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Impulsivité et perspectives temporelles en tant que modérateurs de l’association entre l’alimentation liée aux émotions et le statut pondéral

Int J Behav Nutr Phys Act. 2018 Sep 6;15(1):84.
Bénard M, Bellisle F, Etilé F, Reach G, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Péneau S.

Contexte : L’alimentation liée aux émotions (EmE) est caractérisée par une surconsommation d’aliments en réponse à des émotions négatives et est associée à une augmentation du statut pondéral. La considération des conséquences futures (CFC) ou un niveau faible d’impulsivité pourraient influencer l’association entre EmE et statut pondéral. L’objectif était l’influence potentiellement modératrice de la CFC et de l’impulsivité sur la relation entre EmE et IMC.

Méthodes : Un total de 9974 hommes et 39 797 femmes issus de l’étude de cohorte NutriNet-Santé ont complété la version révisée à 21 items du « Three-Factor Eating Questionnaire » pour estimer le score d’EmE, le questionnaire CFC (CFC-12) pour évaluer le niveau de perspective temporelle et le questionnaire Barratt Impulsiveness Scale (BIS-11) pour estimer l’impulsivité. Le poids et la taille ont été auto-déclarés chaque année pendant une période de suivi moyen de 5,3 ans. Les associations entre EmE et mesures répétées d’IMC ont été évaluées avec des modèles de régression logistique et linéaire multivariés stratifiés par genre, tertiles de CFC, ou tertiles de BIS-11, ajustés pour les facteurs sociodémographiques et de style de vie.

Résultats : Globalement, l’EmE était associée positivement à l’IMC. La CFC et l’impulsivité ne modulaient pas l’effet de l’EmE sur les changements d’IMC par an, mais modéraient quantitativement l’effet de l’EmE sur l’IMC global. Chez les femmes, l’intensité de l’association entre EmE et statut pondéral augmentait avec le niveau de CFC. La différence des pentes d’IMC entre un niveau faible et un niveau élevé de CFC était de - 0,43 kg/m² (IC 95 % : - 0,55, - 0,30) (p ˂ 0,0001). De plus, la force de l’association entre alimentation liée aux émotions et statut pondéral augmentait avec le niveau d’impulsivité. La différence des pentes d’IMC entre un niveau faible et un niveau élevé d’impulsivité était de + 0,37 kg/m² (IC 95 % : 0,24, 0,51) (p ˂ 0,0001). Chez les hommes, une association entre EmE et IMS a été observée seulement chez les individus avec un faible niveau de CFC.

Conclusions : L’impulsivité et la considération des conséquences futures modulaient l’association entre l’alimentation émotionnelle et le statut pondéral. Cette étude met en évidence l’importance de prendre en compte certains aspects psychologiques dans le cadre de la prévention de l’obésité.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30189878
 

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