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Apports en vitamines B issus de l’alimentation et des compléments alimentaires et risque de cancer du sein chez les femmes de plus de 45 ans : résultats de la cohorte prospective NutriNet-Santé

Nutrients. 2017 9(5):e488

Egnell M, Fassier P, Lécuyer L, Zelek L, Vasson MP, Hercberg S, Latino-Martel P, Galan P, Deschasaux M, Touvier M.

Les études expérimentales suggèrent un effet protecteur des vitamines B sur le risque de cancer du sein, potentiellement modulé par les apports en alcool. Cependant, les études épidémiologiques disponibles sont limitées, en particulier concernant les vitamines B non foliques. De plus, peu d’études ont pris en compte une évaluation quantitative de l’apport via les compléments alimentaires.
 
L’objectif de cette étude était d’examiner les associations entre les apports en vitamines B (alimentaires, compléments alimentaires, totaux) et le risque de cancer du sein. 27 853 femmes âgées de plus de 45 ans participant à la cohorte NutriNet-Santé (2009-2016) ont été incluses, avec un temps de suivi médian de 4,2 ans. Les données alimentaires ont été collectées via des enregistrements alimentaires de 24 h. Un questionnaire spécifique a été utilisé pour évaluer la consommation de compléments alimentaires sur une période de 12 mois. Une table de composition incluant 8000 compléments alimentaires a été développée. Les associations ont été analysées par des modèles de Cox multivariés et 462 cas de cancer du sein incidents ont été diagnostiqués.
 
Les apports en pyridoxine via l'alimentation (HRQ4vs.Q1 = 0,74 (0,55-0,99), P-trend = 0,05), les compléments alimentaires (HRQ4vs.Q1 = 0,61 (0,38-0,98), P-trend = 0,05) et au total (HRQ4vs.Q1 = 0,67 (0,50-0,91), P-trend = 0,01) étaient inversement associés au risque de cancer du sein. L’apport total en thiamine était inversement associé, à la limite de la significativité, au risque de cancer du sein (HRpar unité d’incrément = 0,78 (0,61-1,00), P = 0,05). Des interactions statistiquement significatives entre la consommation d’alcool et l’apport en vitamines B (thiamine, riboflavine, niacine, acide pantothénique, pyridoxine, folate et cobalamine) via les compléments alimentaires ont été observées, ces dernières étant associées à une diminution du risque de cancer du sein chez les faibles ou non buveurs mais pas chez les forts consommateurs d'alcool.
 
Cette grande étude prospective, incluant une évaluation quantitative de l’apport issu des compléments alimentaires, suggère un possible effet protecteur de la pyridoxine et de la thiamine vis-à-vis du risque de cancer du sein chez les femmes de plus de 45 ans.
 
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28505069

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La planification des repas est associée à la diversité des aliments, la qualité du régime alimentaire et au statut pondéral dans un large échantillon d’adultes français

Int J Behav Nutr Phys Act. 2017 14(1):12

Ducrot P, Méjean C, Aroumougame V, Ibanez G, Allès B, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Péneau S.

La planification des repas pourrait être un outil pour pallier au manque de temps et donc encourager à la préparation des repas à domicile, potentiellement associée à une meilleure qualité du régime alimentaire. Cependant, jusqu’à présent, la planification des repas fait l’objet de peu de littérature scientifique. L’objectif de cette étude transversale était d’examiner les associations entre la planification des repas et la qualité du régime alimentaire, incluant l’adéquation aux recommandations nutritionnelles, la diversité alimentaire ainsi que le statut pondéral.

Le fait de planifier ses repas, ou autrement dit de décider à l’avance ce qui va être préparé et consommé pour les jours à venir, a été évaluée chez 40554 participants de la cohorte NutriNet-Santé, basée sur internet. La qualité de l’alimentation a été comparée sur la base des apports en énergie, nutriments, groupes d’aliments et l’adéquation aux recommandations nutritionnelles délivrées par le PNNS, (mPNNS-GS), estimées par des rappels de 24 h répétés. Un score de diversité des aliments a été calculé en utilisant le questionnaire de fréquences alimentaires. Le poids et la taille étaient auto-déclarés. Les associations entre la planification des repas et les apports alimentaires ont été estimée par analyses de covariance, tandis que les associations avec les quartiles des scores mPNNS-GS et de diversité et les catégories du statut pondéral (surpoids, obésité) ont été évaluées par des modèles de régression logistique.

Un total de 57 % des participants ont déclaré planifier des repas au moins occasionnellement. Les planificateurs de repas étaient plus susceptibles d’avoir un score mPNNS-GS plus élevé (OR quartile 4 vs. 1 = 1,13, IC 95 % : [1,07-1,20]), un score de diversité plus élevé (OR quartile 4 vs. 1 = 1,25, IC 95 % : [1,18-1,32]). Chez les femmes, la planification des repas était associée à un plus faible risque d’être en surpoids (OR = 0,92 [0,87-0,98]) ou obèse (OR = 0,79 [0,73-0,86]). Chez les hommes, l’association était significative seulement pour l’obésité (OR = 0,81 [0,69-0,94]).

La planification des repas était associée avec un régime alimentaire plus favorable à la santé et un prévalence plus faible d’obésité. Bien qu’aucune causalité ne puisse être déduite de ces associations, ces résultats suggèrent que la planification des repas pourrait être pertinente dans le cadre de la prévention de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28153017


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Variation de poids corporel sur 5 ans et le temps de sommeil total : étude des associations en fonction du sexe et de l’obésité

Int J Behav Med. 2017 24(4):493-500

Andreeva VA, Torres MJ, Léger D, Bayon V, Gonzalez P, de Edelenyi FS, Hercberg S, Galan P.

Nous avons estimé l’association entre une variation de poids ≥ 5 kg sur 5 ans et le temps de sommeil total (TST) en fonction du sexe et du surpoids/obésité.

Dans cette étude transversale, nous avons étudié 41610 adultes de la cohorte NutriNet-Santé. Un questionnaire sur le sommeil et sur le poids corporel a été passé en 2014. Les associations ont été étudiées grâce aux modèles de régression logistique multivariée.

Globalement, les femmes déclarant une perte de poids  5 kg avaient une probabilité plus élevée d’avoir un TST court ( 6 h) vis-à-vis les femmes déclarant un poids stable (OR = 1,15 ; IC à 95 % : 1,05-1,25). Les hommes et les femmes declarant une prise de poids majeure ( 5 kg) avaient une probabilité plus élevée d’avoir un TST court vis-à-vis ceux déclarant un poids stable (hommes : OR = 1,20 ; IC à 95 % : 1,05-1,37 ; femmes : OR = 1,24 ; IC à 95 % : 1,15-1,33). Les hommes déclarant une prise de poids majeure avaient moins de risque d’avoir un TST long vis-à-vis les hommes avec un poids stable (OR = 0,83 ; IC à 95 % : 0,70-0,97). Le surpoids et l’obésité ne modulaient pas ces associations.

Cette étude apporte de nouvelles connaissances dans les domaines de la santé publique et de la nutrition en mettant en évidence une association différente selon le sexe entre la variation de poids et le TST court ou long. Ces associations nécessitent des études supplémentaires dans un contexte longitudinal avec des mesures répétées et objectives, en tenant compte des changements des comportements de santé au cours du temps.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28127709


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Les motivations intervenant dans les choix alimentaires lors d’achats chez des groupes de consommateurs bio et conventionnels : focus sur les préoccupations liées à la durabilité (l’étude de cohorte NutriNet-Santé)

Nutrients. 2017 9(2):e88

Baudry J, Péneau S, Allès B, Touvier M, Hercberg S, Galan P, Amiot MJ, Lairon D, Méjean C, Kesse-Guyot E.

L’objectif de cette étude était d’examiner les motivations des choix d’aliments associées à différents profils alimentaires bio ou conventionnels parmi 22366 participants de l’étude NutriNet-Santé.

Les apports alimentaires ont été collectés via un questionnaire de fréquence de consommation. Les motivations des choix d’aliments ont été évaluées via un questionnaire validé de 63 items permettant de calculer un score pour les 9 dimensions suivantes : « absence de contaminants », « limitations environnementales », « éthique et environnement », « goût », « innovation », « production locale et traditionnelle », « prix », « santé » et « praticité ». Cinq groupes de consommateurs ont été identifiés : « les petits mangeurs standards d’aliments conventionnels », « les gros mangeurs conventionnels d’aliments défavorables à la santé », « les petits mangeurs standards d’aliments bio », « les mangeurs écolos d’aliments bio » et « les mangeurs modérés d’aliments bio hédonistes ». Les associations entre les scores des dimensions des motivations des choix d’aliments et les clusters de consommateurs ont été estimées à l’aide de modèles d’analyse de covariance (ANCOVA) ajustés sur les facteurs sociodémographiques.

Les « mangeurs écolos d’aliments bio » avaient le score moyen le plus élevé pour les dimensions « santé », tandis que les « gros mangeurs d’aliments conventionnels défavorables à la santé » ont obtenu le plus faible score pour la dimension « absence de contaminants ». Les « petits mangeurs standards d’aliments bio », « les mangeurs écolos d’aliments bio » et « les mangeurs modérés d’aliments bio hédonistes » avaient des scores comparables pour la dimension « goût ». Les « gros mangeurs conventionnels d’aliments défavorables à la santé » avaient le score le plus élevé pour la dimension « prix » tandis que les « mangeurs écolos d’aliments bio » obtenaient les plus faibles scores pour les dimensions « innovation » et « praticité ».

Ces résultats apportent de nouvelles connaissances sur les motivations des choix d’aliments de différents profils de consommateurs dont des profils comme les mangeurs « écolos » et « hédonistes ».

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28125035


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Les indicateurs socio-économiques sont indépendamment associés aux consommations d’aliments d’origine animale chez les adultes français

Public Health Nutr. 2016 19(17):3146-57

Méjean C, Si Hassen W, Lecossais C, Allès B, Péneau S, Hercberg S, Castetbon K.

La réduction de la consommation d’aliments d'origine animale étant un défi actuel de santé publique, une meilleure compréhension des relations spécifiques de l'éducation, de la profession et du revenu avec leur consommation est utile. Nous avons donc étudié les associations indépendantes de chaque indicateur avec les consommations de différents aliments d’origine animale et leur effet modificateur.

Dans cette étude transversale, les consommations d’aliments d’origine animale ont été estimées chez 92036 adultes inclus dans l'étude NutriNet-Santé par 3 enregistrements alimentaires de 24 h. Les associations entre les facteurs socio-économiques et les consommations d’aliments d’origine animale et les interactions entre les indicateurs socio-économiques ont été évaluées par des analyses de covariance ajustées sur l’âge et l’apport énergétique. Les analyses ont été réalisées séparément chez les hommes et les femmes du fait d’interactions significatives observées.

Les personnes avec un faible niveau d’éducation avaient des consommations plus élevés en viande rouge (+ 9-12 g/j), charcuterie (+ 6-9 g/j) et volaille (chez les hommes, + 7 g/j) comparés à ceux de niveau d’éducation plus élevé. Le pourcentage de consommateurs de poisson était plus faible dans les catégories de revenus les plus faibles comparées à celles plus élevées. Les ouvriers avaient des consommations de crèmes desserts plus élevés (chez les hommes, + 14 g/j) que les cadres. Quelques interactions significatives ont été observées. Les analyses stratifiées sur le niveau d’éducation montrent que les sujets ayant les revenus les plus élevés consomment plus de yaourts que ceux ayant de plus faibles revenus, seulement chez les personnes de faible niveau d’éducation.

Les disparités socio-économiques des consommations d’aliments d’origine animale varient en fonction de l’indicateur socio-économique, suggérant une influence spécifique de chaque indicateur sur l’apport en aliments d’origine animale. En particulier, un niveau d’éducation faible est associé à des consommations plus élevés en viande rouge, charcuterie et crèmes desserts, et avait un effet modificateur sur l’association entre les revenus et les consommations d’aliments d’origine animale.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27373677


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