Application du profil nutritionnel des aliments de la British Food Standards Agency dans une table de composition alimentaire française

Br J Nutr. 2014 112:1699-705

Julia C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Mejean C, Fezeu L, Hercberg S.

Ce travail avait pour objectif d’étudier l’application du score de la Food Standard Agency britannique (score FSA) dans le contexte alimentaire français. Le score FSA des aliments a été appliqué à l’ensemble des aliments et boissons présents dans la table de composition de l’étude Nutrinet-Santé (N=3331 aliments et N=177 boissons), et le classement des groupes alimentaires en fonction des quintiles statistiques (quartiles pour les boissons) a été évalué.

Dans l’ensemble, le score FSA classait les aliments de façon cohérente par rapport aux recommandations du PNNS : la majorité des fruits et légumes et produits céréaliers étaient classés dans les quintiles de score de meilleure qualité nutritionnelle (97,8 % des fruits et légumes classés dans les deux premiers quintiles) alors que les produits de grignotage étaient classés dans les quintiles de score de moins bonne qualité nutritionnelle (54,5 % des produits de grignotage sucrés étaient classés dans les deux derniers quintiles). Le score FSA permettait en outre de discriminer la qualité nutritionnelle des produits au sein de grands groupes alimentaires (p.e. yaourts et lait classés dans des quintiles de scores de meilleure qualité nutritionnelle par rapport aux fromages).

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25277084





Motivations de participation à une cohorte nutritionnelle basée sur internet en fonction des caractéristiques socio-démographiques, de mode de vie et de santé : l'étude de cohorte NutriNet-Santé

J Med Internet Res. 2014 16(8):e189

Méjean C, Szabo de Edelenyi F, Touvier M, Kesse-Guyot E, Julia C, Andreeva VA, Hercberg S.

L’utilisation d’Internet comme moyen de collecte des données individuelles permet de réduire le coût et la complexité de la logistique des études de cohortes sur de très larges échantillons. Bien que la participation aux études constitue un enjeu majeur en épidémiologie, peu de travaux ont exploré ce sujet pour les e-cohortes, notamment en termes de profils et de motivations des participants.

L'objectif de cette étude était d'évaluer les associations entre les motivations à participer à l’étude Nutrinet-Santé (e-cohorte visant à étudier les relations nutrition et santé), et les caractéristiques sociodémographiques, de santé et les modes de vie des participants.

Un total de 6352 participants de la cohorte NutriNet-Santé ont été inclus dans cette analyse transversale. Les motivations de participation ont été évaluées, via un questionnaire spécifique. Nous avons étudié les associations entre les motivations et les facteurs individuels avec des modèles de régression logistiques multivariés.

Parmi les participants, 61,4 % ont déclaré participer pour aider la recherche publique pour la prévention des maladies, 22,2 % pour aider la recherche en nutrition, 6,9 % pour répondre à l’appel lancé par les medias ou à la demande d’un proche ou d’un professionnel de santé et 9,5 % pour d’autres raisons. Les personnes ayant plus de 45 ans étaient plus susceptibles de participer à l’étude pour aider la recherche publique sur la prévention des maladies (OR=1,62 [1,07-2,47]) alors que les sujets en surpoids et obèses étaient moins susceptibles d’y participer pour cette raison (OR=0,72 [0,58-0,89), OR=0,62 [0,46-0,84]). Parmi les sujets, 46,5 % ont déclaré qu’ils n’auraient pas participé si l’étude n’était pas sur Internet. Les hommes, les individus ayant moins de 35 ans et ceux ayant un enfant étaient plus susceptibles de ne pas participer à l’étude sans le support Internet (OR=1,21 [1,04-1,42], OR=1,51 [1,20-1,91], OR=1,23 [1,04-1,46]). Comparés aux individus plus jeunes et aux cadres, les personnes âgées de plus de 55 ans et les ouvriers étaient moins motivés de participer à l’étude sur Internet (respectivement, OR=0,60 [0,48-0,45], OR=0,77 [0,63-0,92]). Le financement exclusif de l’étude par les pouvoirs publics était important pour deux tiers des sujets. Les hommes et les personnes ayant plus de 55 ans étaient plus susceptibles d’estimer important le financement public (OR=1,47 [1,20-1,80), OR=1,95 [1,48-2,56]). A l’inverse, les personnes ayant moins 35 ans étaient moins sensibles au financement exclusivement public (OR=0,61 [0,48-0,78]). Il en est de même pour les personnes en surpoids ou obèses (OR=0,78 [0,65-0,95), OR=0,66 [0,51-0,85]), pour les individus de niveau d’éducation primaire ou secondaire (OR=0,47 [0,30-0,75), OR=0,45 [0,36-0,57]), pour les ouvriers et les commerçants/artisans (OR=0,64 [0,51-0,81), OR=0,60 [0,40-0,91]).

L’utilisation d’Internet, le financement exclusivement public et la volonté d’aider la recherche publique sont des motivations essentielles pour la participation à l’e-cohorte NutriNet-Santé. Ces motivations diffèrent selon les profils sociodémographiques et l’IMC mais ne sont pas associées aux modes de vie ni à l’état de santé.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25135800





L’association entre l’alimentation liée aux émotions et la consommation d’aliments de type grignotage riches en calories est modifiée par le sexe et la symptomatologie dépressive

J Nutr. 2014 144(8):1264-73

Camilleri GM, Méjean C, Kesse-Guyot E, Andreeva VA, Bellisle F, Hercberg S, Péneau S.

Au cours des dernières années, l'alimentation liée aux émotions (EmE) a suscité un vif intérêt en recherche comme déterminant psychologique majeur de la prise alimentaire et du surpoids. Toutefois, on connaît peu les facteurs qui pourraient moduler ses relations avec les habitudes alimentaires. L'objectif était d'examiner l'association entre l’EmE et la consommation d’aliments de snacking riches en calories et d'évaluer les interactions entre l’EmE et le sexe et entre l’EmE et la présence de symptômes dépressifs.

Un total de 7378 hommes et 22 862 femmes issus de l’étude NutriNet-Santé (France, 2009-2013) ayant complété au moins 6 enregistrements alimentaires de 24 h ont été inclus dans cette analyse transversale. Le score d’EmE a été estimé à partir des données de la version révisée à 21 items du « Three-Factor Eating Questionnaire » et la symptomatologie dépressive a été évaluée par les scores de l’échelle « Center for Epidemiological Studies-Depression scale ». Les associations entre l’EmE et les consommations d’aliments riches en énergie ont été évaluées avec des modèles de régression logistique et linéaire multivariés ajustés pour les facteurs sociodémographiques et de style de vie.

Un score d’EmE plus élevé était associé à une plus grande consommation d’aliments de snacking riches en énergie et, en particulier, la consommation d'aliments gras et sucrés dans la plupart des catégories étudiées. Cependant, ces associations étaient plus fortes chez les femmes avec symptômes dépressifs (par exemple, pour une forte consommation de chocolat, OR : 1,77, IC 95 % : 1,43-2,20 ; gâteaux/ biscuits/pâtisseries, OR : 1,81, IC 95 % : 1,45-2,26) comparées à celles sans symptômes dépressifs (par exemple, pour une forte consommation de  chocolat, OR : 1,52, IC 95 % : 1,36-1,69 ; gâteaux/biscuits/pâtisseries, OR : 1,44, IC à 95 % : 1,29-1,61). En revanche, les associations positives observées chez les hommes sans symptômes dépressifs (par exemple, pour une consommation forte de chocolat, OR : 1,33, IC 95 % : 1,16-1,52 ; gâteaux/biscuits/pâtisseries, OR : 1,28, IC à 95 % : 1,11-1.48) n’ont pas été retrouvées chez les hommes présentant des symptômes dépressifs. En conclusion, chez les femmes, l’EmE était positivement associée à la consommation d’aliments riches en énergie, en particulier chez celles avec symptômes dépressifs. Pour les hommes, la relation entre l’EmE et les aliments de snacking riches en énergie a été trouvé seulement chez ceux sans symptômes dépressifs.

Ces résultats appellent à prendre en considération l'état psychologique afin de cibler les habitudes alimentaires malsaines, en particulier chez les femmes.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24850627

 





Association entre les apports en nutriments et aliments et l'attirance sensorielle pour le gras (étude Nutrinet-Santé)

Appetite. 2014 78:147-55

Méjean C, Deglaire A, Kesse-Guyot, Hercberg S, Schlich P, Castetbon K.

L’influence, sur les comportements alimentaires, des propriétés hédoniques d'aliments gras, salés ou sucrés, par ailleurs reconnus comme défavorables à la santé, a été peu explorée. Nous avons étudié les relations entre attirance pour les sensations de gras, salé et sucré et consommations alimentaires.

Des scores d’attirance envers le salé, le gras-salé, le sucré et le gras-sucré ont été construits à partir d’un questionnaire validé, auprès des participants de l’étude Nutrinet-Santé (n=41 595). Les relations entre scores d’attirance et consommations alimentaires ont été évaluées par comparaisons de moyennes ajustées sur l’âge et les apports énergétiques, stratifiées par sexe.

Plus l’attirance envers une sensation était forte, plus l’apport énergétique était élevé (+100 à 300 Kcal) et les consommations en fruits et légumes étaient faibles (-11 % à 21 %), particulièrement chez les hommes. Les individus ayant des préférences élevées pour le salé avaient des consommations plus élevées en sodium (+ 7 %), boissons alcoolisées (+ 28 % à 47 %) et matières grasses (+ 13 %). L’attirance pour le gras-salé était positivement associée aux consommations de produits salés et gras-salés (+ 10 % à 33 %) et inversement associée aux consommations de produits sucrés (- 10 %) et boissons alcoolisées (- 15 %). Les sujets ayant des préférences élevées pour le sucré et gras-sucré avaient des consommations plus élevées de produits gras-sucrés (+ 15 % à 30 %) et produits sucrés (pour l’attirance pour le sucré) (+ 5 %).

L’attirance forte pour ces sensations est associée à des profils alimentaires défavorables, soulignant la nécessité de considérer au premier plan la perception hédonique individuelle dans l’étude des déterminants des comportements alimentaires.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24681104





Régimes amaigrissants utilisés en population générale : comment sont-ils perçus ?

PLoS One. 2014 9:e97834

Julia C, Peneau S, Andreeva VA, Mejean C, Fezeu L, Galan P, Hercberg S.

L’augmentation progressive de la prévalence de l’obésité et la pression sociale envers la minceur ont tendance à augmenter la fréquence des régimes alimentaires. Néanmoins, peu d’informations sont disponibles sur la perception des régimes alimentaires utilisés dans la population.

Notre objectif était d’étudier les perceptions associées à la pratique des régimes alimentaires dans une étude observationnelle afin d’identier la stratégie la plus favorable.

Des adultes participant à l’étude NutriNet-Santé ayant rapporté avoir effectué un régime alimentaire dans les trois années précédent l’enquête ont été inclus à l’étude. Pour chacun des régimes effectuées, des informations détaillées sur les types de régimes, les circonstances et perceptions du régime ont été collectées. Les perceptions des différents régimes ont été comparées en utilisant des modèles mixtes stratifiés sur le sexe.

Parmi les 48 435 sujets ayant complété le questionnaire, 12 673 (26,7 %, 87,8 % de femmes) avaient effectué au moins un régime alimentaire dans les trois années précédentes. Les régimes prescrits par des professionnels de santé et ceux reposant sur les recommandations nutritionnelles étaient ceux perçus le plus favorablement. En revanche, les régimes commerciaux et les restrictions alimentaires auto-imposées étaient moins favorablement perçus (Odds ratios (OR) associé à la difficulté à suivre le régime 1,30 (intervalle de confiance à 95 % (0,99-1,7)) chez les hommes et OR 1,92 (1,76-2,10) chez les femmes en comparaison du suivi des recommandations) et conduisaient plus souvent à un regain pondéral et une alimentation déséquilibrée.

Les recommandations nutritionnelles officielles peuvent être utiles afin de permettre aux individus de maintenir une alimentation équilibrée alors qu’ils suivent un régime alimentaire.  

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24852440









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