Relation entre pression artérielle et adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises

Am J Hypertens. 2016 29(8):948-58

Lelong H, Blacher J, Menai M, Galan P, Fezeu L, Hercberg S, Kesse-Guyot E

Adopter un régime alimentaire favorable à la santé tel que le régime DASH (Dietary Approach to Stop Hypertension) ou le régime méditerranéen (MD) représente un facteur majeur du mode de vie pour le contrôle de la pression artérielle (PA) en population générale. Des politiques nutritionnelles, telles que le Programme National Nutrition Santé (PNNS) en France ont été mises en place dans de nombreux pays avec pour objectif la prévention des maladies chroniques. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’association entre la PA et l’adéquation aux recommandations du PNNS en comparaison avec l’adhérence aux régimes DASH et MD.

Une étude transversale a conduite sur 11302 participants non traités de l’étude NutriNet-Santé, une étude de cohorte française sur internet. Trois scores validés reflétant l’adéquation aux recommandations PNNS, aux régimes DASH et MD ont été calculés à partir d’enregistrements répétés de 24 h. Trois mesures de la PA ont été effectuées en suivant un protocole standardisé. Les associations entre les scores alimentaires et la PA ont été estimées par régressions linéaires multiples.

Chez les femmes, indépendamment de l’âge, du statut socio-économique, de l’indice de masse corporelle, de la consommation de tabac et d’alcool et de l’activité physique, l’adéquation aux recommandations du PNNS était inversement associée à la PA systolique (β = -0,63, P < 0,0001). Cette association inverse était d’une amplitude similaire pour l’adhérence aux régimes DASH (β = -0,66, P < 0,0001) ou MD (β = -0,63, P = 0,0002). Aucune association significative n’a été observée chez les hommes.

L’adéquation aux recommandations nutritionnelles françaises était inversement associée à la PA avec une amplitude similaire à celle observée pour l’adhérence à des régimes alimentaires bien connus pour la prévention et le traitement de l’hypertension.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26908464





Typologie de mangeurs basée sur la consommation d’aliments conventionnels ou bio : résultats de l’étude de cohorte NutriNet-Santé

Br J Nutr. 2016 116(4):700-9

Baudry J, Touvier M, Allès B, Péneau S, Méjean C, Galan P, Hercberg S, Lairon D, Kesse-Guyot E.

Des informations limitées sont disponibles sur des populations à grande échelle concernant les profils sociodémographiques et en nutriments ainsi que le comportement alimentaire des consommateurs en tenant compte des aliments conventionnels et bio. Les objectifs de cette étude étaient d’établir une typologie de consommateurs selon leurs habitudes alimentaires, basée à la fois sur leur profil alimentaire et le mode de production des aliments consommés (conventionnel ou bio), et de déterminer leurs caractéristiques sociodémographiques, comportementales et alimentaires.

Les données ont été collectées auprès de 28245 participants à l’étude NutriNet-Santé. Les données alimentaires ont été obtenues via un FFQ bio semi-quantitatif comportant 264 items. Pour identifier les clusters de consommateurs, une analyse en composantes principales a été appliquée sur seize groupes d’aliments conventionnels et seize bio, suivi par une procédure de clustering. Cinq clusters de consommateurs ont été identifiés : (1) un cluster caractérisé par un faible apport énergétique, une faible consommation d’aliments bio et une forte prévalence d’apports inadéquats en nutriments ; (2) un cluster de gros mangeurs d’aliments conventionnels avec des apports élevés en acides gras saturéset cholestérol ; (3) un cluster présentant des individus avec une consommation élevée d’aliments bio et une qualité nutritionnelle du régime alimentaire relativement adéquate ; (4) un groupe de forts consommateurs d’aliments bio dont 14 % de végétariens ou végétaliens caractérisés par une qualité nutritionnelle élevée du régime alimentaire et une faible prévalence d’apports inadéquats pour la plupart des vitamines excepté la B12 ; et (5) un groupe de consommateurs modérés d’aliments bio avec un apport particulièrement élevé en protéines et en alcool et une faible qualité nutritionnelle du régime.

Ces résultats sont importants pour les futures études étiologiques investiguant l’impact potentiel de la consommation d’aliments bio.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27311793





Associations entre les déterminants des choix des plats pendant la préparation des repas à domicile et le statut pondéral dans l’étude NutriNet-Santé

Nutrients. 2016 8(7):e413

Ducrot P, Fassier P, Méjean C, Allès B, Hercberg S, Péneau S.

Bien que le fait de cuisiner à domicile a été associé à un indice de masse corporelle plus faible dans quelques études, aucune donnée n’est disponible sur l’association entre les déterminants des choix des plats pendant la préparation des repas à domicile et le surpoids.

Cette étude avait pour objectif d’évaluer cette association chez 50003 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Les dimensions sous-jacentes à 27 critères influençant potentiellement les choix des plats ont été déterminées par analyse factorielle exploratoire. L’association entre les déterminants des choix des plats et le surpoids (incluant l’obésité) a été estimée par des modèles de régression logistique ajustés sur les caractéristiques sociodémographiques et de mode de vie.

Cinq dimensions des motivations des choix des plats sont apparues : alimentation saine (ex : « équilibre nutritionnel du plat »), contraintes (ex : « mes compétences culinaires »), plaisir (ex : « originalité du plat »), régimes spécifiques (ex : « mon statut santé ») et organisation (ex : « ce que j’ai prévu de manger »).  Une association négative a été observée entre le facteur alimentation saine et le surpoids (OR=0,65 (IC 95 % : 0,62-0,67)), tandis qu’une association positive a été observée entre les facteurs concernant le plaisir (OR=1,14 (IC 95 % : 1,10-1,19)) et les régimes spécifiques (OR=1,19 (IC 95 % : 1,17-1,22)) et le surpoids. Aucune association n’a été observée pour les contraintes et l’organisation.

Les associations significatives entre les déterminants des choix des plats et le surpoids soulignent l’intérêt de cibler ces déterminants afin de promouvoir des choix d’aliments et de plats plus favorables à la santé lors de la préparation des repas à domicile.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27399764





Associations entre l’attirance sensorielle pour le gras, le sucré et le salé et le risque d’obésité chez des adultes français : une étude de cohorte prospective

Int J Behav Nutr Phys Act. 2016 13:74

Lampuré A, Castetbon K, Deglaire A, Schlich P, Péneau S, Hercberg S, Méjean C.

Les préférences sensorielles individuelles apparaissent comme un déterminant majeur des consommations alimentaires et pourraient en conséquence influencer le statut pondéral. Des études transversales ont montré une association positive entre l’attirance pour le gras et le statut pondéral et des résultats contradictoires concernant l’attirance pour le salé et le sucré. De plus, la contribution des consommations alimentaires pour expliquer cette association n’a jamais été investiguée. Nous avons étudié l’association prospective entre l’attirance sensorielle pour le gras, le sucré et le salé et l’apparition de l’obésité sur 5 ans chez des adultes ainsi que l’effet médiateur des consommations alimentaires sur cette relation.

Nous avons prospectivement examiné le risque d’obésité auprès de 24776 adultes français participant à l’étude de cohorte NutriNet-Santé. Les scores d’attirance et les données alimentaires ont été estimés à l’inclusion via un questionnaire sur internet et des enregistrements de 24 h respectivement. Les données anthropométriques auto-déclarées ont été collectées via un questionnaire sur internet chaque année pendant 5 ans. Les associations entre les quartiles d’attirance pour le gras, le sucré et le salé et le risque d’obésité, et l’effet médiateur du régime alimentaire ont été évalués avec des modèles de Cox à risques proportionnels mutlivariables stratifiés sur le sexe et ajustés sur les facteurs sociodémographiques et du mode de vie.

Chez les hommes et les femmes, l’attirance sensorielle pour le gras était positivement associée à un risque plus élevé d’obésité (hazard ratios pour le quartile 4 comparé au quartile 1, hommes : HR (Q4 vs. Q1)=2,39 (IC 95 % 1,39-4,11) P-trend=0,0005, femmes : HR (Q4 vs. Q1)=2,02 (IC 95 % 1,51-2,71) P-trend<0,0001). De plus, les consommations alimentaires contribuaient à expliquer respectivement 32 % et 52 % de l’effet de l’attirance sensorielle pour le gras sur le risque d’obésité, chez les hommes et les femmes. L’attirance sensorielle pour le sucré était associée à un plus faible risque d’obésité (hommes : HR (Q4 vs. Q1)=0,51 (0,31-0,83) P-trend=0,01, femmes : HR (Q4 vs. Q1)=0,72 (0,54-0,96) P-trend=0,035). En revanche, aucune association significative n’a été mise en évidence entre l’attirance pour le salé et le risque d’obésité.

Contrairement à l’attirance pour le sucré et le salé, une attirance élevée pour le gras apparait comme un facteur de risque majeur d’obésité, expliqué en grande partie par les consommations alimentaires. Nos résultats soulignent la nécessité de davantage considérer l’attirance sensorielle dans la prévention de l’obésité. 

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27378200





Le logo nutritionnel 5-C apparait comme un outil efficace pour réussir à substituer certains aliments afin d’améliorer le régime alimentaire dans les différents profils nutritionnels

PLoS One. 2016 11(6):e0157545

Julia C, Méjean C, Péneau S, Buscail C, Alles B, Fézeu L, Touvier M, Hercberg S, Kesse-Guyot E.

Les logos nutritionnels en face avant des emballages sont considérés comme des outils utiles pour aider les consommateurs à faire des choix alimentaires plus favorables à la santé, et donc à améliorer leur régime alimentaire. L’objectif de cette étude était d’évaluer les profils nutritionnels dans une population française adulte utilisant le logo 5-C et de déterminer son effet potentiel sur l’amélioration du régime alimentaire via la substitution des aliments de moins bonne qualité nutritionnelle.

Les sujets de la cohorte NutriNet-Santé qui avaient complété trois enquêtes alimentaires ont été inclus dans cette étude transversale. Des groupes de sujets (clusters) d’individus ont été identifiés en utilisant le pourcentage d’énergie provenant des aliments de chaque couleur du logo 5-C comme variables de discrimination. Trois scenarios de substitution d’aliments pour une alternative plus favorable à la santé utilisant le 5-C ont été testés. Les consommations et apports alimentaires et les données sociodémographiques et du mode de vie ont été comparés dans les différents clusters par test ANOVA ou Chi-square.

Nous avons identifié trois groupes de sujets, ayant des profils alimentaires différents : « favorable à la santé » (N=28095, 29,3 % de l’échantillon total) avec une consommation élevée de fruits, légumes, produits céréaliers complèts et poisson ; « occidental » (N=33386, 34,8 %) avec une consommation élevée de boissons sucrées, céréales du petit déjeuner, fromage, aliments gras et sucrés ; « traditionnel » ( N=34461, 35,1 %) avec une consommation élevée de pommes de terre, pain, viande et desserts lactés. Globalement, les stratégies de substitution ont conduit à une augmentation du nombre de sujets atteignant les apports recommandés en énergie, macro et micronutriments. Les augmentations étaient particulièrement fortes dans le profil « occidental » pour les apports en lipides et acides gras saturés : de 16,2 % atteignant les apports recommandés en lipides (13,5 % pour les acides gras saturés) à 60,6 % et 85,7 % respectivement.

L’utilisation du logo 5-C comme indicateur des choix alimentaires permet de caractériser des profils alimentaires et apparait comme un outil efficace pour aider à améliorer la qualité nutritionnelle du régime alimentaire par le biais de substitutions d’aliments.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27322033









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