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Public perception of the tax on sweetened beverages in France
Lien Pubmed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35942709/
Objectif de l'étude : Évaluer en 2021 l'acceptabilité et la perception de la taxe française sur les boissons sucrées, suite à sa révision en 2018, et les facteurs associés à une plus forte acceptabilité.
Mise en oeuvre: Une enquête transversale dans le cadre de l'étude de cohorte NutriNet-Santé. Les participants ont été invités à remplir un questionnaire auto-rapporté en mars 2021. Une pondération a été appliquée à l'échantillon pour permettre des inférences sur la population française. Les caractéristiques individuelles associées au soutien à la taxe ont été étudiées à l'aide d'un modèle de régression logistique.
Participants : Adultes engagés dans la cohorte NutriNet-Santé, âgés de 18 ans ou plus (n = 28 344), vivant en France métropolitaine.
Résultats : Près de deux tiers (63,4 %) des participants connaissaient l'existence d'une taxe sur les boissons sucrées, mais moins d'un quart avait des connaissances spécifiques concernant sa conception et sa révision en 2018. Par ailleurs, 64,7 % des participants ont exprimé une opinion favorable quant à la mesure de taxation. Cette proportion était plus élevée si les recettes fiscales étaient utilisées pour financer des mesures liées à la santé (respectivement 68,8% d'opinion favorable si elles étaient utilisées pour financer une réduction des prix des produits sains et 76,4% si elles étaient utilisées pour financer le système de santé). Les analyses multivariables ont montré que le soutien à la taxe variait selon les sous-groupes de la population. Les groupes qui avaient tendance à être moins affectés financièrement par la mesure et ceux qui percevaient les boissons sucrées comme ayant des effets néfastes étaient plus susceptibles de soutenir la taxe.
Conclusion : La version révisée de la taxe sur les boissons sucrées en France semble être reçue et perçue favorablement par le public.
La parodontite évaluée avec un nouvel outil de dépistage et la qualité de vie liée à la santé bucco-dentaire : résultats transversaux chez les adultes de la population générale
Lien pubmed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35948787/
Introduction : La parodontite, en tant que maladie inflammatoire chronique multifactorielle, entretient des relations complexes avec d'autres maladies mais aussi avec le bien-être. Le but de cette étude transversale était d'étudier l'association entre la parodontite autodéclarée, telle que mesurée avec le nouveau score validé de dépistage parodontal (mPESS), et la qualité de vie liée à la santé orale (OHRQol) dans un large échantillon de la e-cohorte française NutriNet-Santé.
Méthodes : L'échantillon était composé de 32 714 adultes (75,5 % de femmes) avec un âge moyen de 48,8 ± 13,9 ans. La parodontite a été évaluée en 2011-2012 sur la base de l'âge, du tabagisme et de l'état bucco-dentaire, ce qui a permis de calculer le score mPESS. Un score mPESS ≥ 5 a été utilisé pour identifier les personnes à risque de parodontite sévère. Le score OHRQoL a été mesuré grâce à l’échelle OHIP-14 ; le score total a été dichotomisé pour l'analyse. Des analyses de régression logistique multivariée ont été effectuées.
Résultats : Dans l’échantillon total, 6 407 participants (19,6 %) présentaient un risque élevé de parodontite sévère ; en outre, 7 383 participants (22,6 %) présentaient un score OHRQoL relativement bas (OHIP-14 > 8, quartile le plus élevé). Dans le modèle ajusté, chacune des variables était associée de manière indépendante et significative à un niveau bas de qualité de vie liée à la santé orale : âge avancé (50-64 ans), sexe féminin, obésité, grignotage entre les repas, consommation fréquente de boissons gazeuses et de sucreries/chocolat, risque élevé de la parodontite et le fait d'avoir < 20 dents naturelles. De plus, un score mPESS ≥ 5 a été associé de façon la plus forte avec le score OHRQoL (OR = 3,45 ; IC à 95 % 3,21–3,72).
Conclusion : Ces résultats confirment l'association entre parodontite et qualité de vie dans des échantillons non cliniques. L'utilisation du score mPESS pourrait être proposée dans de futurs programmes de prévention visant à améliorer la qualité de vie liée à la santé orale.
Expositions professionnelles aux irritants et sensibilisants, asthme et contrôle de l'asthme dans la cohorte NutriNet-Santé
Lien PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36108925/
Contexte. Le rôle des expositions professionnelles chroniques aux irritants dans l'asthme n'est pas encore bien établi. Peu d'études ont examiné leurs associations avec l'asthme et son contrôle.
Objectif. Étudier les associations entre les expositions professionnelles et l'asthme et son contrôle, avec un intérêt particulier pour les irritants, notamment les produits de nettoyage/désinfectants (PND) et les solvants.
Méthodes. Les analyses ont inclus 4469 adultes (3792 sans asthme ni symptômes respiratoires, 677 avec un asthme actuel ; 75,9% de femmes, âge moyen 54 ans) provenant d'une étude cas-témoins (2018) issue de la cohorte NutriNet-Santé. L'asthme actuel était défini par un asthme vie associé à des symptômes d’asthme, des traitements ou des crises d'asthme au cours des 12 derniers mois, l'asthme de l'adulte par un âge à la première crise d'asthme > 16 ans, et l'asthme non contrôlé par un score au « Asthma Control Test » (ACT) <20. Les expositions vie/actuelles ont été évaluées à l'aide de la matrice emploi-exposition spécifique à l'asthme professionnel OAsJEM. Les associations entre expositions professionnelles et asthme ou son contrôle ont été évaluées avec des régressions logistiques multinomiales ajustées sur le sexe, l'âge, le tabagisme et l'indice de masse corporelle.
Résultats. Les expositions vie aux sensibilisants (haut poids moléculaire [HMW] : Odds Ratio 1,53 ; Intervalle de Confiance 95% 1,18-2,00, et bas poids moléculaire [LMW] : 1,42 ; 1,09-1,87), aux irritants (1,32 ; 1,03-1,68) et aux PND (1,43 ; 1,10-1,85) étaient associés à l'asthme actuel chez l'adulte. Des associations significatives entre les expositions vie et l'asthme non contrôlé à l'âge adulte ont été observées pour les sensibilisants HMW (2,69 ; 1,52-4,78) et LMW (2,27 ; 1,24-4,37), les irritants (2,32 ; 1,36-3,95) et les PND (2,59 ; 1,48-4,54). Les résultats étaient similaires pour les expositions actuelles, avec des OR plus élevés. Aucune association n'a été observée avec les solvants.
Conclusion. Les expositions professionnelles aux sensibilisants et aux irritants sont associées à l'asthme actuel chez l'adulte et à l'asthme non contrôlé. Les agents irritants et sensibilisants doivent faire l’objet d’une attention particulière dans la prise en charge de l'asthme.
Associations entre les mesures de la position socio-économique et les habitudes alimentaires durables dans l'étude NutriNet-Santé.
Lien Pubmed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/36213945/
Le but de cette étude était d’examiner la relation entre caractéristiques socioéconomiques et régimes alimentaires durables.
Les données alimentaires ont été calculées à partir d’un questionnaire de fréquence alimentaire. La durabilité des régimes a été évaluée en se basant sur le modified Sustainable Diet Index (mSDI), qui comprenait 4 indicateurs (nutrition, environnement et aspect culturel). Des scores plus élevés reflétaient une plus grande durabilité.
Les marqueurs de position socio-économique étudiés étaient l'éducation, le revenu du ménage et le statut professionnel. Des modèles de régression linéaire et de Poisson multi-ajustés ont été utilisés pour évaluer l'association transversale des marqueurs du statut socio-économique avec un régime alimentaire durable, et les sous-composantes de la durabilité, respectivement chez 29 119 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé.
Les personnes ayant un régime alimentaire plus durable avaient un coût monétaire légèrement plus élevé, un apport énergétique plus faible et consommaient moins d'aliments d'origine animale que leurs homologues. Un niveau d'éducation plus faible était associé à une durabilité globale du régime alimentaire et à des sous-scores nutritionnels, socioculturels et environnementaux plus faibles. Les ouvriers et les employés avaient un mSDI plus faible que les professions intermédiaires.
Dans l'ensemble, nos résultats ont mis en évidence des associations entre le statut socio-économique et le niveau de durabilité du régime alimentaire, ce qui plaide en faveur de la mise en œuvre de politiques alimentaires appropriées pour promouvoir des régimes durables à moindre coût.
Les motivations individuelles d'achat d'alimentaire durable se traduisent-elles par un changement individuel vers une alimentation plus durable ? Une analyse longitudinale dans la cohorte NutriNet-Sante
Joséphine Brunin, Benjamin Alles, Sandrine Péneau, Anouk Reuzé, Philippe Pointereau, Mathilde Touvier, Serge Hercberg, Denis Lairon, Julia Baudry, Emmanuelle Kesse-Guyot.
Lien : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S266678432200016X?via%3Dihub
De nombreuses études ont démontré les faiblesses des systèmes alimentaires en matière d'environnement et de santé et la nécessité d'une amélioration est désormais reconnue. Bien qu’une partie des consommateurs semblent être plus conscients des questions de durabilité, les motivations d’achat alimentaires durables ne se traduisent pas systématiquement par un comportement d'achat. Les objectifs de cette étude étaient les suivants : identifier une typologie des changements alimentaires et analyser si ces changements alimentaires vers une consommation plus durable entre 2014 et 2018 (en tenant compte de la qualité nutritionnelle, des aliments d’origine végétale et de la consommation de produits biologiques) étaient liés à un ensemble de motivations d'achat alimentaire.
Dans la cohorte française NutriNet-Santé, 13 292 individus ont rempli un questionnaire de fréquence alimentaire en 2014 et 2018 et un questionnaire validé de motivations d'achat alimentaire en 2013, avec un accent particulier sur la durabilité. Une typologie a été construite pour identifier les clusters à l'aide d'un modèle statistique de régression par rangs réduits (RRR), avec les différences de consommation alimentaire comme variables prédictives et un ensemble de scores alimentaires (reflétant la qualité nutritionnelle, les aliments d'origine végétale et la consommation de produits biologiques) comme variables de réponse. Les associations entre les changements alimentaires et les motivations d'achat alimentaire ont été évaluées à l'aide d'une ANCOVA.
Les participants ayant le régime alimentaire le plus durable en 2014 et ont continué de l’améliorer au fil du temps (augmentation de la consommation d'aliments favorable à la santé d’origine végétale et de produits biologiques) présentaient des motivations d'achat alimentaire durable plus élevées. Il s'agissait plus souvent de femmes, de personnes jeunes, et plus diplômées. Les participants ayant les motivations durables les plus faibles avaient au même temps un régime alimentaire plutôt non durable et ont amélioré leur régime alimentaire en 2018. Les participants ayant des motivations fortes liées au prix, à l'innovation et à la praticité ont montré une diminution de la qualité de leur alimentation au fil du temps (augmentation des aliments défavorable à la santé d’origine végétale et animale, des boissons alcoolisées, diminution de la consommation de produits biologiques). Ce cluster présentait la plus forte proportion d'hommes, de personnes moins diplômées, et de personnes âgées de plus de 65 ans.
Nos résultats indiquent qu'une partie de la population s'est intéressée à l'achat d'aliments durables et a amélioré la durabilité de son alimentation sur une courte période. Certains participants, présentant des caractéristiques socio-démographiques spécifiques, n'étaient pas conscients de la durabilité de leur alimentation. Il est donc essentiel de sensibiliser une certaine partie de la population à la durabilité alimentaire.
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