Efficacité des logos nutritionnels en face avant des emballages chez des adultes français : résultats issus de l’étude NutriNet-Santé

PLoS One. 2015 10(10):e0140898

Ducrot P, Méjean C, Julia C, Kesse-Guyot E, Touvier M, Fezeu L, Hercberg S, Péneau S.

A ce jour, aucun consensus n’existe concernant le logo nutritionnel le plus approprié à apposer en face avant des emballages afin d’aider les consommateurs à faire des choix éclairés. Notre objectif était de comparer l’efficacité de plusieurs types de logos actuellement utilisés , et ce dans un large échantillon d’adultes.

L’efficacité des logos a été évaluée en mesurant l’acceptabilité et la compréhension parmi 13578 participants de l’étude de cohorte NutriNet-Santé, représentatifs de la population adulte française. Les participants ont été exposés à cinq conditions dont quatre logos nutritionnels : « Guideline Daily Amounts » (GDA), Multiple Traffic Lights (MTL), le logo 5-couleurs (5-C), « Green Tick » (Tick) et une condition sans logo. L’acceptabilité a été évaluée par plusieurs indicateurs : l’attractivité, l’attirance, la difficulté de compréhension perçue. La compréhension objective a été évaluée par le pourcentage de réponses correctes pour classer trois produits en fonction de leur qualité nutritionnelle. Cinq différentes catégories de produits ont été testées : les plats préparés à base de poisson, les pizzas, les produits laitiers, les céréales du petit déjeuner et les produits apéritifs. Les différences d’efficacité ont été comparées avec des tests Chi-square.

Le logo 5-C a été perçu comme le plus facilement identifiable et celui requérant le moins d’effort et de temps à comprendre. Le GDA était considéré comme le moins facilement identifiable et compréhensible, bien que considéré comme le plus attractif et le plus apprécié. Tous les logos testés étaient efficaces pour classer les produits en fonction de leur qualité nutritionnelle comparé à l’absence de logo (p < 0,0001), avec toutefois des niveaux d’efficacité variables. Globalement, le 5-C était plus performant, suivi par le MTL, le GDA et le Tick.

Le logo 5-C a été considéré comme facile à identifier, simple et rapide à comprendre ; il était performant pour comparer la qualité nutritionnelle des produits. Ainsi, le 5-C pourrait présenter des avantages dans des situations d’achats en conditions réelles où les choix sont habituellement réalisés rapidement.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26509679





Estimation de la contribution des produits bio dans le régime alimentaire chez des adultes Français de l’étude de cohorte NutriNet-Santé

Nutrients. 2015 7(10):8615-32

Baudry J, Méjean C, Allès B, Péneau S, Touvier M, Hercberg S, Lairon D, Galan P, Kesse-Guyot E.

Les Français sont de plus en plus nombreux à consommer bio et 62 % déclarent consommer bio au moins une fois par mois (Baromètre Agence Bio/CSA 2015). La France se place aujourd’hui en 3e position en Europe avec la plus grande surface bio. Malgré cette croissance, la bio demeure un marché de niche. Par ailleurs, la part de bio dans le régime alimentaire n’a été que peu étudiée.

Moins de 12 % des participants ont déclaré ne pas avoir consommé bio au cours de l’année précédente. La part relative moyenne d’aliments bio dans la diète des femmes était de 20 % et était supérieure à celle des hommes (18 %). La médiane se situait à 14 % chez les femmes et 10 % chez les hommes. De manière générale, la contribution des produits bio à la consommation de produits d’origine végétale était supérieure à celle des produits d’origine animale. Le produit alimentaire le plus consommé en bio en termes de poids (g/j) était la pomme et le produit consommé par le plus grand nombre de consommateurs en bio était les œufs. Les produits transformés (type fast-food ou soda) étaient des groupes alimentaires relativement peu consommés en bio alors que les substituts protéiques étaient largement consommés en bio.

Dans cette population d’étude, la consommation de bio n’était pas anecdotique pour certains groupes alimentaires : les œufs, les fruits et légumes, le lait mais la part relative de bio pour certains groupes alimentaires demeurait moindre : charcuterie, produits transformés. Etant donné la population particulière de l’étude, l’utilisation d’un questionnaire de fréquence et d’une échelle à 5 modalités pour estimer la fréquence de consommation en bio, il convient d’interpréter ces résultats avec prudence avant généralisation. Les consommateurs de bio représentant un groupe très hétérogène, les futures recherches devront s’attacher à investiguer les spécificités de ces consommateurs pour évaluer les potentielles relations entre niveau de consommation de bio et santé.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26506372





Perception et caractéristiques associées à la perception favorable de la taxe sur les boissons sucrées implémentée en France depuis 2012

Public Health Nutr 2015 18:2679-88

Julia C, Mejean C, Vicari F, Peneau S, Hercberg S.

L’objectif de ce travail était d’analyser la perception de la taxe sur les boissons sucrées mise en place en France en janvier 2012 et les caractéristiques sociodémographiques associées à son adhésion.

Dans cette étude transversale portant sur 1996 sujets issus de l’étude NutriNet-Santé, un questionnaire spécifique portant sur la perception de la taxe a été auto-administré. Les associations entre les caractéristiques socio-démographiques des participants et leur adhésion à la taxe ont été analysées par régression multinomiales.

La majorité des participants était favorable à la taxe et 57 % d’entre eux la percevaient comme étant utile pour favoriser la santé de la population. L’adhésion à la taxe était plus importante si l'argent récolté était utilisé pour améliorer le système de santé (72,7 %). Les sujets plus âgés étaient plus favorables à la taxe que les sujets plus jeunes (odds ratio (OR) 2,37, intervalle de confiance à 95 % (95 % IC) (1,60 ; 3,49) pour les plus de 65 ans vs. les 26-45 ans, P<0.001). Les sujets avec un plus faible niveau d’éducation étaient moins favorables à la taxation que les sujets ayant un niveau d’éducation supérieur (OR 0,31 95 % IC (0,19 ; 0,52) pour les sujets sans diplôme ou avec une éducation primaire vs. éducation supérieure ; P<0.001). Dans les modèles étudiées, la consommation de boissons sucrées n’était pas associée à la perception de la taxe.

La taxe sur les boissons sucrées en France apparaît comme étant perçue favorablement par la population. Les caractéristiques socio-démographiques modulaient cette perception.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25627337





Déterminants des choix des plats pendant la préparation des repas à domicile : résultats issus d’un large échantillon de l’étude NutriNet-Santé

Int J Behav Nutr Phys Act. 2015 12:120

Ducrot P, Méjean C, Allès B, Fassier P, Hercberg S, Péneau S.

Bien que les pratiques culinaires aient fortement évoluées au cours du temps, peu de données sont disponibles concernant les choix des plats pendant la préparation des repas. Nous avons donc voulu déterminer les motivations individuelles influençant les choix des plats à préparer  les jours de semaine et les weekends.

L’importance de 27 critères liés aux choix des plats a été évaluée chez 53025 participants de l’étude NutriNet-Santé. Les dimensions des motivations pour le choix des plats ont été étudiées par analyse factorielle exploratoire. Les classements moyens des motivations pendant les jours de semaine et les weekends ont été comparés par test de Student. L’association entre les caractéristiques socio-démographiques, les pratiques culinaires et les motivations des choix des plats a été évaluée par des modèles de régression logistique.

Cinq dimensions des motivations des choix des plats sont apparues : alimentation saine (variance expliquée : 48,3 %), contraintes (19,0 %), plaisir (12,1 %), régimes spécifiques (11,0 %) et organisation (9,6 %). Le facteur « alimentation saine » était le plus important les jours de semaine (note moyenne 3,93) et les weekends (3,90). Le « plaisir » (3,61) était plus important que les  « contraintes » (3,54) les weekends (p < 0,0001) alors que l’opposé était observé les jours de semaine (3,42 vs. 3,77, respectivement) (p < 0,0001). L’ « organisation » était plus importante les jours de semaine (2,89) que les weekends (2,75) (p < 0,0001). Les motivations des choix des plats étaient associées aux caractéristiques socio-démographiques et de pratique culinaire.

Cette étude a mis en lumière les facteurs impliqués dans les choix des plats pendant la préparation des repas les jours de semaine et les weekends, ainsi que les caractéristiques individuelles qui déterminent les motivations des choix des plats. Dans une perspective de santé publique, ces résultats peuvent contribuer à développer des stratégies appropriées pour promouvoir la préparation des repas à domicile.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26419533





La composition salivaire est associée à l'attirance sensorielle et à l'apport nutritionnel

PLoS One. 2015 10(9):e0137473

Méjean C, Morzel M, Neyraud E, Issanchou S, Martin C, Bozonnet S, Urbano C, Schlich P, Hercberg S, Péneau S, Feron G.

Le flux et la composition salivaire ont un impact sur la perception des saveurs. Cependant, très peu d'études ont exploré les relations entre la salive, les préférences sensorielles et les consommations alimentaires. Nous avons étudié les associations entre le flux et la composition salivaire avec d'une part les préférences pour le gras, le sucré et le salé, et d'autre part avec les consommations en nutriments au sein d’une population adulte française. Les préférences ont été évaluées grâce à des séances d’analyse sensorielle au cours desquelles 282 adultes français participant à l'étude Nutrinet-Santé ont testé 32 modèles alimentaires de niveaux variables en gras, sel ou sucre. Avant l’évaluation des préférences, la salive au repos a été collectée. Des analyses biochimiques standards ont été effectuées pour évaluer l’abondance de différents composés salivaires. Les données alimentaires ont été recueillies par le biais de 3 enregistrements de 24 h. Les relations entre le flux, la composition salivaire, les préférences et les apports alimentaires ont été évaluées en utilisant des modèles de régression linéaire.

La capacité antioxydante totale était positivement associée à la consommation en glucides simples (β=31,5, P=0,04) et inversement associée à la consommation en glucides complexes (β=-52,4, P=0,002). L’activité amylasique était positivement associée à la fois à l’apport total en glucides (β=0,20, P=0,03) et à l'apport en glucides simples (β=0,21, P=0,04). Le flux salivaire était positivement associé à la préférence pour le gras (β=0,14, P=0,02). L’activité protéolytique était positivement associée aux préférences pour le salé et pour le gras (respectivement, β=0,31, P=0,01 ; β=0,36, P=0,006). L’activité amylasique était inversement associée à la préférence pour le sucré (β=-10,13, P=0,03). La concentration en anhydrase carbonique 6 était inversement associée à la préférence pour le salé (β=-46,77, P=0,02).

Le flux et la composition salivaire ne variaient pas considérablement en fonction des consommations alimentaires, excepté pour l’apport en glucides alors que des relations ont été mises en évidence entre le flux ou la composition salivaire et les préférences pour le gras, le salé ou le sucré, suggérant l'importance de certaines caractéristiques salivaires dans l’appréciation des aliments.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26340090









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