Variations de l’activité physique et des comportements sédentaires entre avant et après le diagnostic de cancer : résultats de l’étude de cohorte prospective NutriNet-Santé

Medicine. 2016 95(40):e4629

Fassier P, Zelek L, Partula V, Srour B, Bachmann P, Touillaud M, Druesne-Pecollo N, Galan P, Cohen P, Hoarau H, Latino-Martel P, Menai M, Oppert JM, Hercberg S, Deschasaux M, Touvier M.

L’activité physique (AP) et la réduction des comportements sédentaires pourraient être associées à un meilleur pronostic et à un plus faible risque de récurrence chez les patients atteints de cancer. Notre objectif était de quantifier les variations d’AP et du temps passé à des activités sédentaires entre avant et après le diagnostic à partir des données prospectives d’adultes français. Les facteurs sociodémographiques et du mode de vie associés à ces variations ont également été étudiés.

Les sujets de la cohorte NutriNet-Santé ayant eu un cancer incident diagnostiqué entre 2009 et 2015 ont été inclus (n=942). L’activité physique et les comportements sédentaires ont été collectés prospectivement avec le questionnaire IPAQ version courte sur 7 jours tous les ans depuis l’inclusion (en moyenne 2 ans avant le diagnostic). Toutes les dates de collecte des données sur l’APet les activités sédentaires avant et après diagnostic ont été comparées par modèle mixte. Les facteurs associés à une diminution de l’AP ou à une augmentation du temps passé assis ont été investigués par régressions logistiques.

L’AP totale et intense diminuait après diagnostic (P = 0,006, -32,8 ± 36,8 MET-heure/semaine en moyenne chez ceux qui avaient diminué leur AP totale, et P = 0,005, -21,1 ± 36,8 MET-heure/semaine pour l’AP intense, respectivement), en particulier pour les cancers de la prostate (-39,5 ± 36,3 MET-heure/semaine) et de la peau (-35,9 ± 38 MET-heure/semaine, chez les hommes (-40,8 ± 46,3 MET-heure/semaine) et les sujets professionnellement inactifs (-34,2 ± 37,1 MET-heure/semaine) (P < 0,05). Les patients avec une AP plus élevée avant diagnostic avaient un risque plus élevé de diminuer leur AP (Odds ratio [OR] : 4,67 [3,21-6,81], P < 0,001). Les patients en surpoids avaient un risque plus élevé de diminuer leur AP modérée (OR : 1,45 [1,11-1,89], P = 0,006) et la marche (OR : 1,30 [1,10-1,70], P = 0,04). Le temps passé assis (P = 0,02, +2,44 ± 2,43 heure/jour en moyenne chez ceux qui avaient augmenté leur temps passé assis), en particulier chez les femmes (+2,48 ± 2,48 heure/jour), les patients plus âgés (+2,48 ± 2,57 heure/jour) et les sujets professionnellement inactifs (+2,41 ± 2,40 heure/jour) (P < 0,05). Les sujets les moins sédentaires avant diagnostic avaient un risque plus élevé d’augmenter leur temps passé assis (OR : 3,29 [2,45-4,42], P < 0,0001).

Les résultats issus de cette étude prospective suggèrent que le diagnostic de cancer est une période clef pour changer l’AP et les comportements sédentaires. Ils donnent des éléments utiles pour cibler des sous-groupes de patients qui sont exposés à un risque plus élevé de diminuer leur AP et d’augmenter leurs comportements sédentaires après leur diagnostic de cancer.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27749527




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