Evaluation de la cohérence et de la concordance des réponses et des profils socio-démographiques respectifs dans la cohorte web NutriNet-Santé

Am J Epidemiol. 2014 179(7):910-916

Andreeva VA, Galan P, Julia C, Castetbon K, Kesse-Guyot E, Hercberg S.

Nous avons cherché à identifier les différences sociodémographiques parmi les membres d'une e-cohorte française selon leur volonté de fournir une partie de leur NIR à 15 chiffres. De plus, nous avons cherché à évaluer la cohérence des informations auto-déclarées en les comparant avec les informations figurant dans le NIR. Nous avons étudié 100 118 personnes inscrites dans l'étude NutriNet-Santé entre 2009 et 2013. Nous avons utilisé des modèles de régression logistique polytomique. Au total, 84 442 participants (84,3 %) ont fourni les 7 premiers chiffres de leur NIR, et parmi eux 5 141 (6,1 %) avaient des données discordantes. L’analyse multivariée a montré des différences selon le sexe, l'âge, l'éducation et l'emploi en ce qui concerne la cohérence des informations entre les 2 sources. Les résultats confirment la qualité des données sociodémographiques obtenues en ligne dans le cadre d’un vaste échantillon de volontaires. La description quantitative des profils des participants selon la cohérence des informations pourrait servir les futurs travaux méthodologiques dans l'e-épidémiologie.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24521560





Association entre la perception des logos en face avant des emballages et des caractéristiques nutritionnelles, de mode de vie et de santé

Plos One. 2014 12;9(3):e90971

Méjean C, Macouillard P, Peneau S, Hercberg S, Castetbon K. Un questionnaire Internet spécifique développé par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle a évalué, dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé (https://www.etude-nutrinet-sante.fr), la compréhension et l’acceptabilité de différents logos présentant une information nutritionnelle.

Sur des représentations d’emballage de soupes industrielles, ont été testés 5 logos allant d’une information nutritionnelle très simplifiée (le feu tricolore simple, le logo du Programme National Nutrition Santé/PNNS et la coche verte) à plus complète (le feu tricolore multiple, appelé « Traffic Lights Multiple » déjà utilisé en Grande-Bretagne sur une base volontariste). Ces logos comportent un critère de jugement soit uniquement positif, (logo PNNS, coche verte), soit positif, neutre ou négatif (feux tricolores) ou proposent un jugement moins catégorique (dégradé de couleurs). L’originalité de l’étude est d’avoir pris en compte différentes dimensions constituant l'acceptabilité qui permettent de définir avec précision les profils de perception des logos d’information nutritionnelle et d'élucider leur relation avec les facteurs individuels.

Les résultats portant sur 28 952 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé montrent des différences d’acceptabilité et de compréhension des différents logos en fonction des comportements alimentaires et de l’état de santé des participants (obésité, hypertension, diabète, etc.). Aucun logo ne s’est démarqué des autres en termes d’acceptabilité et de compréhension dans les populations ayant une alimentation plutôt « défavorable » à la santé (plus éloignée des recommandations nutritionnelles). Cependant, les logos comportant un critère de jugement positif, neutre ou négatif sur les aliments, tel que les feux tricolores simples et multiples, étaient les modèles les plus appréciés par les personnes obèses, hypertendus ou diabétiques participant à l’étude : il a été retrouvé un tiers d’obèses en plus dans le groupe de sujets déclarant préférer le feu tricolore simple, un quart d’hypertendus en plus et deux fois plus de diabétiques dans le groupe des sujets qui plébiscitaient le feu tricolore multiple, par rapport aux groupes qui déclaraient préférer les logos PNNS et coche verte.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24621617





Facteurs de risque de cancer (socio-démographiques, économiques, nutritionnels et liés au mode de vie) associés à la consommation d'alcool

Int J Cancer. 2014 134(2):445-59

Touvier M, Druesne-Pecollo N, Kesse-Guyot E, Andreeva VA, Galan P, Hercberg S, Latino-Martel P.

La consommation d'alcool est un facteur de risque bien établi dans l'étiologie de plusieurs cancers. Au niveau international, des études ont été conduites sur les facteurs socioéconomiques et démographiques associés à la consommation d’alcool, mais les résultats sont complexes et contrastés. En outre, l'association entre la consommation d'alcool et le respect des recommandations nutritionnelles a été peu documentée, et très peu de données existent quant au potentiel rôle de déterminants ou de facteurs modificateurs des antécédents personnels ou familiaux de pathologies (cancer notamment) sur la consommation d’alcool. Nos objectifs étaient de : 1) identifier les facteurs sociodémographiques, nutritionnels et de mode de vie associés à la consommation d'alcool ; 2) identifier les profils de consommateurs d'alcool selon le type de boissons alcoolisées ; 3) estimer le nombre de facteurs de risque de cancer cumulés au niveau individuel en fonction du niveau de consommation d'alcool.

Les apports en alcool et en nutriments ont été estimés par 6 enregistrements de 24 h pour 29 566 adultes de la cohorte NutriNet-Santé. Les facteurs associés à la consommation d'alcool (non-buveurs (référence)/< 10 g/j/ ≥ 10 g/j) ont été évalués par régression logistique multivariée polytomique stratifiée sur le sexe. Chez les consommateurs d'alcool, les % d’alcool apporté par chaque type de boisson ont été comparés entre les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie à l'aide de tests non-paramétriques de Kruskal-Wallis. Une analyse des correspondances multiples a également été réalisée pour identifier des clusters de facteurs de risque associés à la consommation d’alcool.

Plusieurs facteurs ont été associés à une consommation d'alcool ≥ 10 g/j (au moins 1 verre/j) dans les deux sexes : l'âge (PH=0,02, PF<0,0001), le tabagisme (PH et F<0,0001), les catégories socioprofessionnelles supérieures (PH et F<0,0001), un revenu plus élevé (PH=0,003, PF<0,0001) et des apports alimentaires moins sains (au regard des recommandations nutritionnelles en vigueur pour la prévention primaire des cancers). Les profils des sujets variaient selon les types de boissons alcoolisées. Les hommes ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires (P=0,0002) ou de dépression (P=0,03) et les femmes ayant des antécédents de cirrhose (P<0,0001) consommaient moins d'alcool. Chez les femmes, un antécédent personnel de cancer était associé à une plus faible proportion de consommatrices modérées d'alcool uniquement (< 10 g/j, P=0,04). Dans les deux sexes, les sujets qui buvaient au moins 1 verre par jour cumulaient plus de facteurs de risque que les non buveurs, sans compter l’alcool (lui-même facteur de risque) : médiane = 5 versus 4, P<0,0001.

Contrairement aux résultats contrastés des études sur les profils de risque cardiovasculaire, la présente étude, basée sur un large échantillon d'adultes (n > 29 000), met en évidence un cluster de facteurs de risque de cancer (démographiques, de mode de vie et nutritionnels) associés à la consommation d’alcool, qui peuvent exercer une influence synergique délétère sur le risque de cancer. Pour la première fois, cette étude fournit des informations détaillées sur les antécédents personnels et familiaux de cancer, les maladies cardiovasculaires et la dépression comme déterminants potentiels ou modificateurs de la consommation d'alcool. La multiplicité des modes de vie néfastes associés à la consommation d'alcool doit être prise en compte dans les efforts de prévention des cancers. Des conseils médicaux sexe-spécifiques pour les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladies liées à l'alcool devraient être renforcés.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23824873





La consommation de féculents dans la cohorte NutriNet-Santé : étude transversale des profils de consommateurs et des contributions aux apports dans une étude de cohorte suivie par internet

Ann Nutr Metab. 2014 64(1):28-37

Szabo de Edelenyi F, Julia C, Courtois F, Méjean C, Péneau S, Galan P, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Le PNNS recommande de consommer des féculents « à  chaque repas selon l’appétit » (soit 3 à 6 portions de féculents par jour).

Grâce au système de recueil des apports alimentaires via Internet, il a été possible d’estimer les apports en féculents dans l’alimentation. Au total les analyses ont porté sur 80 209 participants correspondant à 264 564 enquêtes alimentaires.

Les apports en féculents observés dans NutriNet-Santé sont de 257 g/j (300 g/j chez les hommes et 217 g/j chez les femmes). Parmi les différents féculents, le pain est le principal contributeur (environ 45 %), devant les pommes de terre (20 %), les pâtes (17 %) et le riz (8,5 %). La consommation de pain augmente avec l’âge, alors que celles de pâtes et de riz diminuent. La consommation de pommes de terre est stable avec l’âge sauf chez les plus de 65 ans où elle est légèrement plus élevée. Environ 35 % des hommes et 66 % des femmes ont des apports en féculents inférieurs aux recommandations nutritionnelles ; 9,5 % des hommes et 1,3 % des femmes ont des apports en féculents supérieurs aux recommandations et seulement 55 % des hommes et 33 % des femmes suivent les recommandations nutritionnelles. Cela explique que les apports en glucides ne représentent que 43 % des apports énergétiques, par rapport à la recommandation d’au moins 50 %. Cette insuffisance d’apports peut s’expliquer par le fait que seuls 22 % des Nutrinautes connaissent la recommandation du PNNS concernant la consommation des féculents. C’est le repère de consommation le moins bien connu des repères alimentaires du PNNS (par ex, ils sont 86 % à connaitre « au moins 5 fruits et légumes par jour », 85 % « du poisson au moins 2 fois par semaine » ; 74 % « viandes/poissons/œufs 1 à 2 fois par jour », 39 % « 3 produits laitiers par jour »). Les consommations de féculents inférieures aux recommandations sont plus fréquentes chez les sujets ayant suivi un ou plusieurs régimes amaigrissants dans le passé. Les féculents contribuent à hauteur de 21 % des apports énergétiques chez les femmes et 23 % chez les hommes, à 75 % des apports en glucides complexes dans les deux sexes et à 34 % des apports en fibres chez les femmes et 39 % pour les hommes. Ils apportent 21,5 % des apports totaux en vitamine B1, 20 % des apports en vitamine B6 et 16,5 % des apports en vitamine B9 (folates).

Ces résultats justifient de promouvoir les recommandations du PNNS sur la consommation de glucides afin qu’ils contribuent à plus de 50 % des apports énergétiques journaliers, en favorisant la consommation des féculents (aliments sources d’amidon) et notamment les féculents complets (riches en fibres), tout en réduisant de 25 % la consommation actuelle de sucres simples, et en augmentant de 50 % la consommation de fibres.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24714561









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