Comparaison des caractéristiques socio-démographiques dans la cohorte web NutriNet-Santé avec les données du recensement français : la question du biais de sélection

J Epidemiol Community Health. 2015 69(9):893-898

Andreeva VA, Salanave B, Castetbon K, Deschamps V, Vernay M, Kesse-Guyot E, Hercberg S.

Nous avons étudié un échantillon comprenant  122 912 personnes inscrites dans la cohorte web NutriNet-Santé entre mai 2009 et mars 2014. Leurs caractéristiques sociodémographiques ont été comparées avec les chiffres correspondants de l’Insee pour l’année 2009.

Malgré une diversité géographique et sociodémographique de l’échantillon, y compris des volontaires appartenant à des sous-groupes habituellement sous-représentés dans les enquêtes traditionnelles (ex : chômeurs,  immigrés, personnes âgées), la proportion de femmes, de personnes avec un niveau supérieur de l'éducation et ceux qui sont mariés ou vivent en couple étaient notamment plus élevée par rapport aux chiffres nationaux.

Certains écarts entre la population générale française et cette e-cohorte ont été corrigés par une pondération statistique. Les résultats portent sur la généralisabilité possible des résultats futurs dans le cadre de l'e-épidémiologie.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25832451





Pleine conscience et surpoids dans la cohorte NutriNet-Santé

PLoS One. 2015 10(6):e0127447

Camilleri GM, Méjean C, Bellisle F, Hercberg S, Péneau S.

La pleine conscience peut être définie comme un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention intentionnellement dans le moment présent et sans jugement. Plusieurs interventions basées sur ce concept ont démontré leur efficacité pour aider des personnes obèses à perdre du poids. Cependant, ce concept psychologique a été très rarement étudié dans les études observationnelles.

Le but de cette étude était donc d’étudier les relations entre pleine conscience et  surpoids dans un large échantillon d’adultes en population générale.

Un total de 14 400 hommes et 49 228 femmes issus de l’étude NutriNet-Santé (France, 2013) ont été inclus dans cette analyse transversale. Les données déclarées de poids et de taille ont été collectées, ainsi que le niveau de pleine conscience, estimé à partir des données du Five Facets Mindfulness Questionnaire (FFMQ). Les associations entre la pleine conscience, ses sous-échelles (catégorisées en quartiles) et le surpoids ont été évaluées avec des modèles de régression logistique multivariés.     

Les femmes ayant des scores plus élevés de pleine conscience avaient moins de chance d’être en surpoids (quartile 4 vs 1: OR=0,84, IC 95 % : 0,79-0,90). Toutes les sous-échelles étaient négativement associées avec le risque d’être en surpoids mais l’association la plus forte a été trouvée pour la sous-échelle Observer (quartile 4 vs 1 : 0,71 [0,65-0,78]). Chez les hommes, seules les sous-échelles Observer et Non-réactivité étaient négativement associées au surpoids.          

Notre étude est la première à s’intéresser aux relations entre pleine conscience et statut pondéral dans un large échantillon. Les résultats suggèrent que la pleine conscience au quotidien pourrait influencer le statut pondéral. Si ces observations étaient confirmées, la pleine conscience pourrait se révéler un levier prometteur dans la prévention de l’obésité.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26038824





Prise de compléments alimentaires chez les patients atteints de cancer ou en rémission dans la cohorte NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2015 113(8):1319-29

Pouchieu C, Fassier P, Druesne-Pecollo N, Zelek L, Bachmann P, Touillaud M, Bairati I, Hercberg S, Galan P, Cohen P, Latino-Martel P, Touvier M.

La prise de compléments alimentaires (CA) est susceptible d’agir sur le pronostic de cancer, le risque de récidive et de 2ème cancer. Alors que cette consommation chez les patients atteints de cancer est largement documentée aux Etats-Unis, elle est nettement moins décrite en Europe et particulièrement en France. Les objectifs de cette étude étaient : 1) d’évaluer la consommation de CA et les facteurs associés dans un large échantillon de patients atteints de cancer ou en rémission en France, 2) d’évaluer l’implication des médecins dans la prise de CA de leurs patients et 3) d’estimer l’ampleur des pratiques de consommation de CA potentiellement « à risque » chez ces personnes.

Les données ont été collectées par auto-questionnaires sur Internet chez les participants de la cohorte NutriNet-Santé. Au total, 1081 personnes avaient fourni des informations sur leur consommation de CA après leur diagnostic de cancer. Les consommateurs de CA ont été comparés aux non-consommateurs vis-à-vis de différentes caractéristiques sociodémographiques et liées au mode de vie.

29 % des hommes et 62 % des femmes ont rapporté prendre au moins un CA après le diagnostic de leur cancer. L’automédication représentait 45 % des prises. Vitamine D, B6, C et magnésium étaient les nutriments les plus fréquemment consommés. 14 % des consommateurs ont commencé à prendre ces produits après leur diagnostic de cancer. Pour 35 % des CA déclarés, aucun des médecins n’étaient informés de la consommation de CA par leurs patients. La prise de CA était associée à un mode de vie plus sain (poids normal, non-fumeur, meilleure alimentation) et la contribution des CA aux apports nutritionnels totaux était très élevée : plus de la moitié des apports quotidiens totaux pour les vitamines D, B6, E et B12. 18 % des personnes atteintes de cancer et consommatrices de compléments alimentaires avaient des pratiques de consommation potentiellement « à risque » : 30 personnes ayant une histoire tabagique avaient consommé des compléments à base de β-carotène, 44 avaient pris des compléments alimentaires contre-indiqués dans certains types de cancer (hormono-dépendants notamment) et 39 participants avaient pris simultanément des compléments et des médicaments pour lesquels des interactions délétères (modérées ou sévères) étaient répertoriées dans la littérature.

Cette étude suggère que la prise de CA est très répandue chez les survivants du cancer, en grande partie sans contrôle médical et avec une proportion importante de personnes ayant des pratiques de prise de CA potentiellement « à risque ». Les médecins devraient plus systématiquement discuter de la prise de CA avec leurs patients atteints de cancer.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25826598





Etude descriptive des comportements sédentaires chez 35444 adultes français occupant un emploi : résultats transversaux de l’étude ACTI-Cités

BMC Public Health. 2015 15:379

Saidj M, Menai M, Charreire H, Weber C, Enaux C, Aadahl M, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Simon C, Oppert JM.

Considérant les évènements défavorables à la santé associés aux comportements sédentaires, il existe un besoin de mieux comprendre le contexte dans lequel ces comportements se déroulent dans le cadre de la santé publique. Nous avons étudié les comportements sédentaires auto-déclarés par type de jour (travaillé/non travaillé), l’emploi et les perceptions à l’égard de l’activité physique dans un grand échantillon d’adultes.

Nous avons évalué les comportements sédentaires transversalement chez 35444 adultes occupant un emploi (moyenne ± EC âge : 44,5 ± 13,0 ans) issus de la cohorte internet française NutriNet-Santé. Les participants ont auto-déclaré leurs comportements sédentaires évalués par le temps passé assis (au travail, dans les transports, pendant le temps libre) et le temps passé à des divertissements sédentaires (TV/DVD, ordinateur, autres activités sur écran, autres activités sans écran) pendant les jours de travail et les jours non travaillés, ainsi que le type d’emploi (de principalement assis à travail manuel difficile) et les perceptions à l’égard de l’activité physique. Les associations entre chaque type de comportement sédentaire et le type d’emploi et les perceptions à l’égard de l’activité physique ont été analysées par type de jour via des analyses de régression linéaire multiple.

Les jours travaillés, les adultes passaient en moyenne (EC) 4,17 (3,07) h/j assis au travail, 1,10 (1,69) h/j assis dans les transports, 2,19 (2,62) h/j assis pendant leur temps de loisir, 1,53 (1,24) h/j à regarder la TV/DVD, 2,19 (2,62) h/j sur d’autres écrans, et 0,97 (1,49) h/j assis sans écran. Les jours non travaillés, c’était 0,85 (1,53) h/j assis dans les transports, 3,19 (2,05) h/j assis pendant leur temps de loisir, 2,24 (1,76) h/j à regarder la TV/DVD, 1,85 (1,74) h/j sur d’autres écrans et 1,30 (1,35) assis sans écran. Le temps passé à des comportements sédentaires différait en fonction du type d’emploi, avec plus de comportements sédentaires en dehors du travail (temps assis et temps de divertissement), chez ceux qui exercent des professions sédentaires, en particulier les jours travaillés. Des perceptions négatives à l’égard de l’activité physique étaient associées avec plus de comportements sédentaires en dehors du travail (temps assis et temps de divertissement), indépendamment du type de jour.

Un nombre important d’heures d’éveil était passé à divers comportements sédentaires les jours travaillés et non travaillés. Etre sédentaire au travail était associé à plus de comportements sédentaires en dehors du travail. Les perceptions négatives à l’égard de l’activité physique pourraient influencer la durée du temps passé à des comportements sédentaires. Ces données devraient aider à mieux identifier des groupes cibles dans le cadre d’interventions de santé publique visant à réduire les comportements sédentaires chez les adultes occupant un emploi.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25884816





Troubles fonctionnels digestifs et association avec l'indice de masse corporelle chez 35,447 adultes

Aliment Pharmacol Ther. 2015 41(8):758-67

Le Pluart D, Sabaté JM, Bouchoucha M, Hercberg S, Benamouzig R, Julia C.

L'obésité est considérée comme un facteur de risque pour la survenu de troubles fonctionnels gastro-intestinaux (TFGIs).

Le but de cette étude était d'évaluer si les TFGIs étaient associés à des groupes d'indice de masse corporelle spécifiques.

Dans une étude prospective, 1074 patients consécutifs consultant pour TFGIs ont rempli un questionnaire standard afin d'évaluer la présence de troubles fonctionnels gastro-intestinaux selon les critères de Rome III ainsi que d'autres symptômes, et ont été affectés à cinq groupes selon leur IMC : poids insuffisant (≤ 18.5 kg/m²), poids normal (> 18,5 à 25 kg/m²), surcharge pondérale (25-30 kg/m²), obèses (> 30-35 kg/m²), et obésité morbide (> 35 kg/m²). L'analyse des données a été effectuée en utilisant une régression logistique multinomiale.

Les patients avec TFGIs présentaient des caractéristiques démographiques et cliniques spécifiques selon les groupes d'IMC. Les patients avec un IMC normal étant le groupe de référence, les patients en surpoids étaient plus âgés (P = 0,001). Ils rapportaient plus fréquemment la présence de globus (P = 0,001), de régurgitation (P = 0,004), de détresse postprandiale (P = 0,009) et moins souvent la présence de dysphagie (p = 0,003) et de troubles ano-rectaux non spécifiques (P = 0,002). Les patients TFGIs obèses rapportaient plus fréquemment une régurgitation (P <0,001). Les patients TFGIs avec obésité morbide rapportaient plus fréquemment une dyspepsie (P = 0,046). Les patients TFGIs avec insuffisance pondérale étaient plus jeunes (p <0,001), présentaient une prédominance féminine (P = 0,006) et avaint une forte prévalence de dysphagie (P = 0,013).

Chez les patients TFGIs, la fréquence des régurgitations augmente avec l'IMC depuis les patients souffrant d'insuffisance pondérale jusqu'aux patients obèses, mais il n'y a aucune différence entre les patients d'IMC normale et les patients souffrant d'obésité morbide.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25728697









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