Etude NutriNet-Santé Cohorte nationale pour étudier les relations entre la nutrition et la santé
Association entre les apports en nutriments et aliments et l'attirance sensorielle pour le gras (étude Nutrinet-Santé)

Appetite. 2014 78:147-55

Méjean C, Deglaire A, Kesse-Guyot, Hercberg S, Schlich P, Castetbon K.

L’influence, sur les comportements alimentaires, des propriétés hédoniques d'aliments gras, salés ou sucrés, par ailleurs reconnus comme défavorables à la santé, a été peu explorée. Nous avons étudié les relations entre attirance pour les sensations de gras, salé et sucré et consommations alimentaires.

Des scores d’attirance envers le salé, le gras-salé, le sucré et le gras-sucré ont été construits à partir d’un questionnaire validé, auprès des participants de l’étude Nutrinet-Santé (n=41 595). Les relations entre scores d’attirance et consommations alimentaires ont été évaluées par comparaisons de moyennes ajustées sur l’âge et les apports énergétiques, stratifiées par sexe.

Plus l’attirance envers une sensation était forte, plus l’apport énergétique était élevé (+100 à 300 Kcal) et les consommations en fruits et légumes étaient faibles (-11 % à 21 %), particulièrement chez les hommes. Les individus ayant des préférences élevées pour le salé avaient des consommations plus élevées en sodium (+ 7 %), boissons alcoolisées (+ 28 % à 47 %) et matières grasses (+ 13 %). L’attirance pour le gras-salé était positivement associée aux consommations de produits salés et gras-salés (+ 10 % à 33 %) et inversement associée aux consommations de produits sucrés (- 10 %) et boissons alcoolisées (- 15 %). Les sujets ayant des préférences élevées pour le sucré et gras-sucré avaient des consommations plus élevées de produits gras-sucrés (+ 15 % à 30 %) et produits sucrés (pour l’attirance pour le sucré) (+ 5 %).

L’attirance forte pour ces sensations est associée à des profils alimentaires défavorables, soulignant la nécessité de considérer au premier plan la perception hédonique individuelle dans l’étude des déterminants des comportements alimentaires.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24681104


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Régimes amaigrissants utilisés en population générale : comment sont-ils perçus ?

PLoS One. 2014 9:e97834

Julia C, Peneau S, Andreeva VA, Mejean C, Fezeu L, Galan P, Hercberg S.

L’augmentation progressive de la prévalence de l’obésité et la pression sociale envers la minceur ont tendance à augmenter la fréquence des régimes alimentaires. Néanmoins, peu d’informations sont disponibles sur la perception des régimes alimentaires utilisés dans la population.

Notre objectif était d’étudier les perceptions associées à la pratique des régimes alimentaires dans une étude observationnelle afin d’identier la stratégie la plus favorable.

Des adultes participant à l’étude NutriNet-Santé ayant rapporté avoir effectué un régime alimentaire dans les trois années précédent l’enquête ont été inclus à l’étude. Pour chacun des régimes effectuées, des informations détaillées sur les types de régimes, les circonstances et perceptions du régime ont été collectées. Les perceptions des différents régimes ont été comparées en utilisant des modèles mixtes stratifiés sur le sexe.

Parmi les 48 435 sujets ayant complété le questionnaire, 12 673 (26,7 %, 87,8 % de femmes) avaient effectué au moins un régime alimentaire dans les trois années précédentes. Les régimes prescrits par des professionnels de santé et ceux reposant sur les recommandations nutritionnelles étaient ceux perçus le plus favorablement. En revanche, les régimes commerciaux et les restrictions alimentaires auto-imposées étaient moins favorablement perçus (Odds ratios (OR) associé à la difficulté à suivre le régime 1,30 (intervalle de confiance à 95 % (0,99-1,7)) chez les hommes et OR 1,92 (1,76-2,10) chez les femmes en comparaison du suivi des recommandations) et conduisaient plus souvent à un regain pondéral et une alimentation déséquilibrée.

Les recommandations nutritionnelles officielles peuvent être utiles afin de permettre aux individus de maintenir une alimentation équilibrée alors qu’ils suivent un régime alimentaire.  

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24852440


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Evaluation de la cohérence et de la concordance des réponses et des profils socio-démographiques respectifs dans la cohorte web NutriNet-Santé

Am J Epidemiol. 2014 179(7):910-916

Andreeva VA, Galan P, Julia C, Castetbon K, Kesse-Guyot E, Hercberg S.

Nous avons cherché à identifier les différences sociodémographiques parmi les membres d'une e-cohorte française selon leur volonté de fournir une partie de leur NIR à 15 chiffres. De plus, nous avons cherché à évaluer la cohérence des informations auto-déclarées en les comparant avec les informations figurant dans le NIR. Nous avons étudié 100 118 personnes inscrites dans l'étude NutriNet-Santé entre 2009 et 2013. Nous avons utilisé des modèles de régression logistique polytomique. Au total, 84 442 participants (84,3 %) ont fourni les 7 premiers chiffres de leur NIR, et parmi eux 5 141 (6,1 %) avaient des données discordantes. L’analyse multivariée a montré des différences selon le sexe, l'âge, l'éducation et l'emploi en ce qui concerne la cohérence des informations entre les 2 sources. Les résultats confirment la qualité des données sociodémographiques obtenues en ligne dans le cadre d’un vaste échantillon de volontaires. La description quantitative des profils des participants selon la cohérence des informations pourrait servir les futurs travaux méthodologiques dans l'e-épidémiologie.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24521560


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Association entre la perception des logos en face avant des emballages et des caractéristiques nutritionnelles, de mode de vie et de santé

Plos One. 2014 12;9(3):e90971

Méjean C, Macouillard P, Peneau S, Hercberg S, Castetbon K. Un questionnaire Internet spécifique développé par l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle a évalué, dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé (https://www.etude-nutrinet-sante.fr), la compréhension et l’acceptabilité de différents logos présentant une information nutritionnelle.

Sur des représentations d’emballage de soupes industrielles, ont été testés 5 logos allant d’une information nutritionnelle très simplifiée (le feu tricolore simple, le logo du Programme National Nutrition Santé/PNNS et la coche verte) à plus complète (le feu tricolore multiple, appelé « Traffic Lights Multiple » déjà utilisé en Grande-Bretagne sur une base volontariste). Ces logos comportent un critère de jugement soit uniquement positif, (logo PNNS, coche verte), soit positif, neutre ou négatif (feux tricolores) ou proposent un jugement moins catégorique (dégradé de couleurs). L’originalité de l’étude est d’avoir pris en compte différentes dimensions constituant l'acceptabilité qui permettent de définir avec précision les profils de perception des logos d’information nutritionnelle et d'élucider leur relation avec les facteurs individuels.

Les résultats portant sur 28 952 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé montrent des différences d’acceptabilité et de compréhension des différents logos en fonction des comportements alimentaires et de l’état de santé des participants (obésité, hypertension, diabète, etc.). Aucun logo ne s’est démarqué des autres en termes d’acceptabilité et de compréhension dans les populations ayant une alimentation plutôt « défavorable » à la santé (plus éloignée des recommandations nutritionnelles). Cependant, les logos comportant un critère de jugement positif, neutre ou négatif sur les aliments, tel que les feux tricolores simples et multiples, étaient les modèles les plus appréciés par les personnes obèses, hypertendus ou diabétiques participant à l’étude : il a été retrouvé un tiers d’obèses en plus dans le groupe de sujets déclarant préférer le feu tricolore simple, un quart d’hypertendus en plus et deux fois plus de diabétiques dans le groupe des sujets qui plébiscitaient le feu tricolore multiple, par rapport aux groupes qui déclaraient préférer les logos PNNS et coche verte.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24621617


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Facteurs de risque de cancer (socio-démographiques, économiques, nutritionnels et liés au mode de vie) associés à la consommation d'alcool

Int J Cancer. 2014 134(2):445-59

Touvier M, Druesne-Pecollo N, Kesse-Guyot E, Andreeva VA, Galan P, Hercberg S, Latino-Martel P.

La consommation d'alcool est un facteur de risque bien établi dans l'étiologie de plusieurs cancers. Au niveau international, des études ont été conduites sur les facteurs socioéconomiques et démographiques associés à la consommation d’alcool, mais les résultats sont complexes et contrastés. En outre, l'association entre la consommation d'alcool et le respect des recommandations nutritionnelles a été peu documentée, et très peu de données existent quant au potentiel rôle de déterminants ou de facteurs modificateurs des antécédents personnels ou familiaux de pathologies (cancer notamment) sur la consommation d’alcool. Nos objectifs étaient de : 1) identifier les facteurs sociodémographiques, nutritionnels et de mode de vie associés à la consommation d'alcool ; 2) identifier les profils de consommateurs d'alcool selon le type de boissons alcoolisées ; 3) estimer le nombre de facteurs de risque de cancer cumulés au niveau individuel en fonction du niveau de consommation d'alcool.

Les apports en alcool et en nutriments ont été estimés par 6 enregistrements de 24 h pour 29 566 adultes de la cohorte NutriNet-Santé. Les facteurs associés à la consommation d'alcool (non-buveurs (référence)/< 10 g/j/ ≥ 10 g/j) ont été évalués par régression logistique multivariée polytomique stratifiée sur le sexe. Chez les consommateurs d'alcool, les % d’alcool apporté par chaque type de boisson ont été comparés entre les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie à l'aide de tests non-paramétriques de Kruskal-Wallis. Une analyse des correspondances multiples a également été réalisée pour identifier des clusters de facteurs de risque associés à la consommation d’alcool.

Plusieurs facteurs ont été associés à une consommation d'alcool ≥ 10 g/j (au moins 1 verre/j) dans les deux sexes : l'âge (PH=0,02, PF<0,0001), le tabagisme (PH et F<0,0001), les catégories socioprofessionnelles supérieures (PH et F<0,0001), un revenu plus élevé (PH=0,003, PF<0,0001) et des apports alimentaires moins sains (au regard des recommandations nutritionnelles en vigueur pour la prévention primaire des cancers). Les profils des sujets variaient selon les types de boissons alcoolisées. Les hommes ayant des antécédents de maladies cardiovasculaires (P=0,0002) ou de dépression (P=0,03) et les femmes ayant des antécédents de cirrhose (P<0,0001) consommaient moins d'alcool. Chez les femmes, un antécédent personnel de cancer était associé à une plus faible proportion de consommatrices modérées d'alcool uniquement (< 10 g/j, P=0,04). Dans les deux sexes, les sujets qui buvaient au moins 1 verre par jour cumulaient plus de facteurs de risque que les non buveurs, sans compter l’alcool (lui-même facteur de risque) : médiane = 5 versus 4, P<0,0001.

Contrairement aux résultats contrastés des études sur les profils de risque cardiovasculaire, la présente étude, basée sur un large échantillon d'adultes (n > 29 000), met en évidence un cluster de facteurs de risque de cancer (démographiques, de mode de vie et nutritionnels) associés à la consommation d’alcool, qui peuvent exercer une influence synergique délétère sur le risque de cancer. Pour la première fois, cette étude fournit des informations détaillées sur les antécédents personnels et familiaux de cancer, les maladies cardiovasculaires et la dépression comme déterminants potentiels ou modificateurs de la consommation d'alcool. La multiplicité des modes de vie néfastes associés à la consommation d'alcool doit être prise en compte dans les efforts de prévention des cancers. Des conseils médicaux sexe-spécifiques pour les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladies liées à l'alcool devraient être renforcés.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23824873


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