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Association prospective entre adhérence aux recommandations alimentaires françaises et le risque de diabète de type 2

Publié le 29/07/2021
Nutrition. 2021;84:111107.
Kesse-Guyot E, Chaltiel D, Fezeu LK, Baudry J, Druesne-Pecollo N, Galan P, Deschamps V, Touvier M, Julia C, Hercberg S.

Objectif : Les recommandations alimentaires françaises basées sur les groupes d’aliments (FBDG, pour food-based dietary guidelines) ont été mises à jour en 2017 par le Haut Conseil de la Santé Publique. La valeur prédictive sur les indicateurs de santé est une étape importante pour quantifier les bénéfices de telles recommandations.
L'objectif de cette étude prospective était d'estimer les associations entre le PNNS-GS2 (Programme National Nutrition Santé - guidelines score 2), reflétant le niveau d'adhérence aux FBDG 2017, et le risque de diabète de type 2 (T2D).

Méthodes : Un échantillon de 79 205 participants adultes français (âge moyen : 41,5 ans (SD=14,5) 78,5 % de femmes, 65 % diplômés de l'enseignement supérieur) de la cohorte NutriNet-Santé a été sélectionné (2009-2019). 
Les apports alimentaires ont été recueillis à l'aide d'enregistrements alimentaires répétés sur 24 heures. Le PNNS-GS2 (distribution théorique : -∞ à 14,25), comprenant 6 composantes d'adéquation et 7 composantes de modération ainsi qu'une pénalité sur les apports énergétiques, a été calculé. Les différentes composantes sont pondérées en fonction du niveau de preuve des associations avec la santé.
L'association entre le PNNS-GS2 (sous forme de quintiles (Q)) et le risque de DT2 a été estimée à l'aide de modèles à risques proportionnels de Cox multivariables tenant compte des facteurs sociodémographiques, anthropométriques, liés au mode de vie et à la santé afin de fournier des hazard ratio et les intervalles de confiance à 95 % correspondant. Des analyses de médiation par l’indice de masse corporelle ont été réalisées.

Résultats : Au cours d'un suivi moyen de 6,7 ans (soit 536 679 personnes-années), 676 cas de DT2 ont été recensés. Dans le modèle multivariables, les participants présentant un PNNS-GS2 élevé (plus grande adhérence aux FBDG 2017, Q5), par rapport à ceux ayant un PNNS-GS2 faible (adhérence basse aux FBDG 2017, Q1), présentaient une réduction de 49 % du risque de DT2 (HRQ5 vs Q1 : 0,51, IC 95 % : 0,37, 0,69). L'indice de masse corporelle expliquait jusqu'à 27 % de l’association. Les profils plus sains des participants à la cohorte comparés à la population générale ont probablement réduit la puissance statistique et sous-estimée l’association.

Conclusion : Dans cette vaste étude de cohorte prospective, une plus grande adhérence aux recommandations alimentaires françaises de 2017 était fortement et inversement associée au risque de développer un diabète de type 2. Cette analyse devrait être confirmée dans d'autres contextes mais en termes de santé publique et de politique nutritionnelle, cette étude soutient la pertinence des recommandations alimentaires françaises 2017.

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/33454528/

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