accès et sur un système de calcul simple.

Le score a été développé sur 1557 sujets non supplémentés d’âge moyen issus de la cohorte SU.VI.MAX. Les points attribués correspondent aux OR, arrondis à 0,5 près, de chaque caractéristique associée à une insuffisance en vitamine D dans le modèle de régression logistique multivariée. L’aire sous la courbe ROC (AUC), la sensibilité, la spécificité et les valeurs prédictives positives et négatives ont été calculées. Une validation externe de ce score a été réalisée dans un échantillon de 781 participants issus d’une cohorte indépendante (NutriNet-Santé).

Les points du score de Prédiction d’une Insuffisance en Vitamine D (VDIP score) ont été attribués comme suit : 1,5 pour femme, surpoids, activité physique < 1 h/j, saison=Décembre-Janvier, exposition solaire modérée et phototypes de Fitzpatrick très clairs (I-II) ou foncés (V-VI) ; 2 pour latitude ≥ 48°N et saison=Avril-Mai ; 2,5 pour obésité et saison=Février-Mars ; 3 pour faible exposition solaire. Ce score a montré de bonnes performances prédictives avec une AUC=0,70±0.01 (0,67±0,02 dans l’échantillon de validation), et pour un score ≥ 7, une sensibilité/spécificité de 0,67/0,63 et une valeur prédictive positive/négative (VPP/VPN) de 0,70/0,59. 70 % des individus avec un score ≥ 7 présentaient une insuffisance en vitamine D (80 % chez ceux avec un score ≥ 9).

Le score VDIP a montré sa capacité à détecter les adutes à risque d’insuffisance en vitamine D (score ≥ 7, risque modéré ; score ≥ 9, risque élevé). Il est basé sur des caractéristiques individuelles faciles d’accès pouvant être recueillies à l’aide d’un questionnaire simple, rapide et gratuit. Cette stratégie devrait ainsi permettre de limiter les prescriptions de dosages (coûts importants) ou la supplémentation systématique en vitamine D (dont les conséquences à long terme sont mal connues).

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26886626


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Caractéristiques alimentaires et de santé des consommateurs de bio : résultats de l'étude NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2015 114(12):2064-73

Baudry J, Méjean C, Péneau S, Galan P, Hercberg S, Lairon D, Kesse-Guyot E.

Les produits issus de l’agriculture biologique ne cesse d’augmenter en France avec un marché à domicile qui a progressé de près de 20 % entre 2012 et 2014. Les principales raisons de consommation invoquées par les consommateurs sont des raisons de santé et des raisons environnementales.

Les données ont été collectées à l’aide de questionnaires auto-administrés sur internet. Les analyses ont été réalisées sur un très large échantillon de 54 283 individus participant à l’étude NutriNet-Santé.  Les résultats de cette étude spécifique sur les consommateurs de bio, publiée dans British Journal of Nutrition, montrent que les consommateurs de bio réguliers ont plus tendance à être végétariens ou végétaliens, à être utilisateurs de compléments alimentaires et à suivre un régime pour rester en forme et ont moins tendance à suivre un régime pour maigrir.

Les consommateurs de bio réguliers ont également moins tendance à connaitre les recommandations nutritionnelles liées aux produits d’origine animale et plus tendance à connaitre celles liées aux produits d’origine végétale. Quand ils connaissent les recommandations, les consommateurs de bio réguliers les suivent davantage. Les consommateurs de bio réguliers ont plus souvent déclarés souffrir d’allergies alimentaires et présentent moins souvent un diabète de type II et une hypertension. Enfin, les hommes qui consomment bio régulièrement ont moins souvent développé une maladie cardiovasculaire par le passé et les femmes qui consomment bio ont plus souvent développé un cancer par le passé.

Ces résultats ont mis en évidence des caractéristiques spécifiques associées à la consommation de produits bio qu’il s’agisse des comportements alimentaires, des connaissances nutritionnelles ou de l’historique de maladies. Les effets à long terme sur l’état nutritionnel et le rôle protecteur ou délétère à l’égard de maladies chroniques de la consommation de bio seront étudiés dans le cadre du projet ANR BioNutrinet durant le suivi de cette cohorte qui devrait durer encore au moins 5 ans.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26429066


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Marche et cyclisme pour se déplacer de son domicile au travail, le loisir et les courses : les relations avec les caractéristiques individuelles et l’activité physique pendant le temps libre dans une étude transversale (projet ACTI-Cités)

Int J Behav Nutr Phys Act. 2015 12:150

Menai M, Charreire H, Feuillet T, Salze P, Weber C, Enaux C, Andreeva VA, Hercberg S, Nazare JA, Perchoux C, Simon C, Oppert JM.

Augmenter le comportement de transport actif (marche, cyclisme) au cours de la vie est un élément clé pour promouvoir l’activité physique bénéfique à la santé. Il existe toutefois un besoin de mieux comprendre les corrélations de certains domaines de marche et de cyclisme pour identifier plus précisément les populations à risque pour les interventions de santé publique. De plus, les connaissances sur les interactions entre la marche et le cyclisme restent limitées.

Nous avons évalué par auto-déclaration le temps passé à la marche et au cyclisme au cours des derniers mois dans trois domaines spécifiques (déplacement domicile/travail, loisir, courses) chez 39295 adultes français (76,5 % de femmes) de l’étude de cohorte sur internet NutriNet-Santé. Des modèles de régression logistique multivariée ont été utilisés pour étudier les associations avec les caractéristiques socio-démographiques et l’activité physique.

Avoir une carte de transport était positivement et fortement associé à la marche pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail et pour les courses mais n’était pas associé à la marche dans le cadre du loisir ou à tous les domaines de cyclisme. Avoir une place de parking sur le lieu de travail était négativement et fortement associé à la marche et au cyclisme pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail. L’indice de masse corporelle était négativement associé à la marche pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail et pour les courses ainsi qu’aux trois domaines du cyclisme. L’activité physique pendant le temps libre était négativement associée à la marche pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail mais positivement associée aux deux autres domaines de marche et aux trois domaines de cyclisme. La marche pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail était positivement associée aux autres domaines de marche ; le cyclisme pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail était positivement associé aux autres domaines de cyclisme. La marche pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail n’était pas associée au cyclisme pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail.

Chez l’adulte, les associations entre la marche et le cyclisme, les caractéristiques socio-démographiques et l’activité physique diffèrent selon les domaines (trajet domicile/lieu de travail, loisir, courses). L’amélioration des connaissances sur les associations entre les différents domaines devrait aider au développement d’interventions ciblant à la fois la bonne population et le bon comportement.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26646510


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Efficacité des logos nutritionnels en face avant des emballages chez des adultes français : résultats issus de l’étude NutriNet-Santé

PLoS One. 2015 10(10):e0140898

Ducrot P, Méjean C, Julia C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Fezeu L, Hercberg S, Péneau S.

A ce jour, aucun consensus n’existe concernant le logo nutritionnel le plus approprié à apposer en face avant des emballages afin d’aider les consommateurs à faire des choix éclairés. Notre objectif était de comparer l’efficacité de plusieurs types de logos actuellement utilisés , et ce dans un large échantillon d’adultes.

L’efficacité des logos a été évaluée en mesurant l’acceptabilité et la compréhension parmi 13578 participants de l’étude de cohorte NutriNet-Santé, représentatifs de la population adulte française. Les participants ont été exposés à cinq conditions dont quatre logos nutritionnels : « Guideline Daily Amounts » (GDA), Multiple Traffic Lights (MTL), le logo 5-couleurs (5-C), « Green Tick » (Tick) et une condition sans logo. L’acceptabilité a été évaluée par plusieurs indicateurs : l’attractivité, l’attirance, la difficulté de compréhension perçue. La compréhension objective a été évaluée par le pourcentage de réponses correctes pour classer trois produits en fonction de leur qualité nutritionnelle. Cinq différentes catégories de produits ont été testées : les plats préparés à base de poisson, les pizzas, les produits laitiers, les céréales du petit déjeuner et les produits apéritifs. Les différences d’efficacité ont été comparées avec des tests Chi-square.

Le logo 5-C a été perçu comme le plus facilement identifiable et celui requérant le moins d’effort et de temps à comprendre. Le GDA était considéré comme le moins facilement identifiable et compréhensible, bien que considéré comme le plus attractif et le plus apprécié. Tous les logos testés étaient efficaces pour classer les produits en fonction de leur qualité nutritionnelle comparé à l’absence de logo (p < 0,0001), avec toutefois des niveaux d’efficacité variables. Globalement, le 5-C était plus performant, suivi par le MTL, le GDA et le Tick.

Le logo 5-C a été considéré comme facile à identifier, simple et rapide à comprendre ; il était performant pour comparer la qualité nutritionnelle des produits. Ainsi, le 5-C pourrait présenter des avantages dans des situations d’achats en conditions réelles où les choix sont habituellement réalisés rapidement.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26509679


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Estimation de la contribution des produits bio dans le régime alimentaire chez des adultes Français de l’étude de cohorte NutriNet-Santé

Nutrients. 2015 7(10):8615-32

Baudry J, Méjean C, Allès B, Péneau S, Touvier M, Hercberg S, Lairon D, Galan P, Kesse-Guyot E.

Les Français sont de plus en plus nombreux à consommer bio et 62 % déclarent consommer bio au moins une fois par mois (Baromètre Agence Bio/CSA 2015). La France se place aujourd’hui en 3e position en Europe avec la plus grande surface bio. Malgré cette croissance, la bio demeure un marché de niche. Par ailleurs, la part de bio dans le régime alimentaire n’a été que peu étudiée.

Moins de 12 % des participants ont déclaré ne pas avoir consommé bio au cours de l’année précédente. La part relative moyenne d’aliments bio dans la diète des femmes était de 20 % et était supérieure à celle des hommes (18 %). La médiane se situait à 14 % chez les femmes et 10 % chez les hommes. De manière générale, la contribution des produits bio à la consommation de produits d’origine végétale était supérieure à celle des produits d’origine animale. Le produit alimentaire le plus consommé en bio en termes de poids (g/j) était la pomme et le produit consommé par le plus grand nombre de consommateurs en bio était les œufs. Les produits transformés (type fast-food ou soda) étaient des groupes alimentaires relativement peu consommés en bio alors que les substituts protéiques étaient largement consommés en bio.

Dans cette population d’étude, la consommation de bio n’était pas anecdotique pour certains groupes alimentaires : les œufs, les fruits et légumes, le lait mais la part relative de bio pour certains groupes alimentaires demeurait moindre : charcuterie, produits transformés. Etant donné la population particulière de l’étude, l’utilisation d’un questionnaire de fréquence et d’une échelle à 5 modalités pour estimer la fréquence de consommation en bio, il convient d’interpréter ces résultats avec prudence avant généralisation. Les consommateurs de bio représentant un groupe très hétérogène, les futures recherches devront s’attacher à investiguer les spécificités de ces consommateurs pour évaluer les potentielles relations entre niveau de consommation de bio et santé.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26506372


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