Validation d'un questionnaire mesurant les motivations de choix alimentaires notamment les préoccupations vis à vis de la durabilité

Appetite. 2015 87:90-7

Sautron V, Péneau S, Camilleri GM, Muller L, Ruffieux B, Hercberg S, Méjean C.

Depuis les années 1990, la durabilité de l’alimentation est devenue une préoccupation croissante pour les consommateurs. Cependant, il n’existe à ce jour aucun outil validé permettant de mesurer les motivations des consommateurs lors d’achats alimentaires en tenant compte de la durabilité. Nous avons par conséquent développé un questionnaire évaluant les motivations liées aux choix alimentaires lors de l’achat et analysé ses propriétés psychométriques. Le questionnaire initial comprenait 104 items répartis en quatre dimensions prédéfinies (environnementale, sociale, économique et diverse). Il a été administré à 1000 sujets choisis aléatoirement parmi les participants de l'étude de cohorte Nutrinet-Santé. La structure sous-jacente du questionnaire a été déterminée par une analyse factorielle exploratoire puis validée par une analyse factorielle confirmatoire. De plus, la fiabilité a été évaluée par la mesure de la cohérence interne des dimensions identifiées et par la fidélité test-retest. Un total de 637 individus a complété le questionnaire. Après avoir sélectionné les items les plus pertinents, l'analyse factorielle a permis de dégager neuf dimensions représentant les motivations des consommateurs : l'éthique et l'environnement, la production locale et traditionnelle, le goût, le prix, les limitations d’achat liées à l'environnement, la santé, la simplicité d’utilisation, l'innovation et l'absence de produits chimiques. Le modèle a démontré une excellente validité interne (adjusted goodness of fit index = 0,97; standardized root mean square residuals = 0,07) et une fiabilité satisfaisante (cohérence interne = 0,96, coefficient kappa de Cohen ajusté sur les biais et la prévalence se situant entre 0,31 et 0,68 sur une période moyenne de 4 semaines).

Cette étude a permis l'identification précise de différentes motivations liées aux achats alimentaires et propose un outil original, multidimensionnel, validé et applicable à de larges populations pour évaluer les motivations des consommateurs au cours de leurs achats alimentaires, particulièrement en termes de durabilité de l’alimentation.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25529817





Etude de validation de l’outil mesurant les consommations dans l’Etude-Nutrinet Santé

Br J Nutr. 2015 113(6):953-62

Lassale C, Castetbon K, Laporte F, Camilleri GM, Deschamps V, Vernay M, Faure P, Hercberg S, Galan P, Kesse-Guyot E.

Une étude de validation a été réalisée chez environ 200 sujets afin de comparer les données collectées par 3 enregistrements de 24 h (24hDR) avec des biomarqueurs plasmatiques et urinaires (24hU).

Les différences entre 24hDR et 24hU étaient, chez les hommes, de 12,9 % pour les protéines, +2,59 % pour le potassium et -2,10 % pour le sodium, et chez les femmes, -11,0 %, -3,65 % et -8,31 % respectivement sur données brutes. En appliquant la méthode de la réduction de variance, la différence devenait plus faible pour les protéines et le sodium, mais pas pour le potassium. Le pourcentage de normodéclarants était supérieur après application de la méthode de réduction de variance : 58 % à 73 % (protéines), 59 % à 83 % (potassium), 33 % à 63 % (sel).

Les analyses sur les consommations de groupes d’aliments ont montré des coefficients de corrélation non-ajustés compris, chez les hommes, entre 0,14 (légumes et vitamine C plasmatique) et 0,54 (fruits et vitamine C plasmatique) et entre 0,35 (poisson et EPA) et 0,45 (poisson et DHA). Chez les femmes, les coefficients allaient de 0,21 (légumes et vitamine C plasmatique) à 0,41 (fruits et β‑carotène plasmatique) et de 0,12 (poisson gras et EPA) à 0,43 (poisson et DHA). Concernant les micronutriments, les corrélations brutes étaient comprises entre 0,41 (EPA) et 0,53 (vitamine C et β‑carotène) chez les hommes et entre 0,39 (β‑carotène) et 0,45 (DHA) chez les femmes. Ces coefficients restaient relativement similaires après ajustement.

La répétition de 3 enregistrements de 24 heures auto-administrés avec l’outil développé pour l’étude NutriNet-Santé présente une validité acceptable pour estimer les apports usuels en protéines, potassium et sodium.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25772032





Hétérogénéité spatiale des relations entre les caractéristiques environnementales et le déplacement actif : vers un modèle écologique et social variant localement

Int J Health Georg. 2015 14:12

Feuillet T, Charreire H, Menai M, Salze P, Simon C, Dugas J, Hercberg S, Andreeva VA, Enaux C, Weber C, Oppert JM.

Selon le modèle écologique et social des comportements favorables à la santé, il est maintenant bien accepté que les facteurs environnementaux influencent l’activité physique habituelle. La plupart des études précédentes sur les déterminants de l’activité physique ont présumé d’une homogénéité spatiale à travers la zone étudiée, c’est-à-dire que l’association entre l’environnement et l’activité physique est la même quel que soit l’endroit. L’originalité principale de cette étude était d’explorer les variations géographiques en relation avec le déplacement actif (marcher ou faire du vélo vers/à partir du lieu de travail) et les caractéristiques environnementales du lieu de résidence.

4164 adultes issus de la cohorte NutriNet-Santé sur internet, résidant dans et autour de Paris (France) ont été étudiés avec un modèle de régression Poisson pondéré géographiquement (GWPR). Les variables environnementales objectives, incluant à la fois l’environnement et les caractéristiques socio-économiques autour du lieu de résidence des individus ont été évaluées par des mesures basées sur GIS. Les facteurs environnementaux perçus (indice incluant la sécurité, l’esthétique et la pollution) ont été reportés à l’aide d’un questionnaire.

Nos résultats montrent que l’influence de l’environnement du quartier est plus prononcée dans la banlieue sud de la zone étudiée (Val de Marne) comparé à Paris intramuros tandis que des schémas plus complexes ont été trouvés ailleurs. Le déplacement actif était positivement associé à l’environnement seulement dans sud et le nord-est de la zone étudiée, tandis que des associations positives avec l’environnement socio-économique ont été trouvées seulement dans certains endroits spécifiques des parties nord et sud de la zone étudiée. Des variations locales similaires ont été observées avec les variables  environnementales perçues.

Ces résultats suggèrent que : 1) concernant le déplacement actif, la structure conceptuelle écologique et sociale devrait être localement nuancée et 2) les recommandations de santé publique ciblant localement plutôt que de manière générale pourraient être plus efficaces pour promouvoir le déplacement actif.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25885965





Relation entre alimentation et pression artérielle : une analyse transversale de l’étude NutriNet-Santé, une cohorte française sur internet

Am J Hypertens. 2015 28(3):362-71

Lelong H, Galan P, Kesse-Guyot E, Fezeu L, Hercberg S, Blacher J.

L’hypertension est la maladie chronique avec la plus forte prévalence dans le monde. Les comportements liés au mode de vie pour sa prévention et son contrôle font l’objet de recommandations mondiales. Cependant, leur relation avec la pression artérielle (PA), en particulier dans la population générale, nécessite des recherches supplémentaires. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact relatif de facteurs nutritionnels et du mode de vie sur la PA.

Des analyses transversales ont été réalisées sur les données de 8670 volontaires de l’étude NutriNet-Santé, une étude de cohorte française sur internet. Les apports alimentaires ont été estimés à partir de 3 enregistrements de 24 h. Les données sur les facteurs du mode de vie ont été collectées à partir de questionnaires et 3 mesures de la PA ont été effectuées en suivant un protocole standardisé. Les associations ajustées sur l’âge et les associations multivariées entre la pression artérielle systolique (PAS) et les facteurs du mode de vie ont été estimées par régressions linéaires multiples.

La PAS était plus élevée chez les participants avec des indices de masse corporelle (IMC) élevés. Les apports en sel était positivement associés avec la PAS chez les hommes mais pas chez les femmes. L’association négative entre consommation de fruits et légumes et PAS était significative dans les deux sexes. La consommation d’alcool était positivement associée à la PAS dans les deux sexes, contrairement à l’activité physique. Les 5 paramètres représentant les facteurs modifiables pour réduire l’hypertension plus l’âge et le niveau d’éducation, expliquaient 19,7 % de la variance de la PAS chez les femmes et 12,8 % chez les hommes. En tenant compte de leur coefficient de corrélation partielle, l’âge et l’IMC étaient les paramètres les plus importants en relation avec la PAS. L’apport en sel n’était plus associé à la PAS dans les deux sexes après ajustements multiples.

L’IMC est le facteur modifiable principal contribuant à la PAS après ajustements multiples.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25189870





Les caractéristiques socio-démographiques, psychologiques et de mode de vie sont associées à l'attirance sensorielle pour les goûts salé et sucré chez les adultes français

J Nutr. 2015 145(3):587-94

Lampuré A, Schlich P, Deglaire A, Castetbon K, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Des études ont souligné que l’attirance sensorielle pour le gras, le salé et le sucré pourrait influencer les comportements alimentaires avec une alimentation plus fréquemment défavorable à la santé chez les individus ayant une attirance plus élevée pour ces sensations. Par ailleurs, des études transversales ont montré une association positive entre l’attirance pour le gras et l’indice de masse corporelle, et des résultats contradictoires concernant l’attirance pour le salé et le sucré. La seule étude prospective sur le sujet a mis en évidence une augmentation du poids chez les individus ayant une attirance plus élevée pour le sucré mais aucune association significative concernant l’attirance pour le gras. Cependant, l’outil utilisé ne permettait pas d’appréhender la complexité de la mesure de l’attirance sensorielle.

Ainsi, notre objectif était d’estimer l’association prospective entre l’attirance pour le gras, le salé et le sucré, mesurée avec un questionnaire validé, et le risque d’obésité.

L’étude a été réalisée sur 29 015 adultes participant de la cohorte NutriNet-Santé. Les données d’attirance sensorielle ont été récoltées à l’inclusion via un questionnaire validé permettant le calcul des scores d’attirance pour le gras, le salé et le sucré, qui ont ensuite été divisés en quartiles afin de définir des niveaux d’attirance. Par ailleurs, les données anthropométriques déclaratives ont été recueillies annuellement pendant 4 ans. Des modèles de Cox stratifiés sur le sexe et ajustés sur les données alimentaires, sociodémographiques, économiques et de mode de vie ont été utilisés afin d’estimer l’influence de l’attirance pour ces trois sensations sur le risque d’obésité.

Chez les hommes et les femmes, une forte attirance pour le gras (4ème quartile) était associée à un risque d’obésité plus élevé (hommes : RRQ4vs.Q1 : 2,10 [IC 95 % 1,27-3,49] ; femmes : RRQ4vs.Q1 : 1,50 [1,12-2,00]). Cette association était en partie expliquée par la consommation alimentaire avec une diminution du risque de 20 à 30% après introduction des variables de consommation. En revanche, un score plus élevé d’attirance pour le goût sucré (4ème quartile) était associé à une réduction du risque d’obésité (hommes : RRQ4vs.Q1 : 0,61 [0,38-0,99] ; femmes : RRQ4vs.Q1 : 0,74 [0,56-0,97]). Enfin, il n’y avait aucune association significative chez les hommes et les femmes entre le score d’attirance pour le salé et la survenue d’obésité.

Après ajustement sur de nombreux facteurs de confusion, une attirance plus élevée pour le gras est un facteur prédictif de l’obésité, alors que l’attirance pour le sucré semble associée à une réduction de ce risque. Ainsi, ces composantes du comportement alimentaire paraissent utiles à prendre en compte dans la prise en charge des personnes à risque nutritionnel.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25733476









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