La consommation de féculents dans la cohorte NutriNet-Santé : étude transversale des profils de consommateurs et des contributions aux apports dans une étude de cohorte suivie par internet

Ann Nutr Metab. 2014 64(1):28-37

Szabo de Edelenyi F, Julia C, Courtois F, Méjean C, Péneau S, Galan P, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Le PNNS recommande de consommer des féculents « à  chaque repas selon l’appétit » (soit 3 à 6 portions de féculents par jour).

Grâce au système de recueil des apports alimentaires via Internet, il a été possible d’estimer les apports en féculents dans l’alimentation. Au total les analyses ont porté sur 80 209 participants correspondant à 264 564 enquêtes alimentaires.

Les apports en féculents observés dans NutriNet-Santé sont de 257 g/j (300 g/j chez les hommes et 217 g/j chez les femmes). Parmi les différents féculents, le pain est le principal contributeur (environ 45 %), devant les pommes de terre (20 %), les pâtes (17 %) et le riz (8,5 %). La consommation de pain augmente avec l’âge, alors que celles de pâtes et de riz diminuent. La consommation de pommes de terre est stable avec l’âge sauf chez les plus de 65 ans où elle est légèrement plus élevée. Environ 35 % des hommes et 66 % des femmes ont des apports en féculents inférieurs aux recommandations nutritionnelles ; 9,5 % des hommes et 1,3 % des femmes ont des apports en féculents supérieurs aux recommandations et seulement 55 % des hommes et 33 % des femmes suivent les recommandations nutritionnelles. Cela explique que les apports en glucides ne représentent que 43 % des apports énergétiques, par rapport à la recommandation d’au moins 50 %. Cette insuffisance d’apports peut s’expliquer par le fait que seuls 22 % des Nutrinautes connaissent la recommandation du PNNS concernant la consommation des féculents. C’est le repère de consommation le moins bien connu des repères alimentaires du PNNS (par ex, ils sont 86 % à connaitre « au moins 5 fruits et légumes par jour », 85 % « du poisson au moins 2 fois par semaine » ; 74 % « viandes/poissons/œufs 1 à 2 fois par jour », 39 % « 3 produits laitiers par jour »). Les consommations de féculents inférieures aux recommandations sont plus fréquentes chez les sujets ayant suivi un ou plusieurs régimes amaigrissants dans le passé. Les féculents contribuent à hauteur de 21 % des apports énergétiques chez les femmes et 23 % chez les hommes, à 75 % des apports en glucides complexes dans les deux sexes et à 34 % des apports en fibres chez les femmes et 39 % pour les hommes. Ils apportent 21,5 % des apports totaux en vitamine B1, 20 % des apports en vitamine B6 et 16,5 % des apports en vitamine B9 (folates).

Ces résultats justifient de promouvoir les recommandations du PNNS sur la consommation de glucides afin qu’ils contribuent à plus de 50 % des apports énergétiques journaliers, en favorisant la consommation des féculents (aliments sources d’amidon) et notamment les féculents complets (riches en fibres), tout en réduisant de 25 % la consommation actuelle de sucres simples, et en augmentant de 50 % la consommation de fibres.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24714561





L'attirance sensorielle pour le gras est associée aux caractéristiques socio-démographiques, psychologiques, de mode de vie et de santé

Br J Nutr. 2014 112(8):1353-63

Lampuré A, Deglaire A, Schlich P, Castetbon K, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Les relations entre l’attirance sensorielle et les caractéristiques individuelles, connues pour être des déterminants des consommations alimentaires, sont peu abordées dans la littérature alors que l’on peut supposer que divers facteurs individuels modulent les relations entre attirance et consommations. Seulement quelques travaux s’y sont intéressés et ont mis en évidence qu’une forte attirance pour le gras était associée avec une faible restriction cognitive liée à l’alimentation chez des sujets obèses et à une forte désinhibition alimentaire chez des personnes suivant un régime. Cependant, ces études ont été menées sur de petits échantillons peu diversifiés et les associations avec d’autres facteurs n’ont pas encore été explorées (économiques, de mode de vie). De plus, la distinction entre les sensations de gras-salé et de gras-sucré n’a encore jamais été faite, or il peut y avoir des associations spécifiques en fonction de la sensation considérée. Dans ce travail, l’objectif était donc d’analyser les différentes associations entre l’attirance pour les sensations de gras-salé et de gras-sucré et les caractéristiques sociodémographiques, économiques, psychologiques, de mode de vie et de santé, au sein d’un large échantillon. Pour répondre à cette question, des analyses de régression logistique multinomiale ont été menées sur 37 181 sujets afin d’étudier les associations entre l’attirance pour les sensations de gras-salé et de gras-sucré et les différentes caractéristiques, chez les hommes et chez les femmes séparément.

Les sujets appartenant à des catégories socio-professionnelles défavorisées, ceux ayant une forte désinhibition alimentaire et les individus obèses étaient plus susceptibles d’être fortement attirés par les sensations de gras-sucré et de gras-salé comparés aux individus appartenant à des catégories socioprofessionnelles favorisées, ceux n’étant pas désinhibés d’un point de vue alimentaire et les sujets normo-pondéraux, respectivement. En revanche, les sujets âgés et les individus fortement restreints étaient moins enclins à être fortement attirés par le gras-sucré et le gras-salé. Par ailleurs, les femmes qui suivaient un régime étaient plus susceptibles d’être fortement attirées par les sensations de gras-salé et de gras-sucré, alors que celles qui avaient suivi un régime dans le passé étaient moins enclines à être attirées par le gras-salé. D’autres associations plus spécifiques ont été trouvées selon la sensation considérée. En effet, les fumeurs et les forts consommateurs d’alcool étaient plus susceptibles d’être fortement attirés par la sensation de gras-salé que les non-fumeurs et les non-consommateurs d’alcool. Concernant le gras-sucré, les sujets ayant une forte émotionalité alimentaire étaient plus susceptibles d’être fortement attirés.

Ces résultats permettent d’identifier les profils individuels associés à une forte attirance pour la sensation de gras et également des caractéristiques spécifiques liées au gras-salé ou au gras-sucré. Des facteurs défavorables à la santé tels que les catégories socio-professionnelles défavorisées, les régimes amaigrissants ainsi que le surpoids sont en lien avec une forte attirance pour le gras, de même une forte attirance pour le gras-salé est en lien avec le tabagisme et une forte consommation d’alcool. Toutes ces nouvelles données permettent de mettre en évidence des « profils à risque » et d’identifier des potentiels facteurs de confusion dans la relation entre attirance pour le gras et consommation, car il a déjà été mis en évidence que ces caractéristiques sont également associées à la consommation.

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25192548









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